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Somebody that I used to know! feat Meknes 3MAJ

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MessageSujet: Somebody that I used to know! feat Meknes 3MAJ Lun 6 Juin - 15:15


Je soufflais. Qu'est-ce que c'était chiant ces poussettes. Les plier, déplier., les tourner. C'était encore pire lorsque je devais faire les courses à une petite épicerie. Je prenais mes clés et ouvrais la porte. Je faisais entrer ma fille à l'intérieur. Je touchais les touches du code de la porte. Question de sécurité. J'avais même fait appeler un serrurier pour une seconde serrure. C'était long mais nécessaire. Je ne voulais plus jamais que cela m'arrive. Je ne voulais plus le revoir. Je voulais me sentir en sécurité.  Je fermais enfin la porte à double-tour et défaisait la ceinture de ma fille, la prenant dans mes bras. Maintenant, j'arrivais avec plus d'aisance à la prendre dans mes bras. Mais il y avait quelques mois encore, j'avais eu du mal. Je prenais un temps monstre avant de me décider à la prendre. Je vérifiais toujours s'il n'était pas derrière moi. Mais j'avais compris que finalement il ne reviendrait pas. Il ne reviendrait plus et je n'avais plus aucune raison d'avoir peur.  Je déposais celle-ci dans sa chaise haute. Dans quelques minutes elle allait avoir très certainement faim. J'allais devoir faire vite, sinon elle allait piquer une colère. Je prenais les deux sacs et rangeait les produits dans les placards. Dans le frigo je prenais ensuite une purée de légumes et la réchauffait à l'aide du micro-ondes.

Je ressortais la petite assiette avec une petite cuillère. Au vu de la tête de celle-ci on pouvait nettement comprendre qu'elle n'en avait clairement pas envie. Forcément c'était le reste d'hier qu'elle n'avait pas fini. Mais chez moi pas de gaspillage. Je déposais l'assiette sur une table,prenant un bavoir et l'habillant avec. Je plaçais une chaise en face de la chaise haute et m'y asseyais. Je prenais de nouveau l'assiette avec la petite cuillère, en remplissant un peu du contenu de l'assiette et la portant à la bouche de celle-ci, ma fille tourna la tête, d'un air boudeur.

«Pour grandir il faut manger de tout. Et tu n'auras que ça à manger.»

De qui pouvait-elle bien avoir hérité de ça, franchement? Non! Je ne voulais pas y penser! Ce n'était sûrement pas de lui! Il ne fallait plus y penser! Il ne reviendrait plus! J'en tremblais encore, j'en avais même à cet instant la chair de poule. Je détournais même le regard un instant. Et finalement je me ressaississais. Je devais oublier, je devais laisser ces pensées horribles de côté. Maintenant j'étais avec ma fille. Et mon seul problème à ce moment-là était de la faire manger. Je la regardais à nouveau, d'un air déterminé.

«Jeune fille, vous allez ouvrir votre bouche et manger votre purée petits pois carottes de suite!»

C'était drôle de voir ce bout de chou voulant la jouer à la dure. Elle avait déjà son petit caractère. Mais moi, sa mère ne voulait pas tergiverger sur son éducation. Je ne voulais pas faire d'exceptions. Peut-être lorsqu'elle serait plus grande, un peu plus réfléchie, je lui accorderais certaines libertés. Mais au jour d'aujourd'hui, elle était un petit bébé,encore faible et qui avait encore besoin de sa maman et de règles bien ancrées. Elle ne serait certainement pas une criminelle! Ça non, je ne le permettrais pas!

«Si tu ne manges pas tu n'auras pas de dessert. »

Mademoiselle semblait d'un seul coup beaucoup plus intéressée par sa purée. J'arquais un petit sourire. C'était facile à cet âge. Mais ce n'était pas la pire période. Il y avait la période des non qui risquait d'arriver prochainement. Puis la crise d'adolescence, ou la recherche de soi. Une période en général assez mouvementée. Je reprenais la cuillère, la plaçant devant sa bouche. Finalement, après un temps d'hésitation, elle m'ouvrit le passage elle engloutissait le met.

Tout à coup j'entendis un bruit. J'avais sursauté, retenant ma respiration, cherchant d'où cela pouvait bien provenir. Je me retournais. Un second bruit vint, que j'identifiais plus nettement. Je soufflais, c'était simplement les volets. Je me retournais vers ma fille et lui déposais l'assiette en question devant elle avec la cuillère dedans. Je savais que quelques fois, celle-ci prenait l'initiative de manger seule. Pas tous le temps. Mais parfois elle le faisait. Et d'autres fois c'était maman qui s'en chargeait comme aujourd'hui.

