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Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes]

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MessageSujet: Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes] Sam 17 Sep - 9:57


« Sa seigneurie Nere 3MAJ »

     

Accompagnée du vaillant héros Jonas Cros, et du frère détesté de la famille : Meknes 3MAJ !




   
« Marcher sur les cendres. »

Le vaisseau impérial fusait vers sa destination sans subir le moindre contretemps. Nere 3MAJ était immobile, installée sur son fauteuil de Gouverneure, les membres plaqués contre son siège telle une statue de monument. Elle en avait jusqu’à l’immuabilité. Une visière technologique sombre recouvrait entièrement son regard ainsi que ses deux oreilles. L’objet connecté faisait défiler devant les yeux de la Cheffe des informations précises à propos de la Terre, accompagnées d’une voix enregistrée qui commentait certaines indications. Un récapitulatif, affaire de protocole, séance nécessaire pour remettre dans la tête de la Cheftaine des informations qu’elle savait déjà.

  Seul le rythme lent de sa respiration permettait de s’assurer qu’elle était bien en vie. Il n’y avait cependant personne pour constater cela : le reste de l’équipage vaquait à ses occupations avec compétence. Les gardes, les pilotes, les dévots chargé(e)s du trajet, du confort et de la protection de la Reine.

  Rien n’était capable d’arrêter la course du puissant astronef. Celui-ci croisa quelques stations orbitales et une certaine quantité de déchets spatiaux : il se rapprochait à grande vitesse de la Terre. Les Kherrrs agirent aussitôt que nécessaire et entamèrent la procédure d’atterrissage. Les boucliers thermiques furent activés au bon moment et la gestion des propulseurs fut parfaite.

  Le navire impérial achevait déjà de traverser les différentes couches de l’atmosphère terrestre. Les agents de Nere chargés de lancer les communications avertirent les autorités terriennes de leur arrivée imminente et l’affaire fut réglée dans l’ordre. Il n’y avait plus qu’à patienter jusqu’à la fin de la manœuvre.


(…)


  Lorsque le vaisseau cessa entièrement de bouger, Nere sut que c’était l’heure pour elle. Prête depuis bien longtemps, son équipe n’attendait qu’elle pour sortir de l’astronef et faire face au grand jour. Ses pas l’amenaient sans détour faire face à son destin. Elle devait se montrer, et marcher une bonne fois pour toutes sur les vingt dernières années, cette période qui avait suivi la guerre entre humains et kherrrs et dont les plaies n’étaient toujours pas cicatrisées. De méchantes rumeurs continuaient de planer malgré tout et il était temps d’y mettre un terme, en plus de comprendre ce qui réellement arrivait.

  Nere avait toujours redouté ce moment. Ses premiers véritables gestes sous le ciel de la Terre. Elle craignait de ne pas savoir les gérer, et ce en dépit du fait qu’elle s’était déjà longuement entraînée au sein de salles capables de moduler la sensation de gravité. Il y a avait cette différence entre l’imitation fidèle et la situation réelle. Ce frisson qui faisait tout. La porte de l’astronef s’ouvrit et Nere commença à descendre la rampe. Le dernier pont avant la vérité.

  En face et tout autour d’elle, les terriens étaient là. Costumés, armés, décorés, tous assez semblables, et petits.

  La Gouverneure Kherrr avait demandé à ce que les cérémonies d’honneur qui lui étaient réservées soient les plus courtes et les plus simples possibles. Non pas qu’elle faisait cela par souci d’humilité : cela lui plaisait bien qu’une autre race fasse des pieds et des mains pour chanter ses louanges, car aussi hypocrite que cela pouvait être, au moins cela demeurait long et fastidieux pour les personnes organisatrices. Et Nere appréciait qu’une autre espèce se démène inutilement rien que pour essayer de l’impressionner.

  Beaucoup de volonté était présente afin de souligner la joie de pouvoir profiter de la présence de Nere en ces temps troubles qui cependant n’entravaient en aucun cas l’espoir pour l’avenir et tout le reste… La 3MAJ écoutait, répondait simplement, restait grave. Elle était plus préoccupée par son adaptation à la gravité terrestre que par les discours et les apparats fades qui lui étaient servis sous le nez. Heureusement pour elle sa formation préparatoire faisait qu’elle semblait totalement insensible à la nouvelle force qui pesait sur ses épaules, d’autant plus que la Cheftaine n’avait pas souhaité porter une combinaison spéciale afin de la protéger. Ses années d’exercices et les sas intermédiaires du vaisseau se montraient suffisants.

  Survenait la prochaine épreuve : mesurer sa force lors des poignées de main tout en prenant compte du changement d’environnement lequel n’aidait pas à la douceur et à la détente.

  Des petits malins et des petites malines rendirent le salut Kherrr à la Cheffe Suprême : se taper l’épaule gauche du poing droit puis déplier le bras pour confronter le dos de sa main avec celui de son/sa partenaire. Nere nota cette attention qu’elle jugeait plus importante que toutes les autres, bien que voir des étrangers imiter une coutume de sa race mêlait le plaisir de la reconnaissance à la haine de voir un tel geste reproduit par des mains qui ne le méritaient pas. C’était d’autant plus détestable si c’était réalisé pour des raisons intéressées et sournoises.

  Ceci terminé, une visite commença pour la Dirigeante Kherrr. On se mit à lui expliquer les investissements déployés dans cette base de lancement mobilisée pour sa venue, diverses avancées technologiques, et quelques compliments glissés qui comparaient les technologies terrestre et kherrr tout en mettant grandement en avant le savoir de la dernière. Ce commentaire fit mal à la Dirigeante : les terriens avaient remportés la guerre. Congratuler les vaincus sonnait comme une volonté de gravement les humilier. Toutefois ce fut l’un des seuls faux pas commis par ceux et celles avec qui Nere échangea. Les humain(e)s avaient bien révisé le mode de pensée kherrr, ce qui permis aux diverses activités de se réaliser dans une ambiance cordiale.

