.
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



Partagez|

What does it mean ? to be human ? [One-shot]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Message
❝ LOCALISATION : Dans ton c...anapé
❝ POINTS : 29

MessageSujet: What does it mean ? to be human ? [One-shot] Lun 31 Juil - 18:08

Alex descendit du train qui venait d’arriver à la gare de Laurel. En posant le pied au sol, il manqua de trébucher, son châssis était dans un état déplorable et il devait vite rentrer chez lui.
Il sortit de la gare, boîtant fortement, il traînait presque sa jambe à moitié broyée derrière lui et son bras droit tordu dans une forme improbable était caché sous sa veste qu’il portait simplement par-dessus ses épaules pour dissimuler les dommages subis par son corps. Il trouva un taxi disponible pour le transporter jusque chez lui.
Une fois installé à l’arrière, il observa la ville. La vie suivait son cours, les gens se baladaient, allaient travailler, discutaient. Une journée normale à Laurel en somme. Lors d’un arrêt à un feu, Alexander put apercevoir un peu plus loin dans la rue une boule de feu s’envoler, suivie par deux silhouettes visiblement en train de livrer combat. Clairement une journée normale à Laurel. Le chauffeur l’interpella.

-Ces temps-ci les quartiers de la ville sont tranquilles. Mais au final, ça ne se calme jamais vraiment dans le coin…


Alex acquiesça d’un mouvement de tête. Lui aussi était un héros, il savait comment Laurel fonctionnait, et il aurait volontiers participé à l’affrontement pour faire pencher la balance en faveur des gentils s’il en avait été capable.

-Vous en êtes un, vous aussi, hein ? Z’étiez prêt à sauter hors de la voiture pour aller l’aider.

Alex se demanda ce qui pouvait lui avoir mis la puce à l’oreille, puis il se rendit compte que sa main encore valide se situait à quelques centimètres de la poignée de la portière.

-J’aimerais que tout ce que nous pourrions dire à l’intérieur de ce taxi y reste, j’imagine que vous comprenez.

La voiture redémarra, ils passèrent à côté des deux combattants, le héros était applaudi par la foule alors que le criminel gisait au sol, inconscient. Pain se rendit compte qu’il n’était pas le seul à défendre cette ville. Ça avait peut-être l’air stupide à penser, mais combattre seul des méchants au quotidien, et dernièrement, affronter une armée et une créature divine à lui tout seul, ça donnait le sentiment de ne pas avoir grand-chose sur quoi se reposer. Ceci dit, il avait accompli sa mission, et faisait désormais plus ou moins partie des Légendes de Laurel, comme Laughing Jack qu’il avait croisé lors de l’affaire Dempsey.

-Oh vous savez, moi aussi je suis un justicier masqué. Mon costume est caché sous la banquette si vous voulez tout savoir…

L’androïde éprouva un soupçon de surprise quant à la révélation de son chauffeur. Comment pouvait-on délibérément griller une couverture alors qu’elle garantissait notre sécurité ?

-Il y a une chose que je ne comprends pas dans votre façon d’agir… pourquoi me raconter tout ça alors que vous n’êtes même pas sûr que je sois du bon…

-J’ai un don d’empathie, je ressens les sentiments et les intentions des gens. Et vous, vous êtes un saint parmi les saints d’après ce que je sens chez vous.

Il y eut un court instant de silence, pas un silence pesant, il était très relaxant, au contraire. Alex était perdu dans ses pensées. Lui ? un saint ? alors qu’il était presque dépourvu de libre arbitre ?

-Cependant vous…oui… on dirait que ce n’est pas par choix que vous revêtez ce quand on appelle à l’aide, non pas qu’on vous y oblige, mais c’est un peu votre mission, non ?

-Effectivement.

