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Interlude [Solo]

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❝ LOCALISATION : Dans son lit sûrement
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MessageSujet: Interlude [Solo] Mer 13 Sep - 22:14








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« C'est pas comme si j'étais en retard. »

Des mots qui se balancent, comme se cherchant des excuses, comme se dédouanant, comme se justifiant, comme si la situation pouvait alors s'arranger par miracle.

« C'est pas comme si j'avais pas le temps. »

Une porte qui s'ouvre et se ferme, des regards jetés par la fenêtre, un cœur qui se serre, l'attention sur l'horloge, sur la montre, sur le réveil, sur le portable.

« C'est pas comme si l'envie manquait. »

Un petit corps mouillé, glacé, trempé, tremblant, froid, gris, piteux, piaillant, salit, salissant. Non désiré.

« C'est pas comme si le stress montait. »

La grande aiguille qui semble accélérer dès qu'elle n'est plus surveillée, le goutte à goutte du café qui semble ralentir dès que le dos est tourné, la culpabilité qui semble grandir dès que la pièce se tait.

« C'est pas comme si j'étais responsable. »

Un poing qui se crispe.

« C'est pas comme si c'était ma faute. »

Une héroïne ne pense pas ainsi.
Pas vrai, Alice ?

Dans un mouvement brusque, une course violente, un acte enragé, la porte s'ouvre à nouveau, laissant entrer dans son cocon le vent, la pluie et le regret. Ses cheveux se gonflent, sa peau vibre. Ses yeux pourpres croisent deux pupilles toutes foncées et rieuses. Son corps et sa volonté faiblissent de concert, se recroquevillant en boule, la tête calée entre genoux et paumes.

« Je vais finir comme lui... A ramasser le moindre orphelin je croise... »

Le petit être s'agite, prend ces paroles de désespoir pour un signe de bienvenue, d’accueil, de chaleur. Il s'approche, sa queue envoyant valser de part et d'autre des perles de pluies. Il vient coller à ses jambes ses poils humides et poussiéreux, son museau à ses mains, ses pattes à ses bras, son regard au sien.

Dans l'interstice de sa crinière brune, elle l'observe, le juge, se juge, attend.

« C'est pas comme si j'étais en retard. »

Non, le temps, elle ne l'a pas. Elle se redresse d'un air vif, siffle d'une gorgé son café bouillant, noue sa cravate d'une main, brosse ses dents de l'autre, lisse sa jupe, coiffe sa chevelure, enfile chaussures et collants... Dans l'autre sens, abrutie. Manteau sur l'épaule, écharpe autour du coup, parapluie au poignet, sac entre les dents, face à face final avec l'entrée.

Entrée d'où n'avait bougé le petit être, fièrement assit dans l'encadrement et le courant d'air de la porte toujours ouverte.

1 seconde. 2 secondes.

Son souffle ralenti, son soupire bruit.

« C'est pas comme si j'étais en retard... »




« Vous êtes en retard, mademoiselle Tsukito. »

Son sourire fond. Son dos se courbe et s'incline presque à la verticale, bien que ce genre d'us de fasse pas partie de cette société. Sa voix se morfond d'excuses qui ne sont déjà plus entendues. Une main tapote son bras.

Il est trop tard.
Elle a perdu.

On lui souhaite une bonne journée, bien du courage dans sa vie comme dans ses recherches, et lui présente la sortie du bâtiment sans autre forme de procès.

Déçue, choquée, incapable de réfléchir, elle reste prostrée dans la rue. La pluie cogne contre le tissu de son parapluie, contre le sol. Le son de la ville l'assourdit. Le gel gagne ses doigts, mord son visage, déchire ses jambes.

Et la chaleur de la détermination monte et fait rougir ses iris.

Elle a perdu cette bataille. Mais il lui en reste d'autres à mener encore avant de crier sa défaite. Son corps se meut dans un tourbillon de feuilles mortes, l'odeur du froid ne quitte pas son esprit et la force à avancer d'autant plus vite.


2h avant échéance.




(c) ♥



Dernière édition par Mitsue Y. Tsukito le Ven 8 Juin - 22:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Interlude [Solo] Dim 15 Oct - 15:33








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« N'abandonne pas. »
« N'abandonne pas Mitsue. »
« N'abandonne pas Alice. »

Ton heure viendra. Elle vient toujours, tant qu'on prend la peine de l'attendre. La tête haute, le dos droit, le regard vif, la marche sûre, elle continue de se persuader, de se motiver. Ne pas abandonner. Survivre et attendre.

Mais c'est dur, n'est-ce pas ? La pauvre n'est pas habituée aux échecs, aux refus. « Bon courage dans vos recherches. » qu'ils ont dit. Son ego a prit là une sacré frappe d'estoc. Pas encore achevé, mais c'est de la volonté pure dont il va avoir besoin maintenant pour se mouvoir.

« N'abandonne pas. »

C'est ce dont elle a besoin pour le moment. Elle ne doit pas se précipiter, elle le sait, elle le comprend. Elle a un but a atteindre et un rêve à réaliser, et c'est tout ce qui lui dicte sa conduite. Mais pour y arriver, il n'existe malheureusement pas de ligne droite, et ce n'est pas sur sa bonne étoile qu'elle pourra compter cette fois.

Ses doigts se serrent sur la lanière de son sac alors que ses pas la stoppent devant un nouveau bâtiment. Un coup d’œil à sa montre : elle est dans les temps -rater un entretien n'était pas dans le programme. Elle entre, s'avance, se présente, et on lui indique une pièce où se rendre.

La porte qui lui fait face semble la toiser.

