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La rubrique éditoriale du pauvre insomniaque

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MessageSujet: La rubrique éditoriale du pauvre insomniaque Jeu 23 Fév - 4:21

Wouhou, une nouvelle insomnie me frappe ! Pour changer. Et je fais quoi quand je pionce pas ? Ben j'écris, j'écris même un peu trop.

Quel est donc le principe de cette rubrique éditoriale du pauvre insomniaque ? Simple, je poste des textes, des textes proches de la fanfic ou de l'étude de caractère (j'adore faire de l'étude de caractère) mais tous avec un seul lien. Ce sera ancré dans l'univers du forum.

Aussi, lisez juste cette rubrique si vous vous emmerdez et que vous ADOREZ lire les gens avec du talent (laissez-moi me saucer). Je laisserais éventuellement des notes sur les circonstances de création de tel ou tel texte.

Les termes utilisé, afin de décoder les significations obscures de certains initiales pour ceux qui cherchent quelque chose de précis.

DTF : terme que j'utilise pour signaler qu'il s'agit du texte proche de la fanfic, quand ce n'en n'est pas une.

EDC : Etude de caractère. Petit exercice consistant à étudier la psyché d'un personnage via une situation donné l'obligeant à une introspection. Basiquement, pour ceux qui me connaissent (COUCOU LE STAFF !), c'est la méthode que j'utilise pour écrire un caractère pour mes personnages.

NDA : Le NDA, c'est la note de l'auteur. Généralement, je poste ça à part vu que j'ai horreur de mettre des trucs qui sortent de l'ambiance d'un texte (sauf quand ça peut servir le texte, mais c'est ultra rare). C'est tout simplement mes notes, mes explications sur telle ou telle partie du texte, le thème général recherché et l'importance du champs lexical (oui, il arrive que j'en utilise).

SAGA : Une SAGA est la Synergie Analytique Galactique Antinomique (oui, bon, on peut pas faire toujours des initiales pour tout). SAGA signifie que ce texte est en lien avec un autre plus ancien, que ce soit en étant une suite, un prequel, un spin-off... Bref, c'est lié à une histoire que j'ai précédemment écrite d'une façon où d'une autre.

Voilà, hésitez pas à lire et à commenter tant qu'à foutre ! Bonne lecture~


Dernière édition par Trickster le Jeu 23 Fév - 4:40, édité 1 fois
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MessageSujet: [DTF] Memento Mori Jeu 23 Fév - 4:22

Le mal de crâne revenait, l’obligeant à se frotter un instant les tempes. La douleur lui donnait la sensation qu’une perceuse pénétrait son crâne, le transperçant de part en part. Une simple douleur fantôme. Elle sourit en coin en y pensant. Il était drôle, ce terme. Douleur fantôme… Comme si une douleur était vivante, revenant à la vie pour hanter. Étrange concept. Aussi étrange que la non-vie. Elle soupira un grand coup, ignorant sciemment le sang qui risquait de se répandre sur son manteau. Elle n’aurait pas dû se tirer une balle en pleine tête. Il valait mieux arrêter un instant d’y penser, chercher une occupation pour son pauvre cerveau mort.

Regarder les cadavres était une bonne distraction. Les observer même, se demander quel genre de famille elle avait brisé. Quel genre de monstre avait-elle été cette fois. Elle posa son regard sur le père et la mère. Un homme, une femme. Un brun, une blonde. Un quarantenaire, une trentenaire. Lui, certainement employé de bureau au vu de sa chemise. Se réveiller chaque matin, peut-être la câliner avant de se diriger vers la salle de bain. Sourire face à sa belle petite vie de famille, soupirer en se souvenant de son travaille. Se revigorer en songeant aux vacances. Puis partir au boulot.

Elle, se réveillant dans un lit vide, prenant sa fonction de femme au foyer. Réveiller un à un les enfants, l’adolescente dans sa crise, le gamin pré-ado se cherchant un genre, et le petit garçon qui a tout à découvrir du monde. Amener chacun à l’école, s’ennuyer à faire les œuvres de l’association des femmes du quartier. Allé chercher les enfants, goûter, retour du mari et préparer le dîner. Sourire joyeusement en voyant son homme essayer de l’aider à la cuisine, s’exaspérer d’entendre les enfants s’insulter.

Comme le voulait la vision de la parfaite petite famille. Occultant volontiers le mal-être naissant de l’adolescente de la maison, coincée entre vouloir grandir et avoir peur de cette vie adulte, supporter le regard d’autrui, certainement se poser des questions sur son futur. Le pré-ado qui se rend compte qu’être grand n’est pas cool, souhaitant ardemment revenir au plus vite à son enfance, commencer à vouloir asseoir sa supériorité et exprimer sa jalousie sur son petit frère.

Elle se releva, se dirigeant vers le seul survivant du massacre. Le tout petit garçon, tremblant, pleurant, se noyant dans sa propre morve. Le souffle coupé face à cette créature en face de lui qui s’agenouille, le regardant droit dans les yeux. Lui, elle savait ce qu’il avait fait de sa journée. Il était allé jouer au parc. Il s’était perdu dans la ville. Elle l’avait trouvé, lui avait demandé où il habitait. Elle était une femme, quand on parlait de méchante personne il pensait tout de suites à un homme. Il lui indiqua l’adresse. Il était loin de chez lui, mais elle l’avait ramené. Le temps du trajet c’était la nuit… Quand les parents ouvrir pour voir leur fils, ils avaient insisté pour qu’elle vienne manger avec eux.

Elle avait accepté. Ils avaient eu un repas qui lui était fade. Le goût dans sa bouche était très morne, mais la conversation l’avait un peu amusée. Que faisait-elle dans la vie ? Elle avait arrêtée ses études récemment pour se reconvertir, voulant se consacrer au conservatoire. Oh, et quel instrument jouait-elle ? Du violoncelle. Elle avait un petit accent, d’où venait-elle ? Elle venait de Tel-Aviv, en Israël. Oh, mais il fallait dire tout de suite qu’elle était juive, ils ne lui auraient pas donné du porc. Il n’y avait aucun problème, tout les juifs ne sont pas pratiquant et la politesse prime sur les croyances. Elle était une hôte tranquille dans l’ensemble… Jusqu’à ce qu’on lui demande mais pourquoi ne pas aller au conservatoire en même temps que de continuer ses études.