  Vint ensuite un moment visiblement complexe alors qu’était expliqué à Nere certains dispositifs militaires et d’autres machines destinées à la sécurité. On lui introduit l’existence des « Jokers » et des « Légendes » avec beaucoup de précaution puisqu’il s’agissait là d’éléments décisifs dans la précédente victoire qui agitait encore les mémoires. Un individu fut amené devant elle. Les représentant(e)s des institutions terriennes voulaient manifestement qu’entre la Cheffe et le Héros soit établi un premier contact.

  Ainsi, à haute voix, « Jonas Cros » fut présenté à « Nere 3MAJ ».

   
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MessageSujet: Re: Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes] Jeu 22 Sep - 16:09



Ashes


Feat Nere 3MAJ

Ces derniers temps Jonas remarquait qu’il passait de plus en plus de temps au manoir des Légendes. C’était une bonne chose certes de bien s’intégrer à son lieu de travail, mais cela ne plaisait pas tant que ça au fleuriste. Ne vous détrompez pas, il appréciait la « compagnie » d’Archimède et un sentiment de fierté éclosait doucement en lui alors qu’il se surprenait à être de plus en plus proche du « héros exemplaire », « professionnel ». Il n’était plus vraiment un grand gamin qui utilisait son emploi de gardien de l’ordre pour profiter de la souffrance de ses victimes au masque de criminel. Il était plus sérieux, plus responsable et il aimait voir cette avancé sur le chemin que son père adoptif avait tracé avant lui. Mais il s’éloignait aussi peu à peu de son foyer, de sa petite boutique de fleur, de sa « fille adoptive » avec qui il avait si longtemps joué la comédie et qui au final lui avait été d’une grande aide.

Il espérait trouver un peu où s’ancrer afin de ne pas excessivement dériver vers l’un ou l’autre des deux côtés.

Mais l’heure n’était pas à ce genre de réflexion sur le futur mais bien sur le moment présent. Archimède l’avait prévenu quelques jours auparavant mais la dirigeante des Klong avait décidé de passer des vacances sur terre, des vacances diplomatique évidemment. Elle était censé arriver à la base spatiale et se faire escorter par un cortège de lèche botte en costard cravate avant d’hypothétiquement le rencontrer lui. Après tout il était le seul représentant « distingué » des héros de Laurel, et par extension de ce monde, à part cet homme. Dempsey, mais depuis qu’il avait participé à la création des jokers il n’avait plus fait de vague alors Jonas avait accepté cette responsabilité sans trop y prêter attention.

En fait il n’avait pas de grande considération pour cette personne. C’était la dirigeante d’un peuple extra-terrestre qui a fait la guerre aux humain alors qu’il n’était même pas pubère. Certes. C’était une femme forte qui avait su s’imposer d’une quelconque manière parmi ses paires et il ne fallait pas la sous-estimer. Certes. Elle était Nere 3MAJ et avait donc un lien de parenté évident avec celui que le public connaissait sous le nom de Carnage. Jonas espérait que la raison principale de sa venue était de venir faire le ménage afin de conserver cette paix bâtie sur la défaite des siens et pas juste pour fanfaronner.

On pourrait se méprendre et apercevoir un brin de xénophobie dans les pensées de la Légende mais en réalité il n’y avait rien de telle. Juste l’amertume d’une défaite face à un adversaire bien trop fort.

Mais il allait tout de même à la rencontre de cette dame, il était bien élevé et avait appris à supporter les responsabilités, du moins un minimum. Il n’était pas spécialement sur ton trente-et-un comme tous les autres dignitaires mais il avait fait l’effort de mettre des habits repassés, du blanc, comme d’habitude. Il avait une affinité particulière avec cette couleur pour une raison inconnue. Ce n’était pas sa tenue de « héros », trop contraignante finalement pour ce genre de rencontre et puis, elle n’était toujours pas entièrement blanche depuis sa dernière aventure. Il n’avait même pas amener sa fidèle attaché-caisse. Il n’avait pas besoin de prouver quoi que ce soit lors de cette rencontre après tout, il n’avait que faire du jugement de cette Klong. Il avait appris il y a bien longtemps à ne plus prêter attention aux jugements.

« Mme Nere 3MAJ, je vous présente Jonas Cros, représentant actuel des Légendes. »

Une introduction brève, mais efficace faite par un intermédiaire dont l’histoire oubliera rapidement le nom. Un détail avait tout de même été oublié dans cette présentation censé mettre en « avant » ce qu’il restait des Légendes. Aussi, lorsqu’il tendit la main vers l’imposante femme Jonas rectifia.

« Seul représentant actuel des Légendes. Enchanté. »

Le visage de la Légende était neutre, tout comme l’était celui de la dirigeante Klong dans cette situation. Ses premières impressions de la 3MAJ étaient assez décevante. Elle était grande, certes, elle partageait ce trait avec ceux de son espèce et elle avait un air noble assez prononcé. Voilà une personne à cheval sur le paraitre et la procédure pensait-il. Mais à côté de cela elle semblait tellement faible. Lui-même n’était pas spécialement impressionnant et pourtant portait ce titre pompeux de légende, mais un éclat de déception se reflétait dans ses yeux. Ses épaules s’affaissant légèrement. Les deux protagonistes furent emmener loin du vacarme des représentant de la terre afin d’avoir une discussion plus ou moins propre avant que la Klong ne retourne à sa visite touristique.

L’humain se laissa tomber sur le siège le plus proche avant de se tourner vers la 3MAJ.