«Tu commences à manger. Je reviens dans quelques minutes. Ne fais pas de bêtises!»


Dans un coin était disposé mon arc et mes flèches. Si jamais quelqu'un était rentré... Ou je ne sais quoi. Je voulais nous protéger. Je m'armais vers la pièce. J'étais en alerte. Si un individu était rentré, je le verrais sûrement. En entrant dans la chambre, d'un pas silencieux, je ne voyais que les volets d'ouverts. J'attendais un moment avant de les refermer. Je vérifiais la pièce qui était en fait ma chambre. Mais rien ne me semblait suspect. Je refermais la porte de la chambre. J'étais rassurée. Je reposais mes armes dans le même coin. Je repassais dans le même couloir, là j'entendais du bruit, un bruit qui se rapprochait, comme des bruits de pas. Et ce n'était certainement pas ma fille qui pouvait faire ça. Mon sang ne faisait qu'un tour, je me dirigeais rapidement vers mes armes, m'armant pour accueillir le visiteur. Mon visage qui était déjà blanc, devait être livide en reconnaissant les traits de cette personne.

Non! Ce n'était pas possible! Pas lui! Pourquoi était-il là? Qu'était-il venu faire ici? Comment m'avait-il retrouvé? Intérieurement, je maudissais cet être tout en ayant une peur bleu de celui-ci. Si j'avais pu mourir sur place, je crois que je l'aurais fait. Mais apparemment mon corps voulait m'infliger cette souffrance. Pleurer, crier, demander de l'aide. Tout ça, j'aurais voulu le faire. Mais qui pouvait m'aider à combattre ce monstre? À le mettre hors d'état de nuire? Personne. J'étais donc seule face à celui qui m'avait agressé il y avait cela un long moment. Et j'aurais préféré ne jamais le revoir.  Je me sentais faible. Comme une petite fille, mais cette fois-ci mes parents n'étaient pas là pour me protéger. Même si je le voulais ils ne le pourraient pas. J'étais seule, bien seule dans cette situation. Je brandissais mon arc, courageusement, tentant de cacher mes émotions, la crainte que j'éprouvais à son égard. Je le menaçais avec mon arc, seule chose qui me protégeait pour l'instant. Ou du moins qui semblait pouvoir le faire.


«Sors de cette maison tout de suite. Ou je te tirerais dessus sans aucune hésitation!»
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know! feat Meknes 3MAJ Dim 17 Juil - 10:58

Carnage déambulait dans les rues, comme toujours.

L'éternel errant, le gros chat qui ne se lassait jamais de jouer avec les souris terriennes. Quoique. En ce moment, le géant se sentait repu, et ne se divertissait que par gourmandise. Touché par cette attitude très propre aux humains, il se complaisait dans l'excès. C'était grisant.

Un sillon de sang suivait ses pas. Il passait sur les passants (désormais trépassés) sans s'en soucier, centré sur lui, ses pensées et ses soucis. Ses pouvoirs changeaient à tous la vue, la mémoire, pour leur faire croire qu'un autre mal était responsable de tous ces morts commandés par les Moires.

"Ce n'est rien. Il ne s'est rien passé. C'est la foudre qui a frappé."

Nouveau crime, gazette. Journal, discours, opérette. Et toujours, l'incompréhension. Le doute, l'insoluble réflexion. A qui coller ces meurtres que personne n'affirme avoir vu ? L'étiquette Carnage. C'est rassurant comme un vieil adage. La pression, les pas, sûrement le grand échalas. Pourquoi ? Pourquoi ? Que cherche-t-il enfin, ce briseur de familles ? Et blabla, et blabla. Blablabla. Babebibobu. Bou.

A vrai dire, Meknes méditait. Il s'interrogeait sur son passé. Il pensait à Roxane. C'était son quartier vers lequel il se dirigeait. Là où des années plus tôt un jeune homme avait eu le cou brisé. On n'avait jamais su pourquoi ni par qui.