Elle avait juste sourit. « A cause de ça. » Elle avait juste laissé sa rage s’exprimer. C’était devenue une rage tranquille au fil des semaines. Broyer le cou du père sous les crocs, laissant la tête voler. Dévorer les jambes de la sœur, pour qu’elle ne fuit pas. Transpercer la poitrine de la mère, réduisant ses supplications au silence. Gober le frère pour le mâcher, ne recrachant qu’une bouillie sur la sœur avant d’en écraser la tête sous ses coups de pieds répétés. Se prendre un coup de couteau du petit dernier, juste pour la voir retirer la lame sans grimace, laissant sortir une tête de chien de la plaie. Juste pour entendre une simple phrase. « Les morts ne souffrent pas comme ça. »

Elle avait juste laissé le petit en pleure, dans le sang tandis qu’elle avait massé sa tête à cause du mal de crâne. Et la voilà en face du petit garçon encore une fois, à genoux, le regardant perdre ses moyens, son esprit, voir sa vie s’effondrer. Peut-être que c’était la première fois que la mort frappait d’aussi près le petit. Tant mieux. C’était ce qu’elle voulait rappeler aux vivants. Ils avaient tendance à oublier l’une des parts les plus essentielle de leur vie, la fin…

« Thomas, si je me souviens bien ? Écoutes Thomas. Ce que tu as vu ce soir, je veux que tu t’en souviennes. Je veux que tu te souviennes des cris. Des pleurs. De l’odeur aussi, peut-être un peu le goût. Je veux que tu te souviennes de ces corps, de leurs positions mais également des visages. Surtout des visage. Car ces visages, ce sont ceux de ta famille. Ta famille qui a disparue maintenant. Ils sont morts. Ils ne dorment pas. Ils ne reviendront pas, ils hanteront tes souvenirs. Car la mort, c’est ça. C’est disparaître, être réduit à un souvenir et un cadavre purulent, se décomposant au fur et à mesure… »

Elle se déplaça lentement jusqu’à son oreille, comme lui susurrer un secret. Il était jeune, il pouvait encore comprendre. Comprendre que tout ce petit monde de bonheur n’est possible qu’en oubliant la mort, oubliant sa puissance et sa rage. Comprendre que chaque putain de vivant sur ce monde doit son bonheur dans le simple fait d’une amnésie sélective. Il devait le comprendre. C’était pour ça qu’elle était revenue.

« Et toi aussi, Thomas, tu vas mourir un jour… »
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MessageSujet: [NDA] Memento Mori Jeu 23 Fév - 4:38

Memento Mori est, à la base, une ébauche d'idée que j'avais pour déterrer un de mes vieux personnage qui va sûrement rester dans sa tombe. Que dire sur ce texte... Pas grand chose en fait. Non, je plaisante !

Il faut savoir que le titre est venu après l'histoire, suite à une discussion skype avec Carnage. Je lui avais envoyé le texte (oui, je n'ai pas de vie et oui ce texte date un chouïa) et il m'avait dit que le personnage présenté avait une philosophie du Memento Mori hardcore. Mais vous allez me demander ce que veut dire Memento Mori.

Memento Mori est un terme latin, une phrase, un adage signifiant "Souviens-toi, tu vas mourir". La phrase exacte à dû être perdue avec les siècles, mais on est sûr de sa fonction. Dans la Rome Antique, un serviteur ou un esclave était chargé de souffler cette phrase à un général victorieux et auréolé de gloire pour qu'il garde l'humilité. C'était un peu le "Pètes pas trop haut, tu peux toujours te faire déglinguer". Après, véracité historique ou simple légende, ça reste à voir. Cependant ça m'avait tellement marqué que j'avais décidé de prendre cette phrase pour servir le personnage, le texte, la mythologie autour.

Le texte en lui-même cherche à être très froid, distant, un peu dérangeant sur les bords mais ce n'est pas le thème principal. Le thème se veut être celui de la tragédie qui approche à grand pas, l'ironie dramatique d'un destin qu'on connait déjà et sur lequel on n'exerce aucun vrai contrôle. L'idée est de montrer un être déshumanisé uniquement habité par une rage devenue fantoche, juste présente en arrière-plan.

L'idée de ne laisser qu'un seul survivant, l'enfant le plus jeune, n'est pas anodine. Il est sensé avoir toute la vie devant lui, la vitalité de la jeunesse est là, il est toujours dans le monde de l'enfance. C'est surtout pour montrer toute l'ignominie du personnage principal du texte. Non pas parce que "LOL, j'ai tué ta famille BITCH", mais bien à cause de la cruelle vérité que met en évidence le personnage. Sa famille est morte, l'enfant doit se souvenir d'eux car ils ne seront plus que ça, un souvenir. L'idée n'était pas de faire de l'art (ça va Charles ?) ni de s'amuser (oui, je te regarde Meknes) mais bien de faire passer une vision personnelle de la mort telle qu'elle est actuellement vécu par le personnage principal du texte.

Bon, c'est brouillon comme explication (sorry) mais voilà, j'ai que ça à foutre owo
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MessageSujet: [EDC] Le poids des mots Jeu 23 Fév - 4:41

Les mots tourbillonnaient dans sa tête, comme des feuilles d’automne. Ils tourbillonnaient et envahissaient son cerveau, leur signification plus tranchante que des lames de rasoir. Certains étaient vrais, d’autres étaient faux. Mais elle ne pouvait les ignorer, elle ne pouvait dire qu’ils ne l’affectaient pas. Elle ne pouvait dire qu’elle se moquait qu’on fasse comme si elle n’existait pas alors que les mots venaient envahir son esprit.

