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Interlude [Solo]

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❝ LOCALISATION : Dans son lit sûrement
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MessageSujet: Interlude [Solo] Mer 13 Sep - 22:14








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« C'est pas comme si j'étais en retard. »

Des mots qui se balancent, comme se cherchant des excuses, comme se dédouanant, comme se justifiant, comme si la situation pouvait alors s'arranger par miracle.

« C'est pas comme si j'avais pas le temps. »

Une porte qui s'ouvre et se ferme, des regards jetés par la fenêtre, un cœur qui se serre, l'attention sur l'horloge, sur la montre, sur le réveil, sur le portable.

« C'est pas comme si l'envie manquait. »

Un petit corps mouillé, glacé, trempé, tremblant, froid, gris, piteux, piaillant, salit, salissant. Non désiré.

« C'est pas comme si le stress montait. »

La grande aiguille qui semble accélérer dès qu'elle n'est plus surveillée, le goutte à goutte du café qui semble ralentir dès que le dos est tourné, la culpabilité qui semble grandir dès que la pièce se tait.

« C'est pas comme si j'étais responsable. »

Un poing qui se crispe.

« C'est pas comme si c'était ma faute. »

Une héroïne ne pense pas ainsi.
Pas vrai, Alice ?

Dans un mouvement brusque, une course violente, un acte enragé, la porte s'ouvre à nouveau, laissant entrer dans son cocon le vent, la pluie et le regret. Ses cheveux se gonflent, sa peau vibre. Ses yeux pourpres croisent deux pupilles toutes foncées et rieuses. Son corps et sa volonté faiblissent de concert, se recroquevillant en boule, la tête calée entre genoux et paumes.

« Je vais finir comme lui... A ramasser le moindre orphelin je croise... »

Le petit être s'agite, prend ces paroles de désespoir pour un signe de bienvenue, d’accueil, de chaleur. Il s'approche, sa queue envoyant valser de part et d'autre des perles de pluies. Il vient coller à ses jambes ses poils humides et poussiéreux, son museau à ses mains, ses pattes à ses bras, son regard au sien.

Dans l'interstice de sa crinière brune, elle l'observe, le juge, se juge, attend.

« C'est pas comme si j'étais en retard. »

Non, le temps, elle ne l'a pas. Elle se redresse d'un air vif, siffle d'une gorgé son café bouillant, noue sa cravate d'une main, brosse ses dents de l'autre, lisse sa jupe, coiffe sa chevelure, enfile chaussures et collants... Dans l'autre sens, abrutie. Manteau sur l'épaule, écharpe autour du coup, parapluie au poignet, sac entre les dents, face à face final avec l'entrée.

Entrée d'où n'avait bougé le petit être, fièrement assit dans l'encadrement et le courant d'air de la porte toujours ouverte.

1 seconde. 2 secondes.

Son souffle ralenti, son soupire bruit.

« C'est pas comme si j'étais en retard... »




« Vous êtes en retard, mademoiselle Tsukito. »

Son sourire fond. Son dos se courbe et s'incline presque à la verticale, bien que ce genre d'us de fasse pas partie de cette société. Sa voix se morfond d'excuses qui ne sont déjà plus entendues. Une main tapote son bras.

Il est trop tard.
Elle a perdu.

On lui souhaite une bonne journée, bien du courage dans sa vie comme dans ses recherches, et lui présente la sortie du bâtiment sans autre forme de procès.

Déçue, choquée, incapable de réfléchir, elle reste prostrée dans la rue. La pluie cogne contre le tissu de son parapluie, contre le sol. Le son de la ville l'assourdit. Le gel gagne ses doigts, mord son visage, déchire ses jambes.

Et la chaleur de la détermination monte et fait rougir ses iris.

Elle a perdu cette bataille. Mais il lui en reste d'autres à mener encore avant de crier sa défaite. Son corps se meut dans un tourbillon de feuilles mortes, l'odeur du froid ne quitte pas son esprit et la force à avancer d'autant plus vite.


2h avant échéance.




(c) ♥

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MessageSujet: Re: Interlude [Solo] Dim 15 Oct - 15:33








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« N'abandonne pas. »
« N'abandonne pas Mitsue. »
« N'abandonne pas Alice. »

Ton heure viendra. Elle vient toujours, tant qu'on prend la peine de l'attendre. La tête haute, le dos droit, le regard vif, la marche sûre, elle continue de se persuader, de se motiver. Ne pas abandonner. Survivre et attendre.

Mais c'est dur, n'est-ce pas ? La pauvre n'est pas habituée aux échecs, aux refus. « Bon courage dans vos recherches. » qu'ils ont dit. Son ego a prit là une sacré frappe d'estoc. Pas encore achevé, mais c'est de la volonté pure dont il va avoir besoin maintenant pour se mouvoir.

« N'abandonne pas. »

C'est ce dont elle a besoin pour le moment. Elle ne doit pas se précipiter, elle le sait, elle le comprend. Elle a un but a atteindre et un rêve à réaliser, et c'est tout ce qui lui dicte sa conduite. Mais pour y arriver, il n'existe malheureusement pas de ligne droite, et ce n'est pas sur sa bonne étoile qu'elle pourra compter cette fois.

Ses doigts se serrent sur la lanière de son sac alors que ses pas la stoppent devant un nouveau bâtiment. Un coup d’œil à sa montre : elle est dans les temps -rater un entretien n'était pas dans le programme. Elle entre, s'avance, se présente, et on lui indique une pièce où se rendre.

La porte qui lui fait face semble la toiser.

« Oh. Ce n'est pas toi le boss final, je ne te crains pas. »




Peut-être aurait dû t-elle la craindre alors. L'un des pires combats qu'elle n'ait jamais eu à mener.

Que pourriez-vous apporter à notre entreprise ? Quelles sont vos qualifications ? Quelles sont vos ambitions ? Vos motivations ?

Ma capacité à travailler en équipe et à gérer l'absence de sommeil. Ma connaissance des lois, mon habitude du terrain et mon art du combat. Devenir la plus grande Légende. La reconnaissance.

Quelle dure réalité de voir que sur un CV, sortir tout droit de la meilleure école de super héros n'apportait rien à la société « normale », que ses rêves d'avenir ne collent en rien à ce que les employeurs recherchent, et que son seul moyen de payer son pain risque bientôt de consister à enchaîner les petits boulots.

Chaque entretien. Chaque rencontre. Chaque établissement.

Elle se présente à chaque fois devant le même mur infranchissable, et se heurt à chaque fois à la dure réalité. Et vers la fin de l'après midi, elle finit par se faire une raison : les gens comme elle ne peuvent s'insérer dans ce monde.

Ses qualifications, ses ambitions, ses motivations. Elles n'ont que pour seul but de protéger, de défendre. Devenir une figure emblématique qui guidera et rassurera les gens. D'être une lumière et un soutien. Les gens comme ça ne peuvent se fondre dans la masse, n'est-ce pas ?

C'est à cette conclusion qu'elle finit difficilement par arriver.

A sa montre, les premiers coups de 17h s'affiche. La pluie bat toujours son plein contre la ville, le soleil se fond doucement entre les bâtiments, le vent caresse violemment sa chevelure sombre. Ses chaussures sont gorgées d'eau et son visage cramoisi. Elle s'est déjà résignée à rentrer chez elle. Sûrement même qu'elle se fera livrer une pizza ce soir et qu'elle noiera sa déception en boule devant sa télé.

Elle se rassure d'avoir au moins pu récupérer l'appartement de son partenaire après avoir quitté l'établissement étudiant de la Heroe's Sup. Mais à son grand dam, elle n'allait pas pouvoir survivre comme ça encore bien longtemps, elle en était consciente bien sûre.

La vie fait parfois des choses comme ça. Des hauts et des bas constants. Elle a l'impression de retrouver ce schéma à chacun des passages de sa vie. Avec sa famille, avec Kiyoshi, avec l'école. Tout semble aller bien, puis tout empire d'un coup.

La vie est un miroir à deux faces.




« Ah la la ! Qu'il est mignon celui là ! »

Nani ?

Ses oreilles se dressent au dessus de sa tête, son regard vif s'agite dans tous les sens et ses piaillements reprennent lorsqu'il trouve finalement la source de la voix. Sa tête dépasse frénétiquement du sac, et la jeune femme semble à ce moment là forcée de s'arrêter.

Elle se retourne, et une vieille dame lui sourit, visée dans l’encadrement de la porte d'une petite boutique. Elle soupire intérieurement et se dirige vers elle, contentant à la fois la dame et cette bruyante petite bestiole. Elle tend sa main ridée vers le sac et la secoue dans le poil fraîchement raccourci de l'animal.

« Il est adorable. Il a un nom ? »

« Pas encore. Je l'ai trouvé ce matin devant ma porte, et il n'a pas de maître d'après le vétérinaire. »

La dame est visiblement plus absorbée par le fait de jouer avec la petite peluche plutôt que d'écouter sa réponse. Elle les observe un moment. Les voir tous les deux tout joyeux comme ça lui arrache un sourire bienveillant.

« Il a l'air de bien vous aimer. Vous ne voudriez pas l'adopter par hasard ? »

Elle rit.

« Ç’aurait été avec plaisir, mais je ne suis pas sûre que mon chat apprécia grandement l'arrivée d'un nouveau venu. C'est une vieille têtue elle aussi. »

Elle rit encore devant son soupir résigné.

« Tu sais, s'il s'est retrouvé devant chez toi, ce n'est peut-être pas un hasard. Les choses arrivent des fois parce qu'elles doivent arriver. »

La moue pincée emplie de doute qu'elle affiche à ce moment là arrache un nouveau rire à la dame. Le destin, les choses qui sont écrites à l'avance, ça n'était pas un concept qui plaisait beaucoup à Mitsue.

C'était même un concept qu'elle avait en horreur.

Car ça impliquerait que tout ce qu'elle a dû subir aujourd'hui était un passage obligatoire de vie.


Heure de l'échéance.




(c) ♥

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