Cette fois-ci, il n'allait pas vers la Heroe's Sup, dont les murs et la sécurité ne servaient à rien (aucune barrière n'avait d'intérêt dans ce monde pour Carnage), mais vers les lieux de vie de la professeure. Il savait déjà ce qu'il allait faire. Il allait traverser la matière, pour surgir depuis une fenêtre, et la voir, de la façon qu'il souhaitait.

Il pensait...

De l'eau avait coulé sous les ponts (ensanglantés) et il n'avait plus revu sa victime depuis belle lurette.

La dernière fois, c'était leur première rencontre. Il avait débarqué pour la violenter, faire absolument tout ce qu'il voulait d'elle. Seuls comptaient son plaisir, et sa vengeance. Détruire une vie, blesser Strider, dévorer son entourage proche de l'intérieur...

Maintenant, on pouvait dire qu'il avait changé.

Oh ça oui.

Depuis, il avait monté une secte, combattu des androïdes géants, appris tout sur l'univers de la botanique, développé son pouvoir, sauvé une fois le monde, obtenu son diplôme d'ébéniste, fait du rap, et gagné en technique dans la sculpture sur os de bœuf.

Et vainement tenté de faire son artiste en disposant des corps humains comme bon lui semblait. Il trouvait cela beau. Il appelait ça : "de la sublimation morbide en direct". Faible concept. Ça ne faisait pas vendre du papier pour les bonnes raisons.

Il s'en passait des choses en deux ans. Avec tout ça, Carnage avait bien mangé.

Actuellement, il était nostalgique. Il avait envie de marcher de nouveau sur les pauvres restes qu'il avait laissés derrière lui.

Pour revoir, d'un peu plus près, les cendres qui composaient son parcours. Ces tous petits bouts d'existence qui brûlaient encore.


Il avait retrouvé Roxane. Il était bien chez elle, amusé, fasciné par le silence des lieux, l'aspect simple du quotidien, et comme toujours écrasé par ce plafond ridiculement bas, qui le faisait pencher la tête en avant, lui donnant l'allure d'une espèce d'ogre bossu. Chaque pièce de l'appartement ressemblait à une cage, murs confinés par des meubles, eux-mêmes confinés par les organismes mouvants qui prenaient eux-aussi de la place, eux-mêmes confinés par eux-mêmes...

Meknes avait été surpris en arrivant de croiser une toute petite chose dans un de ces étouffoirs. Un boudin de chair bien vivant, qui se dandinait, babillait, criait un peu.

Les mots de sa belle cherchaient vainement à le tirer hors de sa fascination. Elle le menaçait, maintenant qu'elle savait dans quelle pièce il était, proche de sa supposée progéniture. Il eut un sourire bien triste.

"Tu sais très bien que ce genre de chose ne marche pas contre moi. Et tu pourrais blesser l'enfant..."

Il ponctua sa phrase d'un rire grinçant, riant de la faiblesse de Roxane, et de lui-même, incapable de sortir de ses taquineries terribles.

Quelque chose toutefois posa un point dans son rire. C'était le regard de la petite. Pas de Roxane : son regard lui était bien indifférent, mais de l'autre petite.

La couleur de ses yeux changeaient, ce qui voulait dire qu'elle fixait un point précis du décor. Mais, plus encore, cela trahissait le fait qu'elle n'était pas humaine.

Et son corps ridicule supposait qu'elle n'avait pas plus de trois ans.

Carnage détailla Roxane. Il la déshabillait du regard, se délectait du souvenir de ses courbes, de ses hanches, et de tout le reste qu'il avait absolument tenu à dévorer entièrement, pour qu'aucune sensation enivrante ne lui échappe.

Il se disait qu'il y avait possiblement un lien entre ces étreintes torrides et la présence insignifiante sur sa gauche.

Pas Roxane bien sûr. Roxane était devant lui.

D'un mouvement de tête, il désigna le bambin, qui était en train de manger.

"C'est quoi ça ?"