« Coincée. »

Peut-être. Sûrement. Ça n’avait aucune importance à ses yeux. Mais le mot se voulait blessant quand il était prononcé. Il ne l’était pas, il était une vérité. Les vérités devaient faire mal ? Pas toujours, elle préférait les vérités aux mensonges. Elle aimait la vérité qu’il y avait dans ce mot, dans la plupart des sens qu’on pouvait lui donner. Elle n’était pas une fêtarde, n’aimait pas enfreindre les règles, s’habillait de façon plus que pudique. Oui, elle était coincée sous ces angles là. Coincée dans un carcan qu’elle refuse de quitter, car elle se savait perdu sans lui. Elle ne pouvait vivre hors de son carcan, c’était plus que sa base.

« Bizarre. »

Très certainement. Peu de gens connaissaient son handicape. Peu de gens pouvaient le savoir, certains devaient la trouver au mieux maniaque, au pire folle. Ce n’était ni l’un ni l’autre. Elle avait besoin d’ordre. Elle avait besoin qu’on ne touche pas à ce qu’elle avait rangé. Toucher à son organisation personnelle revenait à pénétrer son espace personnel sans son consentement. Elle ne supportait pas ça. Elle ne supportait pas cette invasion. Elle faisait de son mieux pour lutter, mais elle ne pouvait s’empêcher de réagir de façon sec. Elle devait avoir l’air sec la plupart du temps. Mais elle avait la décence de lutter contre cette partie d’elle-même. Ou tout du moins d’essayer.

« Intolérante. »

C’était à la fois une vérité et un mensonge. On l’avait éduquée dans une tradition orthodoxe qui était envahissante, on l’avait éduquée selon les précepte d’un livre sans même se soucier des dégâts que cela provoquerait avec son handicape. Il était quasiment impossible de désapprendre ce qu’on vous avez mit dans le crâne depuis l’enfance. Elle n’en veut pas à son Oncle pour ça, elle ne voyait pas pourquoi elle devrait. Elle ne pouvait cacher son dégoût que lui provoquait la vu d’un couple de même sexe qui s’embrasse, porter son regard ailleurs quand une femme était voilée, soupirer relativement bruyamment quand on parlait avec dédain de sa religion. Mais ce n’était pas à cause d’eux qu’elle réagissait comme ça. C’était à cause d’elle-même.

« Croyante. »

Elle doutait sincèrement être une bonne croyante, ses introspection le lui avait souvent appris. Si elle était vraiment si bonne croyante, elle n’aurait pas remarqué de nombreuses tare en elle. Si elle était si bonne croyante, elle ne chercherait pas à remettre en question le livre qui était la base de son éducation par la science. Si elle était une bonne croyante, elle ne chercherait pas une explication logique aux miracles modernes. Elle ne dirait pas que les gens soignés en présence du pape ont subis un effet placebo si puissant que leurs anticorps se sont retrouvés boosté. Elle ne rappellerait pas que si il n’y avait que deux individus de leurs espèces, alors ils étaient tous cousins subissant la dégénérescence de la consanguinité. Non, elle n’était pas assez bonne croyante pour ça.

« Asexuée. »

Le plus grand de tout les mensonges, elle n’était pas asexuée. Elle était dans un placard, volontairement enchaînée et désireuse de cacher sa plus grande honte. Ce n’était pas qu’elle préférait rester vierge, que le sexe l’effrayait ou qu’elle attendait un quelconque mariage. Elle ne pouvait tout simplement pas exprimer clairement sa préférence. C’était impossible. Même en elle, quelque part perdu entre quelques vieux précepte religieux, une petite voix lui disait que c’était juste mal. Que c’était se damner et se corrompre. Qu’elle allait finir dans le plus bas de tout les enfers. Elle s’en voulait beaucoup d’écouter si souvent cette partie d’elle, de laisser cette partie de sa vie enfermée. Elle aimerait pouvoir clairement dire que non, elle ne voulait pas d’un homme. Mais elle ne pouvait pas. Elle n’y arriverait pas. Jamais se disait-elle.

« Hypocrite. »

La personne qui lui avait dit ça était une crevure finie, elle ne pouvait le nier. Mais pourtant, c’était également la personne la plus honnête qu’elle connaissait. Elle enviait cette honnêteté. Elle enviait ce personnage qui prenait un malin plaisir à faire du mal aux autres, à les blesser. Elle craignait de façon maladive cette envie d’être comme elle. Elle savait que ce genre de personnes étaient dangereuse. Même dans la mort elle continuait de la hanter, elle continuait de l’entendre susurrer qu’elle ferait mieux de sortir de son placard d’elle-même avant qu’elle ne s’en serve contre elle. Elle avait envie de vomir quand elle se souvenait des caresses dans les cheveux en lui murmurant qu’elle devrait peut-être brûler sa bible pour se libérer de son emprise. Elle se mordait presque la lèvre jusqu’au sang en voyant le sourire en coin tandis qu’elle disait avec désinvolture qu’elle ferait mieux d’admettre qu’elle se détestait car, dans le fonds, elle aimerait vraiment pouvoir exprimer cette cruauté naturelle. Même à la fin, après avoir lutté contre un cancer et sur le point de succomber, elle avait trouvé le temps de lui faire mal une dernière fois en disant ce qu’elle était. Une hypocrite.

