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Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil]

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MessageSujet: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Mar 13 Sep - 8:53

Passage déconseillé au moins de 16 ans:
 

Une fois propre et en tenue, le gigantesque Carnage se mit à marcher dans les couloirs du manoir, un fémur taillé entre les mains, tel un fantôme hantant les lieux. Un monstre de fer et de chair, intangible pourtant, aussitôt qu’il le voulait bien.

Ses pensées vagabondaient elles-aussi, bien plus libres et rapide que l’ensemble de son immense corps. Elles traînaient sur les tapisseries, puis bondissaient sur le plafond avant de se laisser tomber sur les vieux lustres, pour se balancer et chuter lentement au milieu du salon…

Elles rencontrèrent une tête qui leur était totalement étrangère. Des fidèles se trouvaient autour de cette intruse, dans un état étrange cependant, que Meknes ignora.

Il était bien trop intéressé par cette nouvelle présence, féminine et mystique, aux traits tordus par une détermination sans borne.

Peu inquiété toutefois, Carnage descendit lentement les marches, pour rejoindre ses pensées et l’inconnue qui se dressait face à lui. Ses mains continuaient machinalement de sculpter l'objet qu'il tenait, lui donnant une forme de javeline, dans un bruit sec et court, répétitif et insupportable, promesse de mort.

C’est avec un sourire avenant qu’il lança les hostilités :

« Pour la séance de prières et de confession, c’est malheureusement trop tard. »

Il coupla à ses mots acides un regard obtus envers la présence inopportune, avant d’avoir son fameux rire, qui sonnait aux oreilles de tous comme un assourdissant et insupportable grésillement.
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Mar 13 Sep - 14:14

Cela faisait déjà trois semaines qu'elle était sur sa piste, pleine de rage et de haine. Elle avait fait parler des dizaines de petites crapules et autres pauvres loques qui erraient dans la zone abandonnée.Toujours la même question, à mesure qu'elle faisait pourrir le système nerveux et les muscles de ses victimes. Parfois, certains la poussaient à des extrémités, mais ils étaient si peu nombreux qu'elle n'avais pas fait de bruit. Ce fut sa dixième victime qui répondit à sa question : Où trouver Carnage ?

Après avoir reçu les informations dont elle avait besoin, elle se mît en route pour LE retrouver. Et lui faire payer. Ce jour là, elle ne prît pas la peine de passer par l'hôpital pour voir Blue. Elle savait très bien que cela n'aurait fait que la décourager... Et l'exposer au risque que son amie la retienne à son chevet. Non. Aujourd'hui, elle était redevenue la même qu'il y a 300 ans : une traqueuse infatigable sur les traces d'une abomination qu'elle devait à tout prix éliminer. Une dizaine de zombies derrière elle, la nécromancienne traversa la zone abandonnée jusqu'au vieux manoir délabré qu'on lui avait indiqué. Là, elle frappa à la porte, simplement.

Ce fut un cultiste qui vint lui ouvrir la porte. Visiblement ravi de voir une jolie jeune femme venue offrir son corps à leur Dieu, il l'accueillit à bras ouverts.

Un pas...

Il posa sa main sur l'épaule de la jeune femme, et commença à lui conter les merveilles de son Dieu.

Deux pas...

Il tira légèrement sur le décolleté de la robe de la nécromancienne et palpa sa poitrine, comme pour s'assurer qu'elle allait plaire à Carnage.

Trois pas...

Swan sortit la lame de sa canne et se servit du fourreau pour frapper le cultiste. Celui-ci, surpris, voulût hurler pour alerter la garde... Mais aucun son ne sortit de sa gorge. Ses cordes vocales, totalement nécrosées, ne purent produire aucun son.

"Ne te dérange pas. Je vais moi-même m'annoncer."

Elle prît une grande inspiration, rangea sa lame dans sa canne, et poussa un hurlement qui résonna dans toute la cour du manoir délabré.

"ALORS, BANDE DE PLEUTRES !! VOUS AVEZ PEUR DE SERVIR VOTRE FAUX DIEU ?! VENEZ DONC !! VENEZ DONC VOUS MESURER A UNE VRAIE DÉESSE !!"

L'effet fut immédiat. Une trentaine de personne se rua dans la cour pour encercler la jeune fille. Certains intimaient à leurs camarades de la violer pour ce manque de respect. D'autres voulaient la crucifier, nue, avant de l'offrir au grand Carnage. Les plus violents proposaient de la désosser et de ne garder que son squelette pour leur Dieu. Un seul, plus sain d'esprit que les autres, eut la bonne idée de reculer d'un pas... En vain. Un Zombie lui tomba dessus et lui fracassa le crâne contre le sol dans un bruît sourd. Sa cervelle se déversa peu à peu sur le sol poussiéreux, semant un doute dans les rangs. Comment cette catin qui osait défier le grand Carnage pouvait-elle avoir de si puissants alliés ?

Swan ne leur laissa pas le loisir de chercher la réponse par eux-même. Elle se jeta sur le cultiste le plus proche et lui enfonça le pommeau de sa canne dans la gorge, puis lui enfonça son genou dans l'entrejambe. Ses troupes la suivirent sans la moindre hésitation, massacrant les pauvres hommes désireux de servir leur Dieu. La courte bataille ne dura qu'une poignée de secondes, offrant à Swan de nouveaux corps à asservir. Une fois assurée que plus rien ne vivait dans la cour, elle ramassa la tête arrachée d'un des cultistes et... se retourna vivement. Devant elle, IL descendait les escaliers. Grand, magnifique, débordant de puissance, de charme et de charisme... Carnage.

Sculptant un os en javeline, il lui souriait. Il OSAIT.

"Pour la séance de prières et de confession, c'est malheureusement trop tard."

Ses mots furent suivis d'un grésillement qui cessa rapidement : Swan fit rouler la tête arrachée aux pieds du colosse.

"La ferme. Je suis ici pour régler un... Problème. En plus de trois siècles d’existence, je n'ai jamais été autant contrariée, même le Diable n'a pas réussi à me faire autant souffrir. Et crois-moi, tu n'as pas envie de me contrarier."

Elle glissa sa main dans son soutien-gorge et en sortit une photo qu'elle lança à celui qu'elle était venue défier.

"Elle s'appelle Blue. Tu lui as perforé un poumon. Et tu vas aller trouver une solution pour la sauver. De gré..."

Son corps entier s'enveloppa d'un halo verdâtre, et les runes sur sa peau se mirent à luire d'un violet presque pâle.