Le taxi arriva près de l’immeuble d’Alex. L’androïde pouvait apercevoir un van noir et une femme brune d’une grande élégance qui rentra dans le bâtiment à l’instant où elle repéra la voiture. Cela ne pouvait être qu’elle…
Le chauffeur gara son véhicule et annonça le prix, une quinzaine de dollars, qu’Alex possédait forcément étant donné qu’il avait toujours environ cent dollars en liquide dans son porte-monnaie, histoire de ne pas trop recourir à la carte de crédit des fois qu’on le trace sans qu’il ne s’en rende compte. Tout en observant les billets pour éventuellement déceler une trace de facticité, il reprit :

-Un idéal ne doit pas être poursuivi parce que vous y êtes contraint. Sinon, il ne vaut rien, il n’a pour ainsi dire, pas d’âme, de consistance. Et puis… à quoi bon vivre si c’est pour accomplir les rêves d’un autre et oublier les siens…

Alex se souvint de ce qu’il avait dit à l’ange : Il se battait pour l’humanité parce que c’était son devoir en tant qu’Ambassadeur des Agis, mais aussi parce qu’il était né sur Terre et qu’il se devait de défendre sa planète natale et les gens l’habitant. Cependant, jamais il n’avait formulé d’idéologie ou de rêve concernant le fait d’être un justicier. Il en était devenu un parce qu’il avait été conçu pour. Il ne s’était jamais posé la question de son libre-arbitre, mais maintenant qu’elle lui venait à l’esprit, Alex ne pouvait s’empêcher de se demander : « et si j’en avais eu ? ».
Cette question pouvait remettre en cause à elle-seule tout ce pourquoi Pain s’était battu durant tout ce temps. Si ça se trouve, son chemin aurait été bien différent s’il avait été comme tous les humains à la naissance, si le sens de sa vie n’avait pas été déterminé lors de sa conception. Qui sait, peut-être que sans cette mission préprogrammée, il serait tout simplement devenu un chef d’entreprise ou bien un marin dérivant sur les océans. Alex sortit de la voiture en saluant le chauffeur et pénétra dans l’immeuble, se dirigeant vers son appartement.
Il gravit les escaliers jusqu'au deuxième étage. La porte de son appartement était fermée, mais de légers bruits mécaniques la traversaient. Alexander entendit des bruits de pas se rapprocher derrière lui. C'était le concierge, M.Sanchez, un homme de petite taille, hispanique, dans la cinquantaine, une calvitie naissante, pas franchement menaçant, ni dérangeant, c'était une personne de confiance et il lui arrivait de rendre service aux habitants de l'immeuble.

-Ah, c'est vous monsieur Wallace ! Comment allez-vous ? Y a cette jolie dame qui est rentrée chez vous, elle avait les clés et elle m'a dit qu'elle était votre maman. Comme elle ne m'avait pas l'air trop louche, je l'ai laissée faire, tout en gardant un œil sur votre appartement.

Aucun doute possible, et il ne pouvait pas en avoir de base. Alexander ouvrit sa liste de contacts et cliqua sur son numéro, il était toujours enregistré, au cas-où...

-Désolé, monsieur Sanchez, ma mère a un planning assez chargé et on ne se voit que très peu, alors elle a tendance à amener beaucoup de choses quand elle vient. J'aimerais cependant que la prochaine fois que quelqu'un rentre chez moi comme ça, vous m'appeliez. Tenez, c'est mon numéro.