« Oh. Ce n'est pas toi le boss final, je ne te crains pas. »




Peut-être aurait dû t-elle la craindre alors. L'un des pires combats qu'elle n'ait jamais eu à mener.

Que pourriez-vous apporter à notre entreprise ? Quelles sont vos qualifications ? Quelles sont vos ambitions ? Vos motivations ?

Ma capacité à travailler en équipe et à gérer l'absence de sommeil. Ma connaissance des lois, mon habitude du terrain et mon art du combat. Devenir la plus grande Légende. La reconnaissance.

Quelle dure réalité de voir que sur un CV, sortir tout droit de la meilleure école de super héros n'apportait rien à la société « normale », que ses rêves d'avenir ne collent en rien à ce que les employeurs recherchent, et que son seul moyen de payer son pain risque bientôt de consister à enchaîner les petits boulots.

Chaque entretien. Chaque rencontre. Chaque établissement.

Elle se présente à chaque fois devant le même mur infranchissable, et se heurt à chaque fois à la dure réalité. Et vers la fin de l'après midi, elle finit par se faire une raison : les gens comme elle ne peuvent s'insérer dans ce monde.

Ses qualifications, ses ambitions, ses motivations. Elles n'ont que pour seul but de protéger, de défendre. Devenir une figure emblématique qui guidera et rassurera les gens. D'être une lumière et un soutien. Les gens comme ça ne peuvent se fondre dans la masse, n'est-ce pas ?

C'est à cette conclusion qu'elle finit difficilement par arriver.

A sa montre, les premiers coups de 17h s'affiche. La pluie bat toujours son plein contre la ville, le soleil se fond doucement entre les bâtiments, le vent caresse violemment sa chevelure sombre. Ses chaussures sont gorgées d'eau et son visage cramoisi. Elle s'est déjà résignée à rentrer chez elle. Sûrement même qu'elle se fera livrer une pizza ce soir et qu'elle noiera sa déception en boule devant sa télé.

Elle se rassure d'avoir au moins pu récupérer l'appartement de son partenaire après avoir quitté l'établissement étudiant de la Heroe's Sup. Mais à son grand dam, elle n'allait pas pouvoir survivre comme ça encore bien longtemps, elle en était consciente bien sûre.

La vie fait parfois des choses comme ça. Des hauts et des bas constants. Elle a l'impression de retrouver ce schéma à chacun des passages de sa vie. Avec sa famille, avec Kiyoshi, avec l'école. Tout semble aller bien, puis tout empire d'un coup.

La vie est un miroir à deux faces.




« Ah la la ! Qu'il est mignon celui là ! »

Nani ?

Ses oreilles se dressent au dessus de sa tête, son regard vif s'agite dans tous les sens et ses piaillements reprennent lorsqu'il trouve finalement la source de la voix. Sa tête dépasse frénétiquement du sac, et la jeune femme semble à ce moment là forcée de s'arrêter.

Elle se retourne, et une vieille dame lui sourit, visée dans l’encadrement de la porte d'une petite boutique. Elle soupire intérieurement et se dirige vers elle, contentant à la fois la dame et cette bruyante petite bestiole. Elle tend sa main ridée vers le sac et la secoue dans le poil fraîchement raccourci de l'animal.

« Il est adorable. Il a un nom ? »

« Pas encore. Je l'ai trouvé ce matin devant ma porte, et il n'a pas de maître d'après le vétérinaire. »

La dame est visiblement plus absorbée par le fait de jouer avec la petite peluche plutôt que d'écouter sa réponse. Elle les observe un moment. Les voir tous les deux tout joyeux comme ça lui arrache un sourire bienveillant.

« Il a l'air de bien vous aimer. Vous ne voudriez pas l'adopter par hasard ? »

Elle rit.

« Ç’aurait été avec plaisir, mais je ne suis pas sûre que mon chat apprécia grandement l'arrivée d'un nouveau venu. C'est une vieille têtue elle aussi. »

Elle rit encore devant son soupir résigné.

« Tu sais, s'il s'est retrouvé devant chez toi, ce n'est peut-être pas un hasard. Les choses arrivent des fois parce qu'elles doivent arriver. »

La moue pincée emplie de doute qu'elle affiche à ce moment là arrache un nouveau rire à la dame. Le destin, les choses qui sont écrites à l'avance, ça n'était pas un concept qui plaisait beaucoup à Mitsue.

C'était même un concept qu'elle avait en horreur.

Car ça impliquerait que tout ce qu'elle a dû subir aujourd'hui était un passage obligatoire de sa vie.


45 minutes avant échéance.




(c) ♥

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MessageSujet: Re: Interlude [Solo] Jeu 18 Jan - 16:14








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Pendant un court temps encore, la vieille dame s'amuse avec la boule de poil sortie du sac. Sans vraiment y prendre garde, elle laisse son regard voguer à l'intérieur de la boutique. Une sorte de petit restaurant dans une petite allée. Pas miteux, mais pas des plus accueillant pour autant. Sûrement que la principale clientèle est constituée intégralement d'habitués et de ses connaissances diverses.

L'absence de vie dans la salle lui laisse penser qu'elle doit travailler toute seule. Elle finit par se demander ce qui pouvait bien être le pire entre leur deux situations : une pauvre femme se tuant seule à la tâche, ou une pauvre étudiante balancée dans la vie active dans rien à quoi se rattacher.

« Vous ne cherchez pas d'aide, par hasard ? »

La senior la fixe, surprise. Sur l'instant, elle ne réagit pas. Elle continue inlassablement de toiser l'intérieur silencieux de la brasserie. Puis l'écho de sa propre voix vient emplir son esprit, et elle se rend compte alors qu'elle a prononcé ces mots au lieu de simplement se contenter de les penser.

