AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



Partagez|

Un mot suffit. [PV Meknes]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Message
❝ LOCALISATION : Là où l'on a besoin de moi
❝ POINTS : 162

MessageSujet: Un mot suffit. [PV Meknes] Lun 29 Mai - 23:31

La grasse matinée du bungalow fut très vite écourtée. Un vacarme de bruits sourds de verres cassés raisonna depuis la cuisine. Lilou sorti du lit les yeux encore dans le brouillard. Pieds nus, dans un pyjama short bleu et brun, elle entra dans la cuisine. Karisu se trouvait au milieu d'un bazars monumental.
La brune se frotta les yeux.

" Kari, qu'est ce que tu fais à cette heure ? "

Elle observa la scène et rit. L'homme au cheveux flamboyant devait être tombé sur le derrière. Et avait surement entraîné la vaisselle qu'il portait.
La brune enfila des chaussons et l'aida à se relever.

" Combien de fois doit-on te dire de ne rien faire ? J'imagine bien que cela soit pénible, mais tu es blessé, tu nous préparera à petit déjeuner lorsque tu seras à nouveau valide. " Elle lui fit un petit clin d’œil.

Elle prit un grand verre d'eau et s'affaira sous le regard de l'invalide. Tout d'abord elle ramassa les débris en faisant bien attention à ne pas se couper. Puis elle continua de préparer le petit déjeuné.
Elle fit du café, du thé, des tartines à la confiture de nèfles et des smooties tous frais. Dans le café et un smootie elle y mit planta une paille. Elle tendit le bras. Kari geignit mais accepta la tranche de pain. Il la prit entre ses dents.
La demoiselle posa le tout sur la table de la petite salle à manger et parti prendre une douche.

Les journées devait être très longue pour lui. Mais franchement, avant de le ramasser elle aurait du le prendre en photo ! Elle en riait encore. Ce Kari là, Klaus et elle le découvraient tout les jours un peu plus.

Ce matin là elle prit son petit déjeuné en compagnie du grognon.

Sa journée fut des plus simples, elle parti en cours et au moment de revenir elle reçu un coup de fils de la part de Klaus.
Karisu avait apparemment tenté une nouvelle fois d'aider mais n'avait récolté que des égratignure. Cela la fit rire, il ne s'arrêterait donc jamais. Elle hocha la tête et mémorisa la liste de matériel à acheter. Avant qu'il ne raccroche elle lui proposa de ne pas faire à manger ce soir, elle passerait à l'épicerie acheter un truc fait tout frais.

Avec son nouveau programme elle décida donc de passer à la brasserie russe des bas quartier qui faisait de délicieux plats de son enfances. Lilou se rendit ensuite dans la pharmacie de la rue adjacente.

Il n'y avait pas grand monde, la brune se rendit à un gichet.

" Bonjour que puis-je faire pour vous ?

- Eh bien je souhaiterais plusieurs choses : de la bétadine dermique et alcoolique, des compresses stériles, du sparadrap, des bandes non adhésives, de l'huile essentielle de lavande aspic ainsi que de la menthe poivrée.
- Une vraie trousse de secours !" Rit la pharmacienne.

Lilou la vit disparaître derrière le comptoir. Elle posa son sac de nourriture sur le sol et recula d'un pas. Elle percuta, légèrement et sans le vouloir, la personne derrière elle. Elle se retourna furtivement et s'excusa rapidement.

Et puis soudain elle se stoppa. Elle avait entendu un mot, ou plutôt des syllabes rassemblées créant ainsi un sens à cette combinaison.
Le cerveau de la demoiselle réfléchissait à mille à l'heure. Elle n'avait jamais entendu cette langue, et elle n'avait aucun sonorité continentale ou.... Elle déglutit. Humaine...

La pharmacienne revint avec un sac contenant tout ses articles. Lilou sans un mot de plus, paya, pris son sac et sorti. Bien que l'envie l'en manquait elle ne regarda pas l'inconnu. Elle sorti et attendit sur le côté.
Elle était sûr que cette langue, ce langage n'était pas humain. Mais d'où alors ?

La personne sortie. Elle reconnue son manteau. Lilou lui barra le chemin. Elle l'observa. Son  visage lui était familier. Mais cela semblait lui échapper. Comme un rêve qui s'émiette à son réveil.

Dans le langage qu'elle avait entendu plutôt elle lui posa la question intriguée.

" De quel lieu provenez-vous ? "


Dernière édition par Lilou Quill le Sam 14 Oct - 20:13, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : ?
❝ POINTS : 1427

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Sam 29 Juil - 0:05

Meknes était dans les rues de Laurel, comme un civil tranquille, sans pression. Il n’avait rien à craindre de personne, et personne n’avait rien à craindre de lui.

Son seul objectif consistait à réunir les différents objets archivés sur sa liste de course. Des médicaments divers, afin de prendre soin du petit Saturnin.

Comme d’habitude, le géant demeurait impossible à reconnaître, en raison de ses éclairs qui parasitaient les pensées des créatures conscientes tout autour de lui. Il se complaisait ainsi dans son rôle de monsieur-tout-le-monde. Un monsieur-tout-le-monde de deux mètres trente. Le gros manteau qu’il portait lui donnait cet effet bouffi, envahissant. C’est pourtant sans intention malveillante que le colosse fit son irruption dans le petit bâtiment supposé lui apporter les éléments dont il avait besoin.

Carnage faisait la queue, patient. Il ne poussa, brutalisa personne. Il ne fit pas de massacre et ne tenta pas de se mettre en valeur. Il n’avait pas le temps.

A la place, son œil valide se plissait afin de déchiffrer les inscriptions maladroites qu’avait griffonnées le garçon sur ce bout de papier. Cela l’avait amusé de rédiger tout cela lui-même afin d’aider son grand papa. Une bonne intention qui rendait actuellement la tâche difficile pour Meknes, mais il ne s’en plaignait pas : il avait déjà connu pire vis-à-vis de ses enfants, et celui qui était prisonnier d’une autre dimension pour parachever son entraînement afin de tuer des dieux figurait parmi ces cas d’école.