"Ou de force."
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Mar 13 Sep - 17:15

Conformément aux attentes, la scène se fit. Elle dépassait néanmoins tous les pronostics que Carnage avait établis. Le point de vue que lui offraient les marches de l’escalier lui permettait d’embraser du regard toute l’assemblée qui lui faisait face. Une troupe constituée de ses anciens sbires tous changés en cadavres ambulants, avec à leur commande la fameuse dame qu’il ne connaissait pas. Il était clair qu’elle avait du chien, à lui parler sur un tel ton tout en maintenant sa position avec superbe. A croire qu’elle aussi ignorait qui il était vraiment…

Trois cents ans d’existence… C’est par se caractère qu’elle se fit remarquer, en dehors de son entrée meurtrière et sa prétendue affiliation avec le Diable, cette créature qui faisait trembler les Terriens. Des éléments qui piquaient la curiosité du géant, comme de multiples bras invisibles cherchant à tirer l’intérêt de Carnage de toute sa fange de lassitude, et faire jaillir l’intérêt, phénix éclatant parmi les eaux noires.

Il était clair que la demoiselle plaçait la barre très haute avec une telle prestation. Attention à ce que sa puissance présumée ne soit que des artifices car autrement, Meknes allait être très déçu, et dans ce cas-là il userait de la peau parfaitement découpée de la bougresse en guise de tapis de sol. Le reste, il l’offrirait aux chiens, bien qu’il comptait garder quelques os, surtout le crâne, lequel lui inspirait une foule de belles choses.

Toutes ces précautions étaient bien vaines et inutiles, cependant Carnage se devait de veiller avec parcimonie à la dépense de son temps en confrontations. L’offre était gigantesque en dépit d’une absence totale de concurrence : tous les ennemis qui se présentaient n’étaient que des moins que rien. Cette femme aussi, avec son armée ridicule, pouvait être neutralisée en l’espace d’un instant. Elle aurait fait un passage remarqué mais n’aurait pas frappé les consciences plus loin, en soi c’était bien triste.

Seulement voila : aussitôt que le titan avait croisé le regard de l’apparente jouvencelle, il avait senti le courant passer. Un élément instantané, puissant et électrique s’était emparé de leur conscience pour circuler librement entre eux, et il ne s’agissait pas d’un éclair psychotique.

C’était cet échange silencieux qui avait donné aux menaces proférées par l’assaillante la saveur sensuelle du plus sucré des miels. Sa façon de parler excitait terriblement Carnage. Il sentait la fermeté, la haine, la colère et la tristesse se mêler avec la plus parfaite des astuces dans un cocktail de rage détonnant, suintant de ressentis difficiles à contenir et à exprimer. Ce paradoxe de destruction qui bouillait dans son corps d’humaine et lui donnait envie de soulever des montagnes.

En un temps record elle avait rendu Carnage hilare, ce qui était un véritable exploit. Meknes en était au point où il devait se contenir pour ne pas éclater de rire tant il était heureux de se retrouver en une pareille compagnie. Il était bien regrettable que dans le contexte actuel ce soit en tant qu’adversaire, car le 3MAJ se serait fait un plaisir de partager l’ardeur brûlante de leur deux corps d’une autre façon, plus suave et poétique.


Les derniers morceaux d’ossements tombèrent à terre. Ils raisonnèrent dans tout le manoir comme le tintement de l’ultime glas. Enfin le grand méchant Carnage était prêt à répondre. Il tourna lentement sur lui-même, avec tout l’air du bâtiment entier en guise de cape, et joua distraitement avec son tibia taillé, tenace et tranchant. Son sourire silencieux, énorme, était plus parlant pour le moment que les mots acides qu’il accumulait dans son esprit.

Il décida d’agir juste avant la seconde de trop. D’un geste vif il s’était retourné et son projectile fila transpercer une goule, amenant fatalement au décès de plusieurs autres, malheureuses victimes situées dans la ligne de mire du puissant engin. Le choc fut terrible et les cris brefs.

Tout était fini comme si rien n'était jamais arrivé.

« C’est un coup comme ça qui a blessé ton amie non ? Je crois que je me souviens d’elle… »

Meknes fit volontairement traîner sa phrase pour reprendre un peu plus tard, dans une débauche excessive de cruauté :

« Je visais une voiture… Mais comme il ne me reste qu’un œil je discerne difficilement la distance… Je plaisante. La vue de mon peuple est parfaite. »

Trop de dents étaient affichées par son rictus pour pouvoir le concevoir pourvu d’une dentition humaine. Tous ses crocs semblables à la mâchoire d’un requin avaient l’émail qui luisait du plaisir de la souffrance. Son expression dévorait l’aigreur de la plaignante avec un sadisme prononcé.

« Si tu cherches à te venger tu perds ton temps. Toutes les familles de Laurel ont perdu un proche à cause de moi et je couvre la plupart des criminels avec mon nom… Et puis, c’est un peu faire la fine bouche quand on y pense... Elle n’est pas morte et s’en sortira sans séquelle, il lui faut simplement du temps… »

Maintenant que les explications étaient faites, Carnage passa à autre chose et chercha à entretenir l’espoir qu’il avait d’en apprendre plus sur la mystérieuse jouvencelle qui souhaitait l’affronter. Il évolua sans regret vers une armoire aménagée du manoir et chercha un alcool fort à siroter.

« C’est seulement pour elle que tu es venue jusqu’ici ? J’en ai assez de tous ces minables hypocrites qui cherchent à se prendre pour des héros… les idéaux n’arrêtent aucune balle. »

Meknes était bel et bien en train de se servir un verre avec un détachement presque méprisant. Sa voix trahissait cependant, et bien malgré lui, une sympathie affable qui jurait avec toute la vilenie de son attitude. Il semblait prêt à faire volte-face pour offrir une boisson à la magicienne comme il le ferait avec une précieuse amie.

Le pire était qu’il envisageait sérieusement une telle éventualité, sauf qu’il attendait de voir ce que la demoiselle avait dans le ventre avant de se révéler sous un meilleur jour.

Pas de valeur : pas de pitié. C’était un théorème très simple…
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Mar 13 Sep - 22:43

La dernière goule s'écroula sur le sol dans un bruit sourd et sec. En un instant, Swan se retrouva seule, au milieu d'une armée de cadavres qu'elle ne pouvait plus animer, des morts privés de la substantifique moelle qui constituait pour eux son énergie nécrotique. Alors, elle sentit son pouvoir la regagner peu à peu, comme si chaque parcelle d'elle déversée dans ces corps inanimés désirait se venger. L'énergie nécrotique se renforça alors tout autour d'elle, crépitant et zébrant l'air chargé de poussière de multitude d'éclairs verdâtres. Ses runes la brûlaient presque, et elle fut prise de spasmes, comme si tout lui échappait. Tant de puissance... cela lui avait manqué, tant manqué.