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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know! feat Meknes 3MAJ Ven 10 Fév - 20:28

Rien que de l’entendre, il me terrifiait, sa voix, son allure. Tout m’effrayait chez lui. Le plus grand ennemi était là, dans ma maison. Et en plus, il m’indisposait. Cet homme était tout ce que je détestais. Un homme sans cœur, qui était le maître dans l’art de faire un massacre humain. C’était son domaine à lui. L’homme qu’on voulait tous abattre. Celui qu’on reconnaît comme ennemi national, ennemi numéro 1 de tout le pays. Il était, et avait combattu Wilhelm Murnau, un ancien légendaire, et ami proche. Et personne n’était là pour m’aider, pour combattre cette réalité qu’était mon cauchemar. Mon cauchemar que j’avais tenté d’oublier comme je le pouvais était là devant mes yeux. Et pourtant, j’avais fait en sorte de me le sortir de la tête, d’éviter les journaux, la radio et autre médias qui auraient pu parler de lui. Tous mes efforts étaient vain en à peine une soirée. Mais pourquoi? Pourquoi était-il ici? Avait-il eu l’idée subite de me tuer? De me rajouter à son tableau de chasse pourtant si bien rempli? J’imaginais déjà ma tête dans les journaux “Une professeur de la Heroe’s Sup assassinée avec sa fille…”. Ma fille. Justement, c’était ça le pire à venir.

Le pire, c’est qu’il l’avait remarqué. Mary-Lune n’était certainement pas en sécurité avec son propre géniteur. C’était ça le pire. Mais qui pouvait être en sécurité avec cet extraterrestre en particulier? Personne. Ni les gendarmes, les pompiers, les policiers, les militaires ou même un quelconque héros pouvait venir me porter assistance. Je tenter de cacher mes tremblements. Mais rien n’y faisait. De même, ses paroles montraient qu’il n’avait aucunement peur de moi. Et moi, j’en étais morte de peur. Il riait même de moi.

Ni ma fougue d’antan, ni le fait que j’aurais pu avoir un jour des pouvoirs n’aurait pu l’effrayer plus que cela. Rien ne devait être effrayant.

Lui répondre sur le ton de l’humour était certainement déconseillé. Lui dire que c’était un bébé encore moins. La pitié ne marcherait pas sur lui. Peut-être que lui dire que c’était le sien parviendrait à épargner ma fille. Mais… Est-ce que ma fille serait épargnée si je le lui révélais que c’était bien SON enfant? Rien n’était sûr.

“Un… Un bébé…”

D’un autre côté, si j’étais condamnée, elle l’était aussi. S’il me tuerait, il en ferait de même avec elle. C’était très égoïste mais je préférais qu’il me tue avant de tuer ma fille. La douleur qu’il me procurerait serait telle que j’en deviendrais sûrement folle. Mary-Lune était ma fille, et bien qu’elle ait de son sang, de son ADN en elle, elle n’était pas comme lui. Certainement pas! De toutes les manières, quoi que je fasse, que je fuis, que j’alerte les voisins ou autre, il me rattraperait ou me retrouverait. Comme aujourd’hui.

“Et ta fille…”

La sentence était désormais levée. Qu’allait-il advenir de ma fille ? Et accessoirement de moi?
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know! feat Meknes 3MAJ Mer 22 Fév - 23:51

Des toiles d’électricités avaient jailli de toutes les parties de l’immeuble. Elles envahissaient déjà l’appartement, criblant chaque pièce, attachant chaque meuble entre eux. Tout tremblait, sauf Carnage et son enfant.

L’un, parce qu’il était la source de la foudre. L’autre, parce qu’elle était incapable de percevoir ce remue-ménage : elle avait simplement faim.

Le plus dangereux n’était pourtant pas cette ambiance électrique provoquée par le géant : la personne qui donnait un écho véritablement fabuleux à cette tension était en réalité Roxane.

La pauvre menaçait à tout instant d’être aspirée par elle-même, d’échapper au plan de la matière en se tortillant, se compressant sur sa propre chair… comme si cela pouvait la sauver.

Ses yeux de terrienne luisaient de terreur avec un éclat puissant, si fort que Meknes put se reconnaître dans ce rayonnement chancelant sur lequel sa silhouette sombre s’imprimait.

Il manqua de se faire peur à lui-même.

Il revit dans le regard de son ancienne victime les yeux de sa mère. La crainte soudaine mêlée à l’incompréhension, ce cocktail qui transformait la peau du faciès en une silencieuse surface d’eau brûlante : un seul coup donné dessus et tout allait s’emporter dans une explosion de vapeur.

Une action dont le géant ne se priverait pas s’il n’y avait pas de public, ce qui n’était pas le cas, puisqu’il était en face de la moitié de son sang.

Meknes ne voulait pas faire de mal à cet enfant.

Ainsi Mary-Lune sauva la vie de Roxane. Son père était devenu trop vieux. Il s’était maintenant trop attaché à la Terre pour vouloir la balafrer de façon gratuite. Cela faisait un moment déjà qu’il n’était plus question de vengeance et que ses crimes avaient perdu leur air de fête.