« J’avoue ne pas avoir cherché quels sont les raisons de votre venue sur terre, même si cela était dans mes moyens. Je me doute de ce qui peut vous amener ici mais je ne vais pas m’avancer dessus. J’espère juste que ce ne sera rien de désagréable pour… nous. » dit-il en faisant référence aux humains « J’espère simplement que je n’aurai pas à vous revoir en portant un masque, ce serait une mauvaise nouvelle. »

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MessageSujet: Re: Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes] Mer 14 Déc - 11:20



 
« Marcher sur les cendres. »


Nere 3MAJ écouta poliment les petites remarques de Jonas Cros. Elle se retint bien de lui répondre du tac-au-tac avec une formule provocante, de rétorquer que si les intentions de l’Impératrice étaient belliqueuses, il serait avec lui dans la tombe, son fameux masque. Ce représentant des héros n’était pas exceptionnellement connu par les services de Nere 3MAJ, ce qui augmentait le risque que sa réplique soit inappropriée. Un silence sage laissa donc la Légende parler jusqu’au bout.

Nere eut un mouvement légèrement marqué afin de reprendre sa respiration, pour disposer une transition préparant sa réponse. Les mots s’imposèrent d’eux-mêmes dans le cerveau de la dirigeante, frappant ses neurones au moment d’apparaître avec la cadence d’une machine à écrire. Elle parvint à donner à son ton suffisamment de notes chantantes pour avoir l’air naturel. Son accent qui amplifiait les r ajoutait la touche exotique finale pour combler le tableau. Ainsi se réalisa sa composition orale :

« Cela serait d’autant plus une mauvaise nouvelle que cela irait à l’encontre des rapports pacifiques et cordiaux que nous cherchons à développer. »

Une légère esquisse de sourire pour terminer sur une idée de sérieuse commodité. Nere poussa l’audace jusqu’à croiser les jambes de façon masculine. Elle continua sa réplique, quasiment d’un trait, avec une fluidité et un rythme qui la changèrent en tirade.

« Je viens ici pour tirer un trait sur les erreurs du passé. Il y a de la poussière à faire sortir des mentalités. Les problématiques ne sont évidemment plus les mêmes qu’il y a vingt ans, aussi je suis en faveur du progrès de nos deux nations. »

En disant cela, la cheffe eut une pensée pour les journaux terriens qu’elle avait consultés dans sa base de données, dont certains évoquaient ce qui semblait être un kherrr, ou du moins, qui se faisait passer pour tel. Elle comptait bien, à l’occasion de sa mission diplomatique, mettre la main sur ce kherrr criminel afin de distinguer le vrai du faux. Mais pour le moment il restait de finir cet échange avec le héros public. Nere attendait toujours de voir ce qu’il avait dans le ventre. S'il comprenait les subtilités, les nuances que la gouverneure évoquait dans ses propos concernant l'avenir.

Elle laissait supposer derrière ses dires que les projets de collaboration entre les deux peuples demeuraient de la pure fantaisie. Les routes tracées par les nations ne pouvaient qu’être réciproquement parallèles, et les interactions limitées au protocole délimité par le traité de paix. Il y avait besoin d’aller de l’avant mais il y avait aussi l’honneur kherrr, docilement suivi par tout bon citoyen de Havöck.

Nere, comme ses semblables, témoignait d’un respect profond pour cette éthique jugée suprême. Ce code glorieux échappait à peu de kherrrs, mais parmi ces irrespectueux il y avait Carnage.

 
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MessageSujet: Re: Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes] Jeu 12 Jan - 11:06



Ashes


Feat Nere 3MAJ

Un peu de désinvolture, de légèreté, s’était immiscé dans la tenue de Jonas. Il n’était plus entouré de personnes importantes mise à part la représentante Klong et s’il n’accordait que peu d’importance aux jugements il était tout de même plus tranquille en comité réduit. D’autant plus que Nere 3MAJ perdait peu à peu son attention au fil de ses paroles. Elle avait commencé par répondre à la mise en garde la Légende qui ne voulait pas affronter un « second Carnage » avec des phrases bien trop pompeuses. Trompeuses ? Il ne pensait pas. Après tout cela ne ferait que peu de sens avec la démarche de l’extra-terrestre.

Mais la suite lui arracha un air plus austère. « De la poussière » ? Il y a plus que de la poussière ma bonne dame, avait-il envie de lui rétorquer. En plus il n’avait jamais cherché à comprendre les origines de la guerre contre les klongs mais au vu du fait que ce sont eux qui étaient venus chercher les terriens sur leur planète, il doutait que ce fût les humains qui lancèrent la première pierre. Le héros ne connaissait pas bien les klongs, tout ce qu’il connaissait d’eux était des traces dans les livres d’histoire et un criminel d’envergure mondiale, mais encore une fois il doutait qu’être affable était dans leur code de conduite.

Mais il n’était pas diplomate ou politicien, du moins pas encore. Il n’avait pas vraiment d’intérêt non plus pour les jolies phrases, les promesses et l’écriture du traité de paix. Il avait d’autres soucis dans son domaine qui étaient au final aussi important que cette histoire.

« En fait je me fiche bien de tout cela, des problématiques en faveur du progrès de nos deux nations. Vous savez Mme 3MAJ je suis quelqu’un de simple. Mes fesses ne sont ni sur un trône, ni au sommet du monde. J’ai simplement un devoir à accomplir et il parait que je suis bon dans ce que je fais. » Il était tout de même sur la défensive et s’en rendit rapidement compte. Il fit une pause avant de reprendre d’un air plus serein « Ce que je veux dire c’est que ce n’est pas parce que vous êtes grandes que vous devez prendre les humains de haut. Ce n’est pas une menace, juste un conseil, notre planète pourrait être aussi inhospitalière que Havok à certains égards. »

Il savait que si elle était là pour des raisons politiques elle allait faire face à ceux que le peuple de la terre apprécie le moins. Peut-être même plus que les criminels. Mais il ne faut pas juger les gens à leur couverture n’est-ce pas ? Pas comme le faisait actuellement Jonas. Et bien il en était de même pour les peuples. Il y a des éléments surprenants partout et Laurel était vraiment un aimant pour ce genre de chose. La condescendance pouvait coûter extrêmement cher dans ce genre de situation.

Surtout si son but était bel et bien de trouver et arrêter Carnage.

« En tout cas, voilà, la rencontre a été faites. Si c’était tout ce qui vous retenez pour la suite de votre voyage n’hésitez pas à avancer. Je ne suis pas très bon pour alimenter des discussions soutenues. »

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MessageSujet: Re: Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes] Dim 15 Jan - 14:57



« Marcher sur les cendres. »

Il fallut un léger temps pour que revienne dans le cerveau de Nere toutes les données sur le fameux concept de « trône ». Une pratique qui ne correspondait pas à la logique certes méritocratique mais pas moins horizontale du peuple kherrr. Tout de suite, au travers du prisme de l’humanité, la réplique de Jonas prenait sens. C’était une bonne chose car la dirigeante n’avait pas envie de converser avec un imbécile. Si ce-dernier était haut-gradé cela ne serait que plus insultant pour les deux camps. Ce n’était pas le cas : juste un terrien reconnu, une sorte de héros de guerre. Désinvolte, un peu en-dehors des choses : un comportement typiquement humain auquel la 3MAJ devait s’habituer. Sa bataille intérieure pour comprendre cette coutume amplifiait au fur et à mesure qu’elle constatait son omniprésence sur Terre. Il fallait qu’elle se fasse à cette idée comme quoi les deux peuples n’avaient pas le même sens de la responsabilité. Entre considérer cela comme un calvaire ou comme une consécration, Nere 3MAJ avait depuis longtemps fait son choix. Et tout son peuple aussi, bien avant elle.

Cela ne retirait rien à la justesse des propos de Jonas. Lui aussi condamnait la bêtise, en plus de connaître les dangers de sa terre natale. C’était vrai : la Terre était terriblement inhospitalière. Ici surgissait alors l’autre détail qui quand elle y pensait, faisait rougir Nere de honte pour peu qu’elle en soit capable. Une bataille pour rien. Une invasion pour le plaisir. Le peuple surpuissant et hydrophobe mené par Nere avait, avant qu’elle ne monte au pouvoir, lancé l’assaut sur une planète qui n’avait pas grand-chose à lui apporter.

Oui, mais, il y avait le goût de l’exotisme, et du gigantisme : pour chaque kherrr la Terre est grande, et c’est très bien : ce ne sont que ses habitants qui sont ridicules et tous petits.

A son retour, Nere comptait bien mener des recherches plus approfondies sur les raisons qui avaient motivé une telle manœuvre. Les intrigues à moitié révélées par son défunt père n’avaient soulevé que des zones d’ombre sans apporter un éclairage utile. Sous le sable brillant et argenté de Havöck, il semblait y avoir de la tourbe. Consciemment ou non, Jonas était en train d’étaler de cette tourbe immonde sur les joues de la 3MAJ, et l’idée que cette tourbe ait jadis pu exister était pour la dirigeante insupportable. Les kherrrs droit(e)s et compétent(e)s qui avaient lancé cette attaque avaient commis une grave erreur, ce qui ne pouvait être possible si tous et toutes étaient de grands stratèges. Alors pourquoi…

Plus tard. La priorité était Jonas, aussi éphémère soit-il. Jusqu’au bout il fut poli. Personne ne lui en demandait plus. Il proposa de mettre fin à l’entrevue. Soit. Nere darda un dernier trait d’esprit pour faire dans les formes :

« Et je suppose que votre temps de héros est précieux. »

C’était dit avec respect et malice. Respect parce que le héros devait avoir fort à faire face aux multiples menaces qui pullulaient sur Terre dans un assez grand désordre. Malice parce que la nonchalance du personnage de Jonas laissait croire qu’il manquait des choses à sa vie pour être heureux. De ce point de vue là, la formule de Nere sonnait comme un « bon courage ».

Et puis, la fin. Le salut cordial, encore, rendu correctement. Divers échanges et déplacements. Puis de nouvelles priorités incitèrent Nere et sa suite de dévots à partir explorer d'autres horizons. Trajets en ville, découverte de lieux « typiquement terriens et icônes du patrimoine national comme mondial ». D’autres surnoms alambiqués de la sorte donnaient à cette visite l’impression de se faire dans un parc d’attraction.

De nouveau la présence du ciel bleu et de sa gravité écrasante. Plus encore que l’oppression de la masse de journalistes accrochés comme des tiques aux personnalités terriennes qui encadraient l’évènement qu’était la venue de Nere.

Celle-ci distinguait des étranges particules dans l’air. Leur couleur et leur densité lui faisaient penser au sable mêlé d’éclats de katchin des tornades qui frappaient régulièrement sa planète. Ici ce n’était bien évidemment pas le cas. C’était seulement de la pollution.

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MessageSujet: Re: Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes] Mer 25 Jan - 11:41

Les grands poings de Carnage fendirent le vent à plusieurs reprises. Cela faisait assez de bruit par rapport aux sons légers de la brise timide.

Le géant s’entraînait non-loin de la ville. Les arbres et le sol subissaient ses assauts virils. La terre, en somme, lui servait de terrain de jeu. Meknes, cependant, ne s’amusait que peu.
Il effectuait un entraînement. Travaillait ses techniques, chauffait ses muscles.

Dans le journal, une image avait tournée. C’était celle de sa sœur, sur le point d’arriver. A l’heure actuelle, elle avait déjà atterri. Bientôt elle irait se promener. Cela ne lui laissait pas trop de temps.
Après des années elle venait enfin. Vingt ans. Un temps assez conséquent pour l’humanité, bien moins pour certains non-terriens. Nere faisait partie de ce lot. Quelles étaient ses pensées actuellement… Supportait-elle sans difficulté le langage, les coutumes, la gravité terrestre ? Le petit frère était impatient de constater la vérité.

Mais d’abord, terminer son entraînement. Ce n’était pas très difficile bien que le 3MAJ tonnait d’impatience.

Des coups de poings s’enfoncèrent encore dans l’écorce d’un arbre grandissant. Ce-dernier était plein de vie, et plus grand que lui. Son branchage faisait de l’ombre au colosse, en plus de riposter face aux assauts par une pluie discrète de petites feuilles. Elles coulaient sur Carnage sans se faner, vaincues, mais indifférentes.

Meknes observa pendant quelques instants cette chute de petits morceaux. Après, dans un acte irréfléchi, il s’empara d’un morceau d’écorce, et tira ainsi violemment pour arracher un grand pan de peau. Il avait eu envie de faire souffrir, et ceci pour son simple plaisir.

Soulagé par ce forfait, il entreprit de revenir à Laurel.

Comme à son habitude, il fit le fantôme. Avec les gens comme avec la matière. Aux yeux de tout il n’existait pas. C’était à la fois un plaisir et un piège. Meknes n’était pas sûr d’être constamment alerte entre les moments de réalité et les moments où il n’était pas là. D’où ses distractions sanglantes pour s’assurer qu’il existait, ses orgies de mort comme de sexe le ramenant irrémédiablement sur le plan physique.

Son existence se résumait à des mouvements de balancier entre l’absence et l’omniprésence. Malgré ses efforts Carnage ne parvenait pas à trouver de juste milieu. Il devait sans doute cela à son nom.

Le voilà en présence de sa sœur. Celle-ci ne pouvait pas encore le voir. Il fallait auparavant que Meknes se débarrasse de toutes les créatures qui lui tournaient autour. Kherrrs compris. Il fut arrêté néanmoins, un petit instant, par la contemplation de ses semblables : cela lui faisait quelque chose de revoir ce qu’il avait été.

Enfin, il agit. Son éclair tempéra les ardeurs de tout le monde (sauf de Nere), voila caméras et autres dispositifs allumés pour que seuls demeurent la sœur, le frère, les retrouvailles, et autres expressions de diverses rancœurs.

Sorti des ténèbres le colosse se montra, face à une foule indifférente, anesthésiée. Carnage changea la place de quelques figurants, pour former une haie d’honneur, deux lignes parallèles faites de chair qui reliaient les deux derniers conscients.

L’œil luisant de Meknes croisa ceux sévères de Nere. Il ne fallait pas attendre plus longtemps pour remarquer que les deux géants s’étaient reconnus. La dirigeante arquait un sourcil, l’ambassadeur faisait croitre un rictus jusqu’au niveau de ses cils.

Il ne lui rendit aucun salut protocolaire.
Ses dents se contentèrent de grincer pendant qu’un soupir puissant cherchait à se faufiler :

« Ma très chère sœur… »

« Tu es vivant, » répondit Nere 3MAJ.
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MessageSujet: Re: Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes] Jeu 26 Jan - 22:05



« Marcher sur les cendres. »



« C’est bon de te revoir. »

La voix de Meknes s’était exprimée sans difficulté. C’était le ton tranquille et fluide de la sympathie affable, le ton du coin du feu et du chocolat chaud. Seulement Nere 3MAJ ne connaissait ni le « coin du feu » ni ce fameux « chocolat chaud ». La seule image que pouvait lui inspirer la situation dans laquelle elle se trouvait actuellement était ce souvenir qu’elle partageait avec son petit frère : ces moments à la fois joyeux et brutaux durant lesquels les deux garnements s’affrontaient dans l’une des cours de la forteresse 3MAJ. Il y avait l’écho presque tragique de leurs voix au sein de l’immense bâtiment, auquel s’ajoutaient les sons provoqués par la succession des impacts dans un combat grisant. Il y avait aussi l’effort rude qui tirait et brûlait les muscles. Et les chocs retentissants, les prises violentes qui écrasaient le visage du cadet contre la castine. Meknes qui se débattait et grognait, Nere qui persistait à le maintenir à terre tout en l’insultant : « Tu es plus faible qu’un 8BET. Debout ! Si tu ne te dépêches pas, je vais t’arracher la tête. »

Plaisanteries d’un autre temps, succédées par une nouvelle de mauvais goût.

Meknes (Carnage, donc) n’était pas mort à la guerre. Depuis vingt ans, maintenant. Presque 7 cycles sur la planète de la dirigeante. Cela ne faisait pas une très grande période mais celle-ci avait été chargée d’évènements suffisamment marquants pour rendre les questions à son sujet décisives. Peut-être errait-il sur la planète bleue depuis tout ce temps. Peut-être avait-il fait pire.

Face à une telle hypothèse Nere 3MAJ demeura flegmatique. Un puissant mélange de surprise et de dégoût était en train de se concentrer dans son crâne. Une épaisse barre d’acier en fusion prenait progressivement forme à l’intérieur de son front et cela commençait à la faire sérieusement souffrir. Elle resta concentrée et remarqua alors l’immobilité toute artificielle des personnes qui l’entouraient actuellement. Le traquenard dans laquelle la dirigeante se trouvait n’était même pas à supposer.

« Cela serait un plaisir aussi si tu ne devais pas m’expliquer les raisons de ta présence ici.

- J’ai beaucoup de choses à te dire Nere. Il faut que nous en parlions ailleurs, là où nous serons en sécurité.