« Distante. »

Oui, elle était distante. Elle était toujours dans sa précieuse bulle. Elle avait besoin de cette bulle, vraiment. Elle voulait absolument qu’on laisse ce précieux espace personnel intact. Elle voulait juste être seule avec ses pensés, ses questions. Se poser calmement en réfléchissant à sa vie. A se poser des questions sur comment elle aurait pu tournée si elle avait été avec ses parents le jour de l’accident. Si elle n’avait pas fait l’erreur de rentrer plus tard que prévu et se retrouver avec un monstre qui entra dans sa vie comme une tempête. Si elle avait le courage de dire clairement à son Oncle qu’elle ne supportait plus le poids de cette éducation, qu’elle voulait sincèrement être plus elle-même et non pas ce qu’il avait sculpté. Elle se demandait sincèrement si tout serait plus facile pour elle sans son autisme. Peut-être que oui, peut-être que non. Elle ne savait pas. Elle espérait juste qu’un jour elle arriverait à être elle-même.
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MessageSujet: [NDA] Le poids des mots Jeu 23 Fév - 4:59

Bon. Le poids des mots est un texte qui parle d'un sujet que je connais personnellement (mais dieu merci, il n'est pas aussi grave que celui du personnage) à savoir le fléau de l'homose-//SBAFF//

Bien sûr que non ce n'est pas ça, c'est même pas un fléau, ni un choix, c'est juste de l'amour. Non non, le sujet principal est l'aliénation. Pas dans le sens "FOLIE" mais dans le sens se retrouver prisonnier d'un système établie sans oser lutter contre à cause de la peur de la perte d'horizon. Les blessures émotionnelles, le harcèlement, la religion et l'autisme sont également de mise pour mieux montrer cette aliénation.

Le personnage, non nommé dans le texte, médite sur les mots qu'on met le plus souvent pour la décrire dans son dos. Certains blesses, d'autres apportent l'incompréhension, la plupart l'oblige à voir en face les problèmes causés par son incapacité à réellement pouvoir se défaire d'une camisole de peur de se retrouver sans repère.

Je dois avouer que de tout les personnages que j'ai fait, ce n'est pas celui que j'affectionne le plus. Pourtant, on a beaucoup de points commun (foi, homosexualité, autisme, tendance à glander au lieu de bosser), mais le but était de voir comment prendre des éléments de ma personnalité qui me définisse pour faire quelque chose qui me ferait pitié, ou m'énerverait au plus haut point.

Ainsi, le personnage ne lutte pas. Elle reste gentiment à regarder, elle dit essayer mais ça ne se ressent pas. Ce sont juste des mots dit en l'air. Sa vision de la religion est à la fois antagoniste et nécessaire, c'est ce qui l'a forgé mais en même temps c'est ce qui l'empêche de s'accepter. C'est une notion qui lui empoisonne la vie vu qu'elle en vient à refouler ce qu'elle est, homosexuelle.

Le personnage est profondément intolérant (quelque chose que je supporte pas personnellement mais bon) mais elle s'en rend bien compte. Elle fait parti de ces gens qui sont emprisonné dans une doctrine et qui n'arrivent pas à s'en défaire.

Bref, ce personnage est pas mon préféré d'un point de vu caractère. Néanmoins, j'en suis très fière pour ce que j'ai réussi à faire au cours de sa création. Quelque chose que je n'aime pas, qui représente la plupart des choses qui me donnent envie de foutre des claques MAIS qui se révèle très intéressant à écrire. Voilà.

Bon, sur ce bonne nuit owo
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MessageSujet: [SAGA][DTF] Memento Mori Ven 24 Fév - 8:27

Famille Anderson. Le père, la mère, la fille aînée et le fils cadet. Morts. Il planta la photo sur le tableau à l’aide d’une punaise. Encore une fois, un seul survivant, cette fois, le plus jeune fils. Il s’empara d’une ficelle rouge, enroulant un bout autour de la punaise tenant la photo de la famille Anderson puis alla attacher l’autre bout vers un post-it avec un point d’interrogation. Et encore une fois, depuis les dernières semaines, le seul survivant est dans un état catatonique. Incapable de s’exprimer, regardant béatement les secours tandis qu’il s’accrochait à son propre corps. Harris ferma les yeux. Et comme à chaque fois, une seule phrase avait pu éventuellement être tirée.

« Je vais mourir. »

L’inspecteur de police se frotta le visage, pas sûr de la signification de tout ça. Un doté, c’était certain. Au vu de l’état des corps, un humain normal n’aurait jamais pu faire une chose pareille. Pourquoi ? Besoin de se nourrir ? Les corps étaient quasiment tous à moitié dévorés. Mais alors pourquoi laisser un survivant à chaque fois ? Un jeu ? Pourtant, peu importe qui c’était, aucune règle ne semble avoir été établie, pas de message. Il s’appuya sur son bureau, toujours incertain. Peut-être se considérait-il comme un artiste ? Comme le Puppeter ? Il soupira. Ça pouvait aussi bien être Carnage qui décide d’être subtile.

Il regarda le tableau, rassemblant les éléments. Un doté, ce point était certain, qui pénétrait dans les maisons pour tuer des familles ou des personnes vivantes sous le même toit en ne laissant qu’un seul survivant. Les dégâts provoqués dans la pièce où à lieux chaque massacre suggère une grande violence, peut-être un don destructeur. Toutes les personnes massacrées se trouvent à chaque fois dans la même pièce. Pas de signe de restriction, ce qui indique un degré de confiance envers le tueur. La personne épargnée n’a aucune ethnie particulière, pas d’âge particulier ni de sexe prédéfini. Un seul point commun, cette phrase.

« Je vais mourir. »

Et si le don avait également une portée psychologique ? Non parce que laisser quelqu’un dans un état par-

« Hey Harris ! Toujours sur ton Dévoreur de famille ? » L’interrompit une voix, le sortant de ses pensées dans un sursaut. Il se tourna pour voir un collègue, un de ceux sur l’affaire Puppeter, qui lui tendait un café. Il le prit en soupirant, il en avait horriblement besoin.

« Ouais… Vous au moins il a la décence d’être facile à profiler. Le nôtre, ben… On patauge. » Ironisa-t-il avec un ton plein de venin. Son collègue, Stanford, soupira en lui donnant une tape gentille dans le dos. Leurs affaires étaient complexes, emmerdantes même et ils n’étaient pas des super-héros avec le pouvoir d’omniscience. Entre l’un qui a une espèce de fou qui ne laisse aucune trace mise à part des poupées humaine, et l’autre qui a un tueur qui laisse une GROSSE trace inutilisable, à savoir des témoins catatoniques, c’était juste génial. Il bue une gorgée de son café. Pas de piste. Pas de trace. Juste des témoins en asile.