De quoi était-il question, alors.

L’incapacité de Carnage à agir lui fit se poser la question. Pour trouver la réponse, il n’avait pas d’autre choix que de se confronter.

Son immobilité cessa. Il prit une chaise pour s’installer devant la gamine, pour la dévorer du regard et la mettre au défi.

Ainsi commença le duel. L’immense et le gringalet. L’une ravie de pouvoir grandir, l’autre écrasé par le poids du plafond. Un tel contraste n’eut aucun effet sur Mary-Lune : elle était ridicule mais elle restait indémontable : tout le portrait de son père.

Une petite boule de chair, contenue et concentrée. Une véritable accumulation d’énergie, imprévisible et pour le moment innocente.

Et en face, une grosse chose malveillante et destructrice dont le poing géant faisait tout le torse de la petite, dont l’imagination tordue faisait vivre à qui la subissait des choses terribles, et dont l’unique œil jaune était la promesse des pires tourments.

La bambine tint bon jusqu’au bout, sans trop comprendre de quoi il en tenait. Cela devait lui faire tout drôle : elle n’avait jamais vu d’homme aussi impressionnant, mais elle n’en avait pas peur. Sans doute parce que tout cet amas sensationnel de prestance et de puissance tenait beaucoup trop de l’absurde.

La chaise était sur le point de se plier en deux sous le poids. Elle grinça dangereusement.

Mary-Lune ne parvint pas à pleurer. La mine de Meknes n’était pas suffisamment grave pour sérieusement l’inquiéter. Il ne faisait que la fixer de façon insistante, son globe oculaire changé en vis comme pour essayer de savoir ce qu’elle pouvait bien avoir dans le cerveau. Elle se tourna vers Roxane et balbutia un :

« Mama ? »

L’Ambassadeur n’avait jamais eu une moue aussi penaude. Il s’était changé en grand garçon. En une espèce de grand frère aux proportions délirantes, qui était en train de réaliser que d’autres vies pouvaient exister dans ce monde, et que certaines de ces vies pouvaient être liées à lui.

Voilà Carnage : deux yeux de bambins lui faisaient plus d’effet que le plus grand des massacres.

Elle avait un petit quelque chose dans les yeux qui lui faisait penser à Brooke.

Le colosse en eut assez : il déclara forfait. Trop d’images se secouaient ensemble au sein de son esprit dérangé. C’était plus qu’il ne pouvait en assumer à la fois à l’intérieur de son crâne.

Il voulut se dresser de toute sa hauteur mais fut contraint de plier un peu le dos. Il remarqua, un peu trop tard, qu’il s’était retourné. Il battait donc bien en retraite.

Roxane vint le surprendre dans son champ de vision pour couper court à sa fuite. Elle incarnait l’ultime obstacle.

Carnage s’interrogeait sur les choses parfaitement inconcevables qu’il s’apprêtait à dire.

Il souhaitait s’occuper de cette enfant. Admettre qu’il était lui aussi victime de cet insupportable attachement auquel il ne pouvait échapper et qui lui commandait de protéger et d’élever la petite.

Son peuple n’avait pas pour habitude de manquer à ses engagements familiaux. Toutefois il fallait prendre en compte la situation horrible qui avait donné vie à l’objet de son amour.

Meknes ne savait pas exactement à quel point son crime passé était grave, s’il existait une possibilité d’arrangement pour lui. Ce n’était pas nécessaire d’obtenir un pardon : le colosse savait pertinemment les raisons qui l’avaient poussé à agir.

Il voulait voir Mary-Lune grandir, sans se cacher de cette subite et franche obsession.
Comment faire pour gérer les foudres de la mère… Comment faire… Il ne fallait pas la tuer, c’était mauvais pour le développement de l’enfant, mauvais…

Carnage médita pendant que son gantelet archaon se refermait machinalement dans le vide, broyant cet air saturé de haine.

Entre Roxane et lui, cela allait être la lutte entre la colère et la folie.
Ils se toisèrent tous deux durement. Puis il y eut l’intervention de la grosse voix :

« C’est une très bonne idée, Mary-Lune… Tu as l’air de t’en occuper bien… »

Meknes parlait, à la fois méchant, à la fois rêveur : il était trop fier de cette petite.