Il reconnaissait difficilement le nom de ce qu’il était supposé acheter, parce qu’il ne lui était pas commun d’aller se procurer des traitements contre la toux ou ce genre de maladies. Pour ce qui était des blessures, la dernière fois qu’il avait dû se soigner, c’était lorsque Strider lui avait détruit l’avant-bras durant son combat dans l’hôpital…

Non, il y avait aussi cette petite rixe contre l’humain étrange avec son jouet, comment s’appelait-il déjà…

Un léger choc empêcha la pensée du guerrier de se concrétiser. Une pauvre terrienne venait de se cogner contre sa divine charpente.

« Khass, sherr-Täl… » avait grommelé l’Ambassadeur, en guise de rappel à l’ordre, ce qui voulait signifier, dans le contexte de la conversation : « Fais attention, petite ». Rien de bien dangereux dans la mesure où l’intéressée était supposée oublier l’affaire l’instant d’après, puisque l’éclair psychotique de Meknes s’assurait d’effacer en permanence le fait qu’il était présent parmi une foule de civils innocents.

Le colosse lui-même ne s’occupait déjà plus de cette situation. Il achevait de décrypter les gribouillis du bambin dont il avait la charge en attendant que vienne son tour.

Quand se fut à lui, il montra sa commande, croisa les bras, laissa faire la personne en charge de le satisfaire, paya par carte (sans contact) puis tourna les talons pour rentrer chez lui.

Rien de nouveau sous l’horizon si ce n’était que le géant avait dû user d’une autre identité que la sienne afin de finaliser son achat. Autre ? Fausse ? Il ne savait plus. Ce n’était pas non plus un détail excessivement important de l’histoire.

Carnage fit de nouveau face à un obstacle alors qu’il sortait dans la rue. Encore cette gamine revêche qui s’était explosée contre lui telle une déferlante contre un récif. Cette fois-ci le barrage qu’elle formait était on ne peut plus intentionnel. Meknes arqua un sourcil en se demandant s’il allait devoir lui marcher dessus ou non.

C’est là qu’elle parla dans son langage. Le genre d’évènement qui avait de quoi chatouiller le cœur du géant, dans une sensation à la fois plaisante et malsaine. Cela fit serrer les poings de Meknes, notamment celui qui tenait le petit sac plastique dans lequel il y avait le butin destiné à Saturnin. Ce n’était pas son gantelet archaon, autrement la matière n’aurait pas pu tenir le choc. Elle aurait été déchirée, et les différentes boîtes se seraient répandues sur le parterre.

La main monstrueuse de Meknes était libre, donc.

A voir si elle allait bientôt déchiqueter la chair de cette impertinente.

« Et toi. Qui es-tu pour parler la langue de Carnage ? »

_________________




Dernière édition par Bloodshed le Mer 16 Aoû - 12:13, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : Là où l'on a besoin de moi
❝ POINTS : 162

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Mer 16 Aoû - 12:00

La voix de l'être était rauque et dur. L'intonation de sa phrase ne signalait rien de bon. Lilou recula d'un pas. Mais elle était bien trop curieuse pour en faire plus.
Le distinguer était étrangement compliqué. Comme si elle avait bu un peu trop, elle percevait un détail puis sur l'instant d'après elle l'oubliait.
Toutefois elle avait réussi à discerner quelque chose. Il ne semblait pas du tout ravi qu'ils parlent la même langue.

" Carnage ? Est-ce le nom de votre langue ou vous-même ? "

Cela pouvait très bien sonner comme le nom d'une langue ou même d'un prénom, pour un personnage mégalo.
Lilou réfléchit. Ses sonorités comme venue d'un autre monde, à quel peuple de l'univers pouvait-il appartenir ?

Elle eu soudain un flash et s'il s'agissait du criminel international celui dont on craint de prononcer son nom ? Celui qui en un seul geste pouvait éradiquer une nation, incontrolable aux alures mégalo, ah oui ça pourrait convenir.
Mais une chose clochait....

Hm non, cela ne pouvait pas être lui. Pourquoi un envahisseur extraterrestre ferait ses achats dans une pharmacie. C'était trop absurde.
Le doute subsistait tout de même. Si seulement elle avait été plus attentives àa ce qu'énonçait  et montrait les médias, elle aurait surement vu le visage de l'extra-terrestre si redouté.
Oh mais si... Elle avait déjà entendu parlé du criminel. Son nom quel était-il déjà... Lilou avait son nom au bout de la langue. Il lui semblait que cela avait un rapport avec la colère et les désastres, une formule comme ça...
Les trous de mémoire était la pire chose au monde. Lilou les détestait, si elle le pouvait elle les éradiquerait de la terre.

Bon et puis tant pis. Comme d'habitude lorsqu'elle arrêterait de chercher le mot lui reviendra naturellement.
La brune se servit de nouveau de la "langue de Carnage"

" Mais vous n'avez toujours pas répondu à ma question. D'où provenez-vous ?

Elle marqua une subtile pause avant de se présenter : " Je  suis Lilou une simple humaine. Et beaucoup moins puissante que vous ne le paraissez. "

Il n'était de toute façon pas compliqué d'être plus puissant que Lilou. Ce qu'elle entendait par là était qu'il inspirait la puissance et le pouvoir. Rien que par sa capacité à se dissimuler si subtilement aux yeux humains c'étaient très fort.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : ?
❝ POINTS : 1427

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Mer 16 Aoû - 13:19

Le fait d’être Carnage supposait mener une existence entièrement faite de puissants contrastes. Tout, absolument tout, dans les agissements du géant, avait quelque chose de démesuré, de dangereux, ou d’absurde, en raison de tout ce dont il était capable, et aussi de tout ce qu’il incarnait.

C’était horrible s’il tuait. C’était affolant s’il détruisait. C’était effrayant s’il apparaissait.

Sans les pouvoirs de sa foudre, faire les actions les plus simplissimes était absolument insupportable pour l’ensemble des mortels. Finalement, c’était dans l’intérêt de tous et toutes que le colosse se cachait de la foule, pour ne s’autoriser que quelques coups d’éclat. Il ne faisait des spectacles tonitruants que de temps-en-temps, pour alimenter les débats et rappeler qu’il était toujours là. Meknes avait bien compris la logique des terriens, à force. La routine était le plus insidieux des poisons. C’est pourquoi l’ambassadeur faisait tout son possible pour la combattre, et changer de vie.