« Si ça peut te rassurer, en ce qui nous concerne, on a toujours pas trouvé où il se fournit en maquillage. » Plaisanta-t-il. Harris esquissa un sourire bien qu’amer. Ils ne devraient pas plaisanter là-dessus. Mais que leur restaient-ils ? Ils pataugeaient dans la semoule. Il prit encore une gorgée de café, réfléchissant. Peut-être devrait-il insister côté témoin. Creuser, quitte à être musclé pour obtenir quelque chose. Il n’avait rien de mieux de toute façon.

« C’est gentil de me rassurer comme ça. » Dit-il sans conviction. Il posa son café, commençant à prendre son manteau sous le regard placide de son collègue. Oui, il irait voir côté asile. Côté témoin. Pas le choix. Il se dirigea vers la porte de son bureau, l’ouvrant alors que son collègue lui dit avec nonchalance.

« N’oublie pas que tu as un rapport à faire. » Lui rappela son collègue. Harris sourit, fermant la porte en disant une simple boutade.

« RAS ! »

Harris se dirigea vers l’asile, dans sa voiture de service. Il était prêt pour le manège habituel. C’était dur à expliquer, cet état constant des victimes. Présent physiquement, vivant mais perdu tellement profondément dans son propre esprit. Le corps était une prison, insonorisée, l’esprit refusant tout contacte avec le réel. Il se demandait ce qui avait provoqué ça. Ce qui avait pu provoquer ça. Pourquoi ? Comment ? Il soupira, se sortant une cigarette, utilisant son genou pour stabiliser le volant. Il avait besoin d’un instant détente, de cette instante clope. Ce moment où la nicotine venait prendre possession de son cerveau tandis que la fumé remplissait ses poumons.

L’asile se situant vers l’extérieur de Laurel City, afin de veiller à la tranquillité des patients, mais surtout des habitants de la ville, la route était un peu longue. Le trajet de 2 heures avait eu le temps d’enfumer sa voiture, Harris allant de clope en clope. Dire qu’il avait promis à sa femme d’arrêter de fumer pour le bien-être de leur futur enfant. Il sourit un peu, un sourire sincère. Penser à sa femme, à leur enfant qui grandissait en son sein et à l’accouchement imminent lui faisait oublier un instant l’horreur de son enquête. L’étincelle de vie qu’allait apporter ce petit garnement qui braillerait et s’agiterait dans tous les sens serait tout ce qui manquait.

En arrivant à l’asile, il sortit un déodorant de sa boîte à gants. Il savait que l’odeur de tabac allait forcément amener quelqu’un à le regarder de travers. Alors autant les faire chier avec une bonne dose de déo qui empeste bien l’homme viril vendu dans les pubs. Il eut un petit sourire encore une fois. Il était un peu trop gamin de temps à autre. Une fois fait, il balança nonchalant le déo sur le siège conducteur, se dirigeant pas mal assuré vers l’établissement. Ce genre d’endroit lui donnait la chair de poule. Et pourtant, pas de rire dément qui s’échappait de la bâtisse, pas d’aura malfaisante qui suintait les murs, pas même des coups de tonnerre. Non, une bâtisse propre, lisse, presque accueillante. Et ça c’était flippant.

Harris n’attendait pas grand-chose de ses interactions avec les témoins. Les médecins n’ont rien fait pour le conforter, lui disant que même le plus ancien des patients n’avait pas eu d’évolution. Soit. Il tenterait quand même. Il décida d’aller du plus ancien au plus récent. Il inspira un grand coup. Avec le temps, il commençait à connaître les témoins. Du moins, leurs visages, leurs noms, ce qui fait encore d’eux des êtres vivants.

Le premier témoin se nommait Dana Marple. Il s’agissait d’une mère célibataire sans histoire, secrétaire dans une grosse entreprise. Il savait de la bouche des médecins que sa patronne venait souvent lui rendre visite, et il n’était pas surpris. La femme d’affaires avait une réputation de philanthrope, et du peu qu’il avait discuté avec elle pour le bien de l’enquête, Madame Ecks était une personne très agréable. Il frissonnait encore en voyant l’expression réellement dépitée qui s’était dessinée sur son visage quand il lui avait expliqué l’affaire. Dana n’avait plus d’enfants. Ils n’avaient trouvé que leurs corps, la femme adulte au milieu de la chaire et des os. Elle n’avait pas bougé depuis le massacre. Ce fut les voisins qui alertèrent la police à cause de l’odeur. Il ne fut pas surpris de ne rien obtenir d’elle, elle était encore en train de regarder le vague, à murmurer éventuellement des choses en lien avec des souvenirs lointain d’un anniversaire pour son fils qui devaient avoir bientôt 18 ans.

Le deuxième témoin était Joshua Hammersmith. Un vieil homme qui vivait avec des amis dans une sore de colocation. Il n’avait jamais eu d’enfant, ne s’était marié que très récemment avec son compagnon de toujours et était apparemment un homme excentrique, mais avec le cœur sur la main. Il faisait partie des premiers témoins à avoir parlé distinctement, seulement pour dire cette étrange phrase commune.

« Je vais mourir. »

Harris avait une grande pitié pour le vieillard. Il avait attendu toute sa vie afin d’épouser l’homme qu’il aimait, avait réussi à éviter la solitude de la maison de retraite à travers les amitiés, il semblait avoir acquis le bonheur dans la vieillesse. Puis plus rien. Il préféra ne pas s’attarder auprès du vieil homme.

Lucy Sanders était le troisième témoin, et il préférait ne pas s’attarder sur la jeune fille. Adolescente à problème connue des services sociaux, victime de sévices sexuels de la part de son père quand elle était plus jeune, elle semblait avoir eu un semblant de stabilité avec sa nouvelle famille d’accueil. Contrairement aux autres patients, elle pouvait se retrouver avec des éclats de violences spectaculaires, il l’avait déjà vu arracher une oreille d’un soignant alors qu’elle était dans sa camisole. Ce qui était effrayant pour Harris était la soudaineté de ces crises et la vitesse à laquelle elles disparaissent, comme si rien ne s’était passé. Il avait toujours la boule au ventre quand il lui tournait le dos pour sortir de sa salle d’isolement.