- Meknes. »

La grande sœur l’avait coupé avec son ton tranchant. C’était celui qu’elle utilisait lorsqu’elle avait des reproches à faire, lorsqu’elle ne plaisantait plus. Cette voix sans appel annonçait bien souvent une lutte courte mais pénible durant laquelle Nere bastonnait son petit frère pour lui faire comprendre à quel point elle avait raison de le gronder. Dans ces moments-là, son accent de Kherrr devenait encore plus incisif, modifiant la prononciation des voyelles et amplifiant encore la présence des R. De cette façon l’oreille ne percevait plus le mot « Meknes » mais plutôt l’équivalent Kherrr qui était « Murrhness » ou « Murnheu ».

« Je n’ai pas de temps pour les plaisanteries. »

Silencieux, les bras croisés, Carnage resta campé sur ses positions. Ses traits tordus par un sourire sinistre, ce qui ne le changeait pas de d’habitude.

Nere, en revanche, n’était pas très commune avec cette étrange expression.

« Je ne peux pas me montrer longtemps ici, s’excusa Meknes, je suis toujours l’ennemi de la Terre. En revanche je connais un lieu où nous pourrons converser à loisir… »

Il ajouta : « J’ai des choses à te dire sur Bravon et l’histoire de nos trois clans ». L’appât était un peu gros mais il avait le mérite d’être conforme à la réalité. Nere fit ce qu'elle put pour apparaître détachée du problème.

« Si tu es responsable de ce qui arrive à ma suite, je te somme de faire cesser cela sur-le-champ. »

Geste théâtral de la part de l’impertinent géant. Un claquement de doigt et le charme venait de cesser. Le reste de l’assemblée demeurait toujours paralysé. Les dévots renaissants émirent leurs premières interrogations, rapidement arrêtés par un geste de la 3MAJ. Le frère, de son côté, ouvrit ses bras en grand, accueillant ses semblables comme un père ou un pasteur.

« Venez avec moi, mes camarades. Nous devons échanger, mais auparavant, nous devons marcher.

- Je marche à tes côtés Meknes. Et sache que tu es ridicule.

- Je comprends ton âpreté, ma sœur, mais tu ne me laisses pas le temps de m’expliquer.

- Le temps est justement ce qui te fait défaut, petit-frère. »

[…]

Frère et sœur évoluaient donc côte-à-côte, pendant que l’équipe de Nere demeurait plusieurs mètres en arrière, échangeant à voix basse les suspicions que la présence de Carnage faisait naître dans leur cœur.

L’ainée masquait toute mimique qui pouvait trahir le malaise qu’elle ressentait actuellement. Elle toisait Meknes, dardant sur lui des œillades assassines, pleines de jugement.

Le son provoqué par leurs pas écrasait la terre.

« Je suppose que tu te doutes que depuis le temps, un autre Kherrr a pris ta place.

- Bien sûr. Il a intérêt à faire du bon travail.

- Il le fait. C’est un membre anciennement affilié au clan 4SAV. Il est plus tempéré que toi.

- Et il parvient à gérer les élans vengeurs des plus déterminés ?

- C’est plutôt mon affaire. Lui se charge de les envoyer attaquer d’autres colonies éloignées d’ici.

- C’est une bonne chose.

- …

- …

- Tu as toujours ton armure et ton sceptre. Tu ne devrais plus les porter tant que tu ne t’es pas racheté.

- Tu as entièrement raison. »

Pendant tout l’entretien Carnage demeura nonchalant, insensible aux remarques formulées par sa sœur. Il continua de tracer sa route à la façon d’un marcheur en quête d’une montagne à gravir. Nere s’était arrêtée. Elle ne parvenait plus à suivre cet enfant géant qui n’avait manifestement pas fini de se moquer d’elle.

« Qu’est-ce que tu es devenu, Meknes ? »

Une grande respiration souleva la carcasse de l’intéressé. Il planta son sceptre dans le sol, et se retourna dans un grand mouvement. Sa voix rugissante se voulait celle d’un confident :

« Je suis devenu Carnage, le tueur de la Terre. J’ai fait payer aux humains l’affront qu’ils ont causé à notre peuple en les plongeant régulièrement dans le sang. Aucune autorité de cette planète n’est en mesure de m’arrêter. Régulièrement, je tourne leurs autorités en ridicule. Je les contrôle. Je les ligue les uns contre les autres… C’est ce à quoi j’ai consacré mon temps jusqu’ici.

- Et alors ? »

De nouveau cette lame qui transparaissait dans la voix.

« Pourquoi n’as-tu pas encore vaincu la Terre avec ces si grands moyens que tu affirmes posséder ? Pourquoi ne t’es-tu pas manifesté auprès de ton peuple ? Qu’est-ce que tu as fait ? Tu dis que tu t’es battu ? Tu veux dire : tu as joué. Il ne fallait pas revenir vers moi si tu n’avais rien de concluant à me rapporter. Tu te présentes n’importe comment, ce n’est qu’un cirque, et je n’ai que faire d’un déserteur qui vient de passer plus de sept cycles à se vautrer dans une basse-cour. J’aurais préféré revenir sur cette planète pour te savoir définitivement mort plutôt que de voir ton potentiel gâché par je ne sais quelle cause futile. »

Carnage ne bougeait plus, figé devant la sentence. Nere balaya les alentours d’un geste du bras saturé de colère.

« Tu me fais honte devant ma suite et tu fais honte à mon peuple. J’espère que ton identité véritable n’est pas bien connue, parce que tu ne peux pas revenir sur Havöck dans un état pareil. Tu vas décevoir trop de monde si tu racontes aux autres ce que tu viens de me dire. Si tu ne fais pas de coup d’éclat, je ne peux même pas être sûre que tu pourras te réintégrer en tant que dévot parmi nous.

- Je ne compte pas rentrer. »

Abrutie par tant d’invraisemblance, la tête de Nere 3MAJ ne pouvait que hocher négativement pendant que ses poings l’aidaient à garder contenance. L’un appuyé contre sa hanche, l’autre sur le front, comme pour retenir les flots de magma qui menaçaient de s’échapper de sa tête à tout instant, sans compter les rivières d’acide prêtes à jaillir de sa bouche pour s’abattre sur le géant et entièrement le dévorer.

