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Le shopping ou quand un alien vous embroche bêtement par pur hasard (feat Meknes)

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MessageSujet: Le shopping ou quand un alien vous embroche bêtement par pur hasard (feat Meknes) Jeu 25 Aoû - 2:13

Oui, vous avez bien lu, et pourtant je n'aime clairement pas ça. Le shopping c'est comme hm dépenser des centaines de dollars pour trouver LE gateau qui plaira à un enfant, regarder l'heure sans bouger ses fesses de son lit, aller en cours alors qu'on s'en fout complètement ou encore... Bon en gros c'est chiant et semblable à ce que je fais les trois quarts du temps dans ma vie. Faut dire aussi que la vie est vraiment morne, métro boulot dodo, bonjour au revoir, et j'en passe! Enfin, c'était le cas jusqu'à il y a quelques semaines, San Francisco, ça m'a fait vraiment travailler la cervelle cette histoire. Histoire dans laquelle je suis l'une des protagonistes et/ou antagonistes, au choix, c'est selon la presse que vous avez lu. Oui, fait nouveau, je lis les nouvelles, bon, pas toutes, juste la première page de couverture, et j'avoue ne pas savoir encore quoi penser de tout ça. D'un coté, ça m'a fait comprendre que je n'étais pas faite pour protéger l'humanité, j'étais faible, je n'avais fait que repousser l'instant fatidique et je n'ai même pas réussi à arrêter l'autre écervelé au comportement chelou. Mais d'un autre coté, cela m'a ouvert les yeux, enfin un peu, si cet ange n'avait pas été là pour me rafistoler un petit peu, j'aurais très certainement succombé à mes blessures, et l'autre, Lesser Star, aussi, comme quoi, les humains ne sont pas si débiles que je le pensais, et puis, tout ces cris et ces lamentations, brrrr. J'espère vraiment ne pas revivre une telle expérience.

En tout cas, cela m'a fait bien réfléchir et j'ai bien compris que je n'avais qu'une vie, donc... J'en profite un peu comme on dit. Seule bien sûr, ce n'est pas parce que mon opinion sur l'espèce humaine avait un tant soit peu changée que j'allais me jeter dans leurs bras. Bien sûr, dépendante comme je suis des morts quand il s'agit des loisirs, je les avais laissé choisir, alors que la majorité était féminine, devinez donc un peu ce qu'elles ont choisi. Voilà. Mais au fond, ce n'était pas si mal, je veux dire, de refaire ma penderie, la plupart de mes fringues étaient tachés et foutus, bon par contre non, les esprits avaient beau me faire les yeux doux, aucune robe ou jupe ne furent prises. Il ne faut pas déconner non plus! Déjà que j'avais accepté de me faire percer les oreilles entre deux rendez-vous de la boutique... C'était ça ou ne plus pouvoir dormir de la semaine, les filles, c'est ce qu'il y a de plus chiant dans la vie, comme dans la mort. Et, la vache, c'est bien la dernière fois que j'accepte de faire un truc pour leur faire plaisir, ça fait un mal de chien!

M'enfin, cette journée s'est plutot bien passée, à part pour mes oreilles, et depuis ma convalescence, je n'avais eu aucun mal de crane, j'étais chanceuse sur ce coup, pas d'évanouissement en vue, c'était bon signe pour ma guérison. Bientot, je pourrais user de mes pouvoirs sans risquer de souffrir le martyr. Cela m'avait manqué de sentir le froid s'insinuer dans mes os! Mais bon, ce n'était pas aujourd'hui que j'allais le faire, pas envie d'avoir une rechute et d'attendre encore une semaine, toutefois, cela me rassurait, et Lassie semblait le sentir car elle jappait et me tournait autour comme une folle. Si des élèves passaient dans le coin, enfin des élèves que je connaissais évidement, ils se poseraient bien des questions sur mon comportement, en effet, il y avait un truc qui déformait mes traits et surtout ma bouche, je crois que c'est ce qu'on appelle un "sourire", mais bon, heureusement pour mon image, personne ne me connaissait, je crois que je suis trop banale pour ça, même avec ma photo dans les journaux. Autant dire que tout se passait nickel chrome, ou presque, le silence était revenu, s'imposant sur l'ambiance coloré des lieux. Lassie avait arrêté de suivre, et surtout, d'aboyer. Je me retournais vers elle tout en notant que les esprits qui nous entouraient avaient perdu leur bonne humeur.

-Qu'est ce qu'il y a Lassie? On a oublié d'acheter un tr...

Et puis je la sentis à mon tour, la menace, sourde, vorace et surtout, glaciale. C'était une ame qui provoquait tout ça, à n'en pas douter, ce ne pouvait être le kaiju de San Francisco, même si les esprits avaient tendance à se rapprocher de moi, Laurel était bien trop loin, et puis je ne l'avais pas vu s'extraire de son corps de chair. En plus, elle était bouillante alors que là, on se serait cru au pôle Sud! D'où venait elle? Qu'est ce que ça présageait? Lassie se mit à faire un petit tour autour de moi en reniflant un peu partout avant de foncer dans la foule en me laissant en plan, incapable de la suivre avec mes sacs. L'appeler n'était pas la peine, comme tout pisteur, elle ne lachait pas sa proie. Je ne m'inquiétais pas trop pour elle, à part Alexia, aucun autre doté à ma connaissance pouvait voir les morts, encore moins les blesser, au pire, elle mordrait du vide et aboierait, et ça, c'est ce que je cherchais à entendre. Heureusement que les citoyens commençaient à partir, ou pas en fait, car si j'en croyais ce que je ressentais, ce qui nous menaçait était gros, très gros, pas autant que le Kaiju ou une baleine, mais c'était balèze tout de même.
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MessageSujet: Re: Le shopping ou quand un alien vous embroche bêtement par pur hasard (feat Meknes) Lun 29 Aoû - 10:10

Des réactions multiples s’étaient mises en place face à la menace Meknes. La menace Carnage, bien entendu, le prénom Meknes étant rarement associé à celui de l’ennemi public numéro un qui faisait trembler les chaumières. Seuls quelques élus étaient au courant de l’information, véhiculée par les canards après plusieurs affrontements entre l’intéressé et sa petite sœur survivante, Brooke Vaughan.