Et enfin le petit Thomas Anderson. Le plus jeune survivant. Le plus récent. Le pauvre garçon, il ne savait pas comment lui parler. Avec lui, c’était nouveau. Il s’assied en face de lui, essayant de sourire, tentant de l’amener à parler. Rien. L’enfant semblait mort. Harris eut un poids sur le cœur quand il imagina un instant que ce gamin de 5 ans pouvait être le sien. Ça ne l’aidait pas. Il tenta de garder son sourire, essayant d’amener l’enfant à dessiner, essayant de l’amener à lever les yeux. Essayant de le faire réagir en vain. Harris soupira, abandonnant. Il se dirigea simplement vers la porte, mais s’arrêta quand il entendit pour la première fois la voix enrouée du petit garçon.

« Je vais mourir. »

Harris sortit de la pièce. Bien sûr. Encore une fois. Rien. Il ne prit même pas la peine d’écouter les médecins, préférant se diriger vers sa voiture pour rentrer. Il voulait juste finir sa journée, et accessoirement éviter de plus se frustrer. Il rentra dans sa voiture, remettant son déo du siège passager à la boîte à gants. Il s’arrêta un moment, ayant une sensation étrange. Comme s'il oubliait quelque chose. Il haussa les épaules, allumant la radio pour mettre sa musique, commençant à chanter à tue-tête highway to hell. Après tout, il retournait au commissariat. Il conduisit avec un certain degré d’impatience, ayant hâte de retourner en ville.

Puis il vit un peu plus loin quelqu’un faire du stop, de son côté de la route. Il ne chercha pas vraiment, s’arrêta sur le bas-côté pour prendre l’autostoppeuse. Il s’agissait d’une jeune femme à la peau anormalement pâle, portant des lunettes de soleil et ayant une coupe de cheveux courte, éclatée avec une couleur bleu foncé à mèches plus claire. Sa tenue était plutôt décontractée, claire aussi. Une veste à capuche blanche, un jean bleu clair et des chaussures à carreaux noir et blanc. Sur son épaule, un simple sac comme ceux qu’il avait en cours dans sa jeunesse. Il pouvait voir qu’elle haussa un sourcil avant de sourire, s’approchant du véhicule.

« J’ai fait quelque chose M’sieur l’agent ? » Demanda-t-elle sur un ton plaisantin. Ça le fit sourire.

« Oui, quelque chose de très grave ! Vous n'êtes toujours pas rentré dans ce véhicule. Je vous dépose quelque part ? » Répondit-il, son sourire toujours intacte. La jeune femme sourit de plus belle, rentrant dans le véhicule.

« Ben, juste à Laurel, je prendrais le métro une fois sur place. » Lui dit-elle, se mettant confortable, son sac à ses pieds, mais ne mettant pas sa ceinture. Il démarra, remarquant que sa passagère gardait ses lunettes et sembla tout de suite emportée par AC/DC. Elle semblait jeune, il lui donnait difficilement au-delà de 20 ans.

« Ok. Au fait, je m’appelle Matthew. Et vous ? » Commença-t-il, il avait encore 1h30 de voyage et il avait de la compagnie. Autant en profiter.

« Et bien, M’sieur Matthew, je m’appelle Gabrielle, mais Gab ’, c’est plus court. » Répondit-elle avec son sourire intacte. Oh, il l’aimait déjà celle-là.

« Alors, Gab’, tu viens faire quoi à Laurel ? Ça te gêne pas si je te tutoie ? » Demanda-t-il, gardant un œil sur la route. Sa passagère haussa les épaules, ne mettant toujours pas sa ceinture et ayant les mains dernières la tête. Il nota néanmoins qu’elle souriait moins qu’avant.

« Quelqu’un que je connais est décédé récemment… On… On était assez proche… Je vais payer mes hommages... » Soupira-t-elle, enlevant enfin ses lunettes pour se frotter les yeux. Il remarqua du coin de l’œil la teinte rouge des yeux de sa passagère. Il haussa les sourcils, mais ne fit aucun commentaire. Ça expliquait les lunettes.

« Payer tes hommages… Du coup, je suppose que tu viens de loin à la base. D’ailleurs, tu fais quoi dans la vie, pour faire de l’autostop ? » Dévia-t-il, étant conscience d’avoir touché un sujet sensible. Il gagna un rire calme de son autostoppeuse.

« M’sieur l’agent, je suis étudiante en musicologie au conservatoire de New-York ! Et je dois avouer que j’adore le charme de faire de l’autostop, on tombe sur tout. Même des séances d’interrogatoires ! » Ricana-t-elle, le faisant également rire.

« Touché. Désolé, sale habitude. Les joies d’être flic. Ah, et les yeux… ? » Osa-t-il demander.

« Oh, ça, je suis albinos. Ça me nique pas mal les yeux d’ailleurs, désolée si je garde les lunettes. M’sieur l’agent. » Expliqua-t-elle, souriant à son mot de la fin. Il sourit. La discussion avait le mérite d’être agréable. Sa passagère sortait de temps à autre de son sac une bouteille en plastique remplie de grenadine, mais il préférait ne pas se risquer à lui en demander. Vu le rouge intense du bousin, elle devait avoir mis plus de sirop que d’eau. Puis elle reprit la discussion.

« Dites, vu que vous êtes flic… Et que j’avoue que les news de la Fox me foutent un peu les chocottes… C’est vrai ces histoires de meurtres en série ? C’est pas juste les journaux qui cherchent à se faire de l’info gratuite ? » Se risqua-t-elle, le faisant soupirer comme pas permis.

« Et bien… Oui, c’est vrai. Y a bien des meurtres à Laurel, comme dans chaque ville… Bien que je voie ce que tu veux dire Gab’. » Commença-t-il, la regardant avec attention. « Pour être honnête, tu correspondrais presque à une victime potentielle du Puppeter. » Avoua-t-il, gagnant une imitation de fantôme de la part de la passagère.