« C’est un coup comme ça qui a blessé ton amie non ? Je crois que je me souviens d’elle… »

Peu à peu, son énergie envahit l'espace autour d'elle, à la recherche de corps à hanter, à relever. Et des morts, dans ce manoir, il n'en manquait pas. Mais ils ne devaient pas bouger. Pas de suite. Elle devait attendre le moment propice. Car si il pouvait faire un tel tour avec un simple os taillé en pointe, que pouvait-il faire armé ou à mains nues ? Swan ne prît pas le temps de réfléchir à la question. Que pouvait-il réellement faire sans terminaisons nerveuses ou avec certains organes complètement morts ?

« Je visais une voiture… Mais comme il ne me reste qu’un œil je discerne difficilement la distance… Je plaisante. La vue de mon peuple est parfaite. »

Il était parfait. Il ne semblait avoir aucune limite, et cela lui plaisait de plus en plus. L'énergie cessa de crépiter autour d'elle, disparaissant peu à peu. Seules ses runes continuaient à luire.

« Si tu cherches à te venger tu perds ton temps. Toutes les familles de Laurel ont perdu un proche à cause de moi et je couvre la plupart des criminels avec mon nom… Et puis, c’est un peu faire la fine bouche quand on y pense... Elle n’est pas morte et s’en sortira sans séquelle, il lui faut simplement du temps… »

... Non. Il avait raison. Pourquoi donc essayer de tuer un tel monstre dans son état ? Alors qu'elle est à peine capable de se servir de son pouvoir... Il existait une autre solution. Et puis oui, Blue était dans un état grave, mais ses jours n'étaient pas en danger et elle pourrait sortir, bientôt. Et là, elles pourraient repasser du temps ensemble... Oui... Ensemble... Blue, et elle. Elle pourrait la serrer contre elle et la protéger, tout en se sentant elle-même en sécurité. Ce furent ces dernières notes d'amour qui mirent fin à la courte furie de Swan. Et puis, elle avait vu ce qu'elle voulait voir. Carnage était sans conteste l'égal de son ancien amant en terme de puissance, et de cruauté. Si ce n'était pire. Sans prendre le temps de répondre, elle suivit le colosse jusqu'à l'intérieur de la vieille bâtisse. Là, il chercha quelque chose dans une immense armoire.

« C’est seulement pour elle que tu es venue jusqu’ici ? J’en ai assez de tous ces minables hypocrites qui cherchent à se prendre pour des héros… les idéaux n’arrêtent aucune balle. »

Il tenait un verre à la main, comme si il allait se retourner et le tendre à la nécromancienne.

"Les idéaux n'arrêtent pas la mort non plus. Tu peux me croire, j'en sais quelque chose. A vrai dire, les idéaux n'arrêtent presque rien... Peut être quelques conflits, mais la Mort, elle, reste la seule issue.

Sans laisser le temps au colosse de se retourner et de lui tendre le verre, une goule sortie de nulle part vint s'incliner devant Swan qui lui caressa la tête. Elle se releva et vint chercher le verre que tenait le Colosse. Ce dernier le lui tendit, sans mot dire.

"De mon temps, on savait servir un alcool à une dame, même si celle-ci nous menaçait de mort... Il faut croire que les valeurs se perdent à travers les siècles.

Une autre goule vint rejoindre la première, et se mit à quatre pattes. La nécromancienne s'assit dessus comme s'il s'agissait d'un tabouret classique.

"Allons mon cher, je le vois à vos yeux... Vous êtes las de toutes ces effusions. Vous n'arrivez pas à vous amuser ou à vous détendre... Ces cultistes futiles et méprisables n'ont qu'une seule utilité au fond. Faire passer ce besoin de violence que provoque le manque d'intérêt de ces larves humaines. Vous pouvez me croire : des villages entiers furent décimés en une nuit par mon bon vouloir."

Elle tendit son verre, calmement, à la goule qui le garda en main, sans broncher. Swan était parfaitement à l'aise ici. Il y avait tout ce qu'il lui fallait pour user de son pouvoir, et son hôte de fortune était fort plaisant. Dans le fond, elle se retrouvait un peu en lui : un être à la puissance démesurée lâché dans un monde où tout est si fragile, une créature vue par ses pairs comme un cataclysme ou une divinité. Comme elle à son époque, il ne se sentait pas à sa place. Il avait besoin de guerre, elle avait besoin de complots. Il avait besoin de sang sur ses mains démesurées, de corps déchiquetés... Elle avait besoin d'exécutions et de pouvoir. Dans le fond, même si elle se le refusait, elle avait besoin de lui autant que ce qu'elle avait besoin de Blue.

"Votre silence, mon cher, vous dérobe de votre superbe. Serais-ce mon grand âge qui vous intimide ? Allons... Un être aussi puissant et cultivé que vous est aux faits de la terrible réalité de ce monde : la valeur n'atteint pas toujours le nombre d'années. Considérez-vous donc comme égal à mon expérience je vous prie.

Elle lâcha un léger rire, un peu nerveux. Une troisième goule vint se poster derrière elle, et elle s'affala dessus, détendue, moqueuse, hautaine. Elle était Swan Melenthil, la Nécromancienne. Et devant elle se tenait un être dont les paroles parvenaient à la convaincre, et dont le charisme et la superbe l'attiraient terriblement. Elle était Mordren, la Sorcière, et elle se laissait aller dans une direction qui lui était peut être interdite. Elle était Swan, et elle retombait sous le charme d'un Démon. Un nouveau Démon qui pourrait peut-être l'aider à écraser l'ancien.
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Mer 14 Sep - 13:11

Meknes avait tranquillement laissé la magicienne faire son show depuis plusieurs minutes déjà. Il prenait bonne note de sa capacité fulgurante à tout se permettre aussitôt que l’aubaine était à portée de ses mains avares. Dans un élan de générosité, le géant prit la décision de ne pas ajouter le vol des macchabées à l’addition des méfaits que la sorcière était en train de commettre sous son toit. Cette fascination qu’il avait pour elle était actuellement la même qu’il était possible d’avoir envers un singe savant. La bestiole était rare, ses atouts divertissants, bien que la seule importance accordée à l’énergumène résidait dans le fait déplorable qu’il n’en existait aucun autre exemplaire à sa connaissance.

Il était clair que la raréfaction de modèles ayant de l’intérêt jouait beaucoup sur la mansuétude de Carnage, lequel accordait parfois trop de complaisance dans les opportunités laissées à ceux et celles qui cherchaient à passer son fameux casting. A croire que se faire écraser par lui était à la mode, un but, une récompense à définitivement obtenir, et il fallait sérieusement s’investir pour cela.

Quelle idiotie.