Mais Brooke Vaughan n’était plus là. L’information n’avait donc plus de sens à être relayée, car le lien de parenté ne faisait plus vendre. Face à la menace Carnage, donc, l’une des principales réactions avait été de vendre du papier.

Par la suite, grâce à l’étalement des méfaits du 3MAJ sur la durée, différentes théories complotistes étaient nées. Comme quoi il était le résultat d’expériences étranges sur l’être humain et était utilisé pour réaliser des essais atomiques à échelle planétaire. Comme quoi il était un pion du gouvernement ou servait les intérêts de compagnie privées pour permettre l’avènement suprême du système capitaliste, si ce n’était pas déjà fait. Dans tous les cas cela rendait nerveux, remplissait de crainte et faisait parler. Un outil bien pratique pour certaines élites qui souhaitaient contrôler les pensées.

L’une des autres réactions envisagées, à peine moins étonnante, consistait (et le Carnage adorait ça) à lui vouer un culte.

Quelque chose que l’on ne connaît pas débarque et met en branle la grande majorité des systèmes et des valeurs connues, ce qui a vite fait d’émerveiller. Des petites mains s’évertuèrent à donner un sens précis à tous les agissements de Carnage. A le hisser au rang de Dieu et à en faire un moyen efficace pour réunir des groupies sous une même bannière. Des costumes, des mimiques, des incantations. Tout fut correctement mis en place pour apporter aux rituels leur crédibilité.

Carnage était devenu une de ces idoles que les paysans fabriquaient de toute pièce, exactement comme cela se faisait au Moyen-âge.

En soi c’était ridicule. Toutefois ce mouvement était né tôt, au moment où la guerre entre terriens et kherrrs était perçue comme sonnant un glas tragique pour la Terre. Depuis bientôt vingt ans maintenant cette tumeur grandissait pour prendre de plus en plus d’ampleur. Elle engloutit bien des individus dans ses fibres pleines de corruption, pour former une masse aveugle, haineuse, fielleuse… mais puissante.

Une fois atteint ce stade, cela n’était plus ridicule. C’était grandiose. Nécessairement, puisque c’était grand. Les membres qui composaient cette amibe étaient capables d’agir à différents endroits du globe. C’était devenu une organisation insidieuse et tentaculaire.

Parmi les cérémonies qui ponctuaient la vie de ces âmes persuadées d’être dans le vrai, il y avait des offrandes accordées à une grande statue de samouraï, aux traits semblables à ceux de Meknes 3MAJ. C’était censé permettre à la guilde de profiter des faveurs du géant. Sa bénédiction justifiait certains actes commis par l’organisme en son nom. Des sacrifices étaient faits aussi. Pour se protéger de Sa colère. Même des orgies étaient instituées. Parce que… Parce que Carnage était fertile. Et puis voila.

C’était cette réaction parmi toutes les autres qui apportait à Meknes son plus grand lot de bonheur. Tout simplement parce que, par moment, il venait les voir… Cela était à la fois beau et à la fois mal. Beau parce qu’il n’avait même pas besoin de gérer la secte pour qu’elle cherche à se plier à ses quatre volontés. Triste parce que cela mettait en exergue la fabuleuse capacité de l’être humain à accorder un caractère sacré à tout et n’importe quoi. Et cela Carnage ne supportait pas. C’est pourquoi il en massacrait parfois, quelques-uns. Pour le plaisir de tuer. Et de faire taire surtout. Les psalmodies lancinantes qui n’avaient pas de sens, ça Carnage n’en pouvait plus.

Ce style d’hécatombe, c’est ce qu’il s’apprêtait à commettre une nouvelle fois. Quand il était d’humeur, c’était son défouloir. Il avait donné rendez-vous à un bon nombre d’illuminés dans une rue commerciale de Laurel, histoire de marquer le coup et d’embêter un peu.

Meknes voyageait entre les personnes sans aucun souci particulier. Depuis le temps que ses pouvoirs lui permettaient de provoquer le plus parfait des désordres, moduler les consciences et les objets pour ne se faire apercevoir par aucun œil était devenu une routine pour lui. C’était une folle discrétion de star.

Il retrouva ses pions dociles au lieu et à l’horaire convenus. Ces derniers étaient parfaitement déguisés en n’importe qui. Carnage retira sur eux le voile qui les empêchait de le remarquer. Tous eurent en réponse un mouvement de tête heureux. Ce qui était affolant était qu’il y en avait de tout âge. Il suffisait d’un coup d’éclair pour que le géant fouille dans leur mémoire et constate la mosaïque colorée que formaient les futurs sacrifiés. Cependant, finalement peu importait. Ce n’était pas comme si Carnage n’était pas au courant de la force de la folie humaine. Ses lames sortirent de leur fourreau, impatientes d'entreprendre le meurtre vorace. Leur propriétaire ne se fit pas prier et commença tout de suite.