« Ouh… Creepy putain… Les ambiances dans cette bagnole… Dites, j’peux sauter hors du véhicule M’sieur l’agent ? Non parce que là, je viens d’entendre un truc encore plus flippant que les news de la Fox. » Plaisanta-t-elle clairement, le faisant rire à gorge déployée. Il n’empêche… Il trouvait sa question de plus tôt étrange. Il se risqua à creuser un peu.

« Et ouais ! Au fait… De quoi est morte cette personne, celle à qui tu vas payer tes respects ? » Osa-t-il. L’ambiance bon enfant changea du tout au tout. Il pouvait voir sa passagère cesser de sourire, cesser de le regarder. À la place, elle regarda par la fenêtre.

« Suicide... »

Le silence fut pesant. Il voulut se risquer à changer de sujet, mais fut stoppé dans son élan.

« Une balle dans la tête. Quasiment. C’est compliqué, bizarre, bref, c’est une connerie de don. Tout ce que je sais, c’est qu’elle a tiré une balle dans la tête, soit à elle soit au clebs auquel elle était liée. » Continua-t-elle. Il voulut rebondir, mais elle était plus rapide qu’il ne trouvait les mots. « C’était une sacrée teigne ce clebs. Un vrai enculé. Il était lié à elle, comme un parasite. Il bouffait ses pensées les plus noires pour devenir plus fort. Il avait bien trouvé ce trou de balle, elle était dépressive chronique. » Lança-t-elle, le malaise devenant plus palpable dans la voiture. Il voulait changer de sujet, il sentait que c’était nécessaire. « On était ensembles depuis 1 an quand je l’ai quitté. Je lui avais pas dit les vraies raisons, je voulais pas de relation longue distante avec elle. J’avais trop peur que ce connard de clebs en profite pour lui monter le chou, pour la faire souffrir avec ça. Je me disais que si je sortais juste de sa vie, il lui ferait moins mal qu’avec la distance. Elle angoisserait pas avec les appels téléphoniques manquaient, elle pourrait pas craindre la cocufication, bref, je pensais bien faire… À la place... »

Il l’observa imiter un pistolet avec sa main, poser le revolver imaginaire contre sa tempe et imiter un bruit de détonation, éloignant le pistolet comme pour rappeler un recul. Il se sentait mal. Le reste du voyage se fit dans un silence pesant. Il aurait pu se la fermer au lieu de poser des questions à la con dû à la parano… Quand il arriva à Laurel, sa passagère demanda à la déposer simplement quelque part en ville, elle se débrouillerait qu’elle disait. Quand elle sortit, il n’eut droit qu’à un simple « Au-revoir M’sieur l’agent ». Le reste de sa journée se fit en pilotage automatique. Le malaise de l’autostoppeuse n’était pas encore passé. Il n’était pas sûr qu’il passerait.

Aussi quand il rentra chez lui, enfin, dans ce petit appartement sans prétention, il ne put être qu’heureux en sentant l’odeur de la cuisine de sa femme. Il sourit un peu, se dirigeant vers la cuisine. Il voyait sa femme, Annie, se trémousser sur la musique dans ses écouteurs. Il s’approcha doucement, l’enlaçant par-derrière. Il ricana en la voyant sursauter.

« Matt ! Arrêtes de faire ça, merde ! Tu sais bien que ça me fout la trouille à chaque fois. » Lui dit-elle, le regardant avec un assez mauvais œil tandis qu’elle enlevait ses écouteurs. Lui, il ricana encore plus avant de l’embrasser.

« Désolé, trop tentant. » Répondit-il, caressa amoureusement son ventre rond. Encore 1 mois, et ils devront lutter contre les nuits blanches. La femme dans ses bras se détendit aux caresses, s’appuyant contre lui. Il sourit, fermant les yeux en profitant de ce moment de calme. Si rare moment de calme.

Puis il entendit un bruit dans le couloir, comme quelque chose qui tombe lourdement suivit d’un cri de douleur. Il abandonna sa femme dans un réflexe, se dirigeant vers la porte d’entrer pour voir ce qui se passait dans le couloir. Il vit une jeune femme à terre, se tenant apparemment la joue, qui devait à peine avoir 20 ans. Comme son autostoppeuse de la veille. Mais ce n’était pas elle. Elle avait les cheveux longs, noirs et raides. Sa tenue n’était pas décontractée, elle était beaucoup plus formelle. Il ne pouvait pas voir les traits de son visage ni ses yeux à cause de ses cheveux, en revanche, il pouvait voir que le sol était tâché d’un peu de sang.

Il se dirigea vers la jeune femme, cette dernière ne se relevant pas. Son manteau noir caché une partie des dalles et une grande partie de sa tenue. Néanmoins, il pouvait voir qu’elle portait un pantalon noir également, peut-être un jean, et des chaussures de cuir noir avec un talon très court. Il s’agenouilla près d’elle.

« Mlle ? » Commença-t-il. Elle releva la tête, révélant une blessure à la tempe, une joue enflée et un filet de sang au coin de sa bouche. Pourtant, ce n’est pas ce qui le frappa immédiatement. C’était ses yeux, couleur acier, froid. Ils ne semblaient rien dégager, aucune chaleur, aucune douleur, pas même de l’amertume. Juste vide. Mais il se reprit assez vite, l’aidant à remonter.

« Venez, on va nettoyer ça… Et vous me direz ce qu’il s’est passé, je suis flic. » Dit-il, regardant avec un œil suspicieux la porte silencieuse de ses voisins. Il ne savait pas ce qu’était ce bordel, mais il aurait des réponses. Et il réussira enfin à faire quelque chose aujourd’hui. Il aida la jeune femme à se redresser, notant qu’elle avait quelque grimaces de douleur. Il soupira, se dirigeant vers son appartement. Quand il entra, il vit la surprise de sa femme qui se transforma très vite en alarme. Il n’avait pas besoin de lui demander de prendre la trousse de premier secours. Il déposa la jeune femme aux yeux d’aciers sur le canapé, observant avec attention les dégâts. Elle n’avait toujours pas dit un mot. Coup à la tête, joue enflée, elle s’était peut-être blessée quelque chose dans la bouche.