Étrangement, elle ne pensait pas à faire payer à Carnage son affront par le biais d’un duel. Peut-être était-il beaucoup trop plongé dans le déshonneur pour que cela en vaille la peine. Une incertitude inquiétante demeurait toujours à propos de son petit frère, ce qui centrait ses pensées sur d’autres débats. Impossible de savoir si c’était l’amour fraternel ou autre chose de bien plus effrayant qui était responsable d’un tel choix. Les émotions puissantes et contradictoires qui tiraillaient la dirigeante à propos de son cadet ajoutaient un écran supplémentaire venant brouiller sa perception de la situation. Carnage continua :

« Je ne veux pas exterminer les humains. J’aime interagir avec eux. Ils n’ont pas besoin d’être envahis. Leur bêtise suffira à tous les tuer, un de ces jours.

- Tu me dégoûtes, » éclata Nere.

Meknes lui rendit son regard plein de feu. Le sien était empli d’un vide immense, semblable à une grotte gigantesque tapissée par de vieilles cendres.

« Sais-tu pourquoi les terriens ont gagné la guerre ? »

Immédiatement, le géant sentit résonner la corde sensible. Les globes oculaires de Nere étaient en train de le foudroyer sur place. Il fut surpris par toute la rage qu’il sentait émaner de sa grande sœur et, pendant un instant, un voile de crainte lui traversa le corps. Puis il repensa à ce qu’il comptait faire et se fut alors le retour de son expression sadique.

Carnage commença à se dévêtir. Il avait abandonné toute prise sur son sceptre, lequel restait fiché dans la terre tel un drapeau.

« Les terriens sont faibles, craintifs, éphémères. En proie au désordre, oui… mais ils mentent ; et ils mentent bien mieux que nous. Leur perfidie dépasse notre imagination, et c’est pour cela que nous avons perdu, aussi stupides qu’ils puissent être… »

Petit-à-petit, les lourdes pièces d’armure quittaient la charpente de Meknes. Leur chute rythmait ses propos, imitant le pas d’une bête géante qui se rapprochait sensiblement de sa proie.

« C’est pour ça qu’il faut apprendre à mentir. Tu n’es pas en sécurité avec moi. Je veux te combattre. Je vais t’humilier, Nere. Je vais te montrer pourquoi on ne peut pas vaincre la Terre… »

Les morceaux de l’armure avaient tous quitté la charpente du géant pour révéler la peau véritable, laquelle n’était pas moins ouvragée que l’équipement de l’ambassadeur. Toute la construction du corps avait la grandeur d’une cathédrale : une musculature massive, gigantesque et dense.

La puissance organique suintait dans l’apparence rigide et dure des muscles noueux. Chaque point du corps était un nœud où la fermeté des fibres changeait les veines en grandes racines de chêne. Une tension permanente maintenait l’équilibre entre tous ces membres prêts pour le déchaînement. La prothèse qui remplaçait l’avant-bras  aurait juré avec tout le reste si sa structure n’était pas entièrement destinée à la violence. Cet objet non-organique était clairement animé par la même animalité, et répondait au rythme du battement intense qui faisait bouger les autres organes.

Tout ceci formait un patchwork d’une brutalité démente et laissait croire à Nere que le petit Meknes avait un peu grandi. Il déclara :

« Regarde ce que la Terre a fait de moi… »

Nere expira profondément sans dissimuler le fait qu’elle se sentait abattue par ce conflit venu d’ailleurs et surtout de nulle part. D’un air résigné, elle tourna la tête pour s’adresser à sa suite :

« Restez en-dehors de tout ça. »

Elle était une dirigeante exemplaire. Parmi les kherrrs, Nere avait fait ses preuves. Elle dirigeait ses troupes d’une poigne de fer et avait porté le nom des 3MAJ dans les plus hauts sommets du panthéon d’Havöck. Cependant son parcours était loin d’être terminé : les mises en garde de Jonas Cros n’avaient pas été prononcées à la légère. Ainsi la grande sœur avait décidé de mésestimer les dires de son petit frère.

Elle pesta dans son esprit alors qu’elle était toute entière en train de reculer d’un bon mètre.

Carnage s’était jeté sur elle pour venir la frapper en plein visage. Rodée au combat, Nere parvint à dévier l’assaut, mais elle fut emportée par la force du mouvement.

Sa transe avait évité à ses avant-bras d’être brisés par la violence du coup.

Ses yeux se mirent à luire et rapidement vint le sifflement insupportable qui annonçait la montée de son stress aussi bien que l’évolution de sa puissance.

Les sons stridents qui lui vrillaient les oreilles étouffaient ses propos, faisant qu’elle maugréa en silence :

« Tu parles d’un goût de la mise en scène… »
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MessageSujet: Re: Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes] Mer 8 Fév - 11:53

Meknes combattait pour la Terre.

Il allait défendre tout ce qui lui avait permis de devenir l’individu qu’il était désormais : la haine, la bêtise, la vengeance, la colère, la perfidie, l’égoïsme, l’envie, la violence, l’orgueil, l’injustice... et la gravité.

Son sceptre luisait de sa lueur verte, illuminé par le soleil dont l’éclat faisait vivre l’Humanité.

Nere 3MAJ offrait de son côté une lumière concurrente, un peu malgré elle.

C’était une lumière de trop que Carnage devait étouffer. Le combat reprit, la lutte dura.

Elle était composée des techniques de combat d’élite employées par les Kherrrs. Cela faisait beaucoup plaisir aux deux duellistes que de ferrailler d’une telle façon. Meknes, surtout, était profondément touché.

Un direct dans l’estomac aurait manqué de le faire chavirer si la pression terrienne n’avait pas changé son derme en incroyable blindage.