Elle redresse son vieux dos et vient taper doucement le front de la jeune fille de son index ridé.

« Moi, non. Toi par contre, tu sembles en chercher, je me trompe ?, sourit-elle. »

Un rire ironique vient passer la barrière de ses lèvres. Elle qui voulait sauver le monde et qui rêvait de voir son nom dans les journaux, voilà à quoi elle était rabassée. A ce qu'on vienne la sauver elle. Haussant les épaules, elle ne se laissera pas abattre. Il faudra bien plus que quelques entretiens ratés pour l'empêcher de continuer à avancer.

« Même si c'était le cas, un vrai héros ne réclame pas qu'on l'aide. »

« Bien au contraire. Parfois, la vraie force, c'est d'avouer que l'on a besoin d'autrui. »

Quel agaçant petit personnage qui a réponse à tout. Son sixème sens de soixantenaire semble sentir le soupir profond son interlocutrice, et n'insiste alors pas plus que ça. Sans grande difficulté, elle replace l'animal dans le sac de sa propriétaire de fortune.

« Si jamais tu repasses par ici, n'hésite pas. »

A ce moment, elle n'aurait su dire si elle s'adressait à elle ou à la boule de poil. Elle décide d'ignorer cette interrogation, et laisse ses pas reprendre la route. « J'y penserai », annonce la main qu'elle lève en signe d'au revoir. La bestiole piaille, sa manière propablement de dire que lui reviendra.

Malheureusement pour elle, plus elle quitte la ruelle pour revenir vers la place centrale, plus la population environnante se densifie, et il lui devient même difficile de s'avancer sans percuter ou se coller aux gens. Une vieille inquiètude qui l'avait quittée depuis lors revient à la charge.

« Evitons de copier à tout va. »

Comme si elle n'était déjà pas assez épuisée comme ça, il ne valait mieux pas qu'elle pousse son corps à bout. Pas ce soir.

Dans ses poches, elle fouille pour y retrouver ses gants. Bien entendu qu'elle les avait retirés pour ses entretiens. Pourquoi l'aurait-on prise sinon ? Elle réussit à enfiler le premier quand son épaule choque contre quelqu'un et que sa main lâche son précieux accessoire. Obnubilée par ce dernier plutôt qu'à s'excuser, elle le retrouve rapidement à se faire marcher dessus par les passants ignorants.

Elle joue du coude et se précipite jusqu'à lui avant qu'il ne soit trop imbibé d'eau -bien qu'il fut sûrement déjà trop tard à ce moment. Mais quand elle tend le bras, le gant disparaît entre les doigts d'un autre. Elle se crispe tout entière.

Avait-elle vraiment besoin de ça ? Ne pouvait-on pas tout simplement la laisser tranquille ? La fatigue ou la résignation, l'une ou l'autre de ses émotions la pousse dans un râle exténué à continuer son chemin sans s'attarder plus longtemps. Oh. Mais bien sûr que non, petite Mitsue. Bien sûr qu'on ne te laissera pas pour l'instant tranquille.

Une puissante odeur d'alcool vient sciemment l'agresser, et il ne lui faut pas plus de temps pour en découvrir l'origine. Ou n'est-ce pas plutôt l'origine qui est venue à elle ? Sa main se fait prisonnière d'une autre, et son corps s'en retrouve tiré en arrière alors qu'elle rejoignait presque la liberté en dehors de cette rue.

Son regard vient croiser des iris écarlates, et bien qu'elle essaye de s'en libérer, l'homme maintenant face à elle ne semble pas bien décidé à la lâcher. Il l'observe de bas en haut avant d'hôcher la tête dans un mouvement titubant, et fourre dans sa peau le gant gorgé et dégoulinant.

« Hop là ! Ma faute, sweetheart. »

Et il repart presque aussi vite qu'il n'était arrivé, aspiré par la foule humaine en direction de la ruelle qu'elle venait de quitter. Elle ne bouge pas pendant 9 secondes encore, fixant sa main et attendant la sentence.

La sentence.

La sentence... ?

Heh... ?




[...]

« T'sais gamine, les petites filles devraient pas se mêler de ce genre de chose. »

« Mais je vais m'en mêler quand même. »


10 minutes avant échéance




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MessageSujet: Re: Interlude [Solo] Jeu 19 Avr - 18:27








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Même aujourd'hui, si on lui demandait ce qui lui est passé par la tête à ce moment-là, elle ne pourrait vous fournir une réponse valable. Elle réfléchira un instant, froncera les sourcils, hauchera les épaules en riant et en invoquant la règle immuable de « l'instinct ». Instinct, coup de chance ou destin. Quelque soit le nom que vous pourriez donner à cette scène, le résultat sera toujours le même.

La sentence n'est pas tombée, et elle ne tombera pas. C'est une sensation à laquelle elle a toujours du mal à se faire. Bien sûr que tout le monde en cette Terre n'est pas doté d'un pouvoir fabuleux et puissant. Après tout, c'est une chose bien plus rare que l'on ne pourrait le croire. Mais dans cette ville où se réunissent toutes ces exceptions de la nature, ce sont les êtres normaux qui lui semble détonner.

C'est pour elle comme avoir à faire à un fantôme, à une entité transparente, à une chose sans matière et sans frontière qu'elle ne peut ni comprendre, ni analyser. Ce sont des gens qui lui rappellent que sans autrui, elle reste infiniment faible. Et accepter cette faiblesse ne lui plaît pas. Mais passé tout ce blabla, pourquoi ne continue-t-elle pas tout simplement son chemin jusqu'à son lit ? Pourquoi reste-t-elle immobile dans ce chemin plein de passage ? Pourquoi subit-elle les râles des gens qui la croisent en la percutant sans hôter son regard de la ruelle où il avait disparu ?