Sa tranquillité durement obtenue n’empêchait pas les flots de commentaires, les théories, débats et réflexions plus ou moins crapuleuses, qui se gargarisaient d’images fausses, et du plaisir d’imprimer des impressions personnelles dans le petit crâne de tout une masse de personnes. Un laborieux travail d’équipe afin de s’aveugler, et de passer son temps à parler de rien sans en avoir l’air. Blablabla, la peur. Blablabla, la sécurité. Blablabla des solutions existent-elles. Blablabla oui mais non mais en fait on ne sait pas.

Se tenir loin de tout ça participait à devenir serein. Actuellement, Meknes avait simplement besoin de quelques affaires afin de prendre soin de son fils. Pas d’autres priorités. Les mafieux et divers criminels avec qui il collaborait pouvaient attendre. Ils n’avaient pas le choix, de toute façon.

Carnage avait d’ailleurs commencé à faire taire ceux qui s’étaient plaints de son changement de comportement. Ça permettait aux forces de police de respirer un peu, et de se préparer pour leur prochain combat. Un accord invisible, du gagnant-gagnant.

Et maintenant il se tenait devant une petite gamine qui parlait comme lui. Autrefois, il lui aurait probablement brisé la nuque sans trop chercher à réfléchir… Non, non. Meknes n’était pas comme cela. Même par le passé. Il n’était pas plus stupide, simplement blessé et en quête de repères, effrayé par l’inconnu. Il n’allait pas se mettre lui-aussi à fabriquer des fantômes : il avait d’autres priorités.

Il ne fit rien de mal à Lilou pour le moment. Elle était toujours sur son chemin. Elle insistait.

Alors qu’elle parlait, Meknes rompit le charme. Il éloigna ses éclairs et leurs pouvoirs de la carcasse de cette enfant, pour apparaître devant elle sans que son esprit en soit tourmenté. Cela dit, il s’agissait plutôt de remplacer un trouble par un autre. Le géant était prêt à la faire taire si jamais elle hurlait au moment où son cerveau aurait fini de rétablir toutes les connexions neuronales. Le temps qu’elle percute, il se permit de lui répondre.

« Je suis Meknes 3MAJ. Je suis né sur Havöck. »

Là-dessus il fit un pas. Il se rapprochait de l’étudiante, sans afficher une once d’agressivité. Au contraire : son attitude invitait plutôt la terrienne à le suivre. Comme elle restait silencieuse, Meknes lui laissa sa chance.

« Marchons ensemble. Si je réalise que tu es une espionne ou une ennemie, je te tue sur le champ. »

Rien qu’à voir à quel point l’envahisseur se montrait honnête et affable, cela ne pouvait annoncer que du bonheur en perspective.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : Là où l'on a besoin de moi
❝ POINTS : 162

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Mer 16 Aoû - 14:19

Une lumière. Non, un projecteur, et même dirait-on un projecteur Mega boomers*, s'alluma dans l'esprit de la demoiselle. La brume tumultueuse se dissipa comme si elle n'avait jamais existé.

La vérité était d'une taille considérable détenant une carrure de guerrier interstellaire, il n'y avait pas de mot terrien que Lilou puisse trouver pour qualifier cet être.
Lilou le détailla sous toutes les coutures. C'était bien lui, le plus mauvais personnage, l'envahisseur de la terre, enfin selon les médias et les personnes qui en parle.

Lilou rit à la dernière remarque de Meknes 3MAJ. C'était étrange de rire en présence d'un tel personnage, mais après tout pourquoi pas.

" Je ne doute pas de vos capacités à m'éradiquer en cas de doute, mais ne vous inquiétez pas, je n'ai pas d'intentions hostiles, et encore moins contre votre personne. Les espions sont bien trop discrets et subtiles pour que je le devienne un jour. Je suis vraiment surprise de vous rencontrer en un tel lieu. C'est vraiment peu commun pour un "génie du mal" comme les humains aiment vous qualifier. "

Les iris céruléens se plongèrent dans le regard ocre de l'extraterrestre. Cette couleur dorée inspirait celle du soleil, douce, brûlante, dangereuse, d'une infinie puissance et aux ressources quasiment illimitées, cela collait parfaitement au personnage. Mais étrangement la teinte de son œil ne correspondait pas à celle de l'étoile de ce système solaire. Peut-être se rapprochait-elle plus de celle de son soleil. Comment son monde se présentait-il ? était-il plus dure et rustre que la terre ? Surement plus développé mais était-il si beau ?

" Votre monde vous manque t-il beaucoup ? "

Cela prenait déjà en compte le fait qu'il lui manquait au moins un peu. Etait-il capable de ressentir les émotions comme les humains ? Lilou eu soudain très envie de le toucher. A ce stade de leur rencontre cela était trop prématuré, elle allait se faire tuer inutilement si ce n'est se faire griller le cerveau s'il est capable de ressentir plus de chose qu'un humain peut l'imaginer.


Pouvait-il aller et venir à sa guise chez les siens à la terre ou était-il en quelque sorte bloqué ? Une centaine de questions la taraudait.
Étrangement aucune ne portait sur le fait qu'il soit un assassin de classe mondiale. Pourquoi cela ? Eh bien tout simplement que l'immense créature en face d'elle ne lui semblait pas mauvaise, juste différente. Le concept d'humanité n'était-il pas discriminent pour les autres créatures ?
Tuer des humains est mal selon les humains, c'est un fait, Lilou n'en pensait pas moins. Mais elle s'interrogeait. Tuer les animaux ne posait aucun problème aux Hommes jusqu'à un certain point et une époque. Alors pourquoi en serait-il différent pour un être beaucoup plus évolué que les puces que sont les Hommes ?



Lexique*:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : ?
❝ POINTS : 1427

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Jeu 17 Aoû - 17:28

Debout, sur le côté par rapport à la jeune fille, Carnage considérait Lilou, alors que celle-ci était totalement emportée par sa réaction. Mi-nerveuse, mi-cadrée, la gamine était devenue une boule de nerfs pétrie d’enthousiasme. Ses phrases, cependant, étaient trop longues. Ceci s’expliquait parce que son esprit de synthèse venait d’être anesthésié par la surprise, et le stress. Une malédiction surement temporaire.

Quelle chance elle avait d’avoir une audience avec l’Ambassadeur.