Il y avait néanmoins le savoir-faire de sa sœur : le colosse tangua malgré tout.

La petite lumineuse n’avait pas le parcours du sombre géant.

Elle fut attrapée puis prestement projetée, pour s’écraser contre une roche avec la violence d’une comète. Se remettre d'un tel coup fut bien difficile.

La zone n’était pas déserte. Bientôt, si l’affrontement continuait avec une telle intensité, les combattants allaient se retrouver sur une station d’autoroute. Certaines voitures volantes avaient déjà survolé les aliens, à l’instar d’innocents oiseaux.

Depuis leurs hauteurs elles semblaient silencieuses. Certaines, cependant, avaient fait des écarts ou ralenti dans leur course. Peut-être à cause de ce qui se passait en bas.

Meknes les observa, avant que sa sœur ne se jette sur lui comme un missile humain, une rage bouillonnante dépassant manifestement l'ampleur de ses blessures.

Il répliqua aussitôt avec ses poings nus.

Affronter Nere 3MAJ était encore plus pour Carnage qu’un acte de trahison envers la plus proche de ses semblables. C’était, sans grande surprise, une revanche. Pour toutes les fois où ses joues avaient été griffées par les morceaux de limaille présents dans le sable de la cour où sa grande sœur le molestait. C’était, surtout, un retour sur le passé, sur tout ce qu’il avait fait. Sur sa condition d’ambassadeur qu’il ne respectait plus. Revoir Nere, c’était revoir Strider. La grande guerre contre la Terre. Les 5 Légendes et son désir de détruire, des pensées comme des clous tordus enfoncés profondément dans sa peau. Il ne pouvait se débarrasser de cela sans souffrir.

Le combat était noble, mais déséquilibré.

Meknes semblait insensible, insouciant. Il gérait l’assaut comme une procédure banale avant de répondre avec un tacle à la réalisation parfaite et à la violence inouïe. Il parla lentement pendant que sa sœur était ensevelie sous un nuage de poussière, à l’aspect rendu maladif par les deux globes lumineux qui y brillaient à l’intérieur :

« Ma très chère sœur… Je n’ai pas ta sagesse. Toi, en revanche, tu n’as pas ma force. »

Deux boules de feu lui éclatèrent en pleine face et cela lui fit mal. Nere 3MAJ profita de cette apparente faille pour contre-attaquer : c’est un coup de genoux dévastateur qui s’arrêta dans ses côtes, la prenant de vitesse.

Elle perdit l’équilibre, ne parvint plus à respirer. Un éclair s’était planté dans son torse.

Les grincements que le corps émettait malgré lui remplaçaient le cri de douleur muet de la dirigeante au souffle coupé.

Là-dessus Meknes s’installa en tailleur pour la regarder se débattre contre elle-même, la souffrance des os tiraillant ses tentatives d'attraper de l'air. C’était tout ce qu’il pouvait faire.

Il n'avait pas besoin de hauteur pour toiser sa sœur.

« Voilà. J'ai gagné. Je pourrais te faire un beau discours mais je pense que tu as compris le message. Tu ne sais pas ce qu'est vraiment la Terre, et tu es faible. Ton monde me répugne et c'est pour ça que je ne veux pas rentrer. Maintenant, j'ai un droit sur toi, toi la cheffe suprême, et voici ce que j'ordonne : que tu effaces les charges que tu as contre moi, que je disparaisse de ton monde. Cette Terre est maintenant la mienne, et je ne veux plus te voir sur mon chemin. »

Il s’en suivit un mutisme. Un semi-silence enroba les deux enfants. Seuls demeuraient les halètements irréguliers de l’aînée, dont la transe empêchait de voir sa douleur.  Son frère la comprenait toutefois bien : cela faisait quelque chose de voir un monde s’écrouler. Perdre contre la vermine, perdre contre un traître, un adversaire à la dignité indéfendable.

Carnage resta grave, interdit. Une manière à lui de faire le deuil sur sa condition. Il observait sa sœur encore un peu.

Nere 3MAJ allait vivre, c’était maintenant une certitude. Meknes était rassuré. Il se leva, fit signe aux dévots d’intervenir. Ceux-ci étaient relativement pauvres en commentaire, ce qui était approprié à la situation. Les procédures de premiers secours se déroulèrent pendant que Carnage récupérait son costume.

« Clac » firent les pièces de son armure en se recomposant.

Il mourrait d’envie de se retourner. Il n’en fit rien, jusqu’à ce qu’un son étrange décide de se manifester.

Meknes constata alors l’équipe de son aînée former un cercle autour d’une épaisse colonne de fumée.

Cela fit naître sur son visage un sourire tranquille.

Là-dessus, Carnage croisa les bras, et, d’un souffle, toutes les horreurs infligées par sa terrible présence disparurent.

Le retour de la tranquillité, superficielle et précaire.


En plus des voitures, il pesait dans le ciel les conséquences terribles annoncées par son succès.

Nere n’avait à aucun moment perdu connaissance. Sa perception de l’extérieur était rendue impossible par la brume soulevée par la fin de sa transe, ainsi que ses hoquets douloureux. Cela la faisait cligner des yeux, dont les fonctions étaient brouillées par le déchirement de sa chair et de ses os. Elle percevait toutefois clairement ce qui se dessinait au-delà de tout ceci : Carnage dont elle n'avait plus le droit de bloquer le chemin. Carnage dont elle allait laisser se répandre les crimes, encore.

C’était promettre de ne jamais laisser les tensions disparaître. Promettre de laisser un spectre horrible raviver constamment les plaies pour empêcher les conflits de mourir.

Nere laissa le sang de ses blessures couler à la place des larmes qu’elle n’osait verser. Ses poings fermés écrasaient la Terre.
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MessageSujet: Re: Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes]

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Marcher sur les cendres. [Jonas/Nere/Meknes]

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