L’espoir terrien avait cela d’horrible qu’il était contagieux : Carnage osait croire par moment en ces individus téméraires et fébriles. S’en isoler demandait un exercice de tous les instants que Meknes délaissait par moment au profit du divertissement. Cela avait un effet pervers et c’était le suivant : très vite ennuyé par la vacuité de tous les ennemis qu’il rencontrait, Carnage piquait fatalement de grosses colères et se démenait alors dans des opérations à grande ampleur destinées à mettre divers points du globe sans dessus-dessous. Cette méthode avait le mérite de fonctionner pour lui permettre de repartir sur de meilleures bases.

Cet élément dans le quotidien du 3MAJ était important car c’était celui que la nécromancienne avait soulevé. Elle comprenait bien les tourments dont était victime le pauvre Carnage, tout seul sur une planète peuplée de petits. Alors que l’invitée ne cessait d’allonger ses tirades, le colosse eut une pensée pour les reflets déformés emprisonnés dans ce qui avait été le contenu de sa flasque. Le gobelet était ridicule en comparaison avec les deux grands doigts qui le maintenaient très haut au-dessus du sol. Il pouvait presque se fondre dans le pouce.

« La Mort reste la seule issue… »

Il méditait ces propos tenus par l’étrangère sans perdre de vue les chimères torturées qui semblaient se noyer dans l’alcool. Sa vision d’extraterrestre donnait à sa contemplation une saveur toute particulière qui échappait complètement aux humains. Il voyait tout ce que ces êtres ignoraient et ne savaient pas voir. Ses oreilles suivaient distraitement le discours de la mage, ses déclarations pompeuses, ses formulations étranges…

Ceci lui arracha de nouveau un rictus. Ce n’était cependant pas pour les mêmes raisons que pour la fois précédente : cette expression-ci était loin de correspondre à un trophée indiquant que l’on avait éveillé une étincelle de curiosité dans l’esprit tourmenté de Carnage. Ici, le prédateur montrait les crocs parce qu’on lui donnait faim. L’envie de tenir dans sa paume cette tête ridicule, gonflée d’égo et d’étranges concepts, et de la briser, elle et ses projets, elle et ses considérations du monde, avec lesquelles elle se hasardait à lui polluer les oreilles quand un échange tacite était la plus douce des conversations. C’était donc parfaitement logique que la Mort reste la seule issue. Finalement se taire pour nourrir la Terre, en voila une belle philosophie.

Néanmoins il fallait qu’à son tour, le titan parle ou tue. La mascarade durait depuis trop longtemps et Carnage n’était pas resté sur ce monde pour faire le guignol. La bonimenteuse faisait la maline, très bien. Toutefois en substance il n’y avait pas grand-chose qui tenait debout chez elle, en-dehors d’une de ses goules de service. Le problème venait du fait que son flot de paroles était semblable à des montagnes russes. Sa première remarque visait juste mais son charme avait été détruit par sa conduite aussitôt après : détourner une grâce proposée par Carnage était tout ce qu’il y avait de plus impertinent. Son argumentation sur la lassitude était convenable mais sa comparaison finale laissait l’Ambassadeur perplexe. Elle ne lui donnait pas envie de faire plus d’effort pour la cerner…

« Les Terriens ont cette fâcheuse manie d’oublier fréquemment d’où ils viennent, et qui ils sont. Il n’y a rien de plus plaisant pour un être humain que de se prendre pour ce qu’il n’est pas, de montrer qu’il est différent en s’attribuant… toutes sortes de farandoles. »

Il entama des pas, lourds, son œil jaune occupé à détailler le mobilier et les différentes décorations abandonnées, afin de se contenir pour ne pas tout de suite éclater dans un nouveau bain de sang. Sa bille dorée finit par se planter dans le visage de la mystique, avec un éclat malsain qui accompagna la tonalité de ses prochains mots :

« C’est risible, aucun d’entre vous n’échappe à cette règle… »

L’Ambassadeur ricanait doucement. Il terminait sereinement son petit tour. Une fois sa promenade achevée, il décida d’en faire de même à propos de ce délirant entretien. Son verre vide venait d’être rangé à sa place, minutieusement nettoyé par son propriétaire durant sa balade.

« Très bien, nous avons discuté, c’était fort sympathique. »

Il se retourna pour conclure, immense :

« Maintenant, dis-moi ce que tu comptes faire pour ne pas que je te tue. »
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Jeu 15 Sep - 8:50

« Maintenant, dis-moi ce que tu comptes faire pour ne pas que je te tue. »

Swan prît appui sur sa canne et se leva, lentement, calmement. Elle ne cherchait plus à impressionner, elle savait que c'était vain avec des hommes de sa trempe. Dans le fond, il était semblable à tous ceux de son accabit : supérieur, puissant... et suffisant. Il se croyait au dessus de tout, insensible et invincible. Il l'était certainement, ce n'était pas là la question... Mais il était trop jeune pour le voir, pour ressentir ce que pouvaient lui apporter la faiblesse du monde qui l'entourait. Il n'était qu'un enfant devant une colonie de fourmis, les écrasant simplement parce qu'il le pouvait et se sentant supérieur à elles parce qu'il était incapable de voir plus loin que le réel rapport de force. Un jour, comme elle, il se sentirait trop puissant et commettrait une erreur qui lui serait fatale. C'était l'inéluctable vérité de ce monde.

"Je vous prie, mon cher, d'accepter mes plus plates excuses. De vieilles habitudes me hantent encore."

D'un geste, elle renvoya les goules se cacher là où elle les avait empruntées, puis rappela l'énergie qui les animait, les faisant s'affaler dans divers recoins du manoir, telles des poupées de chiffons. Quand elle sentit son énergie revenir à elle, la nécromancienne déposa son verre sur la table, retira ses gants et cala sa canne. Elle était là, désarmée, seule face au colosse. Elle n'avait pas besoin de ce simulacre de supériorité face à lui. Comme un autre, bien avant lui, elle savait qu'il pouvait lui fracasser son petit crâne sans avoir à réellement forcer. Et comme Satan, elle ne pourrait l'arrêter.

"Ceci dit, je dois reconnaître que vous avez raison. Nous sommes tous semblables en ceci que nous avons besoin de masques pour nous protéger et dissimuler nos véritables intentions..."

Sans le quitter des yeux, attendant sa moindre réaction, elle marqua un court silence pour le dévisager. Le regard un peu tendre et triste, elle s'imprégnait des moindres détails du visage de Carnage. Elle inspira, souffla un coup... puis repris.

"Je m'appelle Swan. Swan Melenthil. Comme vous avez pu le voir, je suis nécromancienne. Et comme je vous l'ai dit plus tôt, je suis bien plus âgée que ce qu'il n'y paraît. J'ai exactement trois cent vingt deux ans. "

Elle releva doucement la manche de sa robe, révélant son bras couvert de runes.

"Ces runes qui parcourent mon corps sont le prix de mes erreurs. De mon arrogance, aussi. Je pourrais vous raconter tout cela si vous le désirez. Ce serait une parfaite introduction à la raison de ma venue."