Quelle peur cela devait être, de se dire que l’on pouvait mourir au moindre faux pas, aussi.

Meknes avait déjà repris sa route sur le vieux pavé. Son vitesse et son attitude laissaient croire qu’il était près à abandonner la jeune fille si jamais celle-ci ne faisait pas l’effort de rester auprès de lui en marchant à son rythme.

Cela la forçait à accélérer, à s’essouffler, et donc à se taire.

Le géant trouvait que c’était une manière plutôt sympathique pour inciter une personne à apprécier le silence. Il n’avait pas envie d’échanger dans un endroit comme celui-là. Les petites ruelles, c’était plus approprié pour les complots. Pour ce genre de séquence remplie d’émotion, il fallait un restaurant, un jardin, ou un quai, afin de déambuler parmi les bateaux. Et sentir son poids faire craquer le bois...

Meknes n’était pas tombé sur n’importe quelle curieuse. C’était une passionnée, manifestement sensible à une certaine forme de baratin, causée surtout par une sensibilité bien particulière. Mais c’était une passionnée construite. Elle avait un but et il était très précis. C’est pourquoi, si les premières phrases de la gamine avaient quelque chose de duveteux et d’un peu inutile, son ultime question, elle, était un fil tendu par une aiguille, pour venir frapper en plein dans le cœur de Meknes.

Celui-ci s’arrêta dans sa démarche. Il cherchait une intersection du regard, et la retrouva une fois que son œil eut fini de balayer tous les itinéraires potentiels.

Lilou était humble, mais elle avait une présence d’esprit remarquable. Une petite lueur dans l’obscurité du monde, discrète mais intense. C’était d’une humanité délicieuse. Ce talent qui réside dans le fait de ne pas avoir de grande force, mais de percevoir les choses et le monde avec un don de soi tel que tout gagnait assurément en valeur, et intérêt.

Ce qui existait n’avait de sens que parce que c’était vu par ses yeux...

Il fallut un petit instant à Meknes pour lui répondre.

« Non. Ce n’est plus à lui que je m’identifie. Ce qu’il m’a apporté, je marche actuellement dessus. Mais sans cela, je ne pense pas qu’aujourd’hui je serais capable de faire un pas devant l’autre… »

Il ricanait, sinistre, mais étonnamment bienveillant. La façon avec laquelle il progressait dans les rues était celle d’un vieux loubard qui n’avait plus besoin de se battre. Plus rien à affronter, plus rien à prouver. Juste le parfum agréable d’un environnement auquel on était fier de faire partie.

L’Ambassadeur accorda un regard à la jeune fille en sa compagnie, pour désigner du menton tout l’attirail encombrant qu’elle transportait.

« Tu veux peut-être que je te donne un coup de main… »

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : Là où l'on a besoin de moi
❝ POINTS : 162

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Ven 18 Aoû - 0:00

Ils se mirent en marche. Avait-elle trop parlé ? C'est ce qu'il lui semblait, ou plutôt il n'avait pas  l'habitude à ce qu'on déblatère autant de chose en même temps.

Le géant semblait se presser, hm non, il semblait plutôt impatient de changer de lieu. Où l'emmenait-il ? Dans un endroit discret pour lui dévorer le cerveau ? Lilou rit en son fort. Si l'avait souhaité la tuer il ne se serait pas encombrer de la déplacé et l'aurait fait en public.

D'ailleurs son pouvoir semblait ne s'être dissipé que pour son regard azur. Elle observa les passants, essayant de capter discrètement leur regards.

Hm non aucune réaction. Lui était dissimulé, mais le "sortilège" fonctionnait-il aussi sur elle ? Peut-être.

Sa puissance était-elle donc infini ? Possédait-il une source d'énergie d'où il tirait ses pouvoirs ?

Meknes ralenti s’arrêta, observa les alentours. Lilou l'observa attentivement. Il ne possédait pas d'objet catalyseur. Il était la source de son pouvoir et de ses capacités.

N'y croyant pourtant plus il lui offrit une réponse :

« Non. Ce n’est plus à lui que je m’identifie. Ce qu’il m’a apporté, je marche actuellement dessus. Mais sans cela, je ne pense pas qu’aujourd’hui je serais capable de faire un pas devant l’autre… »

Son monde lui a donc beaucoup apporté, la vie et ce qu'il est maintenant. Il ne semble pas regretter de l'avoir quitter, étrangement Lilou en était rassuré.
Pourquoi ? Bonne question. Il  aurait été dommage qu'il ne se plaise pas sur terre. Peut-être qu'il aurait été encore plus destructeur, mais là il semblait.... Lilou sourit.

Cela semblait si simple maintenant qu'elle avait comprit.

Tout le démontrait, son comportement nonchalant, son plaisir à marcher, parler à des inconnus (sans les tuer), aller dans un modeste commerce pour une course anodine. Et elle ne savait pas tout c'était une certitude.

« Tu veux peut-être que je te donne un coup de main… »

Et ça. S'en rendait-il compte. Lilou l'observa bienveillamment.

" C'est gentil de votre part, mais je préfère le porter. "

Elle marqua une courte pause. Devait-elle lui dire ? Bien-sûr. A quoi bon vivre si l'on ne se jette jamais à l'eau. (Ou dans la lave en  cet instant)

" Le concept d'humanité vous semble surement étranger, mais vous vous y approcher d'une manière assez subtile et douce. Vous aimer la terre Meknes. "

La question suivante était : Qu'est ce qu'il l'avait charmé sur cette planète bleue ? Mais Lilou ne la posa pas elle le regarda simplement. Qu'est-ce qui l'avait fait venir sur terre ? S'attendait-il vraiment à découvrir ce monde et tout ce qu'il recelait ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : ?
❝ POINTS : 1427

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Ven 18 Aoû - 14:28

Elle ne voulait pas de son aide. Elle n’avait pas besoin de lui. Elle refusait son offre, alors qu’il suffisait au colosse d’un seul geste pour lui détruire les cervicales et lui déchirer la caboche. Elle avait un gentil ton et un petit sourire poli. Sa posture était sereine, affirmée, droite. C’était bien. C’était parfait.

« Tu es grande… » Fit-il en grondant de rire.

Peut-être était-il malveillant, peut-être que non.