Une tête volait par-dessus l’assemblée de clients. Il fallut un cri et une personne blessée par inadvertance pour qu’enfin la foule se rende compte de quelque chose.

Précis, impassible, Carnage continuait, très sobre dans sa démarche, très appliqué.

A chaque fois qu’il faisait cela, le géant se posait sérieusement la question de ce qui allait le plus couler, entre l’encre et le sang. Car à chaque fois l’encre parvenait à doubler le sang, et une telle chose, Meknes trouvait cela incroyable.

Ainsi sa tuerie l’invitait à réfléchir à propos de tout ce qu’il générait. C’était au milieu de tout le monde à exécuter cette tâche que Carnage se sentait le plus seul. Et déterminé à cogiter.

Il abattait chaque silhouette avec la circonspection du guerrier à l’exercice. Toute personne qu’il passait au fil de son sabre était pour lui un mannequin d’entraînement, un petit morceau d’humanité creux dans lequel pouvait s’incrémenter toutes les obsessions possibles. « C’est un chinois ! » Pouvait-on dire. « C’est un russe ! » Pouvait-on crier. « C’est un putain d’Amerloque ! ».

Et cætera, et cætera.

Carnage détruisait ces figures tordues de la réalité, une par une. Pour abattre symboliquement cette ignorance, cette perfidie. Cette constante crainte de l’autre.

Il savait pertinemment que tout ceci était vain. S’il ne voulait plus assister à de tels comportements, le géant n’avait qu’à quitter la Terre, ou tuer tous les humains.

Il se contenta de prolonger la débâcle, immuable.

Cela allait le calmer. Cela allait continuer, puis cela recommencerait.

Et inlassablement, il allait toujours être possible avec ça, de faire vendre du papier.
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MessageSujet: Re: Le shopping ou quand un alien vous embroche bêtement par pur hasard (feat Meknes) Lun 29 Aoû - 17:00

Alors ce que j'attendais et ce que je redoutais atteignirent mes oreilles ensemble. Un cri de surprise et de douleur, et le fier aboiement d'un chasseur canin. Tout se passa très vite comme lentement, et c'est là où on se rend compte que ce qu'on voit dans les films et dans la réalité sont parfaitement différents. A l'unisson, la foule tourna la tête vers la source du cri, comme s'ils venaient de remarquer simplement maintenant la présence du géant dans la masse humaine, silencieux, figés par la surprise, et puis, la peur pris le dessus. Puis, telle une toile d'araignée, un fil bougea, très vite imité par les autres, le mouvement se créait, de plus en plus monstrueux, arrachant la toile pour de bon. Une peur sourde qui devint une panique folle et atroce, brisant tout les principes de la solidarité et du courage, pronant le chacun pour soi quitte à abandonner son voisin à la Mort. Un peu comme une fourmilière inondée, les civils se poussaient entre eux pour ne pas avoir affaire avec la menace. D'autres, plus futés, retournaient dans les batiments, regardant avec des yeux ébahis le carnage non pas du géant dont on ne voyait à peine les lames prendre la vie des gens mais de leurs congénères qui écrasaient les leurs sans se rendre compte qu'ils faisaient surement plus de victimes que l'inconnu.

Prise dans le courant, je sentis mes sacs tomber en même temps que moi, on me marchait littéralement dessus. Ne pas rester allongée, c'était le seul conseil vital que je pouvais me donner, mais à peine mise à quatre patte qu'un pied m'atteignit au visage. Pas de craquements audibles donc pas de fractures mais un liquide chaud dévalait sur ma bouche, âcre et rouge. Sonnée, je rampais jusqu'à un trottoir d'où je pourrais reprendre mes esprits, ce qui se fit bien avant mon but atteint, merci les coups dans les cotes, ça réveille! Le dos vouté contre une poubelle, je reprenais mon souffle tandis que j'observais le flux humain déferler sous mes yeux. A présent, les civils cachés dans les boutiques fuyaient, surement pensaient ils que le monstre allait venir les chercher, ce qui était rassurant c'est qu'ils allaient tous dans la même direction, ou pas. En faisant attention, je me mettais debout sur la surface en métal afin d'avoir une meilleure vue d'ensemble. Que faire dans cette situation? La plupart des gens qui tentaient de se relever étaient les cibles du géant, faciles à abattre, néanmoins, il visait aussi les autres debout, je pouvais voir aussi Lassie, soudée à la cheville de l'homme, la morsure glacée ne semblait pas gêner le colosse dans ses mouvements. Empêcher le meurtrier de nuire n'était pas à ma portée, combattre n'était pas mon fort, mais je pouvais sauver des vies en les éloignant!

Dés que le flux commença à diminuer, je bondis dans la masse, laissant mes bras fantomes sortir de mon corps, animés par le même objectif que moi. Relever les gens et les pousser vers le trottoir. Ma présence ne sembla pas perturber le moins du monde les passants paniqués, bien au contraire, après tout ils ne savaient pas qui je suis et au vu de mon apparence, je ne pouvais être gentille. je les ignorais, tout comme j'ignorais l'autre géant, bien trop loin de moi pour me nuire et bien trop concentré sur ce qu'il faisait, je n'étais animée que par le but que je m'étais fixée et rien d'autre, l'esprit encore abruti par le coup dans mon visage et par l'ame écrasante et attractive du colosse dont je ne savais rien à part qu'il ne s'arrêterait pas avant longtemps.
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MessageSujet: Re: Le shopping ou quand un alien vous embroche bêtement par pur hasard (feat Meknes) Jeu 1 Sep - 12:54

La danse ne cessait pas depuis plusieurs minutes.