Cette soif de sang qui émanait si clairement de tous les pores de l'homme, peut-être ?

Ce petit animal qui fixe comme elle la ruelle, silencieux, sûrement ?

Cette phrase qui résonne en boucle dans son esprit ?

Si jamais tu repasses par ici.

Le doit-elle ?




Un bras brisé. L'odeur du sang. Un dos droit. Des regards en biais. Des rideaux fermés. Un calme olympien. Un cri retenu. Une atmosphère palpable.

Si cette scène se veut être un cliché, alors elle a réussi son pari. Ce qu'il se passe là, ce n'est pas inhabituel pour elle. Ce n'est pas quelque chose qui la choque, qui la surprend, ni même qui la terrifie. On a l'habitude de ce genre d'agression quand on veut combattre le mal. On finit par s'y faire, par s'en détacher. Car si on ne le fait pas, on finit par perdre la tête. C'est à cause de ce genre d'irrésolution que certains futurs justiciers rejoignent le côté obscur. Mais elle ne s'est jamais laissé aller à ça. Jamais.

Non. Elle n'est pas choquée, pas plus qu'elle n'est surprise, ni plus qu'elle n'est terrifiée. Ce qui fait rougir ses joues et serrer ses poings, c'est la colère, la rage. Ce désir sombre, incontrolable et violent de vengeance. C'est une chose qu'elle avait ressenti, pourtant. Pourquoi n'avait-elle pas agit plus tôt ? Plus vite ? N'est-ce pas son devoir d'arriver au bon moment, au bon endroit ? D'empêcher les effusions de sang et de coller sous les barreaux les vils qui tenteraient de les perpétrer ?

Semblant bien trop occupé à s'amuser avec sa proie, il lui faut plusieurs longues secondes avant qu'il ne repère sa présence. Son corps qui tient difficilement debout vibre alors que son regard brillant d'excitation se tourne vers elle, comme s'il avait comprit la raison de sa venue. Est-ce ce sourire qu'il lui affiche ? Est-ce cette éclaboussure rouge qui l'habille ? Est-ce cet air de défi qui la provoque ?

Elle ne le sait pas.

Il n'y a qu'une seule chose qu'elle sait à cet instant, c'est que son corps a réagit de concert avec son esprit. Son esprit qui ne réclame que de faire rouler sur le sol la tête tranchée de ce salaud. D'un mouvement brouillon et décomposé, elle se jette dans sa direction, et son pied vient cueuillir sans résistance le visage de l'homme. Prit au dépourvu de n'avoir pas prévu une charge de la jeune femme, il laisse simplement sa carcasse rouler sur quelques mètres. Elle en profite alors pour récupérer et éloigner la pauvre victime de ce criminel.

La vieille tenancière du restaurant.

Elle l'asseoit contre un mur en lui demandant vaguement de prendre soin de l'animal dans le sac, le temps qu'elle s'occupe de ce petit problème. Elle tente de lui sourire, mais la tempête en elle tire bien trop ses traits. D'un mouvement synchrone, ils se redressent et se toisent, prêt l'un et l'autre à en découdre sans même tenter une approche pacifique.

« T'sais gamine, les petites filles devraient pas se mêler de ce genre de chose. »

« Mais je vais m'en mêler quand même. »

Il rit en crachant un mince filet de sang.

« Heh... Ça me va, je les aime sauvage. »

Elle rattache négligemment ses cheveux.

« Encore faut-il savoir les gérer. »

Il dégaine une large épée de son dos en reprenant contenance.

« Tu m'excuseras auprès de tes parents de ne pas te renvoyer chez toi en un seul morceau, sweetheart. »

Elle dégaine la fine rapière de son parapluie en désserrant sa cravate.

« J'y penserai. »

Ils se taisent alors tous les deux, et attendent. Le premier a agir sera victorieux dans ce affrontement, mais ils ne peuvent se permettre de prendre l'autre à la légère. Elle a l'avantage de savoir qu'il ne possède aucun don. Il a l'avantage de la force brute. Elle a le désavantage ne n'avoir aucune copie en réserve. Il a le désavantage de ne savoir quel pouvoir elle pourrait éventuellement utiliser contre lui.

Chacun jauge la situation.

Et attendant l'échéance.




(c) ♥

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MessageSujet: Re: Interlude [Solo] Mer 16 Mai - 14:43








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Des combats de rue, elle en a déjà vécu un sacré nombre. C'est qu'elle bouge beaucoup au travers de la ville, et d'autant plus depuis qu'elle n'est plus bloquée par les horaires de ses cours. Avec son sang chaud et ses pulsions héroïques qu'elle ne peut jamais s'empêcher de laisser vibrer, elle se retrouve fort souvent dans ces situations où elle se mure entre deux personnes lors d'un affrontement ou d'une agression. La plupart du temps, elle se contente de s'assurer que tout le monde est en sécurité avant de disparaître de manière plus ou moins noble -elles sont nombreuses les fois où elle se contente juste de fuir en courant une fois l'agressé sauvé.

Elle aime combattre, pour sûr, mais ce qu'elle aime surtout, c'est éviter les effusions de sang. Certes, les méchants sont méchants, mais est-ce vraiment une raison pour leur péter tous les membres et faire voler toutes leurs dents ? C'est une éthique qu'elle a toujours aimé suivre, qu'elle tient sûrement toujours de son vieux partenaire et de ses valeurs morales d'ancien flic. Et pourtant...