Il avait capté l’endroit idéal pour prolonger sans souci leur entretien. Une aire de jeu, sorte de parc, pas dans un état reluisant, mais suffisamment ouvert et suffisamment large pour que les deux complices puissent avoir toute la place qu’il fallait pour leurs pensées. Celles de Lilou prenaient beaucoup d’espace là où celles de Meknes étaient concentrées dans un point intense, quelque part dans un coin de son cerveau. Il émanait cependant de cet endroit précis des exhalaisons si fortes qu’elles irradiaient les alentours.

La jeune fille, présente à ses côtés, recevait tout, mais elle tenait bon.

Le mélange de ces deux entités était en train de se distiller dans l’air de façon subtile. Ce n’était pas discret du tout, c’était même gigantesque. Mais si l’on ne disposait pas de la bonne paire d’yeux pour la voir, tout ce que l’on remarquait était une étudiante bien chargée et un grand monsieur aux traits indéfinissables.

Une bien singulière composition qui pouvait retenir l’attention des curieux, très vite chassés à coup d’éclairs. Lilou ne pouvait rien entendre de cet intense bombardement d’ondes. Ce n’était pas plus mal.

Ils s’installèrent sur un banc. Il grinça un peu sous le poids de l’un des compères (Lilou, à cause d’une planche mal entretenue, ce qui la força à se décaler quelque-peu sur le côté, en direction de Meknes).

La cuisse de la gamine buta contre celle du géant.

Ce-dernier était occupé à harponner une silhouette présente au loin, qui les dévisageait de façon indiscrète avec un regard appuyé et désagréable. Envoûtée, elle tourna les talons, et disparut sans faire d’histoire.

Cela lui laissa le temps d’instaurer un nouveau moment de pause, durant lequel il avait les derniers mots prononcés par Lilou qui lui tournaient autour, au-dessus de lui, à la façon d’oiseaux charognards.

Son œil se reposa sur l’étudiante pour la couver de son éclat doré. De nouveau ce grincement, qui était en fait un rire.

« Tu soulèves des évidences que personne ne remarque : c’est parce que je continue de tuer. Tu dois être chanceuse pour vouloir me parler, ta famille ne m’a pas rencontré dans mes mauvais moments… »

Il y eut un « Hmm », puis un « Arr », comme un gloussement qui voudrait sortir de la carcasse mais qui est retenu par quelque chose. Un mécontentement, un regret, qui bloquait tout, faisait gonfler le sentiment, lequel voulait, devait sortir, parce que c’était une émotion importante. Mais lorsque ce moment arriva, ce ricanement fut tellement saboté par les ressentis qu’il n’était plus qu’un vieux soupir, poussé par une caverne lassée d’entraîner continuellement des victimes dans ses gouffres.

L’entassement des corps commençait à sérieusement puer sur la conscience.

Un besoin du combat, mais trop d’adversaires fragiles. Trop de méchanceté, pas assez de force. De la lâcheté, de la peur, de la crainte, et pas d’opposition, ni même de tripes.

Pourtant, il devenait urgent de trouver autre chose. Un mannequin de paille, un pis-aller, tout mais plus de civils : c’était sans goût. Ça ne valait plus rien…

« Si tu n’as pas d’autres questions pour ton exposé, il faut que tu m’expliques comment tu peux parler comme moi. »

Changement de sujet. Se concentrer sur le positif, et le dialogue. C’était peut-être là la clé pour trouver un indice, une piste, n’importe quoi pour le guérir de sa soif des massacres. Le combat restait cependant quelque chose d’incurable.

Il était hors de question de fouiller dans l’esprit de Lilou ou bien de la bombarder de questions en réponse à son interrogatoire.

Plutôt ouvrir la porte, émettre une petite poussée, et laisser grandir la boule de neige.

Meknes ne connaissait pas grand-chose de cette petite étudiante.

Mais il avait bien confiance en sa capacité à exploiter les moindres failles qu’elle pouvait avoir à portée. La carotte était tendue, il n’y avait plus qu’à admirer le spectacle…

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : Là où l'on a besoin de moi
❝ POINTS : 162

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Sam 19 Aoû - 0:41

Grande ? Pourquoi pensait-il cela ? Lilou n'était pas grande, ni de taille, ni de présence, ni de pouvoir. Ou alors elle ne le ressentait pas du tout. Elle était elle-même et aimait à penser qu'elle ne prenait pas beaucoup de place. Un jour peut-être elle deviendrait une grande personne, sage et vertueuse, mais pour l'instant le présent lui convenait.

Cette promenade singulière en compagnie d'un bel être lui convenait également. Cela était reposant, pas que ses colocataires soient fatiguant non. Mais comment l'expliquer... Être ici avec cet extraterrestre, d'envergure mondial, était beaucoup plus apaisant que d'être avec deux jeunes humains constamment sur le qui-vive.

Leur pas les menèrent dans un jardin accueillant, de petites constructions de métal et de bois étaient disposées un peu partout créant pour les bambins un espace de jeu idéal. Les peintures étaient quelques peu défraîchit, les planches de bois usées ici et là,  mais cela donnait une ambiance surannée, comme hors du temps et de l'espace.

Ils s'approchèrent d'un banc. Lorsque Lilou s'y assit il grinça d'une manière menaçante. Ne souhaitant pas risquer de tomber elle se décala posa ses sacs devant-elle et s'installa prudemment. Elle se trouvait juste à côté de lui. Dans son espace vital.
Ne disait-on pas de lui que personne ne pouvait l'approcher sans perdre la vie instantanément ?

L'air autour de lui avait la senteur de... de quoi déjà une effluve si agréable, chaleureuse qui...

La brune ferma les yeux un instant. Il sentait l'automne, une magnifique saison où la faible humidité faisait resortir les mélanges savoureux des bois et des feuilles mordorées tombées au sol. La sensation de cette fragance dans vos narines vous donnait l'agréable envie de vous blottir sous un plaid accompagné d'une bonne tasse de chocolat chaud, avec de petits biscuits sucrés.

La brune rouvrit les yeux discrètement. Il avait cette odeur. Si complexe et pourtant si touchante.

Il rit, Lilou reconnu qu'il s'agissait d'un léger éclat, il lui semblait l'avoir déjà entendu, cela ne ressemblait pas aux esclaffades humaines et ça aurait été trop étrange à observer chez lui, mais c'était attrayant.