Il lui montra l'écran de son smartphone et attendit qu'il finisse de noter le numéro, puis le salua et se dirigea vers l'appartement. Il n'avait que peu de renseignements sur sa créatrice, seulement des informations connues du grand publique, et des données plus confidentielles sur sa situation de directrice du département scientifique de l'empire Agis, les avancées qu'elle a permis en termes de technologie, ainsi que son nom : Shara Mirkis.
Depuis sa création, Alex savait qu'il disposait d'un émetteur qui transmettait toutes les informations reçues par son cerveau à un ordinateur reproduisant sa structure cérébrale que Shara surveillait en permanence. Elle pouvait donc se servir de ces informations pour analyser les performances de son Ambassador et prévoir des améliorations pour le futur. Sa créatrice avait pour ainsi dire assisté à tous ses faits d'armes depuis qu'il avait commencé à exercer sa fonction de justicier, et par conséquent, à son dernier combat en date.
Lorsqu'il ouvrit la porte, la femme brune l'accueillit. Elle était splendide, vêtue d'une tenue sobre, mais très élégante. Ses yeux, ou plutôt, les yeux dont disposait sa « tenue » de camouflage, étaient d'un marron très clair, ce qui procurait un très beau contraste avec les couleurs plutôt sombres de sa tenue. Les Agis étaient friands des contrastes tels que celui-ci. La preuve étant que l'intégralité de leur force mécanisée disposait d'un blindage noir associé à des lumières rouges.
Shara ne trahit pas la moindre émotion jusqu'à ce qu'elle serre sa création tendrement dans ses bras. Alex ne sut pas trop comment réagir, mais il avait des doutes concernant la sécurité d'une telle manœuvre alors que son exosquelette risquait de rompre si jamais il subissait une trop grande pression. Cependant, il ne se sentit pas le besoin de l'écarter, des sanglots montèrent, mais ce n'étaient pas des larmes de tristesse que Shara versait, mais bien des larmes de soulagement. Alex suivit ce qu'il avait appris sur les rapports émotionnels et passa sa main valide dans son dos, très paisiblement, pour la réconforter. Certes, il n'avait pas été conçu pour ressentir des émotions, mais il les comprenait, et imaginait relativement ce que pouvait éprouver un parent qui voit son enfant risquer sa vie en direct. Parce qu'au fond de lui, il le savait, Shara était ce qu'il avait de plus proche d'une mère, et il était ce qu'elle avait de plus proche d'un fils. C'était quelque-chose de connu sur Agea, Shara faisait partie des victimes d'un accident de laboratoire qui avait rendu stérile une grande partie des scientifiques qui s'y trouvaient, et elle était parmi eux. Par conséquent, tout ce qu'elle pouvait faire, c'était créer une entité artificielle qui serait sa « progéniture », un peu comme Gepetto avec son pantin de bois.

Elle se retira soudainement de l'étreinte, sécha ses larmes et le dévisagea pendant quelques instants. Voilà un trait de personnalité qu'ils partageaient : cette manie d'analyser en profondeur les personnes qui se trouvaient en face d'eux. Elle passa sa main sur le visage d'Alex.

-La dernière fois que j'ai touché ton visage, tu n'étais qu'une simple machine... Et maintenant je peux sentir en toi une telle humanité. Tu es vraiment devenu quelqu'un de bien.

Ses paroles étaient empreintes d'une tendresse infinie, d'une affection maternelle qui ne connaissait aucune limite. Elle avait conçu des centaines de modèles d'androïdes, tous différents, tous dotés d'une formidable technologie, mais celui-ci, il était le seul à réellement être unique, il était le seul à posséder un nom et une histoire. Seulement...

-Je n'ai fait que suivre les instructions qui ont été implantées dans mon cerveau lors de ma création, rien de plus.