Si c'est une maxime de vie qu'elle avait toujours suivi sans grande difficulté, elle est en ce moment sacrément mise à mal. Une épreuve divine peut-être. Un test pour voir si elle est capable de conserver ses limites même dans les cas les plus extrêmes. Les vols à la tir, les bagarres de gangs, les bizutages de lycéens, les bracages, elle en a l'habitude.

Pourquoi alors cette réaction qui fait bouillir son corps ?

Parce que c'était une pauvre petite vieille dans un restaurant paumé ? Parce qu'elle lui avait apporté un sourire dans une phase plus sombre ? Parce qu'il lui semble si dangereux que l'affronter maintenant est la meilleure solution pour l'empêcher de nuir ? Tous ses raisons paraissent si futiles pour qu'elle s'emporte ainsi dans un combat armé.

Ou parce que malgré ce que ton instinct te criait, tu n'as pas réagis plus tôt ?

Cette petite voix dans sa tête qui tape exactement là où il ne fallait pas.

Son instinct qu'elle a toujours cru et écouté, sans jamais faillir. Son instinct qui ne l'a jamais trahi et toujours guidé sur ce qui devrait être le bon chemin. Son instinct dont elle a siément douté. Le début de la fin ? La voilà qui hésite a utilisé son plus puissant don, sa plus fidèle force. Un vrai héros pourrait jamais se permettre de douter comme ça, ce serait la mort assurée. Si pas pour elle, pour ceux qu'elle est censé protéger.

Retenant encore un rien sa rage, elle jette un coup d'oeil en direction de la tenancière blessée. La sueur qui fait briller son visage ne laisse aucun doute quant à la souffrance qu'elle doit ressentir. A cet âge, un membre cassé peut vite devenir un problème. Ne devrait-elle pas plutôt appeler une ambulance alors, au lieu de se mettre sur la gueule avec l'homme le plus saoul qu'elle n'est jamais vu ? Mais si elle fait ça, il en profitera pour s'enfuir peut-être, et pourra faire du mal à d'autres. Mais si la vielle dame meurt à cause de sa blessure... Mais s'il en profite pour l'attaquer alors qu'elle s'occupe d'elle... Mais si elle traine trop à appeler les secours... Mais si les secours se font aussi attaquer...

Pan.

Sur l'instant, la colère sur son visage passe à une moue paniquée. Puis d'une moue paniquée à une douleureuse grimace. Le tintement particulier du métal sur le sol retentit alors qu'elle retient un rale les dents serrées. Elle repose son attention sur son adversaire, qui n'a soit pas apprécié qu'elle s'occupe d'autrui, soit profité de sa distraction pour attaquer. La lame de son arme s'était recourbée pour laisser place au canon d'un pistolet.

« Les armes blanches, ça a son charme, mais rien n'est plus efficace qu'une arme à feu. »

Elle ne répond pas trop omnhibulé par l'idée de faire taire cette douleur qui travers son poignet de part en part.

« C'est ce que mon maître a souvent l'habitude de répéter. »

Elle ignore comme elle le peut la large tâche rouge qui vient habiller la manche droite de sa chemise -blanche de surcroit, donc bonne pour la poubelle. D'habitude, elle ne craint pas plus que ça les flingues, car les gens savent rarement viser avec et qu'elle a toujours son parapluie au cas où.

Visiblement, le fait d'avoir évoquer son « maître » semble lui avoir rappeler la raison de sa venue ici. Il replie son arme dans son dos et se dirige vers sa précédente proie, passant près d'elle sans même lui prêter la moindre attention.

« Bon l'ancêtre. Le resto' ou l'autre jambe, c'est pas beaucoup plus compliqué que ça. »

Et je continuerai à te casser des trucs jusqu'à ce que tu acquieses ou que tu clamses. C'est la suite logique. Comme si elle avait l'impression de l'avoir entendu des dizaines et des dizaines de fois. Une bonne réplique de membre d'une mafia quelconque, comme on en voit de plus en plus dans la ville.

De plus en plus, oui.

Est-ce que fasse à cette recrudescence de criminalité, il est vraiment le moment de douter et de se laisser abattre comme ça ? Bien sûr que non. Avant même qu'il n'ait eu le temps de tendre la main vers la petite vieille, elle se relève et se jette vers lui. Même avec tout cet alcool dans le sang, il réagit au quart de tour et vient planter son poing dans son estomac. Elle encaisse le coup comme elle le peut et entoure son poignet de ses bras.

« T'as vraiment cru qu'un petit trou comme ça allait suffire. »

En puisant dans tout le reste de force de son bras blessé et dans tous les cours d'art martiaux qu'elle a pu avoir, elle jette son pied dans ses genoux pour lui faire perdre l'équilibre et se cambre pour éclater son corps sur le bitume. Une prise basique mais toujours très efficace contre les gens sacrément plus grand et fort que soi.

Elle fait fi comme elle le peut de cette décharge qui la brûle jusqu'à son épaule, mais reconcentre cette fois toute son attention sur l'homme pour ne pas se laisser avoir à nouveau. Il reste allongé sur le sol, à moitié choqué, à moitié amusé.

« PD. »

La mauvaise éducation de Sam' qui commence à déteindre sur elle.




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MessageSujet: Re: Interlude [Solo] Ven 25 Mai - 13:02








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C'est la deuxième fois en quelques minutes de temps qu'il se retrouve le dos contre le sol. On va finir par croire qu'il s'y complait à force. Quelle mauvaise image il donnait là, de sa nation et de son clan. Pouvait-il simplement laisser passer ça ? Une telle honte, une telle disgrace. Lui faire subir ça par deux fois, à lui, fier membre du peuple Kherrr. Et pourtant, la rage ne le consumme pas outre mesure. Plus que ces sentiments noirs qu'il aurait pu ressentir à cet instant, c'est l'amusement qui tiraille ses lèvres.