« Si tu n’as pas d’autres questions pour ton exposé, il faut que tu m’expliques comment tu peux parler comme moi. »

Oh que si elle avait un million d'autres questions mais les réponses ne feraient qu'en générer de nouvelles. La soif de connaissance de la brune ne semblait intarissable.
Pouvait-il deviner quel était ses dons ? Surement. Mais n'était-il pas plus engageant de les lui présenter ? Bien-sûr que si.

Lilou lui répondit honnêtement :

" Je suis dotée de capacités particulières. Je suis capable de tout comprendre. Langue commune, dialecte, grognement animal, langage hormonal, n'importe quel alphabet. Je lis dans les actions du corps, ainsi que dans le corps lui même. Je ne touche pas  aux pensés, mais à ce que les humains aime appeler "le coeur". Il me suffit de... En fait, je peux peut-être te le montrer. "

La demoiselle approcha sa main de la sienne. A quelques centimètres elle se stoppa lui laissant le temps de se rétracter si elle allait trop loin. Sans moindre geste de sa part elle se permit de poser ses doigts, puis sa paume sur le dos de sa main. Lilou s'attendit a ce qu'elle soit beaucoup plus froide que ça, au contraire elle était assez chaude.

Ses yeux se perdirent un instant dans le vague. Elle tourna la tête pour le fixer avec un air mêlant surprise et ravissement.

Cela est si intense et clair. Comme s'il pouvait aussi lire dans ce qu'elle ressentait. Cela ne lui semblait plus être une connexion a sens unique. Comment cela semblait-il possible ?

" Je peux ainsi savoir et même sentir chaque émotions et sentiments te traversant en cet instant. Je pensais qu'il serait difficile et désagréable de lire en toi. Mais s'en est presque le contraire. Je n'ai jamais perçu pareil sensation. "

Et cela n'était que la stricte vérité. Elle avait touché de nombreux terriens et aucun d'entre eux, peu importe leur état mental ou physique aucun ne lui avait jamais fait susciter autant d'impression de saisissement et d'émoi.

Ses iris bleutée pétillaient, elle ne l'avait pas quitté des yeux. C'était un émerveillent de pouvoir sentir ça. Mais aussi... Elle retira sa main. Une intrusion dans ce qu'il pouvait et voulait laisser transparaître autour de lui.

Sa curiosité l'avait poussé à le toucher, cela lui avait semblé naturel et si....

Elle détourna les yeux.

" Je suis désolé. Cela était surement mal placé."

Cela était la simple démonstration de ses dons. Elle n'était pas capable de plus pour le moment. Elle savait qu'elle pouvait s'améliorer et elle le ferait !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : ?
❝ POINTS : 1427

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Lun 21 Aoû - 15:39

Ça y est. Elle le tutoyait.

Une nouvelle étape venait d’être franchie. C’était quelque chose de vraiment étrange, dans la mesure où les personnes qui s’adressaient à Carnage de cette façon n’étaient généralement que des prétentieux bien rapidement remis à leur place.

Exception faite de Strider, qui lui touchait directement le géant lorsqu’il lui parlait. Un effet qui était d’ailleurs réciproque, et qui faisait que les mots qu’ils échangeaient étaient toujours plus percutants que leurs coups de poing. Entre eux, seulement. L’environnement et les personnes à côté avaient plutôt tendance à compter (et subir) les assauts échangés.

Ici aussi il y avait cette absence de barrière. Le contact entre les deux âmes était cependant beaucoup plus calme, et doux, presque sensuel plutôt que sensoriel.

A ce propos, Lilou avait formulé des excuses plates. A croire qu’elle se conformait toute seule au désir du colosse, qu’elle faisait passer ses intérêts avant les siens.

Et pas à cause de la terreur, c’était ce qui était fort.

L’étudiante avait vraiment une dévotion de fanatique. Cela se ressentait dans tous les détails de son attitude. Elle vivait intensément tout ce qu’elle faisait et s’y donnait corps et âme. Le plus délicieux était que tout cela était habilement guidé par quelques fragments de raison, pour en faire un esclave intelligent.

Meknes ne pouvait pas toucher à une telle merveille, de peur de l’abîmer avec ses grandes mains. Non pas parce qu’il était une brute, non, au contraire : son expérience en tant qu’orfèvre le faisait différencier le simple verre du cristal.

Il devait exister d’autres personnes de ce genre dans la rue. Dans les villes, dans les maisons que le géant broyait.

Tout plein d’existences, toutes capables de faire quelque chose, de créer comme de détruire, de croire, vouloir et pouvoir.

Et il marchait dessus sans distinction…

C’était aussi comme cela qu’était réglé l’univers. Meurtres, injustices, prédation. De multiples vies piétinées, tuées dans l’œuf. La guerre, la chasse. Les animaux.

Depuis combien de temps était-il perdu dans ses pensées…

Et Lilou qui était là, toute inquiète, plus soucieuse de subir une grimace de désaccord de la part du géant que de mourir étranglée sous la force de son immense poigne.

Les terriens avaient l’art d’avoir une de ces graines, par moment. Cette petite pièce logée à un endroit de la cervelle, comme une balle de pistolet. Un corps, presque étranger, qui les faisait commettre des actions folles, et agir aux noms de valeurs aussi multiples que personnelles. Souvent incompréhensibles d’un point de vue extérieur…

« Baisse le regard si tu veux. Moi, je me suis bien amusé… »

Le retour du rictus, cette déchirure immense qui lui mangeait les joues. Il semblait sur le point de se jeter sur la gamine pour lui arracher ses habits avant de la mettre en pièces, alors qu’en réalité son corps avait l’apathie du roc : enraciné, mêlé à-même le banc, à sa place comme une statue de jardin.

Depuis le temps qu’il était sur Terre, ce qu’il avait dans la tête n’était plus au stade de simples germes.

Il avait tout un champ de fleur dans les étendues de son cerveau… Et il continuait de le faire grandir, la mémoire de ses crimes faisant office d’excellent terreau.

« Tu devrais rentrer chez toi. Tes proches vont finir par s’inquiéter. »

Impossible qu'il ne jubile avec ce qu'il venait de raconter.

Le transfert entre les deux personnages avait été loin d'être unilatéral.