En cet instant, il ne savait pas s'il faisait un constat en tant que machine, ou s'il transmettait ses regrets concernant le dernier obstacle le séparant de son humanité. Tout ce qu'il savait, c'était qu'on avait effectivement fait en sorte qu'il ne puisse pas suivre une autre voie, peu importe ce qu'elle aurait pu être.
Shara baissa les yeux un instant, affichant ce qui semblait être du regret, puis elle lui prit la main et l'amena dans le salon qui, ne contenant d'ordinaire qu'un canapé et une télé à écran plat, s'était retrouvé affublé de tout un arsenal d'outils ainsi que d'un dispositif qu'Alex reconnaissait comme étant une cage gravitationnelle, un appareil permettant de suspendre un objet de plus ou moins grande taille dans les airs et de le manipuler sous tous les angles. Il y avait également une caisse métallique au système de verrouillage high-tech qui contenait probablement les pièces de rechange pour son armure. Au vu du faible potentiel de discrétion de l'objet en plus de sa taille assez imposante, il était très probable qu'elle ait envoyé un drone avec un dispositif d'invisibilité récupérer cette caisse dans le van pour l'amener par la fenêtre. Alex avait beau connaître l'intégralité des technologies développées par les Agis, c'était la première fois qu'il voyait un autre appareil que lui en vrai. Shara déclencha la cage gravitationnelle et invita sa création à s'installer à l'intérieur après avoir retiré ses vêtements afin de faciliter l'accès intégral à sa structure interne. Au final, ça ressemblait à la fois à une séance de réparation et à une intervention chirurgicale, la partie humaine serait aussi sollicitée que la partie cybernétique.
L'androïde se retrouva en suspension dans les airs à environ un mètre du sol. Shara sortit un appareil de la caisse, une espèce de plaque souple recouverte d'une myriade de circuits imprimés qui convergeaient tous vers un orifice aux airs de prise de connexion. Il s'agissait d'un connecteur permettant de relier le système nerveux d'un individu à une interface numérique ; en clair, il s'agissait d'une forme de technologie de réalité virtuelle extrêmement avancée, principalement utilisée pour libérer le sujet du fardeau de la paralysie corporelle en les faisant entrer dans un univers virtuel, ou encore pour des simulations aussi bien ludiques que militaires. Les applications étaient multiples, et il servirait à Alex afin de se connecter à un projecteur holographique qui lui fournirait une enveloppe virtuelle pour communiquer avec le monde extérieur dans le périmètre de son appartement le temps que son corps mis en veille soit rénové, une forme de projection astrale, mais virtuelle en somme.
Alex eut l'impression que le monde autour de lui était aspiré dans le néant. Pendant un instant, il n'y eut plus que l'obscurité et aucun de ses cinq sens ne fonctionnait. Puis soudain, il se retrouva debout à côté de Shara qui entrait des commandes sur un ordinateur à écran holographique. Alex observait les lignes de code en langage Agis entrées dans le programme et en profita pour tenter d'observer le fonctionnement de ses systèmes en profondeur.
C'était absolument incroyable, Shara avait non-seulement programmé une intelligence artificielle capable de raisonnement flexible, mais elle avait également généré un programme qui, aidé par la plasticité neuronale d'un cerveau semi-organique, était capable de se moduler de lui-même et de modifier ses propriétés afin d'apprendre, mais surtout d'éprouver une forme d'empathie à défaut de véritables émotions.
Alex put également observer sa structure interne physiquement plutôt qu'avec les plans intégrés à son esprit. Shara retira un grand nombre de câbles, de supports et de plaques de blindage endommagées, voire même détruites. Elle n'était plus la figure maternelle émotive qu'Alex venait de rencontrer, elle montrait maintenant son côté passionné, méticuleux, cette facette qui avait fait d'elle le membre du peuple Agis à la tête de tous les grands projets de recherche. Et soudain, Alexander comprit d'où est-ce que sa créatrice tirait cette prodigieuse inventivité.
C'était là son don.
Un pouvoir qui lui fournissait d'une façon ou d'une autre la capacité de créer l'entité parfaite. Un don qui ne cessait d'évoluer de par son talent initial, mais aussi par l'apprentissage et par son intensification au fil du temps... non, pas au fil du temps... selon ses besoins...
Lorsqu'elle avait élaboré ce qui deviendrait l'Ambassador, elle avait perdu ses capacités de reproduction, son conjoint l'avait abandonnée et tout ce qui lui restait, c'était cette bénédiction qui lui permettait de comprendre comment fabriquer un système neural synthétique, ou bien de programmer une intelligence pouvant accomplir des calculs d'une complexité démesurée en un temps record. Tout ce qu'elle avait créé, elle l'avait créé à cause d'un besoin, conscient ou inconscient. Elle avait toujours produit des innovations qui répondaient à ses besoins. Ayant tout perdu, y compris ce qu'elle n'avait pas, elle avait conçu une forme de vie technologique, qui lui permettrait non-seulement de retrouver sa place au sein des instances auxquelles elle appartenait, mais également de connaître le bonheur d'être parent. En réponse à ses besoins, son don l'avait transformé l'espace d'un instant en une sorte de Prométhée , capable de fabriquer la vie à partir d'éléments inertes. Ceci dit, son don avait quand même une limite.