« Que s’est-il passé ? » Demanda-t-il, sa femme apportant la trousse de premier secours. Elle le fit se déplacer afin qu’elle puisse appliquer ses compétences d’infirmières.

« Je… Je me suis faite jeter par les parents de mon petit ami... » Répondit-elle. Il haussa un sourcil. Juste ça ?

« Euh… D’accord… Vous êtes sûre que c’est la seule raison ? Je les connais, ils ne sont pas spécialement violents... » Rétorqua-t-il, observant sa réaction. Elle regarda ailleurs. Il soupira. « S’il vous plaît, je ne pourrai pas vous aider si vous ne répondez pas... » Continua-t-il. Elle soupira avant de siffler de douleur à cause de l’antiseptique sur sa plaie.

« D’accord, d’accord… Ce n’était pas mon petit ami... » Commença-t-elle. Il haussa les sourcils.

« Mais les voisins n’ont pas de- »

« Je sais, Mary n’a jamais eu de fille. » Le stoppa-t-elle dans son élan, net. Il la regarda essayant de comprendre. « Est-ce que je dois vraiment être plus explicite… ? » Osa-t-elle continuer. Puis il réalisa. Oh. Oh.

« Oh. D’accord… Je… Je ne savais pas que… » Il la regarda encore de haut en bas. Ah oui. Si Robert avait vu ça, oui, effectivement. Elle ne dit rien de plus, ses yeux vides regardant ailleurs. Il nota néanmoins un manque de rougeur. Il plissa les yeux, mais supposa que la douleur jouait un rôle… Peut-être. Il se redressa, soupirant. « Sinon, je me nomme Matthew. Et voici ma femme Annie. » Dit-il en souriant, détournant le sujet.

« Et là-dedans, il s’agit de… De… On a pas encore de nom en fait. Matt, il faut vraiment qu’on trouve un nom. » Dit sa femme en pointant son ventre, le regardant avec un air mi-amusé, mi-inquisiteur. Il eut un sourire de gêne. Pas faux. Il regarda la réaction de la jeune femme. Elle sourit un peu, mais son regard était encore vide…

« Merci… Au fait, je m'appelle Eden. » Répondit-elle avec un léger sourire. Mais toujours ce vide. Annie ne semblait pas le remarquer, ce vide dans ces yeux. Il était mal à l'aise.

« Et bien c'est un joli nom… Tu en penses quoi Matt ? » Dis sa femme, le sortant un instant de son malaise.

« Oui, c'est très… Beau. Sinon, pour revenir à nos moutons, depuis combien de temps vous et Mary êtes… Et bien... » Hésita-t-il, ne sachant mettre des mots. La situation était étrange, irréelle.

« Depuis peu. » Répondit Eden sans émotion. Il haussa un sourcil au ton. Pourquoi un tel manque de… Vie…

« Vraiment ? Et depuis quand du coup ? » Se risqua-t-il. Il voulait surtout observer ses réactions. Il avait un sentiment de malaise. Le ton, les yeux… Même son visage ne montrait plus rien. Sa femme le remarqua aussi, elle le sentait. Le malaise. Elle se redressa doucement, s'éloignant un peu de la jeune femme.

« Non, ce n'est pas vrai, Inspecteur Harris. » Dit-elle sans émotion. Il ne put réagir. Comment aurait-il pu réagir ? Il ne pouvait pas réagir face à une chose pareille. Cette jeune femme aux yeux acier saisi le visage d'Annie, le serrant avec puissance. Il se redressa, prêt à foncer, prêt à la sauver… Puis la main se changea. Elle se changea en une sorte de tête de chien d'une taille inhumaine qui broya d'une morsure la moitié du visage de sa femme. Il s'arrêta net. Il sentait son monde s'effondrer. Eden se leva, lui était tétanisé. Qui ? Pourquoi ? Et les voisins ? Elle connaissait le nom de Mary, ils avaient aussi été victime ?

« Inspecteur Harris. Je vais vous laisser le choix. Vous ? Ou lui ? » Dit-elle enfin, pointant le ventre de sa femme. Il chercha les mots. Il voulait parler. Que se passait-il ? « Si je l'extrais maintenant, il survivra. Mais je peux aussi le tuer tout de suite. Je ne laisserais qu'un seul survivant quoi qu'il arrive. Vous avez 5 secondes. » Expliqua-t-elle. 1. Il voulait parler, ça devait être lui. 2. Sa voix, où était sa voix ? 3. Il pleurait, pourquoi il ne se pointait pas ? 4. Non, non, il devait se pointer, il devait être celui qui meurt ! 5. POURQUOI IL NE FAIT RIEN ?!

Le chien abattit sa gueule sur-dimensionnée sur le ventre. Il se sentait défaillir, mais il restait debout. Il avait perdu tout. Tout. Tout. Et elle se mit en face de lui. Ces yeux d'acier pénétrant les siens.

« Matthew. Ecoute-moi attentivement. Je veux que tu regardes ce corps. » Commença-t-elle, utilisant sa main normale pour l'obliger à voir le cadavre. « Je veux que tu te souviennes de ce visage. Je veux que tu te souviennes de son nom. Je veux que tu te souviennes de sa mort. Car c'est tout ce qu'elle sera maintenant. Un souvenir. Un souvenir à oublier. Un souvenir qui va pourrir, telle cette charogne. Car la mort, c'est ça. C'est juste devenir un souvenir oubliable. Comme ton enfant qui n'a jamais vécu. Et... » Elle approcha sa bouche près de son oreille alors qu'il était toujours paralysé. « Toi aussi, Matthew, tu vas mourir. Et tu ne seras qu'un souvenir... »

Il allait mourir. Il serait oublié. Il serait balayé. Il n'avait personne pour se souvenir de lui. Il allait mourir.

« Je vais mourir... »
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La rubrique éditoriale du pauvre insomniaque

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