Oh. Ils étaient nombreux à s'être dressé contre lui, à avoir lutté, à avoir résisté, de manière plus ou moins vaine. Ils étaient nombreux à l'avoir fait trébucher, tomber, embrasser amoureusement le bitume terrien. Avec tous ces bons whisky qu'ils proposent et qu'il se fait un grand plaisir d'honorer, ce n'était pas souvent la plus difficile des tâches. Mais il n'en fallait guère plus au taux d'alcool dans son sang pour redescendre, et guère plus à lui pour s'enflammer. Et pourtant...

Pourtant là, il ne s'enflamme pas. S'il s'enflamme, ce n'est alors pas d'un incendie ravageur mais d'une flamme dansante et joviale. Ceux qui se mettaient généralement en face de son chemin étaient soit directement concerné par le problème, soit les professionnels aguerris, et pas cette espèce de pseudo héroïne du dimanche bon marché. Le ridicule de cette situation pose un sourire sur son visage. Pour la deuxième fois -et la deuxième fois de trop- il se redresse sur ses deux pieds et fait face à la jeune femme.

Crac.

Mais c'est quelle bouge vite, la demi-portion. Elle n'a même pas attendu qu'il retrouve un rien d'équilibre pour se jeter sur lui et lui asséner un coup. Elle aura au moins le mérite d'avoir essayé. Tout rapide qu'elle pourrait être, les réflexes des guerriers Kherrr n'étaient à jamais sous-estimer. Attaquant par la droite d'un coup de poing vengeur, ce n'était pas son visage qu'elle avait heurté, mais le bras tout de métal vêtu dont il était doté depuis de nombreuses années.

Quel agréable son que celui de la peau qui se déchire sous le craquement cristalin des os brisés. C'est qu'elle y avait mis de la force, la jeune lionne. L'énergie du désespoir sans doute. Elle n'a pas le temps de s'éloigner de sa portée qu'il attrape sa main cassée et balance son corps quelques mètres plus loin. La blessure qui aurait dû la paralyser un peu plus ne l'empêche cependant pas de se rattraper avec agilité sans s'éclater les dents sur le goudron. Elle n'est déjà plus en phase de réflexion, mais bel et bien en phase de combat. L'adrénaline est un pouvoir merveilleux, pas vrai ?

Un battement de cœur s'essoufle à peine. Ni l'un ni l'autre s'attarde pour récupérer leurs armes respectives et se sauter à la gorge. Elle vient cette fois directement au corps à corps pour ne pas lui laisser l'occasion de lui tirer à nouveau dans la main. Le tintement du métal de leurs épées résonne dans la ruelle le temps d'une seconde. Une seconde où tout semble ralenti. Le son éclate comme une bombe dans leur esprit, et le silence qui les enveloppe alors n'est brisé qu'après un temps qui semble avoir duré des heures.

« Ooh~ Tu veux danser, sweetheart? »

Comme un signal d'alarme, leurs deux corps s'agitent dans un même soupir, et de nouveau la bombe éclate. Puis encore. Encore et encore. De plus en plus vite, de plus en plus fort. Leurs corps se déplacent à peine, leur pied ne se contentent que de doux repositionnements. Malgré qu'elle utilise sa main gauche pour l'affronter, elle ne faiblit aucunement. La fine rapière donne l'avantage de la vitesse, mais la lourde broyeuse donne l'avantage de la force. Qui de l'ouragan ou du brasier aura le dessus ?

Plus il s'étale dans le temps, plus ce combat prend des airs d'enchaînements artistique. Il ressemble à une danse. Une danse que l'on aurait répétée, une chorégraphie enchaînée à la seconde près. Et plus les attaques se font nombreuses, plus ils se laissent emporter par la musique. Ils vibrent au son d'une douce valse, suivant la mesure et les gestes de leur partenaire. Leurs regards se mélangent sans jamais se quitter. Il est le premier à se faire toucher.

Une frappe d'estoc réalisée avec brio vient cueillir son épaule. La danse s'arrête alors, et le nuage de poussière qui s'était élevé autour d'eux comme pour protéger cet instant s'étompe doucement. Combien de secondes ? Combien de minutes s'étaient écoulées ?

Combien s'en écouleront encore avant que l'un d'eux ne déclare forfait ?




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MessageSujet: Re: Interlude [Solo] Mar 29 Mai - 17:36








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Presque imperceptiblement, leurs souffles se mélangent. Suave et épuisé pour l'un, rauque et amusé pour l'autre, mais le tempo est identique. Comme si après la danse venait la mélodie. De part et d'autre de la ruelle, des habitants admirent cet étonnant spectacle. Derrière un rideau, à travers une fenêtre, dans l'encadrement de la porte, aux bouts de la ruelle, éloignés et en sécurité. Ce n'est pas la peur ou l'inquiétude qui les attirent là, mais la curiosité. La curiosité de voir comment ce ballet va se terminer, la finalité ce combat inhabituel. Les explosions de dons et de poudre à canon pouvaient sembler commun par ici, et l'on savait maintenant bien comment gérer de tels affrontements. Mai sil n'y avait là ni don ni poudre à canon, juste le tintement puissant du métal.

Chacun s'était d'ailleurs étonné que l'arme de l'autre de cède pas sous la puissance de leurs coups. Ils étaient tous les deux fiers de manier des épées forgées dans un matériaux plus résistant, plus léger, plus souple, plus solide que tout ce qui pouvait exister sur Terre. Mais l'adamantium Kherrr n'avait pas pris le dessus sur l'acier béni du Takama Ga Hara, et l'acier béni du Takama Ga Hara n'avait pas pris le dessus sur l'adamantium Kherrr. Agacés ou impressionés, ils n'avaient là plus d'autre envie que de mettre enfin terme à tout ça.

La jeune femme a été la première à porter une attaque concluante. A-t-elle accéléré le rythme ? A-t-il ralenti ? A-t-elle été meilleure ? A-t-il faibli ? Veut-on seulement une réponse à cette question ? Le fait est tel que cette lame, ayant à peine percé la masse musculeuse du vaillant combattant Kherrr, a stoppé leur valse. Elle retient un sourire mais n'en reste pas moins fière d'avoir lutté jusqu'à ce résultat. Prendre le dessus sur quelqu'un de physiquement plus fort que soi est toujours très plaisant, et d'autant plus pour son ego gonflé aux hormones.

Aussi fine soit-elle, la présence de cette aiguille plantée dans son épaule le dérange. Si la vue du sang a tendance à l'exciter, cela lui déplaît fortement à partir du moment où c'est le sien qui se met à couler. Cela lui rappelle une vieille défaite qu'il tente de noyer de son esprit avec l'alcool. Il s'agace un rien lorsque la première perle rougâtre roule le long de la rapière pour venir tâcher le sol anthracite. Sa main mécanique se lève pour retirer la lame, mais elle n'est déjà plus là lorsqu'il referme ses doigts dessus.

Elle a réagit plus vite, craignant sûrement qu'il tente de la désarmer. Elle n'est plus guidée là par le désir de protéger ou de venger, mais par l'envie de prouver qu'elle peut être encore meilleure, encore plus rapide. Sans même penser à sa position, elle rattaque directement, visant cette fois le visage. Mais il n'est plus si impressionné qu'il avait plus l'être plus tôt. Dans ce simple coup, elle fait trop d'erreur, trop de mouvements superflus, laisse trop d'ouverture. Il n'a plus à faire à une femme forte mais à une enfant visant trop haut. Il peut bien le voir à cette étincelle tremblante qui fait briller son regard.

D'un geste vif, il dévie la trajectoire de son attaque et percute son estomac d'un coup de genou. Sans même pouvoir se replier sur elle-même, il balance sa jambe dans les siennes pour la deséquilibrer, comme elle avait su si bien le faire tantôt. Il ne lui laisse cependant pas le temps de s'affaler par terre, choppant sa longue chevelure noire pour la retenir de sa chute. Et dans un geste plus vif encore, il dresse sa broyeuse au dessus de lui. Si elle n'est plus sérieuse, alors autant en finir maintenant. Elle ne l'amuse déjà plus.

L'étincelle ne brille déjà plus dans ses yeux lorsque le coup visant sa gorge déployée. Il veut garder sa tête en trophée ? Qu'il essaye. Un trophée, il en gagna un, mais pas à la hauteur de ce qu'il attendait. Le corps de l'héroïne réagit sans même que son esprit ne lui ordonne quoique ce soit. L'image de l'arme s'abattant sur elle n'est pas encore affichée à son regard que le coup est déjà parti. Dans la main de l'homme, ce n'est pas une tête fraîchement tranchée qu'il tient cependant, mais seulement une masse sombre de cheveux.

Utilisant les dernières gouttes d'adrénaline qui lui restait pour se tirer en avant, elle avait emporté dans le mouvement la main qui retenait ses cheveux. Elle avait réussi à déployer la force nécessaire pour que la lame ne coupe rien d'autre qu'une dizaine de centimètres de crinières. Dégagée de la prise de son agresseur, ses avants-bras cognent contre le sol. Elle peut à peine songer à tenter une contre-attaque que le pied de ce dernier vient shooter son visage, la faisant cette fois rouler quelques mètres plus loin. Sonnée et vidée de l'énergie du désespoir, elle ne se relève pas immédiatement. Mais il n'en profite pas non plus pour essayer de l'achever à nouveau.

Il regarde dans sa main les longs fils noirs qu'il lui avait volé et s'étonne qu'elle eut encore assez de cran et de réactivité pour esquiver son exécution. Comme l'air, elle lui file entre les doigts à chaque fois qu'il pense avoir gagné. Il hôche la tête, d'abord résigné, puis compréhensif. Il range son arme et la troque contre une gorgée de Glenfiddich. Du coin de l'oeil, il voit la vieille blessée aider la gamine à se redresser sur ses deux jambes. Il rit.

Hésitante comme un faon venant de naître, elle tente de lui faire face dignement. Le coup aurait endormi n'importe qui d'autre, mais sa volonté de l'affronter jusqu'au bout suffit à la maintenir debout. Inapte à se battre, mais debout quand même. Elle voit à peine ce qu'il se passe devant elle, tout est extrêmement flou et lumineux. Des couleurs qu'elle n'est même pas habituée à voir s'enflamme sous ses yeux. Mais elle ignore ce voile grisâtre qui couvre son adversaire et serre dans son poing sa rapière qui n'est même plus là. Elle est prête. Peu importe ce qu'il tentera, elle est prête, et le restera jusqu'à ce que la victoire lui revienne.

« Tu as un nom ? »

Son corps est prit d'un spasme surpris alors qu'elle reconcentre au mieux sa vision sur l'homme. Il est toujours en double et en gris, mais il lui semble qu'elle le voit de mieux en mieux. Sans distinguer son visage, elle sait, elle sent qu'il ne tentera plus rien. Ses doigts relâchent son épée, qu'elle n'avait de toute façon toujours pas dans la main, et elle résiste au mieux au poids de la fatigue qui force pour la faire tomber à nouveau. Maladroitement, elle vient essuyer le sang et la sueur qui habille ses joues de son poignet valide.

En y repensant, sa main droite avait été traversée d'une balle, puis brisée contre un bras beaucoup trop solide. Sûrement que la douleur ne tardera pas à la paralyser, mais ce n'est pas encore le moment de faiblir, elle le sait.

« ...e »

Il tend s'approche pour tendre l'oreille. Elle réagit instinctivement en se reculant d'un pas.

« Mitsue !, hurle-t-elle presque. Mitsue Yoshiji Tsukito !»

Comme si elle en était fière, comme si elle voulait le lui graver dans les tympans, comme une lionne prête à défendre son nom et son territoire. Il rigole de plus belle, une sorte de pitié pleine de compassion. Elle n'était pas une mauvaise gosse, dans le fond. Elle avait encore bien du chemin à parcourir, mais il est maintenant bien plus curieux de voir ce que ça pourrait donner, sur le long terme.

Il n'ajoute rien, tourne les talons et prend doucement la direction de sa niche. Elle attend qu'il quitte définitivement son champ de vision pour arrêter de lutter contre le poids qui pèse contre son dos et s'étaler lamentablement par terre.

Le combat s'est arrêté là.




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MessageSujet: Re: Interlude [Solo] Ven 8 Juin - 22:33








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« Je pense que je ne dirais pas non à un petit coup de main. »

Elle rit.

Elle rit tout le temps, à croire qu'elle ne s'arrête jamais. Même avec une agression, même après un séjour à l'hôpital, même avec un bras en atèle, elle rit. C'est reposant, d'une manière ou d'une autre, mais ça peut devenir si vite agaçant. A cet instant, elle se souvient de ces paroles qu'elle lui avait dit la semaine dernière.

« Parfois, la vraie force, c'est d'avouer que l'on a besoin d'autrui. »

Comme si ce scénario où c'est à elle qu'on vient quémander de l'aide avait été écrit à l'avance. Agaçant. Extrêmement agaçant. Mais c'est une aide qui leur est nécessaire, à l'une comme l'autre. Elle se sent un rien coupable d'user ainsi d'une situation qui avait mis la vieille dame en difficulté -et elle ne pourrait jamais plus contrer ce sentiment de culpabilité qu'elle ressent envers elle- mais c'est là sa meilleure chance.

Elles entrent alors toutes deux dans une étrange symbiose. Une symbiose délicate où Mitsue est en quête d'un travail simple qui lui permette de bouger, et où la dirigeante du restaurant embauche une jeune âme motivée pour l'accompagner dans son dur larbeur. Pourquoi rechercher maintenant une aide sur le long terme alors qu'elle ne semblait pas en avoir besoin à leur première rencontre ? A cette question silencieuse, l'aieul pointe une affiche un peu défraîchie scotcher dans un coin de la vitrine.

Recherche deux personnes pour aider aux livraisons et au service en salle.

« Mon petit-fils vient souvent me donner un coup de main, mais depuis qu'il est entré à la fac, c'est devenu compliqué ici. »

« Pourquoi ne pas me l'avoir dit...? »

« Parce que tu ne me l'as pas demandé voyons. »

Ah.

Et « Vous ne cherchez pas d'aide, par hasard ? », ce n'était pas une demande, peut-être ? Mais après tout ce temps qu'elle a passé au chevet de la vieille dame à l'hôpital, soucieuse et coupable, elle a déjà bien perdu la force d'essayer de la comprendre. Elle agit à son rythme, avec ses propres pensées, sa propre vision du monde qu'elle ne pourrait jamais assimiler avant peut-être d'avoir atteint son vénérable âge.

Si Mitsue est comparée à une tornade, alors la vieille Ban serait plutôt une rivière. Une rivière calme, douce, mais qui créée elle-même son chemin à travers la roche.

Tranquillement assise sur un siège du restaurant, elle écoute d'une oreille un rien distraite le long discour de sa nouvelle patronne en fixant ses mains. La technologie, les dons de soin et la force de sa jeunesse auront bien vite fait de remettre sa main cassée en place. Après avoir vaincu -vaincu est un bien grand mot- l'homme à l'aura empreinte d'alcool et prévenu les secours, il lui a fallu vaincre cette blessure. L'affrontement contre le robot avec Meal, l'attaque lance-flamme pour protéger Kirarudesu, et maintenant ça. Plus elle y réfléchit, plus elle se rend compte que son corps, que ses mains patîssent réellement de ces combats.

La femme qui la soigne régulièrement commence à la mettre en garde. Tout efficace qu'ils peuvent être, la technologie, les dons de soin et la force de sa jeunesse ne pourront pas guérir pour toujours des dommages aussi récurrents sur son corps. Ses doigts sont encore un rien engourdi, mais rien qui n'empêchera le bon déroulement de sa nouvelle mission.

Aller livrer à Madame Kuznov le bœuf bourgignon qu'elle a commandé pour son repas du midi.




« Vous allez bien ? »

« Il en faut plus pour me mettre à terre voyons. »

« Ouais bah vous êtes plutôt bien à terre pour l'instant, vous pouvez vous lever ? »

« Un bras en miette ne m'empêchera pas de marcher. »

« ... »

« Ne t'inquiète pas trop va, il ne devrait plus revenir. »

« Ca fait longtemps qu'il vous... Rend visite comme ça ? »

« Alshul ? Oh oui. Il semblerait que son « maître » trouve l'emplacement du restaurant à son goût. Mais ils devront l'arracher à mon cadavre, haha ! »

« S'il continue à vous réduire des bouts de bras en morceau comme ça, il risquerait bien d'y arriver... »

« Ca ira, il y aura toujours une étoile brillante pour venir me sauver. »

« ... »


C'est le travail d'un vrai héros.
Pas vrai, Alice ?




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Interlude [Solo]

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