-Tu sais, Alexander... même si je le désirais, je ne pourrais pas te donner de libre-arbitre. Tout d'abord parce que j'obéis à des lois qui me l'interdisent, mais également parce que je ne peux pas altérer un programme aussi complexe que le tien sans le faire totalement s'effondrer. Il faudrait repartir de zéro, et tu ne serais plus Alexander Wallace, tu perdrais ton identité. Tu fonctionnes comme un humain au niveau cérébral, voire mieux sur certains points. Je ne peux pas réécrire un code né de la vie elle-même, un code qui évolue en permanence. Tiens, regarde, toutes les cinq minutes à peu près, je dois décrypter les nouvelles variables du langage de ton programme, ça doit faire une vingtaine de fois que je le fais...

Cent minutes, presque deux heures qu'elle réparait le corps meurtri d'Alex, l'optimisant au passage en ajoutant des nouvelles pièces ou en retirant certains éléments obsolètes. L'androïde leva sa main éthérée et l'observa sous tous les angles. Il réfléchissait à ce que venait de lui dire Shara. Son inhibiteur de libre-arbitre ne pouvait être défait par celle qui l'avait conçu, la solution ne pouvait pas venir de l'extérieur.
Par conséquent elle devrait venir de l'intérieur. S'il était capable d'évoluer, alors peut-être pourrait-il au fil du temps supprimer ce verrou qui prévenait toute action allant à l'encontre de sa mission.
Mais au final, désirait-il vraiment la liberté ? Non, il était simplement curieux, il voulait comprendre ce qui différenciait un être en pleine possession de sa volonté d'un être dont le destin était tracé depuis le début. Il voulait comprendre ce qui se trouvait au-delà de cette limite qu'on lui imposait.
À titre d'exemple, enfermez un enfant dans une maison en permanence à partir du moment où il naît tout en laissant les volets ouverts. Il arrivera un moment où il aura envie de découvrir le monde extérieur, d'expérimenter les activités des passants qu'il voit défiler tous les jours, juste pour les comprendre. Et il est certain qu'il arrivera un autre moment où il trouvera un moyen de passer par la fenêtre pour s'échapper et satisfaire sa curiosité. La question étant : voudra-t-il rester dehors une fois qu'il aura compris ?
Oui, Alex voulait savoir ce qui arriverait s'il était libéré de ces chaînes, et surtout, il était curieux de connaître l'élément qui altérerait son programme et qui effacerait son inhibiteur de libre-arbitre.
Cependant, il ne devait pas non plus négliger sa mission pour ça, il était toujours attaché à la Terre et la simple idée de voir ses habitants souffrir à cause de son égoïsme lui était insupportable.
L'androïde resta encore environ une heure sous sa forme numérique à regarder sa créatrice reconstruire son corps brisé, à remplacer des pièces qui tombaient en morceaux quand elle les manipulait. Son blindage était presque recomposé, ce n'était plus Alexander Wallace qui était allongé en suspension grâce à la cage gravitationnelle, mais bel et bien l'androïde Agis classe Ambassador n°0, plus connu sur Terre sous le nom de Pain, Joker...non, Légende technologique, justicier d'acier, ange noir indestructible. C'était là sa véritable apparence, celle qui serait ressortie peu importe le code génétique implanté en lui pour le compléter.
Shara coupa soudainement les récepteurs visuels de l'avatar holographique d'Alex, ainsi que son haut-parleur, l'empêchant ainsi de percevoir le monde extérieur ou d'émettre la moindre complainte. Étant donné qu'il était coincé dans cet état, il se contenta d'attendre que tout revienne à la normale, à priori, rien de mal n'allait arriver.
Il estima qu'il avait une demie-heure privé de ses sens. Lorsqu'il se réveilla, l'androïde était bel et bien dans son corps physique, sous sa forme robotique. Shara avait visiblement l'air très satisfaite de son travail au vu du grand sourire qu'elle affichait, sourire qu'Alex n'aurait pas espéré apercevoir quelques heures plus tôt. Il commença à tester son corps, à vérifier l'état des articulations et des divers circuits cinétiques qui le parcouraient en tapant légèrement sur son blindage avec la télécommande de la télévision. Il en profita pour recalibrer ses ailes et son viseur infrarouge.


-Alors ? Tu en penses quoi ? J'ai fait en sorte d'optimiser au mieux tes performances et tes dépenses énergétiques, tes réacteurs sont équipés d'un meilleur système de refroidissement et surtout... vérifie les parties mobiles sur ton blindage...

Au ton de sa voix, elle semblait préparer quelque-chose. Alex évalua les mécanismes de surface et se rendit compte que certaines parties du blindage étaient divisées en plusieurs parties mécanisées. L'androïde leva son avant-bras droit devant son œil et activa les systèmes, ce qui déplaça des plaques placées symétriquement de chaque côté du membre, révélant des nœuds de circuits cinétiques placés juste au-dessus de son squelette. Il lança un diagnostique général de sa structure et comprit l'utilité de ces parties mobiles. Ce furent celles placées le long de ses doigts qui lui mirent la puce à l'oreille : Il s'agissait d'une forme d'« aération », un peu comme pour les systèmes de ventilation prévenant la surchauffe de certains appareils. En clair, l'excédent d'énergie cinétique qui avait presque fait éclater son doigt lorsqu'il avait tenté sa manœuvre contre l'ange allait désormais être évacué par cette ouverture, ne laissant que la partie effectivement projetée, et donc inoffensive pour Alex, dans la zone de concentration.


-Cette manœuvre était beaucoup trop efficace pour que je ne fasse pas en sorte que tu puisses l'utiliser en toute sécurité. Ceci dit, je te déconseille de t'en servir pour évacuer les surplus d'énergie que tu absorbes, ton blindage est bien plus efficace et tu mets tes circuits à nu en utilisant tes stabilisateurs de charge. En clair, sers-t-en juste pour tirer, tu bénéficieras déjà d'une portée largement supérieure pour tes ondes de choc.

Alex se rendit soudain compte de quelque-chose : s'il avait des stabilisateurs de charge sur les mains, à quoi est-ce que pouvaient lui servir ceux sur ses avant-bras ? D'ailleurs, ils étaient les seuls à exposer un nœud de circuits, autrement dit, une surface où l'énergie circulait énormément. S'il s'amusait à évacuer son excédent de charge par ces nœuds, il perdrait toute la puissance de ses tirs.
Shara le regarda, amusée, elle savait ce qu'il pensait en le regardant examiner ces points visiblement sans grand intérêt, et connaissant l'intelligence de son androïde, il n'y avait aucun doute sur le fait qu'il savait qu'elle ne laissait rien au hasard et que ces ouvertures avaient une utilité.


-Je savais que tu trouverais l'erreur. Ce ne sont pas des stabilisateurs !

Elle afficha un léger sourire qui donnait l'impression qu'elle préparait encore une surprise. Passant son doigt sur une icône de son écran holographique, elle désactiva le mode furtif du fameux drone qui venait d'amener une grosse boîte noire visiblement gavée de systèmes électroniques.


-Ca, c'est mon petit cadeau pour te récompenser de ta promotion !

Elle toucha une autre icône, ce qui déclencha l'ouverture de la boîte mystérieuse. Les faces latérales se séparèrent comme une porte à double battant, dévoilant une paire d'objets métalliques, dont l'esthétique rappelait sans hésiter celle des androïdes Agis, enchâssés dans la partie intérieure des faces. Les appareils d'environ quatre-vingt-dix centimètres de long pour une vingtaine de large, étaient d'une forme à peu près cylindrique, surmontés d'un blindage noir divisé en plusieurs parties, à la forme très aérodynamique. Au sommet du cylindre se trouvait un orifice dont les dimensions indiquèrent clairement à Alexander qu'il s'agissait d'un emplacement destiné à accueillir un bras.
Et soudain, il comprit, il ouvrit le blindage de son avant-bras droit et plaça ce dernier dans l'orifice jusqu'à ce que ses systèmes lui indiquent que la connexion avait été établie. Il sentit sa main se figer pendant un moment, puis le mécanisme du gantelet se mit en route. Les différentes parties du blindage s'agencèrent de telle sorte qu'Alex puisse bouger librement son bras, et cinq doigts d'à peu près deux fois la longueur et l'épaisseur des siens se mirent à bouger comme s'il s'agissait de sa vrai main. Les doigts, bien qu'épais, gardaient un profil relativement fin par rapport à leurs dimensions et se terminaient par des extrémités pointues, sûrement destinées à interagir plus facilement avec son environnement en dépit de leur taille imposante. Alex était maintenant connecté à cet étonnant gantelet et enregistrait toutes ses propriétés dans sa base de données : Circuits cinétiques, réacteurs pouvant déployer une poussée suffisante pour atteindre les 700Km/h en autonome, et mach 2 une fois équipés, systèmes de pilotage autonomes, connexion permanente à leur propriétaire, blindage renforcé, puissance mécanique supérieure. Il s'agissait littéralement d'un gantelet de puissance armé de réacteurs et de la technologie qui constituait l'atout majeur d'Alex.
Il s'équipa du second et commença à donner des petits coups dans le vide en évitant d'abîmer le mobilier. C'était bien ce qui lui semblait : ils étaient TRÈS lourds. Il ne disposait pas de la réactivité qu'il pouvait avoir en se battant à mains nues.


-Ce sont des gantelets d'armement auxiliaire anti-blindage. En situation de combat réel, ils peuvent te protéger de gros impacts, mais ils servent surtout à affronter des adversaires lourdement équipés. Une fois que tu leurs transmets de l'énergie, ils te permettent de démultiplier la puissance de tes coups. Les réacteurs sont là afin d'ajouter un surplus de puissance, ou bien pour accentuer tes accélérations en vol comme indiqué dans les données qui y sont chargées. Maintenant que tu les as connectés à tes circuits, ils peuvent te localiser peu importe où tu te trouves et s'envoler pour te rejoindre de façon totalement autonome, ou bien aller à des coordonnées que tu leurs indiques. Ceci dit, je te conseille de les placer dans un endroit où ils ne feront pas trop de dégâts en décollant, ils restent des engins pouvant atteindre de très grandes pointes de vitesse et sont à priori capables de traverser un mur en béton. Et, à priori, les ennemis nécessitant que tu les actives ne devraient pas être très mobiles, alors leur masse ne devrait pas poser trop de soucis.

Elle activa le drone qui commença à sortir tous les appareils désormais dans une forme adaptée au transport, de l'appartement. La machine laissa simplement la boîte destinée à accueillir les gantelets là où elle était. Shara éteignit son ordinateur et se dirigea vers la porte sans plus de cérémonie. Alex repassa sous sa forme humaine et la vit s'arrêter juste avant de sortir.


-Personne ne peut savoir de quoi l'avenir sera fait, mais crois-moi, Alexander, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu puisses le rendre radieux. Rien ne me rend plus heureuse que de savoir que j'ai créé une personne aussi pure, aussi noble que toi. J'espère de tout cœur que tu pourras un jour trouver ce que tu cherches.

Il savait très bien ce qu'elle voulait dire. Ce qu'il cherchait, depuis tout ce temps, c'était l'Humanité. Ce qu'il désirait par-dessus tout, et qu'il ne venait de réaliser que maintenant, c'était s'émanciper de sa condition de machine, afin de pouvoir devenir un véritable héros, et pas une simple sentinelle. Tant de gens qui le croisaient dans la rue s'adressaient à lui comme à n'importe quel être humain, il voulait se prouver à lui-même que ses idéaux provenaient de lui-même, et pas d'un simple programme implanté dans son esprit.
Il se retrouva seul, au milieu du salon, au milieu du silence...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

What does it mean ? to be human ? [One-shot]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Heroe's SUP :: La ville :: Le centre ville-
Partenaires
bouton partenariat

Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit