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Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+]

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MessageSujet: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Lun 7 Aoû - 8:33

Rappel de la mission :
 

***

Une statue mouvante évolue en direction du point de rendez-vous.

Il s’agit évidemment de Canacé.

La grande et froide icône est en tenue de guerre : pantalon, bottes, gilet, mitaines militaires. L’héroïne porterait bien la casquette si sa crête osseuse pouvait lui laisser pareille occasion. Elle ferait sans, malgré son goût pour l’apparat. Elle n’avait pas froid : toute sa combinaison ne servait en fait à rien. Mais c’était pour le plaisir du geste, pour faire croire aux autres que l’homoncule partageait leur goût pour les uniformes sévères.

Son attitude, plutôt, faisait tout le travail : elle avançait vers l’hélicoptère comme une ennemie.

Pas de stress à avoir, cependant. Canacé était dans son fief, son bastion composé d’amis, ou plutôt, de collègues.

Il ne lui restait plus qu’à croiser l’autre. La machine, le héros.

Celui dont elle jalousait le rang…


Canacé était en avance, en fait. Elle n’avait pas vraiment dormi. Elle avait fait des choses, à la place. Un peu n’importe comment, mais ce n’était pas grave : l’essentiel était de calmer ses ardeurs, pour ne pas être déconcentrée en mission. Elle avait déjà faim, cela dit, parce qu’il était impossible d’éteindre ces pulsions pendant plus de quelques heures. Une longue et infinie bataille inutile, ou un prétexte finalement : Canacé ne se plaignait absolument pas de sa situation.

Elle avait dû faire un détour auprès d’un vieux marchand d’épave. Un petit commerce des bas quartiers. Un endroit où elle s’y sentait à sa place…

Contre quelques sous, Canacé s’était procurée une de ces vieilles machines terrestres, passées de mode, uniquement prisée par les collectionneurs, si son modèle était encore reconnaissable…

Elle l’avait mangé en son entier. Et après, elle s’était essuyé le menton, pour chasser la poussière dans un mouvement nerveux, alors que ses mains étaient encore plus sales que ses lèvres.

Puis elle était partie au travail.


Une suite de mots clés défilait dans son petit crâne pendant qu’elle se nettoyait la face avec un gant de toilette. Elle s’empara d’un paquet de clope situé non-loin, qu’elle malaxa (broya ?) à la façon d’une boule anti-stress.

Les cigarettes prenaient chez Canacé la place de ses brosses à dents. De ses produits de beauté, de ses shampoings. De son matériel de premier secours.

Elle n’avait pas de carte de fidélité, alors qu’elle consommait comme une plus-qu’esclave.

C’était pire que de la dépendance, c’était de l’asservissement consenti.

Encore une fois, ce n’était pas grave.

Elle mordit dans le carton, et le dépeça, petit bout par petit bout, pendant qu’elle préparait ses affaires.

Si elle prenait des rations de survie, ce n’était que pour se servir des boîtes. Des vieilles bricoles, déjà utilisées, auxquelles Canacé donnait une seconde vie en les gavant de pilules, de morceaux de bois, de pierres surtout, et de cigares.

Quelques bandages, tout de même, mais ce n’était pas pour elle.

La mission qu’on lui avait assignée supposait qu’il y aurait forcément des blessés. Preneurs d’otage, prisonniers, qu’importe : des deux côtés il y avait des victimes. Des vivres, peut-être… Oui, il fallait prendre quelques vivres.

Autant profiter des moyens que le Gouvernement offrait pour ses bons petits soldats, de toute façon.

Le partenaire de Canacé ne mangeait pas, lui non plus. C’était une espèce d’androïde, une grande boîte de conserve articulée, avec une médaille posée sur le torse.

Canacé voulait cette médaille, et ce n’était que chose légitime : la justicière et l’objet partageaient la même couleur. Mais peut-être pas la même valeur, et c’était bien ça qui posait problème.

L’héroïne ferma son grand sac, et, cigarette au bec, prit le chemin en direction de l’hélicoptère qui n’attendait plus qu’elle.

Elle connaissait un peu son camarade de légende, à travers les journaux, mais ce n’était pas quelque chose de convaincant : Canacé savait comment cela fonctionnait.

Elle attendait plutôt de le voir pour de vrai, afin de discuter avec ses tripes. Il ne devrait plus tarder maintenant.


Dernière édition par Canacé Flamel le Lun 14 Aoû - 23:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Ven 11 Aoû - 17:00

Alex avait passé la nuit au centre Joker. Pourquoi, me demanderez-vous ? et bien parce qu’il s’agissait de sa première mission en duo avec un autre héros. Et pas n’importe lequel.
Il avait entendu parler de Drake, au détour de discussions du personnel du centre. Il ne l’avait jamais croisée, mais avait eu vent de sa force et de son efficacité… elle n’était pas du genre à faire dans la dentelle.
Cependant, il y avait un trait que les deux héros partageaient : ils n’étaient que des constructions, que des êtres artificiels élevés parmi les humains : un homoncule, né de l’argile, façonné par l’alchimie, né sur la Terre, et un androïde, fait de métal, construit quelque part dans l’espace.
Pain avait donc voulu se renseigner plus en profondeur sur sa collègue, apprendre ses points forts et faibles, étudier son don. Il était donc entré dans la base de données du centre et avait consulté son dossier, des archives de reportages où elle apparaissait, ainsi que des vidéos sur Internet filmées depuis la foule. Tout ce qui lui était accessible lui fournissait une base afin de comprendre quel genre de personne elle était.
C’était une guerrière, qui exultait au combat, qui se complaisait dans la gloire. Là où Pain préférait être discret au niveau des médias malgré le fait qu’il ait été reconnu par le passé comme une force de frappe majeure au sein des Jokers, puis qu’il ait été promu en tant que Légende grâce à ses capacités de combat et sa prouesse d’avoir évité une catastrophe diplomatique de grande ampleur, Drake semblait toujours chercher à s’afficher, à entretenir son image, elle semblait chercher à ce qu’on la remarque. Il devait très certainement y avoir une raison à cela, sans doute un attrait pour les richesses ou la célébrité. Cependant, il fallait reconnaître qu’elle était douée dans ce qu’elle faisait.
Plusieurs rapports anonymes provenant de civils témoignaient également d’un léger souci d’agressivité, le plus souvent verbale. Ainsi, selon les dires de ces personnes, Drake était une personne à fort caractère, et qui ne supportait pas l’autorité. L’androïde prit cela en compte dans sa conclusion qu’elle pourrait éventuellement se montrer imprévisible, ce qui pouvait représenter un réel risque lors de l’extraction des otages.
Concernant ses aptitudes au combat, Pain ne pouvait que constater ses performances. Elle avait à plusieurs reprises terrassé des groupes de dotés , et les quelques vidéos montrant sa façon de se battre la présentaient comme un combattante-née, particulièrement douée avec ses poings bien qu’elle soit présentée comme armée.
Plusieurs heures passèrent, l’androïde avait conscience du temps qui passait, et avait conscience qu’il devait organiser son temps de telle sorte à ce qu’il puisse avoir de l’avance en arrivant au point de rendez-vous. Une heure avant le départ, il se leva de son fauteuil, éteignit l’ordinateur et se dirigea vers l’infirmerie du centre. Il y récupéra des bandages, préférant éviter d’avoir à utiliser des vêtements sales pour arrêter d’éventuelles hémorragies, et en profita pour remplir deux grandes gourdes d’eau, mettant ensuite le tout dans un sac qu’il avait pris soin d’emmener avec lui.
Repassant sous sa forme humaine, vêtu d’un pantalon cargo,, d’une paire de rangers, d’un T-shirt noir des Pink Floyd avec le logo plus que célèbre de Dark Side of the Moon moulant les contours de ses muscles synthétiques, et d’une veste en cuir brun usée qui avait autrefois fait partie de la garde-robe son père, il sortit du complexe et enfourcha sa moto avant de partir en vitesse vers l’aire de décollage.
Arrivant aux abords de la forêt, il aperçut l’hélicoptère de combat mis à leur disposition par le gouvernement. Alexander gara son véhicule à une centaine de mètres environ de l’appareil et activa un petit gadget de sa conception : un antivol à base de décharges électriques placé à l’intérieur de sa moto et qui garantissait que toute personne tentant de la toucher sans avoir la télécommande adéquate se prenne un méchant coup de jus.
L’androïde décida de la jouer naturelle, il imaginait bien comment fonctionnait sa collègue au niveau de ses rapports sociaux : il fallait être cash, pas nécessairement montrer qu’on en avait une plus grosse qu’elle, mais au moins montrer qu’elle devait vous respecter.
D’ailleurs, en parlant de collègue, il venait de l’apercevoir, elle était en train de prendre place dans l’hélico. Sa tenue était étonnante par rapport à l’armure qu’elle portait sur les vidéos que l’androïde avait pu voir, mais cela semblait normal étant donné la nature de la mission, qu’elle choisisse une tenue un peu plus discrète et moins encombrante. Pain prit place sur un siège en face d’elle, posant son sac à côté de lui et fermant la porte au passage. Maintenant, il était temps de faire les présentations, il était intrigué par cette créature qui, d’une certaine façon, était comme lui.
Il lui serra la main.

-Drake, je présume ? Je suis Pain, enchanté de pouvoir coopérer avec vous durant cette mission, j’ai eu l’occasion de collecter quelques données sur vous avant de partir et je dois dire que j’étais curieux de vous rencontrer.

Il avait adopté un ton relativement sympathique, et était resté sous forme humaine, non pas afin de ne pas être intimidant, mais plutôt pour éviter d’avoir l’air d’une personne cherchant à se montrer imposante. Alex avait cette faculté à pouvoir comprendre les émotions et à pouvoir faire en sorte de les simuler à peu près, mais il se rendait compte qu’il manquait toujours quelque-chose qui empêchait sa façon de parler d’avoir l’air authentique, ça ne se remarquait pas la plupart du temps, mais en tête-à-tête, il ne savait pas s’il pouvait cacher ce défaut efficacement.
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Lun 14 Aoû - 23:54

Elle le regardait faire. Aller, venir. S’installer en face d’elle avec une démarche peu hostile, relever le menton pour croiser son regard, afficher une espèce de sourire, puis lui tendre la main.

Et lui parler.

Il n’y avait eu aucune chaleur dans leur accolade : pas un héros ne fut en mesure de rattraper l’autre sur ce coup. Les deux entités ne pouvaient en venir qu’à ce constat relativement amer : pour s’en tirer, il fallait parler. Ceci dit, Alex l’avait bien vite compris. C’est pourquoi Canacé le laissa faire, sans envier un seul instant sa bienveillante initiative.

Ils étaient déjà en altitude, mais ils ne sentirent à aucun moment l’emprise du froid. L’hélicoptère était bien isolé, et eux-mêmes, également.

C’est en notant l’apparence avec laquelle la Légende la saluait que l’homoncule se rappela que son camarade disposait de plusieurs facettes. Deux, cependant, ça ne faisait pas beaucoup. Canacé trouvait intéressant de savoir combien Alexander était capable d’en accumuler en-dessous de sa peau artificielle. Peut-être qu’il n’en avait tout simplement pas, qu’il était une personne solide et entière vis-à-vis de ses opinions. Qu’il n’avait besoin que d’une belle armure et rien d’autre…

Dans ce cas, les deux justiciers auraient beaucoup à apprendre l’un de l’autre. Avoir un autre corps, aux proportions et aux qualités excessivement exagérés, ça c’était un plan qui faisait naître des étoiles pleines d’envie dans les yeux de la justicière en argile. Le genre de service que l’on peut sans doute s’offrir lorsque l’on est une Légende. Ou bien était-ce le fait d’avoir une version de soi différente et améliorée qui permettait d’atteindre ce titre placé au-delà des astres et de tous les nuages ? Pourquoi pas. Mais dans ce cas la tâche s’avérait difficile : Canacé ne savait même pas voler.

Cela dit, son choix était vite fait. L’héroïne avait besoin d’apprendre, aussi elle comptait mettre toutes les chances de son côté afin d’enregistrer les conseils et cas pratiques judicieux que voudrait bien lui transmettre Alex’. Faire de lui un modèle, ou un moyen d’atteindre plus rapidement une position bien confortable, peu importe : les deux mots commençaient pareil…

« Moi aussi, je voulais vous rencontrer, et voir ce dont vous êtes capable de mes propres yeux. »

En lui répondant, Canacé avait la fermeté d’un jury d’examen. Pourtant, sa mine n’était pas fermée, et encore moins grave. Elle était sérieuse, bien consciente qu’elle n’était pas là à l’occasion d’un petit voyage bucolique avec le robot, avec son panier pique-nique sous le bras et sa nappe prête à être déployée sur la verte pelouse d’une colline verdoyante. Ici, il était question d’ennemis, d’otages, de batailles et de guerre. Un planning idéal pour les deux puissants moteurs de destruction engagés par le gouvernement.

Pour ne pas avoir envie de sauter au cou du garçon afin de lui faire l’amour, l’homoncule reprit plusieurs pilules. Elle les mâcha longuement plutôt que de les avaler d’une traite, afin d’occuper un maximum son esprit. La matière constamment concassée par ses mâchoires devint rapidement un bruit de fond. Cela ne sembla aucunement déranger le grand héros, ni même le pilote du véhicule, qui avait lui aussi une stature bien particulière.

Comme ce n’était qu’un élément annexe, la justicière préféra se concentrer sur la machine qui faisait l’objet de son obsession.

« Et à part moi, vous avez des informations fraiches à propos de notre affaire ? »

Elle disait ça entre deux bouchées, avec une articulation parfaitement claire, performance qu’elle pouvait accomplir avec brio grâce à ses innombrables entraînements, comme lorsqu’elle commandait des pommeaux de douche par téléphone en parlant la bouche pleine, ou durant ses entretiens via webcam où personne ne remarquait qu’elle était en train de se flatter l’entrejambe avec un vibromasseur. Un véritable travail d’équilibriste.
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Ven 18 Aoû - 1:17

Les deux héros se jaugeaient mutuellement, chacun voulait savoir de quoi était fait l’autre, au sens figuré bien entendu…
Alex cherchait à comprendre ce qui motivait Canacé, il se demandait comment elle pensait, il se demandait ce qui l’avait poussée à prendre le chemin de l’héroïsme.
Quant à Canacé, Alex imaginait dans un coin de son très vaste esprit toutes les pensées qui passaient probablement par sa tête. Il ne faisait aucun doute, au vu de la façon dont elle se faisait remarquer, et de l’efficacité dont elle faisait preuve, qu’elle aspirait à devenir une Légende, et elle voyait sûrement Pain comme un moyen de se hisser à leur niveau d’une façon ou d’une autre. Il ne détectait aucune animosité de sa part, en tout cas dans sa gestuelle et ses expressions faciales, ce qui indiquait qu’elle savait faire preuve d’une humilité relative, après tout, une personne avec un ego un peu trop développé aurait très bien pu prendre mal le fait de se voir attribuer comme camarade de mission un héros que le rang et les actes désignaient comme supérieur, ce qui aurait relégué n’importe quel justicier au second plan.
Pourtant, Alex savait que l’homoncule disposait d’un immense pouvoir latent, il l’avait vue à l’œuvre à travers des vidéos, elle n’avait sûrement jamais eu l'occasion d'atteindre ses propres limites.
La question était de savoir où se situaient ces limites, voire même de déterminer si elles existaient ou non. La Légende s’était déjà demandée si elle en avait elle-même, ou si son évolution pouvait se dérouler indéfiniment. Après tout, rien que le fait de faire sauter son inhibiteur de violence et de se servir de sa force auparavant restreinte avait fait prendre conscience à Alex qu’il disposait d’une puissance de destruction qu’il n’avait jamais soupçonnée jusqu’ici.
En tout cas, ce que l’androïde percevait clairement dans ses propos et sa façon de les énoncer, c’était sa détermination. Elle n’était pas là pour faire mumuse, elle voulait des résultats, elle voulait constater d’elle-même la force d’un héros de la trempe d’une Légende.
Pain savait qu’il n’avait pas l’expérience du Laughing Jack dans le métier, il réfléchissait encore trop comme une machine de défense et pas assez comme un véritable héros bien que la balance se soit légèrement rééquilibrée récemment, il imaginait aussi qu’au vu de son statut de seul héros digne jusqu’à il y a peu, il en avait très certainement bien plus bavé que l’androïde. Si Pain était conçu pour être un héros, il ne faisait aucun doute qu’il lui manquait le savoir-faire que l’on acquérait avec le temps et l’apprentissage, et que la Légende fantastique possédait en plus grande quantité que lui.
Cependant, il restait digne de figurer parmi les cinq grands héros de Laurel et des Etats-Unis, il n’était plus un Joker et devait par conséquent montrer l’exemple car il était un symbole aux yeux des citoyens de Laurel, de la nation, et même peut-être du monde héroïque tout entier.
L’androïde remarqua la consommation de pilules de l’homoncule. Il se demandait ce qu’elles contenaient, mais au vu de sa façon de les mâcher sur la durée comme des chewing-gum, elles devaient probablement lui fournir un moyen de se libérer d’une quelconque forme de stress. Alexander assimila cette action à une façon de palier à une addiction, un peu comme la boulimie présente chez certains anciens fumeurs. Les addictions pouvaient révéler des fragilités mentales, l’androïde le savait, et nota qu’il fallait faire attention à la façon dont sa collègue consommait ces pilules.
Mais il était vrai qu’au-delà de leurs personnalités et de leurs motivations respectives, il y avait un sujet bien plus important : la mission. Ce fut Drake qui le lui rappela. Il n’avait pas d’informations supplémentaires par rapport à ce qu’on lui avait fourni, la mission était top-secrète jusqu’à ce que les héros la mènent à son terme et aucun renseignement n’avait fuité. Ceci dit, avec les éléments dont il disposait, il en était arrivé à un début de conclusion :

-Malheureusement, le reste des données sur la mission est confidentiel, même pour nous. Il nous faut donc supposer que les otages ne sont pas n’importe qui, et qu’ils sont sûrement d’une importance capitale pour le gouvernement qui semble vouloir dissimuler leur identité. Si l’on suit cette idée, cela signifie que les preneurs d’otages recherchent quelque-chose de précis, et que le gouvernement ne tient en aucun cas à ce qu’ils l’obtiennent. Dans ce cas, le fait que nous ayons été envoyés ici ne peut vouloir signifier que deux choses : premièrement, ils tiennent absolument à récupérer les otages vivants du fait de la valeur de ce qu’ils possèdent ou savent, et deuxièmement, ils savent qu’ils ne peuvent pas y arriver sans nous, ce qui signifie qu’ils estiment que même l’armée et les services secrets ne disposent pas des moyens nécessaires pour mener à bien cette mission. Il y a fort à parier que nous aurons affaire à des dotés ou à une technologie extrêmement développée.

Ce qui expliquerait le déploiement des engins de démolition connus sous le nom de Pain et Drake. L’armée ne disposait sûrement pas de la puissance de feu, ni des aptitudes nécessaires à la réussite de cette opération, il fallait donc faire appel à de la meilleure qualité en moins grande quantité. Et ils faisaient tous deux partie des meilleurs lots sur le marché.
L’androïde pouvait voir les montagnes se dessiner à quelques kilomètres à travers la vitre. Il allait bientôt pouvoir vérifier son hypothèse.
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Sam 21 Oct - 21:55

Les remarques du garçon en métal arrachèrent un grand sourire à la justicière.

C’était toujours agréable de recevoir quelques petits compliments cachés sous cette explication bien claire de la situation. C’était la rançon de la gloire, le salaire du professionnel obsédé par le résultat et la compétence.

En revanche, la rétention d’informations était vue par l’homoncule comme un délit. On ne plaisantait pas avec ce genre de choses, pas quand les enjeux étaient aussi importants.

Comment allait-elle faire pour parler à ses supérieurs sans leur dire « c’est de votre faute » si jamais il y avait un pépin…

Il allait falloir redoubler d’ardeur et d’assurance, voilà tout. Prouver encore une fois que l’on méritait ce satané titre, et se complaire dans le fait que l’on était ici pour servir. Soit.

L’hélicoptère descend mais le moral reste haut. A aucun instant Canacé ne lâche le regard de son partenaire.

« A nous de leur apprendre qu’on ne se soustrait pas comme ça à la justice… »

Le sourire de l’héroïne a quelque chose d’ironique et d’amère, mais il est teinté d’une arrogance si hideuse que le tout formé par cette expression s’associe plutôt à une sorte de motivation maladroite.

En tout cas, cela se fait sentir qu’elle a envie de fracasser des bouches.

La violente vérifie encore une fois ses affaires. Elle veut être sûre que l’opération sera parfaite. Que les deux icônes, les deux figures de génie, vont pouvoir correctement s’exécuter dans une coordination irréprochable afin d’arrêter, neutraliser et surtout détruire les rebelles qui osaient s’en prendre au tout puissant système. Ils allaient être écrasés.

C’est en se disant cela que Canacé pose un pied sur la terre. Cela se fait dans un bruit net, et l’homoncule se dresse de toute sa taille, pour faire face à la montagne.

Son menton est légèrement relevé en signe de provocation et de supériorité. Ces étendues irrégulières ne lui font pas peur.

« Dites-donc, fait-elle d’un ton mesuré parce qu’il faut bien vouvoyer un supérieur, vous disposez d’un matériel de camouflage quelconque ou il faudra ramper au sol comme des bêtes ? »

Canacé est hilare en disant cela, comme si la deuxième proposition faisait bien plus que la tenter. En fait, elle cherchait presque à ce que Pain confirme ses envies pour pouvoir faire quelque chose de son corps qui prenait si facilement la poussière.

Se comporter comme un monstre, à la fois par nécessité et par jeu. C’était un bon plan, ça… Vraiment un très bon plan. Surprendre l’ennemi avec une stratégie inhabituelle. Fondre sur sa gorge comme un lion sur sa proie. Tirer le corps dans les broussailles, répéter l’opération, gagner, sauver des vies et avoir de l’argent.

Cependant, du point de vue de la réalité, les deux gus venaient à peine d’atterrir sous le regard bienveillant du pilote, aussi expert que discret, et rien ne garantissait encore qu’ils allaient disposer des moyens et de la stratégie qui leur permettraient de briller de mille feux, ce qui n’empêchait pas Canacé d’observer l’île et de s’y considérer déjà comme au sommet.

En vérité, elle espérait secrètement que les méchants n’étaient que des abrutis moyennement armés qu’elle allait pouvoir pulvériser en deux coups de cuillère à pot. Ça avait toujours son effet de se faire tirer dessus sans rien sentir lorsque l’on venait au secours d’une masse de civil.

Le genre d’anecdote qui faisait fureur dans les journaux…
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Mer 25 Oct - 22:58



■ SPOILER ALERT! -INTERVENTION PNJ ♥ ■

Le soleil encore bas sur les monts éclair leurs pentes escarpées. La base ennemie n’est pas encore visible et ne le sera que quand vous aurez franchi le col des pics vous surplombant.

Après vous avoir déposé à bon port l’hélicoptère redécolle pour vous laisser à votre tache. Il est prévu qu’il revienne à ce même point, demain à midi pile.  

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Je suis le Papa des meilleurs poussins de l'univers! *-*

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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Sam 28 Oct - 0:25

Alex sentit l’hélicoptère ralentir, puis descendre, ils étaient arrivés. Drake était visiblement déjà d’attaque pour leur mission, et sa tirade le montrait bien. L’androïde discernait dans son expression la soif du combat, elle cherchait un affrontement glorieux. Ses paroles servaient surtout à donner un côté théâtral à la chose. Non, l’homoncule n’était pas franchement héroïque, elle avait plutôt l’âme d’un guerrier, et un guerrier a faim de conflit et de violence.

Pain savait que c’était à lui de la remettre sur le droit chemin. Au niveau talent, rien à redire, elle était véritablement efficace de ce qu’il en savait, mais au niveau moral, c’était un autre problème. La Légende prit son sac et sauta du transport en suivant sa coéquipière qui était déjà prête à se diriger vers la base. Il était toujours sous forme humaine, par souci de furtivité.
Et d’ailleurs en parlant de furtivité…

-La deuxième solution est la seule envisageable, visiblement. Si mes estimations sont bonnes, nous ne devrions pas rencontre de patrouilles durant les premiers kilomètres. Ceci dit, comme je vous l’ai expliqué tout à l’heure, si on nous envoie nous en particulier, c’est qu’il y a une raison, alors restons sur nos gardes.

Il mena la marche.
Lorsque le bruit des pales de l’hélico se dissipa, l’androïde leva le doigt en l’air pour dire à sa collègue de prêter attention et lui fit remarquer un détail concernant justement cette question de la discrétion.

-Vous entendez ?

La question était, bien entendu, purement rhétorique : il n’y avait aucun bruit à l’exception du vent et des pas de Drake.

-Le choc entre mes pieds et le sol est tellement faible que j’absorbe l’intégralité de l’énergie qui en résulte, presque rien n’est transmis dans l’air et par conséquent, aucun bruit n’en échappe. C’est pour cela que je préfère rester devant.

Il continua sa marche, en restant le plus possible à couvert. La vallée dans laquelle ils étaient n’offrait que peu de moyens de couverture à part quelques buissons épars. Mais ils avaient au moins la montagne à proximité, et l’androïde jugea qu’il était préférable de la longer pour avoir un moyen de dissimulation adéquat.

L’avantage des deux êtres était qu’ils ne disposaient pas d’une constitution organique, ils pouvaient marcher pendant des heures comme si de rien n’était. Ces montagnes étaient comme eux : des géants minéraux, immuables et pouvant endurer les agressions du temps plus que quiconque. Le monde semblait s’arrêter à proximité de ces titans de pierre.

Après trois ou quatre kilomètres pour le moins monotones, Pain aperçut au loin la première patrouille, quatre fantassins dans une jeep, ils avaient probablement une radio avec eux, il était par conséquent beaucoup trop risqué de les attaquer, dans le sens où, bien qu’ils puissent assurément les neutraliser en quelques secondes sans attirer l’attention, ils seraient dans l’incapacité de répondre à la radio sans mettre la base en alerte.

Il parvint à trouver un abri derrière des rochers provenant d’un éboulement récent au vu de leur état, et entraîna sa coéquipière avec lui le plus rapidement et discrètement possible. À vrai dire, cette cachette lui permettait également de faire une pause pour l’interroger à propos d’un sujet auquel il avait très sérieusement besoin qu’on lui réponde.

-J’ai besoin que vous soyez honnête avec moi, Drake. Quelles sont vos motivations ? Vous recherchez quelque-chose, et ce ne sont pas les valeurs des super-héros qui vous ont amené à choisir cette voie.

Il vit la jeep repartir là d’où elle venait.

-Si nous voulons être efficaces, nous devons avoir pleinement confiance l’un envers l’autre, et ça passe par comprendre ce qui motive son partenaire, ce qui fait qu’il trouve la force de lutter. Qui plus est, je pense savoir ce que vous attendez de moi, je l’ai lu dans votre regard tout à l’heure : vous voulez que je vous apprenne à vous perfectionner, alors laissez-moi vous aider.

Fini le temps des belles paroles, l’androïde se remettait en route. S’ils avaient croisé une patrouille à cet endroit, alors ça voulait dire qu’ils n’étaient pas si loin que ça de leur objectif, et que par conséquent, ils allaient devoir redoubler de vigilance. Leur situation était relativement cocasse : ils étaient probablement la plus puissante force de frappe des héros officiels, et on les envoyait en mission d’infiltration. Autant tenter de faire passer un bulldozer au milieu d’un stade de foot sans que personne ne s’en rende compte. Cette mission, au-delà de son objectif de sauvetage d’otages, était aussi une occasion pour Pain et Drake de montrer qu’ils n’excellaient pas que dans un domaine.

Pain se devait d’être le meilleur partout.
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Mar 31 Oct - 17:04

C’était ça le super-héros qui incarnait le triomphe de la technologie aux yeux de la ville et du Gouvernement ? Un androïde docile bien prompt à faire des discours naïf sur le vivre ensemble ? Quelle blague… Ce ne fut pas évident pour Canacé de retenir un rictus moqueur devant son camarade Légende, mais elle parvint tout de même à conserver une certaine rigidité dans ses traits, les yeux grands ouverts pour se donner l’air parfaitement concentré.

Ah, mais l’autre zigoto semblait capable de lire dans les regards, alors il allait falloir faire très attention…

Finalement l’homoncule céda quelque-peu et se permit d’afficher un grand sourire aussi spontané que sinistre. C’est cette mine qui accompagna l’espèce de confidence qu’elle adressa à son partenaire, alors que tous deux étaient fébrilement blottis contre un rocher tel des amants en fuite.

« Hin, hin, c’est un test ? Vous n’avez pas déjà tout sur moi dans la base de données contenues dans votre tête ? »

Voyant que le soldat d’acier ne semblait pas convaincu ni amusé, la justicière fut contrainte d’en rajouter avec une voix plus douce, comme une petite anecdote échangée entre deux vieux amis. Mieux valait ne pas se brouiller avec son supérieur, aussi mièvre puisse-t-il être dans sa façon de faire. Après tout, lui aussi nourrissait les institutions de la justice avec de superbes résultats…

« Ce monde manque d’ordre et je suis là pour y remédier. Je veux sauver la veuve et l’orphelin tout comme vous, il n’y a pas d’inquiétude à avoir… »

Pour le coup l’héroïne était crevante d’honnêteté. Après tout, c’était bien vrai : si elle ne venait pas en aide à ce genre de personnes et à toutes les autres formes de civils qui existaient de par le monde, il allait lui être beaucoup plus difficile d’obtenir toutes les jolies choses qu’elle convoitait.

Pas besoin d’en faire la liste, elle était beaucoup trop longue. Tout ce qu’il fallait retenir était la fierté de la justicière envers son gagne-pain et le fait qu’elle ne comptait pas en changer. Ça, même Pain et ses analyses oculaires étranges étaient capables de le comprendre. L’homoncule ne faisait pas beaucoup d’efforts pour s’en cacher, de toute façon. Elle n’avait rien à craindre à assumer cette partie d’elle-même…

Cela dit, il était vrai que les profondes envies de Canacé d’étriper, d’humilier et de broyer les os de ses adversaires étaient un point qu’elle ne devait jamais laisser transparaître, au risque de grandement mettre en danger son image et sa carrière.

C’était ça le véritable défi imposé par monsieur Wallace. Aucun des deux n’était dupe vis-à-vis du comportement de l’autre. Le tout était de maintenir à flot ce jeu de dupes afin que l’héroïne ne puisse pas donner à Alexander de preuves susceptibles de la trahir.

Entre ça et le fait de réussir sa mission d’infiltration, l’homoncule avait fort à faire. A croire qu’elle était en réalité une criminelle se faisant passer pour ce qu’elle n’était pas, c’était assez drôle et à la fois plutôt triste…

***

Le chemin pour arriver jusqu’à la base devenait de plus en plus escarpé. Pain avait beau être au-devant de leur objectif, cela obligeait Canacé à faire preuve de patience afin d’emprunter les mêmes chemins que lui, ou bien ceux qu’il lui indiquait à l’aide de signaux discrets, afin de ne pas se faire repérer.

Ça ne put qu’arracher par moment à l’héroïne une moue contrite. Il l’a prenait pour une bleue ou quoi…

Ah, non, c’était le truc sur la confiance, la communication. L’échange, la prise en compte de l’autre, tout ce genre de concepts complexes.

Quand le bâtiment commença à être en vue, le duo de monstres trouva un nouveau point d’observation, et l’homoncule put engloutir une pilule afin de montrer à son tour ce qu’elle savait faire.

Elle décupla ses sens à la recherche de la moindre information, pour scanner au peigne fin les alentours et deviner les stratégies adverses. Mais, mais…

Tout était calme, si calme… cela donna envie à Canacé de faire claquer sa langue contre son palais, dans un mouvement nerveux. Seulement, en l’absence de salive (car Canacé n’était pas un être humain), sa réaction ne provoqua qu’un bruit mat, un « toc » à peine sonore, semblable à un coup de bec lancé par un pic.

Et puis la justicière se confia à son co-équipier…

« C’est bizarre. Les types en jeep ne sont pas là, et je n’entends aucun bruit de pas aux alentours du bâtiment… On dirait que quelqu’un est occupé à aiguiser quelque chose, mais c’est tout ce que je parviens à percevoir, hmpf. J’aime pas ça. Et… »

Perplexe, presque inquiète, l’héroïne ne faisait plus la maline. Elle n’était plus que dévouée au bon déroulement de sa mission, et sa mine sévère n’était pour elle qu’une façon de manifester de sa détermination sans faille. Ce qu’elle percevait mettait actuellement à l’épreuve cette prétendue force de caractère. Elle reniflait un parfum, un parfum qui prenait aux tripes, qui éveillait les instincts, de façon morbide.

« …ça sent le sang… »
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Sam 11 Nov - 0:57

Elle jouait sur les mots... si l'androïde avait eu des émotions il aurait sûrement été incroyablement agacé par son comportement. Le pire étant que, vu la façon dont elle formulait ses propos, elle avait effectivement raison, et cela ne servirait à rien de tenter de répliquer.

Pain se demandait si Canacé avait toujours été comme ça, il avait en tête bien des scénarios qui justifiaient une telle mentalité, mais même si ça lui semblait être une idée tout à fait acceptable, il avait du mal à comprendre pourquoi elle n'était pas devenue une star du petit ou du grand écran, une lutteuse de haut niveau ou tout simplement une mercenaire. Elle avait même largement de quoi devenir un des plus grands criminels du monde, et pourtant elle restait chez les Jokers. Elle aurait pu se couvrir de gloire de bien des manières, et elle avait choisi la plus éprouvante, pourquoi ?

Au fil de leur progression à travers la montagne, la Légende sentit l'impatience et la frustration de sa collègue monter, bien évidemment, elle n'aimait pas l'autorité, et au vu de la discussion qu'ils avaient eu auparavant, il y avait fort à parier qu'elle ne l'estimait plus autant qu'au début de leur mission.

Il vit Drake avaler une pilule.

Les données sur la justicière indiquaient qu'elle pouvait se nourrir de virtuellement n'importe quelle matière, y compris minérale, et qu'elle accumulait de l'énergie en conséquence qu'elle pouvait utiliser pour amplifier ses capacités déjà exceptionnelles. Elle était aux aguets, ses sens étaient décuplés.

Et ça sentait le sang.

Pain l'avait également remarqué, personne à l'horizon alors que l'endroit était censé être rempli de gardes, quelque-chose ne tournait pas rond.

Pain focalisa sa vision, il disposait d'une vision puissante et pouvait distinguer des objets lointains s'il réglait ses capteurs optiques comme il fallait, mais ça réduisait considérablement son champ de vision. Il n'aperçut absolument aucune forme de mouvement dans la zone. Rien de tout ceci n'annonçait de bonnes nouvelles.

-On avance. Vite.

Il descendit de leur promontoire d'un bond et courut vers la base en restant un maximum à couvert. Au détour d'un rocher, il aperçut une forme qui se révéla être une jeep, du même modèle que celle de tout à l'heure. Sauf qu'à l'intérieur, les soldats avaient un léger problème, problème souligné par la traînée de sang qui se dirigeait vers la base.

Il y avait trois hommes : le chauffeur était encastré au niveau du buste, la tête en avant dans le pare-brise, sa peau déchiquetée par les éclats de verre, il était mort d'un traumatisme crânien.
Le soldat assis à la tourelle arrière s'était retrouvé démembré, seule une jambe était toujours attachée à son tronc, le reste avait été lancé aléatoirement aux alentours, probablement alors qu'ils venaient de se faire arracher.

Quant à celui assis sur le siège passager...

Sa tête avait disparu. Sectionnée.

Les traces sur le sol indiquaient très clairement que le conducteur avait perdu le contrôle du véhicule, leur agresseur avait donc fait son travail alors qu'ils roulaient encore, ou bien il s'était interposé et ils avaient tenté de l'éviter. Dans tous les cas, le résultat était le même : Leur mort avait été inéluctable. Quoi que soit la chose qui leur avait fait ça, elle devait être stoppée au plus vite.
Pain serra le poing, il restait impassible mais se préparait mentalement à affronter ce mystérieux adversaire. Un signal parvint au manoir des Légendes, le retour lui annonça cinq minutes vingt-sept secondes précisément, il allait devoir faire avec ce compte à rebours et optimiser ses actions le temps qu'il se termine.

Les plaques métalliques se mirent en mouvement, bientôt le blindage de jais de l'androïde émissaire Agis classe Ambassador n°0 recouvrit intégralement son corps, laissant place à la véritable apparence de Pain, la Légende technologique, deux mètres-trente de technologie extraterrestre surpuissante, capable d'encaisser un crash depuis la stratosphère et d'y survivre, ayant vaincu un archange en duel, sauvant la planète au passage, il hyper-intelligent, surpuissant et quasiment indestructible : la machine de guerre parfaite.

Et pourtant quelque-chose n'allait pas, il avait l'impression qu'il n'avait pas autant la situation en main que ce qu'il imaginait. La dernière fois que ça lui était arrivé, il avait infiltré une base en Afrique et avait failli faire exterminer une ville entière.

L'entrée de la base était déserte, bien entendu, il fit signe à Drake de s'arrêter quelques mètres avant la porte et pointa un objet situé au-dessus de cette dernière.

-Cette caméra a explosé, et au vu de l'état de la porte, celui qui a fait ça doit avoir une force au moins égale à la notre.

La porte en question était en acier, blindée, de plusieurs centimètres d'épaisseur, sauf qu'elle était devant l'encadrement, au sol, arrachée de ses gonds. Non, décidément quelque-chose ne tournait pas rond.

Pain ouvrit la marche, prêt à réagir à la prochaine attaque. Les quelques lampes encore en état de fonctionner projetaient une lumière blafarde sur un spectacle des plus macabres :
Du sang, et des corps démembrés, mutilés, entassés à travers le long couloir principal. Pain avait peu d'espoirs concernant les otages.
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Sam 9 Déc - 10:22



■ Il faut bien que je m’occupe en vous attendant… ■

Shlack, shlack, shlack. Le bruit de la lame qui découpe avec soin et précision toutes les bonnes tranches de jambon.

Pof, pof, pof, le son des morceaux qui tombent, les uns après les autres, alors que le boucher fait son œuvre, et dispose, un-à-un, toutes les belles parts, les plus belles pièces des créatures découpées par lui et qui désormais se comptent par milliers.

Peut-être un peu plus. Peut-être un peu moins… Cela n’a pas d’intérêt à être précisé. Ce qui importe est la qualité du rendu, la beauté du travail, la couleur de la chair, sublimée, délicatement mise en valeur par les quelques rayons de lumière qui percent les ténèbres, comme un divin soleil qui s’attaque au brouillard.

Les projecteurs sont là, puissants et marqués, et révèlent la performance de l’artiste, tout son étalement d’épluchures, il faut dire qu’il y a passé un certain temps maintenant…

Il s’arrête. Instrument figé dans l’air, à quelques centimètres de son visage, qui goutte, ploc, qu’il goûte, ploc, c’est le goût de l’acier et d’autres substances mélangées. Le fluide coule dans sa gorge, se répand un peu partout, sur ses lèvres et son menton. Il en met de tous les côtés mais c’est parce qu’il est content et que c’est délicieux.

Là-dessus le monstre sourit. Bientôt il ne sera plus seul et d’autres visiteurs pourront constater ce qu’il a réalisé. Il le sait. Ils seront vite là.

Pas de serviette pour se préparer et se donner une bonne image. Pas de discours, pas de vestibule, à peine un tapi, rouge… et quelques rires pour les guider dans leur fabuleuse découverte.

La macabre pantomime est installée. Il ne reste plus que le grand saut, le plaisir des sens, des odeurs, et des yeux…

Encore un coup. Juste un dernier. Pour achever le travail. La cerise sur le gâteau. Le cerveau sur la pile de cadavres. C’est presque pareil, et de toute façon ça se mange quand même.

Plic, ploc. Le cake est poreux. Ça coule de partout, ça fait des flaques, des petites piscines.

Ça pue, et pourtant il se sent grand, libérateur, il marche sur les eaux, et quelques placentas à peine fécondés.

Attention à ne pas glisser. Continuez de suivre, et pliez-vous bien au sens de la visite.

Je suis ici chez moi, et je fais ce que je veux, car c’est ma maison, mon royaume.

J’ai encore tué. Mais j’ai pris le temps d’habiller un peu tout ça, pour que ce soit moins froid. Pour que ce soit un peu plus joli.

Pourtant, en dépit de tout ce système, en dépit de tout cet équilibre, avoir des visiteurs pose un sacré problème.

Leur pas sont assourdissants, et déposent de la terre, des cailloux et des tâches d’huile un peu partout.

Ces vandales saccagent tout…

Je viens voir les deux marioles. Une icône de boue, et une autre composée d’un acier livide, à la mine bien triste.

« Et bien, mes agneaux ? »

Je parle en ouvrant les bras, comme pour former une croix. Je suis heureux même si ce corps me fait mal. Je me suis battu pour le récupérer et maintenant j’ai envie de le lâcher pour aller ailleurs. Il me manque toujours quelque chose.

Je vais sûrement trouver auprès de ces gus quelque source de divertissement, c’est pourquoi je continue de parler. Je souris pour me donner l’air avenant, je veux qu’ils m’aiment.

« Plutôt pas mal non ? J’ai essayé que tout soit prêt pour votre arrivée, j’espère que vous êtes content : plus personne ne menace plus personne. Tous les problèmes qui se déroulaient ici ont été résolus… »

Je les regarde avec insistance car je sens que leur réponse va être cruciale pour moi. J’espère qu’ils sont vraiment heureux. Ça me fera du bien, même si eux, je ne peux pas les manger.

J’ai si honte…


***

C’est un véritable carnage.

Meknes (est-ce vraiment lui ?) se tient debout et vous fait face, béat comme une espèce d’enfant géant.

La lueur malsaine de son regard et sa démarche de pantin sont cependant au comble de la malveillance. Il a l’air d’avoir un atout sous la manche. En tout cas, il ne se comporte pas comme il pourrait le faire d’habitude.

Sa prestance habituelle s’est muée en quelque chose de plus bestial et son cou est voûté. C’est à croire qu’il est peu-à-peu en train de se transformer.

Pain, Drake, que faites-vous ?

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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Dim 28 Jan - 13:10

C’était difficile pour Canacé de parvenir à définir clairement ce qu’elle ressentait.

Faire face à la monstruosité connue de tous qui encore aujourd’hui faisait trembler toutes les institutions terriennes avait de quoi secouer un peu.

Constater de visu toute l’horreur dont elle était capable, toute cette débauche de sang et de violence, c’était impressionnant aussi.

Mais quelque part, faire partie de tout cela, interagir avec les gros morceaux qui façonnaient l’histoire, ça avait de quoi donner à l’homoncule des frissons quasi extatiques.

Elle avait sur le visage un rictus qui mêlait la crainte de la mort à une excitation terriblement palpitante. Elle n’avait encore jamais vu Carnage pour de vrai. Etait-il aussi rapide et dévastateur que ce que les journaux racontaient ? La justicière connaissait le domaine et savait à quel point les informations pouvaient être mêlées au vrai tout en étant exposées avec tous les mécanismes du faux.

En tout cas, peu importe les artifices, il fallait bien dire qu’ici, le méchant ne manquait pas de prestance…

Mais ce côté bestial qu’il avait, qu’il n’exposait que depuis peu si Canacé avait bien compris ce que racontaient les médias, était étrange.

Il avait quelque chose d’un peu bancal. Un côté boiteux qui déforme la silhouette pour lui donner un aspect de monstre de film d’horreur.

Canacé se reconnaissait dans ses traits difformes et c’était cela qui lui faisait peur.

Qu’il puisse exister en ce monde quelqu’un comme elle. Plus riche, plus connu, plus puissant. Plus extrême encore, et capable de gérer les conséquences d’une telle situation.

Pour le coup, l’homoncule faisait moins la fière. Elle n’était pas seule (le puissant Pain était à ses côtés) mais elle doutait pourtant si elle allait pouvoir s’en sortir.

L’ennemi était loin de plusieurs mètres, mais cependant, c’était comme s’il était là, tout proche, son haleine chaude sur la joue, le cou de l’homoncule, sa grande présence, juste à côté d’elle, son sourire ignoble devant son visage et dans toutes ses pensées…

La peur de désirer quelque chose que tout le monde déteste, la peur que cela se remarque…

La mission ! La mission !

Se sauver en pensant à la mission !

Ce chien de criminel avait manifestement massacré tout le monde. Otages comme terroristes, il ne restait plus que de la bouillie.

La mission s’annonçait comme un échec total. La seule façon de se rattraper consisterait à réussir à neutraliser le méchant…



C’était un objectif qui tenait en trois mots.

Ça voulait dire que c’était forcément facile non ?

Et qu’en pensait Alex’ ?

C’est vrai, après tout, c’était à lui que revenait la responsabilité de gérer tout cela.

Alors !

La Légende Technologique était-elle en mesure de trouver une solution pour les sauver tous ? Canacé voulait se persuader que oui.
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Dim 11 Mar - 18:29

S'il s'était attendu à le trouver ici... et maintenant...

En temps que Légende, il connaissait les implications de sa condition : il avait hérité de la mission de ses prédécesseurs, il devait vaincre Carnage. En y repensant, tout cela était empreint d'une pointe d'ironie malsaine. Il n'était qu'une invention parmi toutes celles du peuple contre lequel les Kherrs avaient connu leur première défaite, il était le successeur d'une représentante de ces derniers, une inventrice qui aurait pu créer mille machines comme lui, et il devait faire face à un adversaire qui lui était lié par le sang, en plus d'être l'ennemi ultime des Terriens jusqu'à présent.

Et sa responsabilité venait de le frapper de plein fouet, il ne s'était pas préparé dans l'immédiat à l'affronter, il avait seulement préparé des plans, des dizaines de plans, mais la probabilité de tomber sur lui au milieu des montagnes dans une base perdu était si infime qu'il ne l'avait aucunement considérée. Que devait-il faire dans une telle situation ? Il se savait puissant, mais il doutait d'avoir en lui un pouvoir aussi démesurément destructeur que celui de Meknes 3MAJ. Il avait bien un Joker compétent à ses côtés, mais être compétent ne suffisait pas face à un monstre pareil.

Et puis ce comportement le dérangeait. Pas parce qu'il était malsain, Pain était incapable de ressentir le malaise, mais parce qu'il était trop différent du Carnage qu'il « connaissait ». Quelque-chose avait changé dans sa manière d'agir, il était plus sauvage, plus fou. Que lui était-il arrivé ? Déjà l'androïde était en train d'analyser son langage corporel, le moindre détail sur son corps qui puisse lui permettre d'identifier un quelconque indice pour comprendre ce qu'il se passait.
Au moins, il était prêt au combat, le compte à rebours était dans ses dernières secondes, le « colis » passerait en stand-by jusqu'à ce qu'une décision soit prise. Le temps s'écoulait avec une immense lenteur pour Pain, il calculait avec une telle intensité que la température de ses circuits avait nettement augmenté. Toutes les évaluations étaient correctement calculées, mais le facteur de puissance ne lui faisait visualiser que des échecs. Alors pourquoi cherchait-il avec toute la puissance de ses processeurs une solution pour le vaincre ? Il avait besoin d'une solution, Carnage ne laissait aucun survivant partout où il attaquait. Ils n'allaient pas être l'exception à la règle.

Carnage était plus imprévisible que jamais, Pain avait rencontré très peu de variables inconnues dans sa vie, mais il jouait sa survie et par conséquent la présence d'une des deux seules Légendes sur cette unique manœuvre : il fallait se battre...

-Drake, si vous voulez fuir, c'est le moment. annonça succinctement l'androïde.

...ou mourir.

Un météore de métal noir traversa le plafond pour venir percuter le géant qui se retrouva arrosé de gravats au passage, gravats qui firent gicler le sang hors des cadavres éparpillés un peu partout autour de lui. Puis son jumeau arriva par l'entrée, filant entre les deux héros à quelques centimètres à peine de leurs visages. Pain ne broncha pas jusqu'à ce que le turbo-poing assène un direct dans le sternum de Carnage. La Légende devint soudainement un éclair de jais et de rubis pendant le bref instant durant lequel elle réduisit la distance qui la séparait de son ennemi. Le coup d'Alexander fut délivré avec une telle force qu'il propulsa le Kherr dans le mur qui marquait la fin du couloir, y laissant un cratère et faisant trembler le bâtiment. C'étaient là les conséquences d'un inhibiteur de létalité désactivé à l'instant-même où le héros avait reconnu le némésis des Légendes.

D'après ses calculs, il était désormais trop loin de sa cible pour l'atteindre sans qu'elle n'ait le temps de riposter, et ce temps estimé était ridiculement infime. Pain se remit en position de combat, se préparant à l'agression imminente d'un Meknes 3MAJ qui n'avait rien de commun avec celui qui avait semé le chaos à Laurel auparavant.
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Sam 9 Juin - 16:27



■ Beaucoup de bruit pour rien ■

Hmm. Il y a eu un choc.

Mes ennemis sont encore plus petits vus de là où je suis. Si je plisse bien l’œil, je peux m’imaginer les écraser entre mes doigts.

Je grogne et le bâtiment aussi. Moi, parce que je suis méchant, et lui, parce qu’il a mal.

J’ai encore un peu de brume dans mon esprit et de poussière sur mon armure de vétéran. Je regarde mon gantelet sale, et je me sens loin de chez moi.

Je suis dans un grand bâtiment ravagé que je ne connais pas, et je suis sur le point de me battre contre deux entités artificielles.

Je ne comprends pas. Je n’arrive pas à assimiler les enjeux. Tuer des machines ne compte pas…

Elles ont l’air décidé, leurs yeux brillent et dedans je peux y apercevoir des émotions, mais ce n’est pas normal. C’est sans doute du faux. Ça doit être du faux sinon cela veut dire que moi-même je pourrais me trouver à leur place, et ce serait tout simplement absurde.

Ils sont ridicules avec leurs jouets, leurs déclics mécaniques et leurs traits suffisants.

Les figurines feraient mieux de rester sur les comptoirs, à servir d’occupation pour les petits enfants. A être de la merde fabriquée en série qui n’a de rareté que selon la comédie qui sera faite tout autour afin de faire vendre.

Ce sont des êtres de synthèse, sans attache, facilement remplaçables. Ou pas, d’ailleurs, mais qu’importe, ils ne sont pas uniques. D’une façon ou d’une autre, ils sont reproductibles.

Ça me dégoûte.

Je grogne une nouvelle fois mais cette fois c’est parce que je suis en colère. Je vais les détruire. Je-vais-les-détruire !

Ils vont rejoindre les ciments et la poussière. C’est pas parce que ce sont des tas de gravillons qui parlent qu’ils peuvent se donner le droit de me toiser.

Les pierres chez moi, et l’acier, ce sont des armes ou des jolis bibelots. Et ici, ce que je vois, ce sont des tares technologiques qui vont trop loin. Moi, je ne suis pas là pour jouer à la poupée.

J’ai des choses sérieuses à faire, comme tuer et encore tuer.

Alors par quoi je commence ?

Celui qui se prend pour ce qu’il n’est pas ou la potiche terrorisée ? Le premier est immonde, la deuxième est ridicule et en plus elle ne sait pas parler.

Son silence sera récompensé. Je vais le rendre permanent.

J’arrête d’expliquer.

Je suis déjà derrière la belle et mon gantelet lui brise un bras.

Pourquoi je parle.

Je la frappe une, deux fois, son corps s’effrite, je lui arrache des membres. Arrache ? Disloque ? A-t-elle seulement des articulations ? Je ne sais pas.

Pourquoi je parle ?

Pourquoi j’explique tout ce que je fais ? Je ne le dis pas à voix haute, mais je le dis. Ça vibre quelque part, dans ma tête, ça me dit « fait ça, et ça », mais je le sais déjà, alors pourquoi ça arrive quand même ?

Je n’ai pas de réflexe ? Je suis sous le contrôle de quelqu’un ou quoi ?

Je pulvérise la créature, je fais sauter ses rotules en des millions de petits morceaux. Elle n’a que le temps de rien comprendre.

Son buste tombe à terre avec sa tête. Je ne l’ai pas décapitée. Elle a l’air sympa, comme ça, parce qu’elle ressemble maintenant à une vieille statue antique. Ça c’est ce que j’appelle avoir du charme, un certain style. Maintenant, elle ne peut ni bouger ni parler, et ça me fait bien plaisir.

Même si j’ai encore cette voix dans ma tête, c’est énervant !

Et je n’arrive pas à la chasser. Quand bien même je ferais entrer des vrilles au fond de mon cerveau, je crois plutôt que ça me ferait mourir plutôt que de chasser cette étrangeté qui me parasite.

Je songe encore à la question, mais l’autre est toujours là, cet imbécile.

Il a quoi, un problème avec sa force ? S’il attaquait il risquait de blesser son ami ?

Ah ! Ce sont des soucis d’amateur ça. Moi, je n’ai pas de problème à lancer des missiles sur mes camarades.

Je maîtrise parfaitement mes coups, je sais me débrouiller en équipe ou tout seul.

Parce que je suis… Parce que je suis…

Je n’arrive pas à penser ! Je suis occupé, je dois continuer de combattre parce que je suis bien obligé ! Il y a l’autre qui veut en découdre maintenant ! Enfin je suppose ! J’ai tué son amie ! Tué ? Ce n’est pas certain, est-ce que seulement ses choses peuvent vivre ?

On s’en fiche ! Je vais broyer l’autre et ça sera très bien. Et peut-être qu’après je serais plus tranquille dans ma tête, et qu’enfin, ces insupportables voix qui expliquent tout ce qui est en train d’arriver vont enfin se taire, et je pourrais continuer ce que j’ai à faire en tant que Bloodshed !


***

Meknes a disparu pour surgir subitement derrière Canacé. Il vient de la mettre en pièces après quelques attaques à la violence spectaculaire.

Il a le regard perdu. Il t’observe, Pain, comme un enfant perdu en quête d’un refuge. Un éclat dans son œil indique aussi qu’il nourrit une haine profonde envers toi. La lutte sévère entre ces deux états opposés doit donner de la force au monstre que tu as devant toi.

Il semble attendre un nouveau coup de ta part.

Et pendant ce temps, le buste de Canacé finit de rouler par terre. Ta coéquipière a la bouche entrouverte, la nuque au sol et les traits tétanisés. Ce n’est même pas sûr qu’elle soit toujours vivante.

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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Mar 28 Aoû - 22:17

Le monstre venu d'Havöck se releva suite à sa réception par le mur du fond. Il avait l'air beaucoup trop ramolli par rapport à ce que la Légende savait de lui, comme s'il était victime d'une forme d'ivresse, que quelque-chose inhibait ses mouvements. L'androïde se remit en garde.

-Restez sur vos gardes, Dr...

Alors qu'il semblait pourtant bel et bien ralenti, le colosse se retrouva derrière eux en un instant. Toujours investi de cette agilité supersonique et de la force titanesque qu'on lui connaissait, il pulvérisa le corps de l'homoncule, la transformant en un simple buste complètement figé. L'esprit de Pain se mit en alerte maximale, tous ses récepteurs sensoriels étaient dirigés vers son ennemi qui se tenait face à lui, immobile, le dos tourné vers la sortie.
Le héros évalua ses options : il était dans un couloir fermé derrière lui, et ne pouvait se permettre de détourner son attention un seul instant de son adversaire tandis qu'il devait prendre garde à ne pas endommager le possible centre vital d'une entité dont il ignorait si elle pouvait subsister dans son état actuel. Se souvenant de la porte abattue, il profita de son large champ de vision périphérique pour chercher d'éventuels morceaux au sol, et localisa un gond et quelques morceaux de métal qui se situaient à ses pieds. Adoptant sa posture de combat, il profita du fait qu'il replaçait sa jambe pour subtilement faire glisser le bout de ferraille vers la bouche de la statue d'argile, en espérant que cette dernière parvienne à ingurgiter le métal pour tenter de se régénérer.
Les servomoteurs situés dans les jambes de Pain déployèrent une poussée démentielle, laissant la trace de ses pieds dans le sol du bâtiment, qui permit à l'androïde de presque percer le mur du son en se jetant sur Carnage pour l'éjecter dehors d'un plaquage qui s'étendit sur une centaine de mètres.

L'énergie produite lors de l'impact vint s'injecter directement dans les accumulateurs du géant de métal, il disposait de vastes réserves d'énergie, mais étaient-elles suffisantes contre un être qui avait de toute évidence porté sa condition physique à son ultime et irrévocable limite ? Alexander lui-même ne savait pas où se trouvaient ses véritables limites absolues, il n'avait jamais fait que suivre ses programmes sur les limites de sécurité, et était donc en droit de se demander s'il avait de quoi affronter le criminel le plus puissant de la Terre en duel.

Il vint tâter le terrain.

Une masse métallique s'abattit sur la mâchoire du Kherr à plusieurs centaines de kilomètres par heure, générant une vague d'air qui souleva la poussière autour d'eux. Pain enchaîna un uppercut dans la cage thoracique après son crochet du gauche, puis empoigna la prothèse mécanisée située sur le bras amputé de Carnage avant de décoller à une vingtaine de mètres pour l'envoyer valser au milieu des rochers de la montagne sur laquelle était construite la base.
L'ange cybernétique posa le pied à terre en même temps que ses deux gantelets le rejoignaient, atterrissant à ses côtés, chacun près de son bras respectif. Pain était sur le qui-vive, il attendait la confirmation de la poursuite du combat par Bloodshed. Que lui arrivait-il au juste ?
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MessageSujet: Re: Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+] Dim 18 Nov - 16:58

Canacé n’avait pas mal. Elle ne sentait que très peu l’impact des coups de Carnage sur son corps. Sa condition spéciale lui évitait de devenir folle de douleur mais lui empêchait aussi de perdre connaissance. La violence du géant pouvait ainsi continuer de s’abattre sur elle jusqu’à ce qu’il soit rassasié. Heureusement, cela ne dura pas longtemps.

Heureusement ?

Même si le moment fut court, Canacé avait bien compris ce qui venait de lui arriver. Elle avait beau ne pas être soumise aux mêmes limites que les humains qu’elle imitait, elle conservait cette capacité à penser à toute vitesse lorsque venait une situation de stress.

Chaque attaque soulevait des questions, et des craintes. Elle se voyait être éparpillée. Elle voyait chaque membre tomber, chaque bout, chaque morceau ; elle les voyait s’écraser sur le sol et crier leurs derniers instants dans un bruit mat.

Elle avait été pulvérisée comme une poterie. Ça y est.

Elle n’existait plus.

Dépourvus de ses attaches, et de toute construction solide capable de les maintenir en position, le buste et la tête de la demoiselle s’effondrèrent à leur tour, sans que le criminel n’ait besoin de poursuivre son œuvre.

Il s’était déjà retourné. Il pensait déjà à autre chose, et Canacé restait derrière, absente.

En tombant, elle n’avait pas pu rebondir, comme le font bêtement les restes organiques au moment où leur peau s’oppose à la matière froide sur laquelle ils sont propulsés.

Elle était tombée et elle avait glissé légèrement sur le parterre dans un crissement strident.

Comme un bout de marbre. Comme un vase qui roule sur le carrelage.

C’était la fin du parcours. Elle ne pouvait plus bouger et on ne pensait plus à elle.

Le méchant s’attaquait au plus gros morceau, et bien vite le héros et le vilain s’offrirent ces franches accolades qui ne se partagent que dans le cadre complice du combat à mort dantesque.

Ainsi, Canacé resta seule parmi les décombres et les autres cadavres. Seule et en pièces, seule et humiliée. Elle n’avait même pas droit à la lumière des projecteurs. Les victimes humaines et anonymes étaient investies d’un éclat puissant qui les sublimaient pendant que Canacé traînait avec les débris.

Le plafond était haut. Très haut par rapport à elle.

Le temps que Canacé remarque cela, il n’y avait plus de bruit.

Le grand fracas entre les deux guerriers était passé, et l’action continuait dehors.

C’est là que Canacé s’entendit gémir. C’était comme un hoquet, un second souffle. C’était pathétique.

Le traumatisme de l’attaque avait pris d’assaut l’intonation de la justicière, pour faire de son bruit une plainte tremblotante interrompue par un soupir étranglé de frayeur. C’était à croire que l’homoncule était sur le point de pleurer.

Seulement, il n’y avait pas de caméra. Et c’est cet élément essentiel qui empêcha la créature d’être couverte de honte pour le restant de sa vie.

Il était évident qu’elle avait peur. Elle était terrorisée. Elle était terrorisée et elle ne voulait pas combattre le monstre, surtout si c’était pour se faire briser une seconde fois.

Mais il fallait bien quelqu’un pour appeler la police et la presse une fois que l’affrontement se serait terminé. Il fallait quelqu’un avec de l’allure, pour dire avec suffisance aux journaux : « Tout s’est bien passé. L’ennemi a fui dans les montagnes et nous sommes sur ses trousses » ou quelque chose comme ça.

Il fallait quelqu’un pour annoncer d’une voix grave que la mission avait été un échec, et que Pain manquerait à beaucoup de monde, et surtout à sa coéquipière…

Il n’y avait plus un instant à perdre.

Sans bras ni jambe, Canacé se tortilla afin de mordre dans le premier bout de métal qui se présentait à sa portée. Handicapée comme elle l’était, la manœuvre était difficile, mais sa détermination était telle qu’elle arrivait petit-à-petit sur sa cible comme le plus vorace des zombies hollywoodiens.

L’homoncule n’avait pas dit son dernier mot. Elle ne pouvait pas être réduite à rien aussi vite, non ? Elle était boxer adamant, le golem de Madrid. Bon sang, elle était Hono’ura, et elle devait sortir de sa caverne.

Déjà un bras commençait à repousser. Avec ses nouveaux doigts, Canacé put attraper le bas de son corps pour commencer à le mâcher.

Elle se dévorait elle-même pour pouvoir à nouveau marcher, mais ce n’était que partie remise sur sa confrontation avec le géant. Qu’importe si elle ne remportait pas le combat seule, ou si elle laissait les autres se salir les mains à sa place. Ce qui comptait était que quoiqu’il arrive, elle arrive à tirer son épingle du jeu.
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Peau de terre et peau de fer [Alexander & Canacé] [16+]

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