Elle était grandiose mais elle n’avait aucun sens. Il tuait. Très bien. Il faisait cela tout le temps. Quel mérite donner à cela ?

Il n’y avait même pas de difficulté : les victimes se jetaient toutes seules dans la gueule du loup. Carnage ne sentait pas la différence entre l’air qu’il coupait et les vies qu’il prenait. Tout n’était qu’un petit soupir tristement divisé par ses mouvements immenses. Il aurait été seul au sein d’une cellule à battre le vent que cela n’aurait pas changé son ressenti.

Mais il y avait ce côté grisant qui faisait constamment surface lorsque l’affrontement venait. Cette idée d’être au cœur de la mêlée. Au milieu de la guerre. Meknes adorait cela et il ne pouvait s’en passer.

Il n’y avait plus de véritable ennemi ou d’organisation sérieuse à qui s’opposer (tout ceci était selon lui terminé depuis bien longtemps maintenant) mais malgré tout, le parfum de la panique lui procurait une ivresse intense. C’était une passion, une véritable fascination morbide. Il se transcendait quand le monde s’écroulait autour de lui. Sur ce point là il était bien un Kherrr : taillé, entraîné, formaté pour le combat.

L’adoration de la secte lui fournissait ces cadeaux, ces petites peines infligées à l’humanité dont l’impact était réduit parce qu’il ne s’agissait plus de victimes, mais de sacrifiés. Cela dit, l’Ambassadeur ne pouvait résister à se confondre en dommages collatéraux.

Rapidement la présence de la police s’imposait parmi les éparpillés. Les forces de l’ordre n’étaient pas stupides, surtout dans la ville de Laurel. Le besoin de gérer les dotés et les actions persistantes commises par les criminels les forçaient à se mettre en place autour d’une redoutable organisation.

Malheureusement pour eux Carnage parvenait toujours à leur échapper. Sa capacité à prendre le contrôle d’à peu près tout en plus de celle qui lui permettait de traverser la matière annulaient bien des entraves.

Cependant il y avait un certain contrecoup à de pareils dons. En soi ces fabuleux atouts ne coûtaient rien pourtant. Toutefois leur utilisation répétée avait un impact assuré sur la façon avec laquelle Carnage percevait la réalité.

Effectivement, comme le conflit, disposer de ses avantages à loisir était grisant. Mais quand tout ce qui a du sens peut ne plus en avoir et que tout ce qui existe peut être ignoré, les repères s’estompaient, la responsabilité devenait floue.

Carnage n’était pas un terrien. C’était ce qui lui évitait de devenir fou. Il n’avait pas la même logique, le même sens du monde et des choses. Mais un tel temps passé sans pouvoir connaître d’opposition véritable le faisait tout de même se sentir à part, d’une façon qui ne lui était pas profitable. Il devenait plus complexe de clairement se dire qu’est-ce qui comptait et qu’est-ce qui ne comptait pas.

Ce système se développait dans un cercle vicieux : le besoin du combat spectaculaire l’amenait à lutter derechef dans des lieux publics. Mais pour s’en sortir, il devait mobiliser ses talents. L’usage de ces derniers le confinaient dans sa pensée comme quoi rien n’avait d’importance, laquelle lui donnait envie de tâter de nouveau à la réalité à travers ses massacres expéditifs. Enfin, l’atmosphère de la Terre, plus pesante que sa planète natale, décuplait ses forces à chacun de ses exercices, ce qui ne faisait qu’amplifier le fossé entre lui et les autres.

De nouveau, tout devenait absurde.

Pour oublier ces petits tracas, Carnage se déchaînait durant ses performances à ciel ouvert.

Il taillait du terrien sans compter et ravageait toutes les structures qui avaient le malheur de croiser ses gestes furieux. Un autre de ses plaisirs coupables était de renverser des voitures…

C’était sa petite signature lorsque le géant faisait sa tournée à Laurel. Bien sûr ensuite il fallait disparaître de la circulation pendant quelques temps. Aller embêter du monde ailleurs, réunir tous les peuples sous le joug de la terreur…

Mais il aviserait plus tard pour ces affaires-là. Pour le moment, l’heure était à la fête !

La valse magnétique de toutes ses lames vint accompagner ses pas de danse redoutables.

Bien décidé à harponner un véhicule des forces publiques, Meknes arma son bras et propulsa une de ses épées dans la direction du bolide.

Le coup manqua de peu pour aller se perdre dans les restes de la foule. Il y eut un retentissement, un bruit d’impact : l’objet s’était fermement planté dans un mur.

Rien n’avait arrêté le lancer de l’arme. S’il y avait eu quelque chose situé sur sa trajectoire, ce n’était sûrement qu’un petit soupir. Rien de plus…
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MessageSujet: Re: Le shopping ou quand un alien vous embroche bêtement par pur hasard (feat Meknes) Jeu 1 Sep - 19:44

La situation ne cessait de s'aggraver, incluant cette fois ci dans la longue liste des esprits des agents de la police qui venaient tout juste d'arriver, créant sans le vouloir une limite entre le danger et les civils. Enfin, certain étaient tout de même assez fou pour passer au travers, et cette protection inespérée ne faisait qu'exciter davantage le reste des citoyens, augmentant la panique générale, ainsi que leur vitesse de course, rendant les rues très vite libres en espace. Néanmoins, cette aide inattendue me permettait d'accélérer le sauvetage des dernières personnes encore à terre qui étaient capables de se relever, quant à ceux qui avaient des genoux ou des tibias brisés, et bien... Il allait falloir les trainer ou les laisser, de toute façon, l'autre ne semblait pas avoir envie de se pencher pour vérifier si ses proies sont bien mortes.

Du moins, j'aurais pu prendre les quelques blessés et les trainer jusque dans une des boutiques. J'aurais verrouillé les portes en usant de tout ce qu'il y avait dedans avant d'aller vérifier que les civils n'étaient pas morts entre temps, puis j'aurais appelé les urgences avec le fixe. Des journalistes m'auraient alors harcelés en direct afin de savoir comment ça se passait, dramatisant au passage sur la scène décrite, se lamentant et approuvant mon courage hors du commun. On m'aurait acclamé en héros, j'aurais eu droit à une bourse pour mes études, à un prix Nobel de la paix, à une villa dans les îles de Pâques, à deux chats et une moto, j'aurais été populaire et riche, totalement indépendante du système. Oui j'aurais pu avoir tout ça, toute cette richesse et cette vie parfaite, si je n'étais pas empalée sur un mur... Attends, d'où vient cette lame?!

Assez longue -je pense qu'il faudrait inventer un nouvel adjectif pour qualifier une telle longueur!- pour me transpercer de part en part et me clouer au mur, sa garde était bien trop épaisse pour une main humaine, la lame aussi, elle appartenait donc à la menace. Pourtant j'avais tout fait pour rester derrière les voitures en cas de balles perdues ou autre dangers improbables, je n'étais donc pas visée, il ne semblait pas chercher à tuer quelqu'un de spécifique de toute façon. L'avait il perdu? A moins qu'il... voulait s'en prendre aux voitures. En même temps, pour de faire de gros dégats, rien ne vaut une bagnole pour écraser les gens, et vu la puissance de son geste, il aurait écrabouillé une bonne dizaine de civils, moi compris dedans.

-Faut être un abruti d'aveugle ...pour se servir d'une épée et de se rater à... ce point..., marmonnais-je pour moi-même.

D'ailleurs comment se fait il que je sois clouée là? Et pourquoi j'ai autant de mal à parler? Pour la première question, j'avais ma petite idée, je m'étais peut-être levée au mauvais moment, résultat, embrochée purement par hasard, j'ai vraiment pas de bol. Et vu comment mon cerveau rame, j'ai dû me prendre un sacré coup sur la tête, oubliant sur le coup l'empalement, c'était logique, je n'avais donc pas à m'inquiéter pour ça. Le plus dur à croire fut par contre de voir la lame entrée dans ma chair, je venais seulement de le remarquer, logée dans le poumon droit, je devais avoir des cotes fracturées, pourtant, je n'avais pas mal, pour l'instant, j'avais juste une sensation de... froid, et de vivre un phénomène paranormal. J'avais déjà vu mon sang, cela ne me choquait donc peu en fait, mais voir une telle quantité s'échapper de mon corps m'effrayait un peu, davantage pour la sensation d'être un verre qui se remplit. Ca dans les films, ils ne le disent pas, qu'on sent qu'on se noit, et qu'on ne fait pas le magicarpe agonisant quand on cherche notre souffle. L'impression d'avoir couru un marathon à l'instant embrouillait mon esprit, le rendant incapable de trouver une solution à ma situation, seul l'instinct de survie se chargeait de ça.

Il fallait que le sang sorte, mais pour ça, il me fallait extraire la lame, mais je risquais de me vider de mon corps aussi... Bon, déjà une inspection générale s'imposait. Vite l'examen par contre, je n'ai pas trop envie de régurgiter du sang à gogo! Ma colonne vertébrale semblait intacte puisque mes jambes et mes bras étaient en mouvement, et surtout, je les sentais, la lame n'était donc pas en biais sur le coté mais toutefois légèrement relevé, pas assez non plus pour que je glisse dessus et me découpe en deux la clavicule. Par contre, le sabre continuait de me trancher dans le lard à cause de mon poids, merci la gravité terrestre! L'extraire était donc une nécessité, ou du moins la déloger du mur serait suffisant. La première tentative fut un échec, tout comme la deuxième et la troisième, la garde me glissait des mains et je me coupais à chaque fois en passant trop près du métal. La panique commençait à monter, la douleur aussi, qui elle, cruelle et imposante, s'enflammait dans mon corps et me faisait pleurer. Les mains couvertes de coupures, je finis par comprendre que je n'avais pas le fois, il fallait que j'attende les secours dans cette position, sans mourir avant leur arrivée bien sûr. C'est donc avec, une main sur le tranchant de la lame et l'autre sur la garde, mes deux bras fantomes soudés au mur et crispés à l'extrême, que je me maintenais en situation peu confortable mais vitale, le sang imbibait mon pantalon et tombait au sol avec le même rythme qu'un fin jet d'eau au robinet mais au moins, il ne remplissait plus autant mon poumon droit, me laissant un petit répit pour respirer assez tranquillement.

Bien, maintenant je pouvais m'intéresser à ce qui m'entourait je pense. Vu que ce n'était pas un gadget jetable, il était certain que le géant allait récupérer sa lame, sans doute en me transformant en sashimi au passage. Qu'il essaie seulement pour voir, j'étais peut-être dans un sale état -fichue même, ou alors il existe un dieu vachement sympa dans le coin capable de me ramener des morts mais bon, faut pas se leurrer!- mais je n'allais pas me laisser faire, et s'il me laissait comme ça et bien... Cette arme ferait une sacrée pièce de collection dans ma piaule. En attendant, je remarquais que l'ennemi était borgne de l'oeil droit, bon, on pouvait comprendre maintenant son lancer foireux mais tout de même... Une prof a bien un oeil artificiel, il n'a qu'à faire pareil avant de vouloir faire un truc classe!
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MessageSujet: Re: Le shopping ou quand un alien vous embroche bêtement par pur hasard (feat Meknes) Dim 11 Sep - 21:45

Quelques minutes étaient passées et l’arène taillée par Meknes se ramassait déjà par petits bouts.

Entre les morceaux d’endroits éparpillés au hasard et les marées de citoyens hurlantes, tout portait à croire que le géant avait donné un fabuleux coup de pied dans la fourmilière.

Les rescapés exprimaient leur désespoir tout en s’échappant, les pieds souillés par le sang du massacre qui emplissait la rue commerciale, changée en une sinistre et gigantesque veine…

L’alien, serein, constatait avec délice les dommages qu’il avait causés et s’assurait de la gravité de la plaie béante qu’il venait de tailler au sein de Laurel.

Massacrer des humains lui apportait définitivement quelque chose. Qu’importe la hauteur du défi, qu’importe vraiment qui il tuait : retirer la vie de toute une foule et semer le chaos était une activité excessivement grisante. C’était comme faire l’amour, il ne s’en lassait jamais.

Tout le sel de ces occupations résidait dans leurs caractéristiques enivrantes et éphémères. Il pouvait bien tenir des heures, certes. Mais lorsque tout était fini, la sensation que ça n’avait duré qu’un instant venait constamment hanter ses pensées. Il pouvait accumuler tout le temps du monde à s’investir, le sentiment que dans ces domaines il lui restait encore des choses à faire et à expérimenter restait intact. La pratique constante devenait alors nécessaire. Pour l’exercice, et la passion.

Ses diverses opérations pour retrouver les hobbies qu’il pratiquait assidument sur sa terre natale s’avéraient relativement concluantes. Il ne manquait qu’un adversaire à sa taille pour que tout soit parfait.

Pour ce qui était de ses partenaires, Meknes devait bien concéder les ressources terriennes en matière de danses charnelles. En ajoutant à cela les personnes d’origines extra planétaires, la Terre s’était changée en un gigantesque buffet et le monstre qu’il était n’avait plus qu’à se servir, à profiter du choix.

La Terre était bel et bien son fast-food de l’espace. Une maison de repos, avec des occupations en quantité, des parcs, des personnes agréables, des villes offrant leur population inquiète pour s’entraîner…

Ce soir il avait tué, il en était fier. Mais la semaine prochaine, peut-être même avant, reviendrait cette pulsion incontrôlable qui lui donnait envie de tout dévaster…

Il était de la race des Kherrrs. Il était fait pour le combat. En cela Meknes ne s’était jamais trahi : il était très à l’écoute de ses besoins.


Plusieurs pas de géants le menèrent à un futur cadavre.

Une partie de jeune fille qui tentait tant bien que mal de ne pas succomber à la lame immense qui la transperçait. Une victime de son tir malheureux, lequel n’avait malheureusement pas découpé de voiture…

Carnage échangea une œillade avec l’enfant. Un regard terrible qui faisait croire qu’il avait envie de la tuer.

Bien évidemment il le désirait : il risquait même que cela arrive sans le vouloir. Cependant son œil affichait autre chose : la volonté d’écraser totalement ce corps ridicule par cette seule action.

S’il en avait le pouvoir Carnage le souhaitait ardemment. Voir un de ces petits êtres se compacter dans des bruits osseux et organiques l’amusait volontiers.

Mais l’extraterrestre ne disposait pas de tels pouvoirs, non. C’est à peine s’il pouvait faire exploser des têtes en jouant sur les stimuli du cerveau… Toutefois il était bon prince, et savait se contenter de peu.

Il saisit la poignée de son arme pour la retirer d’un mouvement fluide, en faisant exprès de relever un peu la pointe de l’épée pour qu’elle lacère encore plus fort l’intérieur de la gamine.

Le tout perforé chuta, puis Carnage s’en alla.

Alors qu’un silence morbide commençait à s’installer, le titan nota enfin le rugissement grondant autour de sa cheville.

C’était une vague forme qui tentait l’impossible, à savoir le mordre et lui faire du mal.

Meknes eut une moue nocive et envoya balader la chose sans chercher à comprendre ce qu’elle était. La créature s’évapora d’elle-même apparemment absorbée par d’autres priorités plus essentielles. Sage décision…

Carnage quittait lui aussi la scène, du crime ou du spectacle, il n’était pas certain du qualificatif à donner. Il grimpa sur des buildings puis fendit l’espace pour rejoindre un de ses repères.

La façon avec laquelle il s’était lancé dans les hauteurs de la nuit, pour finalement disparaître, évoqua le passage d’un éclair dans le paysage. Un éclair gigantesque qui inspirait bien des choses dans les cœurs de la populace...
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MessageSujet: Re: Le shopping ou quand un alien vous embroche bêtement par pur hasard (feat Meknes) Mer 14 Sep - 21:17

Cela faisait un moment que les bruits de lame dévorant la chair avait cessé d'animer la soirée, seule l'averse retentissait ci et là. Larmes de désespoir et sanglots étranglés ponctuait l'atmosphère déjà lourde par le sang versé. Mais cette ambiance sinistre semblait traverser deux êtres sur cette scène de théatre où se jouait avec brio la tragédie de Luke Skywalker et Dark Vador mourant dans ses bras. Le géant au regard perçant qui n'avait besoin que de faire quelques pas pour se rapprocher de moi sous le rôle du jedi de la prophétie, et moi en tant que Sith, sauf que j'étais coincée contre un mur par une épée, ce qui ne facilitait pas les calins fraternels... Je crois que c'est la première fois que je verrais ce blondinet en tant que méchant de l'histoire...

Pas de mots, pas de sons, aucun cri ne perturbait ce qui débutait. Un échange, probablement court, tels deux canidés, nous nous jugions sans aucune crainte de la réaction de l'autre. Pas de combat, pas de provocations digne des grands colosses des mers, juste ce qui faisait des plus beaux combats entre rônins dans les films et dans l'histoire, un agréable moment à respecter pour sa beauté. Un dialogue du corps et de l'esprit, bien que ces derniers étaient plutôt fermés, mais quand nous nous regarderons en face, alors le véritable échange commencerait, et alors un tombera devant l'autre. L'inspection d'autrui fut plutot rapide, il y avait peu de choses à apprendre, il était grand, fort, et s'en rendait bien compte, le montrant très clairement, quant à moi... La mère d'Eren avait plus de grâce dans sa mort que moi, minuscule face à lui, qui jouait à l'homme-araignée sur le mur. Alors l'instant tant attendue -enfin pas trop quand même!- commença. L'or de son oeil croisa mes deux saphirs, incapables de mettre fin à cette conversation étrange que seuls les grands avaient l'occasion d'avoir de temps à autres avant de clamser, une fois de plus, aucun mots ne pouvaient décrire ce que l'on ressentait, ce que l'on pensait, ce qu'on désirait...

Devais-je être flattée d'avoir le si grand honneur de tenir une si courte conversation avec ce détraqué avant de périr si sa sentence se voulait fatale pour ma personne? Peut-être, mais ce n'était pas le cas. Cet homme... non, cette chose, était le pur cliché du psychopathe à la hache dans les vieux films où la blonde ne fait que hurler au lieu de magner ses fesses pour sauver sa vie. Il voulait me tuer, oh oui, et il n'allait pas se gêner pour ça, mais c'était un de ces regards exagérés qui vous font croire que vos proches seront incapables de vous reconnaitre vu comment vous serez défiguré par la Mort. Cela aurait dû me faire ni chaud ni froid, ne pas m'ébranler, après tout, si la Mort voulait que je périsse maintenant pour la rejoindre, je l'accepterais. Mais il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond: Je ne l'acceptais pas.

Et ça me terrorisait bien plus que les intentions obscures du grand gaillard dont je ne savais rien. Pourtant, j'étais prête à l'accepter, cela faisait longtemps que je pensais ainsi, j'étais "protégée" de la Mort en personne tant qu'elle me voulait en tant que Gardienne, mais une parcelle de moi le refusait et m'empêchait de faiblir, de baisser les yeux. En plus de continuer la conversation avec l'autre taré, je parlais aux nombreuses petites voix dans ma tête qui constituaient ma conscience, quand finalement, je découvris ce qui m'empêchait d'accepter mon sort: "Et si la Mort ne m'avait jamais protégé?" Interrogation étonnante et effrayante, sans doute peu importante mais plus j'y pensais, et plus cela prenait du sens, les rares fois où j'étais dans une sale situation, Aidan était là, Lesser Star était présent, ou alors, je m'étais démerdée pour ne pas creuser ma tombe maintenant. En clair, jamais je n'avais eu un quelconque ange gardien, mais en étais je vraiment sûre? La peur me faisait penser à des choses atroces et inconcevables... Heureusement que l'autre était là pour me ramener à la réalité: Il venait de poser l'une de ses énormes mains sur la garde.

Le contact visuel devenu un contact spirituel venait de se transformer en un court contact physique, ma main se trouvant aussi sur la poignée de son arme, les muscles crispés et les articulations blanchies par l'effort que je faisais pour me maintenir dans ma position actuelle. Sa peau était brulante et rugueuse, une main de fermier, ou de guerrier, tout dépendait du contexte mais je crains que les fermiers épéistes n'existent pas encore dans ce monde, Swan aussi avait la peau chaude mais elle restait douce malgré que ses mains n'avaient pas servi qu'à border des chiffons, peut-être que seules les femmes gardaient leur douceur au fil des combats. Sauf que la chaleur de ma camarade était supportable, avec lui, j'avais plutot l'impression qu'un serpent venait de me mordre, ou que j'avais approché ma chair d'une flamme particulièrement chaude. Il ne me laissa pas le temps de faire un quelconque geste ne serait ce que pour lacher prise sur la garde du sabre. D'un geste fluide, il me délogea du mur non sans prendre un vilain plaisir à aggraver la blessure de la pointe de sa lame qui racla contre une de mes cotes droites encore intactes, seul geste dans notre échange qui provoqua un léger bruit semblable à une feuille de papier que l'on plie.

Comme le voulait Newton avec ses principes sur les forces, je tombai à  genoux avant de m'étaler sur le bitume, mettant fin à notre discussion ma foi fort intéressante et barbante à souhait. Cependant, il faut croire que l'on ne meurt pas tout de suite d'un poumon ratatiné en bouilli, je pouvais donc voir le responsable de ce carnage partir sans en savoir plus sur lui qu'au départ. Je ne savais même pas son nom, bien que cela ne m'aurait été d'aucune utilité à vrai dire, je n'étais pas du genre à me tatouer le nom d'un type sur le front et de le traquer afin de me venger. La vengeance était un concept que je ne comprenais pas et qui risquait de me blaser autant que la folie clichée de cette personne qui me faisait plus penser à Taz des cartoons qu'à Luke à présent. Même l'Empereur était plus facile à prendre au sérieux et pourtant, c'est aussi un stéréotype du grand vilain pas beau qu'on sort aux enfants au gouter. Il s'arrêta un moment comme si quelque chose le dérangeait, alors je remarquai Lassie, fidèle à son poste, qui semblait avoir pratiquement fusionné avec la jambe du grand gaillard, ce qui donnait un aspect étrange au colosse qui semblait vraiment gêné par la boule de poils qui ne lui faisait clairement rien. Encore un indice qui me prouvait qu'il n'était pas humain: il voyait la chienne, assez en tout cas pour savoir où elle était, d'ailleurs, ce ne devait pas être le froid qui avait attira son attention, peut-être ses grognements alors? D'ailleurs, je ne l'avais pas entendu non plus pendant notre causette, nous étions peut-être trop concentrés, pour l'un de montrer qu'il avait de quoi me transformer en balle de ping-pong, et pour moi de lui faire comprendre que les bad guys n'étaient pas son style. Mais qu'il soit humain ou non, il ne pouvait l'avoir entendu, il y avait donc deux solutions: Soit sa race avait un lien de près ou de loin avec les morts, soit j'usais de mon don s'en en avoir réellement conscience, incapable dans ma situation actuelle de controler quoi que ce soit à part ma respiration qui se faisait lourde et grasse. Mais cela n'était pas vraiment important, la police en déroute, les renforts allaient prendre milles précautions avant de rappliquer, d'ici là, je serais surement morte, noyée dans mon propre liquide vitale. Alors autant le faire avec honneur, et quoi de plus normal que de laisser Lassie me grimper sur l'estomac une dernière fois? Pas besoin de communiquer par les mots avec elle, la berger belge savait toujours ce que je voulais quasiment à l'avance. Ignorant complètement sa proie en un instant, elle se précipita sur moi et, comme si elle savait, elle se colla contre moi, traversant mon coté droit en partie. Pratique pour engourdir mes sens et me donner l'impression de ne pas souffrir. Il n'y avait à présent plus qu'à attendre là, couchée par terre, une petite mare de sang en guise de drap chaud, ma brave chienne qui me procurait un bien fou en tant que peluche par intérim, et un spectacle mystique au dessus de ma tête. Les fantomes erraient, cherchant leurs compagnons, s'enlaçant de soulagement, d'autres récupéraient des enfants, il n'y avait aucune tristesse sur leurs traits, juste un infini bonheur de se retrouver ensemble après la frayeur de leur vie. Ils leur faudra du temps pour comprendre qu'ils étaient morts et que leur vie sera bien différente et libre, mais il ne fallait pas s'en inquiéter, ils s'adapteraient très vite au changement. Dans un coin du ballet aérien se regroupaient des hommes et des femmes aux tenues similaires, telle une secte, priant un dieu quelconque dont je n'entendais pas le nom. Dommage, car l'envie de prier tout les dieux de l'Univers pour que mon calvaire cesse commençait à devenir urgente, mais ma gorge était bien trop serrée pour tenter de réciter une quelconque prière...

... Bon sang, j'avais oublié à quel point c'était fichtrement beau de voir des esprits voleter ci et là comme des petits cupidons! Dire que je ratais ce genre de spectacle au profit des cours et du taff alors qu'il n'était pas si compliqué de trouver un pré verdoyant en campagne, de s'affaler par terre en usant d'une pierre plate comme accoudoir, et d'observer les bambins se poursuivre dans les airs, libres comme le vent. Des moments dans un tel paradis devrait être bien plus fréquents dans mon emploi du temps. Plus de devoirs, plus d'amusement, voilà à quoi devait ressembler ma vie et à rien d'autres, personne ne pourrait en plus me critiquer sur mes gouts culinaires comme ce cocktail banane-citron-framboise-groseille, ni me faire du mal, bien que je me sentais plutot bizarre et que mon haut blanc se teintait de rouge sur ma poitrine...

... Un son, irritant, aigu, c'était la première chose que j'entendais réellement, plongée dans le noir, la tête penchée sur le coté. Il me fallu du temps pour comprendre que le bip sonore ne venait pas de mon crane mais d'une source extérieure. Comme pour assembler un flipbook, d'autres sons s'assemblèrent, agressant mes tympans sensibles sans aucune pitié, m'étouffant par leur intensité. Roues de chariot, talons à aiguilles, éclats de rires grave et les murmures... Bon sang mais où se trouvaient le bouton "mute"?! Le rideau se leva enfin, laissant la lumière des néons m’éblouir, je ne tardais pas à refermer les yeux en essayant de serrer les dents, action impossible à mon grand étonnement, tandis que la sensation d'étouffer se faisait de plus en plus présente. Lever la main jusqu'à ma bouche fut inefficace aussi, comme si mon corps était en coton, alors je tentais de respirer profondément. Quelque chose bloquait ma gorge, et la douleur fulgurante qui déchirait ma poitrine après cet effort me tira définitivement de mon état d'hébétude, affolant la machine et ses incessants bip sonores. Une femme se précipita dans ce qui semblait être une chambre, ma chambre, blanche, puant le désinfectant et le savon, un hopital, j'étais dans un hopital! L'infirmière se mit à me parler rapidement mais je cherchais avant tout à respirer par moi-même et non avec ce qu'ils m'avaient enfoncé dans la gorge, elle n'eut pas d'autres choix que de m'injecter quelque chose dans le bras, me forçant à me rendormir par la même occasion...
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Le shopping ou quand un alien vous embroche bêtement par pur hasard (feat Meknes)

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