Elle plongea ses yeux dans ceux du colosse, sereine. La mort, elle, semblait la seule issue. Alors soit, elle l'acceptait.
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Lun 19 Sep - 12:12

Le comportement de Swan avait une dimension paradoxale et ridicule.

La magicienne subissait une forme de torture mentale laquelle consistait à déchirer son esprit entre son long vécu et l’avenir qu’elle tentait de fonder. Les craintes du passé venaient rendre son attitude amère, ce qui teintait d’acide l’ensemble de ses promesses. Cela lui donnait une certaine superbe, avec ses essais un peu vains pour s’échapper de l’épaisse fange qu’elle générait elle-même.

Meknes pourrait facilement se moquer de tous ces tracas. Avec ses armées, sa force et son pouvoir, sans doute lui était-il facile de lutter contre elle, de la neutraliser, et de faire ce qu’il voulait de son corps frêle…

Le grand nombre d’années passées à combattre avec acharnement n’aurait apporté à Swan que la douleur et la perdition. Encore, semblait-il. D’autant plus qu’elle était à jamais marquée. Preuve charnelle qu’elle était condamnée à la solitude, à la différence, tout au long de son existence.

Comme lui, finalement.

C’était insupportable pour Carnage de réaliser par moment qu’il était plus proche des attitudes Terriennes que de toutes les valeurs enseignées jadis par son peuple. Il n’appréciait aucunement de se rapprocher de ceux et celles qu’il ne pouvait tolérer, qu’il écrasait simplement sous sa chaussure.

Seulement, face à Swan, lorsqu’il fit le lien, se fut grisant.

C’était peut-être dû aux ornements qui accompagnaient le miroir. Ou au fait que celui-ci, bien qu’atrocement déformé, restait le plus fidèle que le géant n’ait jamais vu jusqu’ici. Il se voyait en elle, entendait l’écho morbide surgir des tripes humaines pour se jeter sur son armure et pénétrer sa chair.

Deux idiots qui peinaient à se reconstruire, dans l’ennui, et la fatalité.

Cela fit sourire le titan.

Il prit rapidement une décision et balaya les fidèles vivants les plus proches grâce à son éclair psychotique. Dociles, les petites marionnettes s’organisèrent pour répandre dans le manoir la nouvelle comme quoi leur Dieu était en entretient important avec une personne à laquelle il était interdit de toucher, et qu’il était urgent de nettoyer le hall d’entrée avec tous les cadavres qui y étaient étalés.

La société servile s’organisa correctement avec une précision millimétrée. De nouveau un calme de façade revint s’installer dans tout l’édifice, et la discussion put tranquillement reprendre.

Le bruit de tout se remue-ménage se fit nécessairement entendre et Carnage expliqua la situation à la nécromancienne avec un sourire tranquille. Aucune raison de s’affoler voyons. Tout était sous contrôle…

« Tu manipules les corps, je manipule les têtes. » S’était contenté d’énoncer l’Ambassadeur comme unique justification.

Il avait ajouté, tout de même : « La secte, ce n’est pas moi. Tout s’est construit tout seul… » et ponctué son anecdote avec un ricanement horrible, rugissement tellurique s’échappant de ses dents serrées et monstrueuses.

Ses gestes puissants étaient enrobés par une volonté douce. Comme s’il redoutait de détruire ce qu’il cherchait à toucher, à mettre en place.

Il ne tua pas Swan.

Plutôt, il prit ses aises, déplaçant une table entre lui et elle, qu’il garnit du plat stylisé comprenant la bouteille et les verres qu’il avait utilisé quelques instants plus tôt. Il y joignit des sièges (non-organiques), suggérant à sa visiteuse de s’asseoir de nouveau si jamais elle était tentée.

Une conversation autour d’une bonne rasade, ou la suite d’un étrange jeu de plateau.

« Allons donc magicienne, grinça Meknes alors qu’il prenait place sur un immense fauteuil, dis-moi tout, je veux savoir ton histoire… »

Son sourire sinistre était la porte ouverte à la plus fabuleuse des amitiés.
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Mar 20 Sep - 11:08

« Allons donc magicienne, grinça Meknes alors qu’il prenait place sur un immense fauteuil, dis-moi tout, je veux savoir ton histoire… »

Swan tira le siège et s'assit, lentement, comme si le poids des années que sa jeune carcasse avait traversé se faisait sentir. Tout doucement, elle posa son fessier sur l'assise... Puis laissa tout son poids l'emporter vers le dossier. Elle avait puisé dans ses ultimes ressources, et bien trop tôt. Elle n'était pas prête à user et abuser de son pouvoir ainsi. Il lui fallait reprendre le chemin le plus long, pas à pas...

Elle toussa légèrement, afin de s'éclaircir la voix, puis joignit ses mains sur ses genoux.

«Eh bien voici... Sur Terre, le Ciel et l’Enfer se livrent une bataille sans merci depuis de millénaires. Mais vers la fin du XVIIe siècle, le Ciel a remporté une victoire inattendue : le roi des Enfers, Satan, était tombé entre les mains du Ciel. Alors, pour qu’il ne puisse jamais perturber le monde à nouveau, il fut enfermé dans un couvent, dont la mère supérieure était connue pour sa sévérité, sa droiture d’esprit, et sa haine pour les démons.

J’ai, moi aussi, été placée dans ce couvent. Mes parents ne pouvaient pas s’occuper de moi à ce que les Nonnes me disaient. La vérité était plus que je les effrayais. Alors j’ai grandi dans les Ordres, à l’ombre du couvent où était enfermé un vieil homme qui m’intriguait. Un soir, j’avais alors une bonne dizaine d’années, emplie de curiosité, j’ai quitté ma chambre pour rendre visite à cet étrange vieil homme. Nous avons alors conclus un accord, lui et moi. Il m’apprenait à guérir les morts, et je lui offrais la liberté quand je saurai faire marcher des morts… Idiote que j’étais.»


La nécromancienne serra le poing, des lueurs verdâtres s'en échappant. Son bras commençait à luire légèrement, sa mâchoire se serrait... Puis elle retrouva son calme. Une larme commença à perler au coin de son œil droit, qu'elle essuya d'un revers de la manche. Une inspiration, une expiration... Et elle reprit son récit.

« Il lui a suffit de cinq ans pour m’apprendre à maîtriser mon don et à m’en servir pour animer des morts ou mettre fin à la vie des vivants. Pour vous donner un ordre d’idée, un Nécromancien a besoin de plus de dix ans pour réussir à nécroser un vivant et d’une trentaine d’années pour lever son premier mort.

Au bout de cinq ans, j’ai choisi d’honorer ma part du contrat et de le libérer. Pour me remercier, il massacra toutes les nonnes mais me laissa la vie sauve, et m’offrit le droit à une « faveur », quelle qu’elle soit, avant de quitter le couvent.