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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know! feat Meknes 3MAJ Mer 30 Aoû - 20:34

Ce rapprochement entre ce monstre et ma fille me faisait frémir. Mais que pouvais-je faire d’autre? Appeler la police? Héler mes voisins? Il y avait peu de chances qu’ils s’en sortent vivants tout simplement. Il fallait juste espérer qu’il ne fasse rien. Affreux spectacle auquel je devais assister. Je ne pouvais fuir mais ne pouvais non plus arrêter tout ceci. D’une main il m’aurait certainement maîtrisé. D’une main il pouvait la tuer. Tuer sa progéniture. Et moi je comptais sur le pari stupide qu’il pouvait l’épargner.

Je sentais mon coeur se serrer lorsque ma fille s’adressa à moi. Encore jeune, elle n’était pas consciente d’être assise en face d’une chose dangereuse. Elle ne me demandait pas de l’aide, mais plus comme m'interrogeant de cette étrange situation. S’il en avait été autrement j’en aurais été émue d’entendre ma fille m’appeller ainsi. Mais là j’étais plutôt inquiète des réactions du père.

“Tout… Va bien.”

Pire mensonge du monde. Je gagnais l’oscar de la pire mère de tous les temps. J’aurais dû installer une alarme, installer quelque chose qui le neutralise. Et là je me permettais de rassurer ma fille. Non! Rien n’allait! J’avais laissé rentré mon pire cauchemar et l’ennemi public numéro un. Et je ne faisais rien pour le faire partir. Tandis que certaines auraient déjà bondi sur l’assassin, moi je me contentais de regarder la scène. J’étais loin d’être croyante mais s’il y avait un dieu qui pouvait remédier à cette situation, je prenais!

Ce revirement de situation était surprenante. Moi qui tentait de cacher mes émotions, me voilà plus que stupéfaite par ces simples paroles. Comment cela se pouvait-il ? Avais-je raté quelque chose? Est-ce qu’il semblait éprouver quelque chose pour Mary-Lune. Chose qui pouvait être assimilé à de l’amour ? Je n’y comprenais plus rien. Mais si ça marchait, tant mieux. Je n’allais pas non plus me plaindre. C’était inespéré d’entendre une parole comme ça venant de ce monstre. Mais venait une question brûlante, presque interdite. Peut-être qu’il avait changé; bien que je ne le pense point; et était devenu tout autre. Mon sort comme celui de mon enfant pouvait être tout autre. Que ce soit parce qu’il avait un élan de sympathie pour ma fille, une émotion positive, ou tout autre chose.

J’avançais vers ma plus grande terreur, tout en gardant une distance qui me convenait. Je n’étais pas rassurée du tout. Il pouvait d’un seul coup bondir et me jeter à l’autre bout de la pièce. Ou rester comme il l’était devant sa fille.

“Qu’est-ce que… Tu comptes faire? De nous deux?”
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know! feat Meknes 3MAJ Lun 2 Oct - 0:08

Alors que la distance entre Roxane et le géant se réduisait, Carnage fut en proie à un profond déchirement.

Il le sentait. Des bouts de son ancien lui, qui étaient profondément tiraillés par le cours des évènements, au point de définitivement se désolidariser du tout qui faisait peur à tout le monde.

Le monstrueux envahisseur tombait en lambeaux devant la petite terrienne, et il ne restait plus alors que Meknes. Un combattant qui voulait faire la fierté de son peuple, qui était fort, mais las. Qui avait compris à quel point tout son combat ne rimait à rien, que sa haine ne faisait qu’entraîner la haine, en vain. Quel ironie pour un papa de découvrir qu’il était stérile…

Il était le feu destructeur des autres et de lui-même. Il se consumait tout seul, bêtement, et il souffrait de cette situation, aveuglé par sa propre fumée. Et il lui fallait donner la vie plutôt que de la prendre pour réaliser qu’en fait, ce n’était pas si mal d’être un type bien, de se « ranger ». Car après tout, c’était tout ce qu’il cherchait, « se ranger », ou ranger le monde dans la petite case étriquée de sa revanche inutile…

Le plaisir de détruire, oui, mais pas celui du combat. Car le colosse le savait : depuis toujours il ne luttait que contre lui-même, parce que des ennemis à son niveau, cela faisait belle lurette qu’il ne pouvait plus en croiser.