En revanche, il avait été puissant comme un coup de foudre.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : Là où l'on a besoin de moi
❝ POINTS : 162

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Mar 22 Aoû - 10:37

Lilou observa une mésange bleue picorer au bas d'un arbre, en face de leur banc. Dans l'herbe non loin un gros matou rodait sans l'apercevoir. Etait-elle si inconsciente du danger que le petit oiseau ? Elle observa son voisin.

Elle haussa les épaules à la remarque du géant.

Elle lui sourit de nouveau.

" Pour l'instant ils n'ont aucune raison de s'inquiéter. Ne suis-je pas en sécurité avec Meknes, ainsi assise prêt de lui ? "

Lilou rit. Ses amis avaient maintenant l'habitude de la voir se mettre dans des situations complexe, ils savaient de toute façon qu'elle saurait les prévenir s'il lui arrivait quoi que ce soit. Et puis elle n'avait pas la moindre envie de rentrer.  Cet situation paraissait trop exceptionnelle pour qu'on la délaisse comme ça.

" Mais peut-être que toi il y a quelqu'un qui t'attend à la maison ? Je me demande de quel genre il serait "

Ce ne devait pas être la première fois qu'il ouvrait une discussion avec un humain. Il avait peut-être ainsi trouvé l'amour de sa vie ou même des colocataires. Lilou rit intérieurement cela aurait été réellement intéressant à voir.

Il ne lui avait pas tenue rigueur pour le fait qu'elle lui avait tenue la main. Il avait même déclaré apprécier cela.
Il ne fallait pas lui dire cela. Maintenant elle n'avait plus qu'une envie : retenter l'expérience.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : ?
❝ POINTS : 1427

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Mar 22 Aoû - 12:35

Impossible de ne pas éclater de rire devant la réponse de la petite Lilou Quill.

Ce qu’elle racontait était parfaitement absurde et pourtant elle avait raison : dans cette situation très précise, toute personne qui tenterait de s’en prendre à l’étudiante devrait d’abord passer sur le corps de Carnage.

Toutefois, si l’ambiance actuelle était à la sympathie, Meknes n’osa pas adresser une franche tape dans le dos de sa partenaire, tout d’abord parce qu’il ne voulait pas lui briser le corps, et ensuite parce qu’il pensait que ce serait une façon de faire peu appropriée.

Et de toute manière, avec la nouvelle remarque que la gamine lui balança à la figure, cela le calma légèrement dans l’exhibition de son euphorie.

Son rire se mua en un petit grondement satisfait, puis enfin, en un silence courtois, rêveur.

Il finit par répondre, et pas après un infini temps de latence. Il répondit tout de suite. Ça y est. Il était enfin sur un pied d’égalité avec la terrienne, et conversait avec elle avec un ton aussi terrifiant que badin.

« J’ai un fils… Avant, j’avais une femme et une fille, mais ce n’était pas sain comme relation, alors, on a refait nos vies, chacun de notre côté. C’était le mieux à faire. J’ai une autre ex, on ne se voit plus, mais par contre, j’ai eu un enfant avec elle : il est perdu dans un autre plan de la réalité. A l’époque où je l’ai eu, je n’étais pas assez à l’écoute, mais maintenant, je termine ce que j’ai à faire dans ce monde, et puis je vais essayer de le retrouver, pour voir si je peux rattraper mes erreurs… »

La cicatrice immense qui lui faisait office de sourire avait quelque chose de béant. Une plaie amère qui saignait encore, depuis de longues années.

Alors qu’il racontait ses histoires, Meknes prenait conscience du temps qui passe. C’était quelque chose de constater que l’univers entier autour de nous changeait de façon irrémédiable et perpétuelle. Et qu’on en faisait partie.

Face à ces grands mouvements cosmiques, le géant se laissa aller, et avoua son plan le plus secret.

« Bientôt, cette Terre n’aura plus besoin de moi. Je vais construire des orphelinats, et puis je vais m’en aller. »

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : Là où l'on a besoin de moi
❝ POINTS : 162

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Mar 22 Aoû - 15:10

Lilou pris soudain conscience de la vie intense et longue qu'il devait avoir vécu.

Lilou posa sa main sur la sienne. Savoir ce qu'il ressentait lui importait peu. Elle le percevait très clairement en l'observant.
Elle en oublia tout le côté fascinant de la chose. Meknes n'était plus la créature venue de l'espace. Il n'était plus qu'un être blessé lui dévoilant ses plaies.

Lilou était admirative de ce qu'il souhaitait faire pour les enfants mais ensuite partir ? Où ça ? Rentrer sur sa planète ? Ou.... ou partir pour de bon, pour un autre monde, un autre endroit, un lieu dont le seul passage réside après l'arrêt de son cœur. S'agissait-il de ça ?

La demoiselle mit un temps à répondre. Elle ignorait de quelle façon réagir et s'exprimer.

" Je suis désolée que tu ai eu a vivre des événements si dur et je te souhaite de tout cœur de retrouver ton fils. La cause dans laquelle tu te lance est très noble. Mais tu n'es pas obligé de partir, de laisser ceux qui compte pour toi. Ce n'est parce que l'on a plus besoin de toi a un endroit que tu dois partir.
La vie n'est-elle pas suffisamment courte pour se contraindre à partir du lieu où on a enfin pu se sentir chez soit ? N'y a t-il plus aucune de raison pour rester sur terre ? "


Elle lui offrit un sourire d'une douce chaleur. Au moins il n'était pas seul. Mais pourquoi vouloir partir ?

" Comment se prénomme le dernier de tes fils ? "

C'était une question de simple gens ceux qui parle de la pluie et du beau temps, mais cela avait une importance éminente pour en apprendre plus de la personne et  le père qu'il était.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : ?
❝ POINTS : 1427

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Jeu 12 Oct - 18:15

C’était un concert de babillements insupportables. Un garçon, presque plus blond, aux cheveux même anormalement clairs, luisants d’une teinte malade, gisait sur un sol en pierre.

Il était peu vêtu et sa carcasse abîmée se secouait par intervalles au milieu d’un peu d’herbe et de poussière. Les sons qu’il poussait étaient gutturaux, quelque chose qui relevait de la plainte, mais aussi d’une profonde vilenie. Il semblait malfaisant et il était en colère. Ses doigts crispés ratissaient le vide, ou jouaient de la flûte devant le visage hébété du gamin. Impossible de savoir ce qu’il cherchait à faire.