J’ai donc passé ma vie à le traquer et à approfondir mes connaissances sur mon pouvoir. J’ai fait le tour du monde, visité des centaines de villes, dépensé des sommes colossales tout en amassant une grande fortune… Et nous avons joué à ce petit jeu jusqu’à ce que je me retrouve trop vieille et affaiblie pour continuer. J’ai alors pris la décision de lui rappeler ses engagements en l’invoquant dans ce couvent où tout avait commencé.

Je lui ai demandé de me rendre jeune éternellement… Mais il n’a pas apprécié. Lorsque j’ai recouvré ma jeunesse, ma peau était marquée de ces runes. Puis il m’a fait enfermer dans des dizaines de sanatoriums à travers le monde et l’histoire. J’y ai passé plus de deux cent ans, avant que la Directrice de la Sup ne me fasse sortir de l’asile de Laurel pour me demander de grossir les rangs des héros. »


Swan se mit à rire... Comme si tout ceci n'était qu'une vaste farce. Elle était là, devant l'ennemi public numéro un, à raconter sa vie après avoir massacré une part de ses fidèles et s'être mise en avant comme elle le faisait en son temps, et faisant fi de son engagement de héros... Et surtout, elle se sentait horriblement proche de lui.

"Pardonnez moi... Cette situation, c'est étrange. Et tellement agréable. Je vous remercie pour votre oreille attentive, très cher... Si je puis me permettre telle familiarité ?"

Indépendamment de sa volonté, ses joues prirent une teinte légèrement rougeâtre, et son cœur s'emballa. Elle trahissait cet attirance pour le colosse, et cet attachement naissant. Et elle s'en voulait terriblement. Elle aimait Blue, sincèrement. Mais Carnage... Il était une promesse d'espoir.
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Jeu 22 Sep - 20:07

Carnage écoutait Swan, et il pensait.

Il pensait que le récit de Swan avait quelque chose de poignant. Il était raconté avec des mots simples et survolé assez rapidement. De nombreux détails, croustillants à imaginer et à rattacher aux différentes étapes de son périple, abondaient, venaient et dansaient dans l’esprit de Carnage.

Il se serait fait un plaisir de demander. D’appuyer sur les nœuds plein de souvenirs, de tordre et de faire surgir toutes les petites opérations de ce fastidieux processus de souffrance qu’était la vie de sa partenaire. A quoi ressemblait la mère supérieure ? Elle devait être grosse, acariâtre, haineuse et laide. De l’âme, du moins. C’était une représentation nécessaire de son étroitesse d’esprit et de sa malveillance… Et le diable ? Qu’avait-elle bien put faire contre lui ? Qu’avait-elle tenté ? Leur relation laissait planer une certaine ambigüité. Probablement que l’aventurière avait dû partager bien des histoires avec l’ange déchu. Lui-même, l'ennemi public qui écoutait sagement, était un fervent spécialiste de la question : il savait ce que c’était de tomber du ciel par orgueil.

La posture qu’adoptait la femme pour raconter son épopée était délicieuse. Elle était de marbre et elle était vivante. Un air, une peau de statue. Figée dans le moment. Elle était jeune mais sa conscience trop vieille enrobait chacun de ses mouvements, chacune de ses expressions, leur donnant un contraste insaisissable. La larme qui lui échappa, ultime affront, trancha sa joue à la manière d’une idole blessée. C’était bel et bien un miroir : une pâle copie de ce qui existe, libérée, en partie, de la vie. Une illusion du vrai à quoi il est possible d’attribuer toutes les plus fabuleuses caractéristiques. Swan était à la fois une existence physique et un concept.

La lueur verdâtre qui transparaissait sur son bras était du même éclat malade que la pierre du sceptre de Carnage, laquelle était à l’origine des pouvoirs du géant. Cet élément était hilarant. Chacun des interlocuteurs présents au sein de l’immense édifice en ruine avait, à sa manière, une incarnation de sa bizarrerie, de sa vie nouvelle. Le lieu dans lequel ils échangeaient n’était d’ailleurs pas anodin : les restes d’un ancien monde, un bout d’existence qui n’a plus de raison d’être, mais que d’autres s’approprient, détournent et corrompent.

Ils étaient ces restes. Des fragments d’une époque qui n’existent plus…

Ainsi, avec Swan, la question allait être de comment changer toutes ces faiblesses en force.
Comment faire du poids qui les écrase, des pierres à jeter devant afin de former de nouveaux chemins. La question était sérieuse : Carnage lui-même n’avait aucun élément de réponse.

La mage avait vu juste : il était sévèrement perdu. Au plus profond de lui, il s’oubliait.

Quand elle expliqua le fonctionnement de cette magie sombre usitée par les Terriens, Meknes riait intérieurement tellement ces données étaient ridicules. Trente années pour une telle performance. Un tiers d’une vie d’humain. Investissement inutile. Bassesse.

Il fallait transcender sa propre nature pour que l’espèce humaine puisse développer en elle des aspects intéressants. Pour concrètement agir, il fallait qu’elle s’aliène, qu’elle s’ouvre pour laisser entrer en grand cette inspiration inconnue, ce mystère, raison de son inconséquence et de sa vaillance.

Swan était admirable parce qu’elle était plus qu’elle-même en devenant immortelle. Elle l’était aussi parce qu’elle était devenue bien moins : elle avait troqué ses entraves pour d’autres, plus insidieuses encore, et bien plus lourdes. Mais aucun(e) habitant(e) de la Terre ne serait cocasse s’il n’y avait pas ce déchirement constant entre leurs puissants rêves et la réalité.

Le problème de Carnage était qu’il n’avait pas de rêve. Il n’aspirait à rien, excepté se battre. Il apprenait par plaisir et curiosité. Mais depuis qu’il était sur Terre, il avait bien du mal avec toute notion de responsabilité. Les réseaux criminels qu’il entretenait étaient comme de grandes foires pour lui : que cela aboutisse ou que cela échoue, qu’importe. Aucun des enjeux ne pouvait sérieusement l’atteindre de toute façon.

La complainte de Swan révélait ce point essentiel dans les besoins de Carnage : Il lui manquait du sel. Ce goût âpre. Ce risque. La peur même lui faisait défaut. Ses parcours dans l’école des héros, ses massacres organisés, ses orgies, ses œuvres. C’était ses recherches violentes pour toucher du doigt le concret. Le prégnant. Mais les moyens qu’il déployait pour réussir de telles fantaisies ne faisaient que l’isoler du monde de plus en plus…

La solution la plus cohérente semblait jusqu’ici être de quitter la Terre, car elle était occupée par trop peu de spécimens correspondant aux critères élitistes que le colosse fixait.

Swan cependant, lui ravissait cette pensée. Par son histoire et son attitude, elle devenait un nouveau point d’ancrage à la planète bleue. Un nouveau moyen de repousser l’inévitable : le retour à la maison. Terrible. Inévitablement désastreux.

Cette idée fut prestement chassée.

Il se focalisa sur « l’étudiante » de la Heroe’s Sup, recrutée par Astrid dans une de ses autres décisions abracadabrantesques. C’était ce genre de gestion face au danger qui amenait Meknes à ne plus s’inquiéter de rien et à perdre pied avec la réalité. Il luttait contre des institutions qui marchaient sur la tête…

Cela lui donna envie de renverser le monde.

Puis la belle jouvencelle se permit une nouvelle familiarité avec l’Ambassadeur. Une espèce de marivaudage. Il tuait de sang-froid et n’aspirait à ne respecter rien ni personne, et elle choisissait de lui dévoiler sans complexe sa facette de gentillesse. Ne pas autoriser à la situation de prendre une telle tournure aurait été stupide. Les apparats de la demoiselle, tantôt intrigants, tantôt vexants, s’étaient avérés bien plus solides qu’une bête image bancale pour tenter d’impressionner le géant. Peu-à-peu la sincérité faisait émerger entre eux la crasse, l’amitié, et le sang.

« Ose donc. Pour intégrer l’école de la justice avec tout ce que tu as fait, tu ne manques pas de culot. »

Carnage était à la fois rieur et accusateur.

« Et j’aime ça. »

Sa façon de clore sa réplique était sur le ton intimiste de « prends-moi la main ».

Il y a quelques minutes, Carnage avait envisagé de la paralyser avec son pouvoir, puis de la mettre dans un grand sac et de la jeter du haut du quinzième étage d’un bâtiment quelconque.

Maintenant, il avait envie de rester auprès d’elle. De monter des projets avec elle. Des projets fous. Bien évidemment.

« Et donc, tu es en quête de vengeance ? »

Meknes s’était hissé de tout ce que sa stature assise lui permettait d’accomplir à ce niveau-là. Il était penché en arrière, contre son dossier. Il toisait Swan avec un regard provoquant, presque déçu qu’elle n’en ait pas plus dit. La bille jaune qui lui servait d’œil illuminait d’un intérêt puissant, et fixait la nécromancienne d’un air de dire : « Vas-y ».

Dis-le-moi. Dis-moi que tu veux tuer le diable.
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Sam 1 Oct - 8:32

Swan inspira profondément. Un rictus malsain illumina son visage. Elle semblait possédée en cet instant précis, comme si plus rien au monde ne comptait. Elle était face à la créature la plus puissante que cette terre avait porté depuis le Diable lui même, et elle entrevoyait la possibilité d'assouvir sa vengeance. Ces années à ruminer dans sa cellule, à moisir au fin fond des fosses à rebuts de l'humanité... Et le dénouement approchait.

"Je suis en quête de sang. De mort. De feu. D'acier. De malédictions. De pleurs. De rage et de haine. Je suis en quête de massacres et de folie. Oui. Je suis en quête de vengeance."

Sa voix était douce, calme, posée. Si elle voulait avancer, si elle voulait découvrir le monde, sa beauté, ses horizons et parvenir à s’apaiser... Elle devait en passer par là. Cette idée la hantait à tel point qu'elle en était devenue obsédée. Oui, elle n'avait pas encore commencé à chercher le Diable, mais ça ne lui prendrait guère trop de temps, car elle savait exactement comment le trouver.

"Dites-moi mon cher, si je vous demandais votre aide pour ôter la vie au Diable, qu'en diriez-vous ? accepteriez-vous de vous lancer dans une bataille... impossible ?"

Swan insista légèrement sur le mot impossible. Non pas qu'elle eut désiré jouer avec l'orgueil de Carnage, mais plus parce qu'elle même doutait. Elle avait entendu parler de Carnage comme de l'être le plus puissant sur cette terre, mais personne -ou presque- n'avait conscience de la présence du Prince des enfers. Et si Carnage en lui-même ne suffisait pas ? Encore faudrait-il qu'il accepte de l'aider.

"Je sais que cela paraît ridicule. Je viens faire mon numéro de femme puissante, je massacre une partie de votre culte, je vous prend de haut, vous raconte mon histoire puis finit par vous demander votre aide dans une quête qui ne vous concerne pas. Mais le fait est qu'en dehors de vous, il n'y aurait personne à même de m'aider. Personne n'est assez puissant, si ce n'est vous."

Son coeur battait à tout rompre. C'était l'instant crucial. Celui où elle saurait si le guerrier Carnage allait partir en guerre avec elle. Une partie de ses plans se jouait maintenant.

"Alors... accepterez-vous de venir affronter le Diable à mes côtés ? De jouer votre vie pour une inconnue ?"

Elle tremblait légèrement. Sa voix résonnait dans sa tête, comme si elle espérait pouvoir influencer le colosse. "Accepte. Il faut qu'il accepte. Il le faut."
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Ven 14 Oct - 9:48

« Je m’y engage. »

Meknes avait répondu d’un air détaché. Cette nonchalance que ressent l’esprit juste avant que ne s’abatte la tempête. La fin est imminente et il n’y a plus de moyen de fuir. Mais cette fin approche en silence, ce qui en soit était assourdissant. Alors la seule réponse à donner était le calme. Serein.

Les murs du manoir ne protégeaient en rien Carnage des fantastiques pouvoirs que possédait le Diable. Ce démon pouvait très facilement s’emparer du toit et le soulever pour démasquer son futur assaillant. C’était une entité puissante chez les terriens. Elle tordait la réalité et y faisait sa loi. D’autres créatures toutes aussi divines luttaient sur la planète bleue. Des conflits d’intérêt qui à y regarder de plus près, étaient très humains, cantonnés au contexte de la Terre.

Ce monstre allait-il profiter du même contrôle sur le corps de Carnage ? Meknes allait le confronter sur sa terre natale. Certainement que ceci allait jouer en la défaveur de l’envahisseur. Toutefois, sur sa planète, 3MAJ n’avait jamais entendu parler de cette chose. Il n’y avait pas de concepts pareils sur Havöck. Si ses pensées s’accordaient avec la réalité, alors il lui serait possible d’avoir un tête-à-tête beaucoup plus « efficace » avec le gérant des enfers. Ou la gérante, Carnage n’avait aucune idée de l’identité précise de cette personne.

Les représentations terriennes supposaient qu’il s’agissait d’un mâle mais le titan voulait se laisser aller à une telle audace de l’esprit. Les terriens étaient des as pour décevoir, après tout…

Plus que la destination, le trajet en lui-même pour parvenir à rencontrer l’être ésotérique intéressait Meknes. Il voulait continuer de voir Swan à l’œuvre. La nécromancienne offrait un spectacle très plaisant, un tiraillement du corps et de l’âme que Carnage adorait enrober de son œil jaune.  Que ce soit pour assister à son succès ou à sa chute, elle piquait sa curiosité. Et ses sens.

D’autant plus qu’elle avait touché plusieurs fois la corde sensible, ce qui rendait sa proposition tout à fait envoûtante.  Meknes avait besoin de changer de fréquentations. De confondre autre chose que de simples terriens (et les terriens améliorés comptaient comme de simples terriens). Il lui fallait retrouver les véritables représentants de cette planète, de la même façon qu’il avait rencontré la déesse Echidna et découvert par la suite les véritables domaines divins.

Il était Ambassadeur d’Havöck. Il lui fallait donc ceux de la Terre. Les vrais, pas ceux qui ont besoin d’un costume pour prouver leur fonction. Ceux et celles dont la seule compétence fait trembler les montagnes. Sauf Carnage, bien évidemment. Carnage était plus qu’une montagne…

Une telle envie de découverte parvenait même à faire taire ses pulsions belliqueuses. Sans doute allait-il raffoler échanger avec Satan, que l’on appelait aussi « L’Ami ». Restait à voir à quel point Meknes comptait respecter sa parole auprès de Swan. Il n’était pas traître avec ceux qu’il appréciait. Seulement, la force même du Diable, si elle était conforme aux légendes, allait rendre le moindre combat absurde. Ainsi valait-il mieux échanger posément que de lutter en vain dans un éternel statu quo.

Cette contrainte allait pimenter le voyage. Voici donc le jeu : venger Swan tout en tissant des liens étroits avec le Mal absolu. Cela promettait des moments intenses.

Oui… Encore des promesses…

Il reprit de l’alcool.


Dernière édition par Meknes 3MAJ le Lun 20 Fév - 14:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Dim 12 Fév - 0:33

« Je m’y engage. »

Swan retrouva son calme instantanément. Elle allait pouvoir se venger. Elle allait pouvoir détruire celui qui l'avait détruite... Elle allait pouvoir commencer à vivre dans ce monde, à connaître la paix. Faire table rase du passé et découvrir pleinement ce nouveau monde et s'imprégner de ses possibilités... et de ses limites. Car si Carnage était aussi puissant, à ses côtés, elle allait enfin triompher...

Aux côtés de Carnage... Ses pensées retournèrent vers Blue, vers celle qu'elle chérissait... Mordren allait combattre aux côtés de celui qui avait brisé une part de l'être qu'elle aimait... Ainsi, un nouveau conflit faisait rage en elle... Mais qui peut en vouloir à un volcan de brûler des villes, ou à un ouragan de dévaster des régions ? Elle aussi avait commis des actes des plus horribles, et parfois privé, par une simple envie de s'amuser, des familles de père, de frère, de mère ou de fille... Elle aussi avait été la source de malheurs... Et elle aussi avait dû faire face à de pauvres mortels insignifiants assoiffés de vengeance. Ce qui était arrivé à Blue aurait pu arriver à n'importe qui. Il lui fallait l'accepter.

Car c'est là ce qu'elle était devenue pour Carnage : une humaine mortelle insignifiante. Elle qui autrefois avait un pouvoir à en faire blêmir les Dieux était devenue si faible... Mais une fois le Diable hors d'état de nuit, tout allait changer. Tout allait s'arranger. Elle en était persuadée.

Je vous remercie, mon cher. Votre aide sera une des plus précieuses dans ma quête. Et vous vivrez là une expérience des, je le souhaite, plus excitantes et enrichissantes. Je vous ferai part de tout ce que je sais sur lui, vous transmettrai toutes les informations que je pourrai récupérer.

Elle se remplit elle-même son verre, fixa son associé dans cette terrible épreuve à travers l'alcool... puis jeta le liquide dans son gosier.

Je vais devoir vous laisser dès à présent, si vous me permettez de me retirer. Sachez que si quelque affaire vous occupe, je me tiens à votre entière disposition. C'est, à mon avis, la moindre des choses.

La nécromancienne reposa son verre, ramassa sa canne et se prépara à quitter les lieux, n'attendant que l'autorisation du colosse. En lui, elle retrouvait ce qu'elle était autrefois. Un être à la puissance démesurée pour ses contemporains, capable de réduire à néant toute existence sur un caprice... Pourtant, ni lui ni elle ne l'avait fait. Le pouvoir apportait cette lassitude et cet espoir d'un jour trouver quelqu'un capable de les faire atteindre leurs limites. Car sans personne à éliminer, ce pouvoir devenait un fardeau. Carnage, comme elle il y a déjà si longtemps, portait ce lourd fardeau.

Vous savez, mon cher, après mon passage ici, les manières des habitants de ce temps me sembleront toutes plus cavalières et déplacées que jamais.
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil] Lun 20 Fév - 15:06

Meknes regarda Swan contempler son verre. Décidément, les deux méchants ne pouvaient s’empêcher de s’imiter l’un l’autre dans une espèce de petit jeu dont le déroulement leur échappait. Le géant poussa un soupir devant cette sympathique fatalité.

Les mots, le mouvement lui manquaient. Seuls demeuraient la respiration et le regard, ce qui faisait de lui la sentinelle interdite, le témoin muet des ambitions gigantesques de cette ancienne fiancée des enfers, qui se confondait sous les termes « mon cher ».

Elle parla, puis se leva. Meknes se leva aussi. Leur front n’était pas au même niveau, mais leurs yeux se reconnaissaient.

Les dés étaient jetés sur la pente, il fallait maintenant attendre les résultats de l’avalanche.

Plus rien d’autre à faire, si ce n’est nettoyer le manoir, et s’occuper selon ses habitudes. Occupations fades et sanglantes, mais nécessaires pour donner du relief aux agissements de la magicienne.

Cette-dernière se confondait dans de dernières procédures et autres formulations qui voulaient dire : « Je t’aime et je suis ton amie ».

Cela émut l'âme du titan et la fit sourire.

D’un mouvement du front, il lui ordonna en silence de s’en aller, mais Swan ne pouvait pas partir sans une dernière tirade.

Celle-ci ne pouvait pas annoncer de meilleur augure. Elle sauva toutes les anciennes maladresses que la nécromancienne avait commises auprès du colosse.

« Tire-toi, associée que j’adore » crachait silencieusement son l’œil jaune, dont l’éclat auréolait la magicienne d’une aura quasi-céleste.

Dans un silence respectueux, uniquement cassé par le bruit des talons, Carnage laissa partir cette impératrice sans couronne.

C’était vraiment un drôle d’oiseau.
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MessageSujet: Re: Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil]

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Entre mythe et réalité, dis-moi vraiment ce que tu es... [Avec Swan Melenthil]

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