Il était devenu trop dangereux pour cet univers, trop impitoyable, moqueur et destructeur : il n’appartenait pas au cours classique de la Terre et des choses, mais il n’était pas plus associé à l’équilibre d’Havöck. Il n’était plus attaché à rien, il était un tout, auto-suffisant, solitaire, surpuissant. Et c’était cette faiblesse, cet immense déphasage qu’il avait actuellement, devant la femme et l’enfant, qui lui clouait définitivement cette idée dans la tête. Il fallait passer à un nouveau stade.

Oui, parce qu’écraser en série des adversaires insignifiants, c’était plutôt le genre de routine qui réussissait à endormir le géant : aucun recul sur la situation, puisque personne n’était en mesure de lui donner un avis… Une rencontre, un coup d’épaule, et c’était terminé : Meknes n’avait plus qu’à rentrer dans sa planque, écouter les plans sans fin établis par des mafieux pour faire « trembler la ville », laquelle n’avait jamais réussi à perdre foi en son gouvernement, en dépit de toutes les péripéties qu’elle avait pu rencontrer.

C’était d’un ennui profond, et ça poussait aux pires distractions.

Alors, voilà : rien de tel qu’un rendez-vous en famille pour faire le point sur sa vie et arranger certaines choses. Pas toutes, non, car l’abcès était trop gros : il faudrait la vie d’un univers pour prendre le temps de le purifier. Revenir en arrière, tout arranger, et ça, ce n’était pas possible. Il fallait tenir avec.

Assumer ses responsabilités, avoir une bonne conduite. Oui, il y avait de l’idée, et si Carnage était capable de le faire en temps que puissant Kherrr, sans doute pouvait-il le faire en temps que terrien, mature et responsable…

« Je ne vais rien vous faire. »

Ça, c’était une annonce qui avait sérieusement perturbé Roxane. La jeune maman était si scandalisée qu’elle avait tout de suite eu ce regard méfiant, les yeux plissés à la recherche du piège, de l’effrayant canular.

Elle perdit son temps à essayer de déchiffrer les traits de Carnage. Lui, impassible, bien sûr de sa lancée, allait encore un peu parler, puis partir, pour ne pas trop appuyer sur le traumatisme, déjà qu’il lui suffisait d’exister pour faire de la vie de Roxane une sorte d’enfer non assumé…

« Il vaut mieux que je m’en aille. Je suis mauvais pour toi et ton enfant. Il faut qu’elle grandisse bien, pour ne pas se laisser faire, si elle croise des criminels, pas comme moi, je le souhaite. Je suis unique, et avec un peu de chance, bientôt, je ne serai plus… »

A ces mots, un sourire mystérieux apparaît sur le visage de l’irascible démon de toute une génération. Il ne laisse pas l’occasion de s’expliquer. Il a croisé les bras, et déjà il s’est évaporé. Disparaître comme ça, en ricanant à moitié, c’était tout de même provoquer un peu celle qu’il avait considéré comme son aimée. D’un air de dire : « Je suis un vieux souvenir, je disparais devant tes yeux. Je suis un vilain fantôme, et maintenant, débrouille-toi, passe au-dessus de ça, pour faire de ce monde un monde meilleur… ».

Bien évidemment, cela ne faisait que référence à Mary-Lune, parce qu’elle était la seule créature qui devait bien en valoir la peine dans cette société pourrie. Mais tout cela est déjà fini. Passer à autre chose, il faut s’y faire : passer à autre chose.

***

Il marche dans les rues, le gros chat de gouttière qui connaît tous les quartiers par cœur, et tout le monde aussi, parce qu’il pénètre dans toutes les têtes, pour marquer à jamais un bon nombre d’esprits…

La presse s’arrangeait pour qu’une certaine image lui colle à la peau, mais ce n’était finalement que des faibles babillements.

Meknes savait à quel point il était responsable de cette prétendue « autre facette de lui », qui était en réalité un passé dont il n’arrivait pas à se défaire. Un monstre exécrable, pétri de mépris et de haine facile, les bases immuables de ce qu’il était maintenant. Le constat était fait et la solution était déjà trouvée. Ce n’était pas grand-chose : c’était même plutôt amer.

Pourtant, le criminel ne pouvait pas s’empêcher d’en rire…

Il allait devoir supporter cet autre lui, et ce jusqu’à la toute fin de sa vie.

Il n’y avait vraiment pas de quoi s’en faire…
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know! feat Meknes 3MAJ

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