Les deux mains sur son sceptre, comme une impérieuse statue gardienne, Meknes ne bougeait pas.

Il observait les dandinements du larron sans avoir l’air de s’en soucier. Il le méprisait. Il attendait quelque chose, un indice favorable, une trace de vie bien différente de celle qu’il avait devant lui.

Il attendit encore et cela l’excéda au point de le faire parler lui aussi.

« Relève-toi. Relève-toi ! »

Le géant n’eut droit en retour qu’à une œillade appuyée, à la fois taquine et ahurie, de la part du garnement. Elle fut rapidement accompagnée d’un rire puis d’un fou rire, dont les déformations trahissant la douleur montraient qu’il s’agissait là d’un pauvre et unique réflexe nerveux. Carnage était bien mécontent.

« Imbécile…

- Il a besoin de temps… »

C’était Echidna. Le titan l’attendait, ce moment-là : celui où le vieux couple se penche sur le rejeton, évalue ses capacités, et se demande comment le sortir de sa situation. Le faire s’élever, d’une façon ou d’une autre, afin de pouvoir efficacement se l’approprier. L’extraterrestre restait tout de même sceptique.

« Il ne sera jamais prêt d’ici la fin de la semaine…

- Revient le voir plus tard, patiente une demi-journée. Je suis sûre qu’il sera alors plus attentif, plus disposé : oui, il sera meilleur…

- C’est plus qu’il n’en faut à un de nos ennemis pour te retrouver et te tuer. »

Echidna eut un sourire.

« Mais toi, tu es là, n’est-ce-pas ? »

Meknes la considéra un instant avant de baisser le regard.

La terre de l’antre dans lequel il se trouvait était redevenue celle du petit parc terrien, celui où il était assis sur un banc simple. A sa droite, Lilou, encore à côté de lui. Elle cherchait à le regarder droit dans les yeux.

Son souvenir n’avait donc pas besoin de durer plus longtemps.

« Frankie, il s’appelle, commença-t-il, Frankie Päffgen. C’est un nom qui n’a rien à voir avec les parents qu’il a. Ça ne le protège de rien, et il a été conçu pour sauver sa mère et tuer des dieux… Mais s’il se rebelle, ça facilitera les choses. C’est comme ma première fille, Mary-Lune Swrank… »

Carnage avait un éclat de fierté en disant tout cela. Evidemment, il les adorait. Il les préférait à ses crimes, ce qui était faux en soi, car ces bambins étaient le fruit de ses pires horreurs.

A peu près…

« Le dernier en date s’appelle Saturnin. D’ailleurs, il m’attend pour le dîner. Alors… »

Lentement, Meknes émergea, comme un vieux bateau que l’on réanime. Il ne grinçait pas, mais cela n’aurait pas été étonnant tant on pouvait le comparer à un gigantesque pétrolier.

Il pourrissait tout, et ensuite les choses brûlaient…

« Je ne te souhaite pas de me recroiser. »

L’ambassadeur fit quelque-peu rouler ses articulations, pour réveiller la machine monstrueuse, s’assurer qu’elle était toujours là, prédatrice et fonctionnelle. Puis ile commença à partir.

Lilou prononça probablement quelques mots alors qu’il était de dos. Qu’il y ait accordé de l’attention ou non, cela ne le fit pas s’arrêter.

Il avait pris du bon temps et c’était bien. Mais il ne fallait pas oublier les priorités. Le papa s’imaginait déjà rentré à la maison.

Le bruit de la porte, le sourire de son fils.

Avec un peu de chance, l’enfant avait fait en son absence un beau dessin, pour que le géant puisse le coller au frigo avant de s’attaquer à la préparation du repas. Ce soir, on faisait des crêpes.


En bousculant un énième individu dans la rue, Meknes manqua de s’excuser et ça le fit grincer des dents.

Il ne fallait tout de même pas exagérer…

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : Là où l'on a besoin de moi
❝ POINTS : 162

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes] Sam 14 Oct - 20:11

L'extraterrestre parla un instant de sa progéniture, le sujet fut bref et cela lui permit de trouver un échappatoire pour partir et nourrir son petit dernier.

Lilou sourit.

" Je le souhaite aussi, car la prochaine fois je serais surement contrainte de t'arrêter. "

L'avait-elle entendu ? Si oui tant mieux, sinon cela lui importait finalement peu. Elle l'avait surtout vocalisé pour se le dire, pour s'en convaincre. Il le fallait.

Meknes était un être très intéressant, doué d'une intelligence et d'un pouvoir supérieure. Mais cela n’empêchait pas qu'il avait commit des crimes sur terre. Il y vivait, il devait donc se plier à ses lois, ou alors racheter tous ses crimes d'une quelconque manière.

Elle observa sa silhouette disparaître complètement et se mit elle aussi en chemin. Il était tant de rentrer. Ses collocataires l'attendaient avec impatience.

Elle jeta un dernier coup d’œil derrière elle. Un jour elle deviendrait assez puissante pour arrêter les criminels de son envergure. Les arrêter, mais aussi les transcender.

Cette rencontre elle la garderait pour elle. C'était un souvenir qui se trouvait déjà dans son jardin secret.

_________________
Ich bin hier ~ Jam këtu ~ أنا هنا ~ Ovde sam ~ 我在这里 ~ 나는 여기에있다 ~ Olen täällä ~ Tha mi an seo ~ Είμαι εδώ ~ אני כאן ~ मैं यहाँ हूँ ~Aku di sini ~ Ég er hérna ~ 私はここにいる ~ Hie ego sum ~ Eto aho ~
Kei konei au ~ Jeg er her ~ Men bu erdaman ~ من اینجا هستم ~
Я здесь ~ Halkaan ayaan joogaa ~ I'm here ~ Estoy aquí ~ Mimi niko hapa ~ ฉันอยู่ที่นี่ ~ Tôi ở đây ~ Buradayım ~ Ngilapha


~ Je suis là ~
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Un mot suffit. [PV Meknes]

Revenir en haut Aller en bas

Un mot suffit. [PV Meknes]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Heroe's SUP :: La ville :: La ville basse-
Partenaires
bouton partenariat

Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit