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La coccinelle et l'albatros

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MessageSujet: La coccinelle et l'albatros Mar 19 Sep - 23:32

“Maudite alarme” se disait elle. Comme chaque matins, ce son électronique et désagréable, sonnait la fin de sa nuit aux côtés de sa soeur. Elle essayait pourtant de nombreuses stratégies pour la forcer à rester à ses côtés. Du simple fait de s’accrocher à elle, jusqu'à tout bonnement feinter un malaise. Comme chaque matins elle se plongeait dans l’immense duvet, voulant à tout prix se protéger de la fraîcheur matinale. Et elle prenait également la place de sa soeur, qui laissait derrière elle, une empreinte brûlante et chaleureuse. Une chaleure humaine sans commune mesure avec la chaleur du soleil. Un astre qui lui semblait si faible, étant donné qu’elle en avait déjà privé le monde sans difficulté.

Même si Elizabeth était souvent très fatiguée, et que son corps avait besoin de beaucoup de sommeil, elle ne voulait pas louper une goutte de la routine matinale de Lyssa. Même assise sur le matelas, et enroulée d’une couverture, elle écoutait attentivement les habitudes humaines de sa soeur, combattant l’envie de se rendormir. La routine de la cadette consistait simplement à tenter de visualiser l’emplacement de l'aîné dans cet immense appartement, empli de meubles pointus, qui adoraient “l’attaquer” comme elle disait. Tout cela se focalisant sur son aura, mais surtout sur les bruits qu’elle entendait. Et une fois toute cette petite cérémonie terminée, elle réclamait une petite marque d’affection. Le Ziz était conscient que Lyssa n’était pas réellement adepte de ce genre de pratiques, consistant à embrasser une personne sur le front pour lui montrer son attachement, mais la motivation de la plus jeune était telle, qu’elle avait du mal à refuser.


Mais comme chaque matins, ce “petit bisous” traduisait également son départ. Elizabeth avait appris à détester certains sons, et celui de la clé dans la serrure en faisant parti, du moins, seulement en matinée.

Mais aujourd’hui était un jour spécial. La seule compagnie de la jeune fille ne serait pas seulement une radio ou un écran de télévision, mais une vrai personne. Désireuse de la voir à nouveau communiquer normalement, l'aînée avait contactée une de ses élèves, qui arriverait sans nul doute faire progresser la plus jeune. Elizabeth était très reconnaissante, d’un côté de voir du monde, et de l’autre de se rapprocher un peu plus d’une vie normale, surtout depuis qu’elle était sortie “illégalement”, et que Lyssa dû la réprimander.


Il ne fallait donc pas qu’ Elizabeth dorme trop longtemps, et ce matin là, avant de sortir, le Béhémoth lui expliqua, une nouvelle fois quelques règles à suivre. Le premier étant qu’elle ne devait pas être effrayée, les autres, de simples codes de conduite. Et une fois tout cela expliqué une nouvelle fois, la bibliothécaire s’en alla, laissant sa soeur seule avec elle même.

Elle n’arrivait toujours pas à s’y faire, et même une fois qu’elle aurait retrouvé son corps, elle n’y arriverais pas non plus. Combien de siècles devait elle ratrapper ? Car même si son corps guérissait lentement, son coeur elle, restait meurtri et blessé. Quelques larmes silencieuses coulaient, comme à leur habitudes, sur ses joues, avant de se rendormir.

Les heures passèrent, et ce fut un bruit singulier qui la réveilla. Un bruit qui ne signifiait qu’une chose : “J’ai beaucoup trop dormi”. La jeune adulte se leva avec difficultée, la boule au ventre. Elle ne s’était pas préparée, que cela soit physiquement, ou mentalement. Et si elle était dangereuse pensait elle ?

Elle se dirigea rapidement, vêtue de sa tenue de nuit, vers la porte. Elle était incapable de se changer en si peu de temps, alors elle resterait habillée de la sorte. Même si au toucher, sa robe de nuit en sois lui semblait correcte, l'aînée lui avait souvent répétée que ce n’était pas le cas. Sans rien mettre à ses pieds, elle avança en direction de la porte, qu’elle ouvrit avec difficulté, le son de la clé trahissant très clairement sa maladresse. Et une fois que le panneau de bois glissa sur le sol, elle se révéla, se soutenant à la poignée, haletante, à une inconnue, trop discrète et silencieuse pour qu’Elizabeth ne s’assure de sa présence.


Dernière édition par Elizabeth Cyrene le Lun 16 Oct - 2:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Mer 20 Sep - 23:20

Dehors le soleil brillait de mille feu, la demoiselle à sa fenêtre dégustait un thé brûlant pour combattre la fraîcheur de ces matinées. L'hiver arrivait à grand pas. Mais l'été ne se laissait pas faire et offrait encore de beaux jours. Aujourd'hui était un de ceux là.

Lilou inspira profondément l'air pur. Tout semblait si calme. Et pourtant rien ne l'était. Sa mère et ses grands-parents l'avaient mille fois appelé pour avoir de ses nouvelles. Les informations transmit par les médias les inquiétaient beaucoup. Effectivement, le monde à l'extérieur n'était pas tout rose, plus rouge sang d'ailleurs. Mais elle était capable de s'en tirer. Elle était devenue forte, ses capacités c'étaient améliorés. Et son adaptation à la vie américaine aussi.

L'élève termina sa tasse et parti se changer, si elle prenait trop de temps elle risquait d'être en retard. Après une douche brûlante et savonneuse elle enfila, peut-être pour la dernière fois, une tenue légère. Elle laissa ses cheveux sécher à l'air libre, enfila une jupe longue et souple laiteuse, et choisi un chemisier gris à fleurs. Par dessus elle enfila tout de même un gilet qui la protégerait du froid et éventuellement du vent. Sa journée était réservée, presque intégralement. Pour dispenser des cours, mais un peu plus particulier que d'habitude lui avait-on dit.

En fait, il se trouvait, que la personne qui l'avait engagé n'était d'autre que Lyssa. L'adorable bibliothécaire de la Sup', mais pas pour elle, non, pour sa sœur. Une adorable petite créature qui vivait avec elle.

Lyssa lui avait donné quelques informations de façon très condensée. Sa petite sœur était doté, elle était aveugle, en ce moment très fragile, qu'elle s'exprimait en ancien français ou arabe et qu'elle serait surement farouche.

Un nouveau défi pour une Lilou motivé à bloc !

Elle se rendit à l'adresse indiquée. Elle frappa à la porte, heureuse de rencontrer une nouvelle personne, à quoi pouvait-elle ressembler ? Il était presque évident que Lilou s'entendrait bien avec elle, mais il y avait tout de même une point de doute. N'était-ce pas le doute qui nous faisait survivre ?

La brune entendit des pas puis un long instant où la clé tourna autour de la serrure sans trouver le trou. Finalement la porte s'ouvrit sur une frêle demoiselle, essoufflé par tant d'effort. Ses yeux clos rappelèrent à Lilou qu'elle faisait fasse à une demoiselle non voyante.

Son corps était dissimulée tout une robe de chambre bien trop grande pour elle. Mais d'après ce qu'elle voyait le corps de la demoiselle était en maigreur extrême, sa peau était pâle, presque maladivement. Elle manquait de souffle, de force, de vigueur. Fasse à un tel physique on aurait pu imaginer que la demoiselle venait de sortir d'un sarcophage.

Lilou se signala d'une parole douce et chaleureuse. Elle lui souriait, presque maternellement, même si elle ne pouvait le voir, elle le sentirait surement. Elle se rappela de ce que Lyssa lui avait expliqué, elle ne parlait que l'arabe ancien.

" Bonjour Elisabeth. Je m'appelle Lilou, Lilou Quill, je suis venue t'aider pour apprendre l'anglais. "

Elle avait prononcé ses mots en un parfait arabe, les intonations et même l'accent y était. Enfin peu importe la langue qu'elle parlait cela lui était naturel, comme décrypter le comportement des individus.

" Ta sœur ma révélée que tu étais un peu timide et réservée. Ne t'inquiète pas, je ne suis pas méchante, de toute façon jamais je ne pourrais faire de mal à un oisillon si gracieux"

Oui, c'était cela que l'impression qu'elle lui donnait, un oisillon tombé du nid. Elle avait établie dés le début un tutoiement, c'était plus rassurant, et puis la demoiselle semblait avoir la vingtaine, peut-être un peu moins que Lilou, peut-être un peu plus. C'était assez compliqué à établir.
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Sam 23 Sep - 22:51

Il fallut à la jeune créature, plusieurs secondes avant de réagir aux dires de son invitée. Son corps était encore trop douloureux. Ses jambes tremblaient, tandis que des gouttes de transpiration, froides, coulaient le long de son dos nu, glissant entre ses seules cicatrices. Puis après un petit moment, elle se redressa, inquiète de faire attendre une personne envoyée par sa soeur.

Elle se redressa légèrement, lâchant la porte, sans trop s’en éloigner, “au cas ou”. Sans trop y faire attention, elle était légèrement cachée par cette dernière, peu enjouée d'accueillir quelqu’un d’inconnue dans son nid. Lyssa lui avait bien expliqué les raisons de cette venue, et pourquoi cela devait se faire ici. Elizabeth ne disposait pas encore d’identité, et était incapable de sortir sans surveillance, alors cela était le plus simple. Mais au fond, la jeune fille ne ressentais pas vraiment une forte révulsion face à la jeune femme, et cela pour plusieurs raisons. La première étant, qu’une personne envoyée par Lyssa, et qui avait sa confiance, ne pouvait pas être dangereuse, elle ne lui ferait donc aucun mal. Mais surtout, c’est qu’au fond d’elle, elle aimait les Hommes, et que cela lui ferait certainement du bien de côtoyer un simple humain, comme avant.

Ses pensées furent coupées lorsqu’elle entendit l’inconnue parler. Un instant lui fut nécessaire pour en comprendre les paroles. Ces mots, cet accent. Il s’agissait de sa langue “natale”. Sa soeur lui avait pourtant soutenu que personne ne parlait plus cette langue. Alors pourquoi sa maîtrise était aussi aiguisée, même elle n’avait pas réussi à communiquer comme les natifs, alors comment ? Et l’espace d’une seconde, elle fut parcourue d’un frisson mélancolique. Les images de sa vie d’avant lui revenaient en tête. De la simple chaleur ambiante, aux discussions autour du feu, les soirs glaciaux, et même l’emplacement de ses doigts sur les instruments locaux. Elle pris une respiration sifflante, avant de lui répondre.

Ma grande soeur m’avait dit que tu viendrais.”, dit elle, heureuse au fond d’enfin pouvoir communiquer.



Elle lui fit signe de rentrer, laissant supposer qu’elle doive refermer derrière, elle. Puis elle se dirigea fébrilement vers la cuisine. Cette inconnue lui avait fait un compliment. Sa soeur était avare avec cela, pour la simple raison que ce n’était pas trop dans sa personalité, et car entre nous, le physique n’était pas spécialement important.

“C’est gentil d’être venu s’occuper de moi comme ça, je vois jamais personne d’habitude, j’ai pas le droit de sortir”.

Sans vraiment s’en rendre compte, elle se sentais à l’aise. Cette “Lilou” avait su trouver les bons mots, et rassurer la jeune handicapée. Cela lui rappelait ces caravaniers du déserts qui l’avaient sauvés, rassurants bien que inconnus. Elizabeth était de nature à dire tout ce qui lui passait par la tête, omettant toutes règles d'étiquettes ou de respect, cela lui avait souvent porté préjudice, car elle révélait souvent des points importants, à n’importe qui avec qui le courant passait correctement.

Une fois appuyée contre le plan de travail, elle chercha sans trop de peine, l’emplacement du thé, qui était, la seule chose qu’elle parvenait à faire les yeux fermés.

“Tu aimes le thé j'espère, je sais rien faire d’autre dans cet état là, désolée.”

Elizabeth avait souvent tendance à s’excuser pour des broutilles, mais cela ne changeait en rien le sens de ses paroles, car elle était vraiment désolée. Elle avait honte que ses erreurs lui soient si durement amputées, et honte d’avoir été réduite à cela. Une bête de l’apocalypse incapable de se débrouiller toute seule, vivant aux crochets de sa soeur.

Elle avait un sentiment d'amer qui évoluait en elle, à mesure qu'elle sortait les ustensiles. Encore une autre personne devrait s'occuper d'elle. Une personne qui lui rappelait quelqu'un, sans réussir à mettre la main dessus, ce qui la fit grimacer, dos à son hôte.
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Mar 26 Sep - 14:50

La demoiselle à la chevelure argentée la laissa entrer, Lilou ferma délicatement la porte derrière elle. Il régnait dans l'appartement une douce température, Lilou pu retirer son gilet, elle l'accrocha sur un des portes manteaux de l'entrée. Apercevant les pieds nus de la demoiselle elle se permit aussi de retirer ses chaussures. Il était hors de question de contaminer le sol propre de l'habitation avec ses souliers crasseux.

Lilou suivi la frêle silhouette.

Face à ses explications la brune resta silencieuse. Rester enfermer ne devait pas être facile surtout si l'on ne voyait personne, mais d'un autre côté, la laisser sortir sans qu'elle ne sache parler la langue, ou communiquer, et sans distinguer son environnement était une chose bien dangereuse.
Elle pouvait tomber sur une ou plusieurs personnes malintentionnées, ou même sur une bonne, mais en croyant qu'elle lui veut du mal. Enfin bref, le fait qu'elle soit enfermée était dur mais surement nécessaire.

A la question de la demoiselle Lilou hocha la tête.... ah bah non...

" Ne t'excuse pas, ça ira très bien, j'adore le thé, je ne bois pratiquement que ça ! " ajouta t-elle rassurante.

L'oisillon était une boule d'émotion bouleversée, pas besoin de son don pour le sentir. Sa douleur était presque perceptible à l’œil nu. Le cœur de la polyglotte s'en trouvait déchirée. Elle passerait toute le journée s'il le fallait, mais il était hors de question qu'elle parte sans que le moral de la demoiselle soit remonté.

Elle prit la tasse que Elizabeth lui tendait et déclara :

" Merci pour le thé, c'est gentil de ta part. Il est rare de se voir offrir un thé par une élève. Asseyons-nous confortablement, tu pourras ensuite me dire tout ce que tu sais et ce que tu veux que je t'apporte comme connaissance, que ça soit pour les langues, ou tout ce que tu veux d'autre. Je suis à ton service, tu peux user de moi comme tu le souhaites. "

Alors oui cette phrase était très ambigu, mais dans la bouche de Lilou et pour les oreilles d'une innocente et adorable Elizabeth cela ne devrait pas poser de problème.

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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Mar 26 Sep - 22:25

La joie qui la parcourait avait un goût amer. Comme si tout cela n’était qu’un vaste plaisir coupable. Pourtant, rien ni personne ne lui interdisait de s’amuser ou d'interagir avec d’autres. Au contraire même, ces murs, et la présence régulière de sa soeur la faisaient se sentir en sécurité. Alors pourquoi son coeur battait aussi vite. La réalité derrière cela était un sentiment de culpabilité permanent. Elle essayait de rester simple, presque fade, alors qu’en elle, brûlait un douloureux désir de croquer sa nouvelle vie à pleine dents.


Les remarques de Lilou lui réchauffait le coeur. Elle savait se montrer rassurante, et amicale, ce qui jouais en sa faveur pour installer une relation de confiance. Elle se montrait prévenante, sans réellement la prendre en pitié, chose qu’elle détestait par dessus tout. Le pire selon elle, est de sentir le regard des autres, ce regard signifiant qu’elle était pathétique.

Elle prépara consciencieusement et attentivement, veillant à ne rien renverser. Même à son rythme, ce ne fut pas long. Elle se retourna, pointant les deux tasses, sobrement décorées, remplies d’eau bouillante, dans laquelle infusait des petits sachets agrafées, dans lesquels étaient posées des feuilles en vrac.



"Tant mieux alors, et merci pour ta proposition. Du coup si tu veux bien emmener les tasses sur la petite table la bas, mon père m’a fait trop maladroite, et si je m’ébouillante encore, Lyssa va être furieuse” dit elle, souriante, pointant une petite table basse.



Elle laissa donc la charge du transport à Lilou, toujours grimaçante de devoir reléguer cela à une personne si gentille. Elle se dirigea vers le divan de cuir, sans trop se soucier de cogner dans quoique ce soit. Car après tout, elle connaissait bien son nid. Quelques instants plus tards, elle s’affala sur ce dernier, faisant fit de toute règle de tenue, respirant comme si elle venait de courir un marathon.

Elizabeth était, comme toujours, attentive au son, et le tintement des tasses sur le verre, lui firent comprendre que son invitée était installée à ses côtés. Elle se saisit d’un coussin, et le serra contre elle, pour s’occuper les bras.

“Tu sais, je ne suis pas vraiment une élève, je ne suis jamais allée à l’école, , les choses que je connais m’ont été enseignée par un proche, il y a longtemps” dit elle, déglutissant en pensant à Auguste, son amant d’antan.

La jeune femme se mordilla la lèvre inférieure, et même sans voir ses yeux, on pouvait comprendre qu’elle était pensive. Cette mélancolie remonta en elle, se traduisant par de longues respirations tremblotantes, montrant son combat contre les larmes.  Mais elle chassa rapidement ses pensées noires de sa tête, pour se concentrer sur son invitée.

“Je parle couramment l’arabe, et j’ai beaucoup de notions en Francais, enfin “vieux francais” selon Lyssa, et en latin. Pour l’anglais, je ne connais que quelques mots, au cas ou. Après c’est pas grand chose comparée à elle, elle est bien plus éduquée que moi, et elle parle pleins de langues que je connais même pas, et puis elle sait faire pleins de choses ! Et puis elle est ultra gentille, quoiqu’un peu distante, mais c’est sa nature faut vraiment pas lui en vouloir. Et elle m’a dit qu’elle travaillait dans une bibliothèque avec des milliers de livres, il faut vraiment être érudite pour pouvoir lire autant de choses. Moi la lecture j’ai toujours trouvé ça ennuyeux, je préfère écouter des histoires. C’est pour ça d’ailleurs qu’elle allume la boîte à images, sauf que je peux pas voir les images, mais elle m’a expliqué que c’était comme de la peinture avec des gens qui parlent, ou alors la boite qui parle. Une radio, je crois, ça me permet de pas être trop seule, mais je comprends pas, alors je préfère les histoires de ma soeur. D’ailleurs parle moi un petit peu de toi !”

Sa tirade avait été rapide, ponctuée de quelques bégaiements liés à la vitesse. Mais elle était très enthousiaste, après tout, elle ne parlait pas tout les jours. Mais elle se rendit compte qu’elle avait été trop bavarde, alors d’un air coupable, elle se cacha lentement le visage derrière son coussin.

“Désolée” dit elle, le mot étouffé par l’oreiller.
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Mer 4 Oct - 19:05

Lilou sourit. Ça y est, elle commençait à se confier. En arrivant le demoiselle avait eu peur que son élève soit trop "endommagée" et ne veuille pas discuter. Hors c'était très important pour construire une relation "professeur-élève" et même une amitié.

Après sa première phrase la jeune fille s'envola, un instant, dans ses pensés. Elle était nostalgique de cette époque. Mais une nostalgie tragique. Lorsqu'elle inspirait c'était seulement pour lutter contre les larmes. Lilou avait seulement envie de la prendre dans ses bras pour la laisser pleurer toutes les larmes de son corps. Et il devait en avoir beaucoup. Seules les personnes les plus fortes et les plus torturés était capable de retenir des larmes si lourdes.

Mais Elizabeth ne lui laissa pas le temps de réagir, elle se reprit quelque peu et débuta une longue et très intéressante tirade.

Elle était vraiment adorable, son amour pour sa sœur était d'une puissance et d'une beauté incroyable. C'était un amour pure. Dépourvue de fioriture inutile dont les humains aimaient à rajouter.

Mais... pourquoi se cachait-elle ?

Lilou pausa une main sur le coussin. Elle ne la toucha pas, elle y fit bien attention. On ne savait pas comment réagissait les gens à un premier contact. Elle baissa doucement le coussin et s'approcha.

" Mais enfin Elizabeth ? Je ne t'effraie pas j'espère ? N'ai pas peur de "trop" parler, je ne t'en voudrais jamais. Au contraire, ce que tu dis est très intéressant et inspirant. Tu aimes ta sœur d'une manière si douce et forte, c'est merveilleux ! Tout le monde devrait suivre ton exemple.
J'aurais aimé avoir un frère ou une sœur pour l'aimer comme toi.
Et tu as raison, ta sœur est une personne impressionnante, mais je suis sûr que tu l'es aussi ! Tu parles déjà trois langues, l'anglais va venir très rapidement, et si tu le souhaites je pourrais te donner des cours sur d'autres langues. Et puisque tu n'aimes pas la lecture je te promet de ne te faire lire aucun livre. Mais il faut que tu me promettes une chose très importante, quand je serais avec toi, je ne veux pas que tu t'excuses, je veux que tu sois qui tu es vraiment, donc plus d'excuse plus de gène. Je ne suis pas là pour te juger, je suis là pour t'apprendre un millions de choses, et être ton amie si tu l'acceptes. "


Elle lui fit un doux sourire.

" Et en échange je te promet de faire de mon mieux pour t'aider dans tout ce que tu veux. "

Lorsque la jeune fille avait déclarer ne jamais avoir eu d’appréciation à lire Lilou avait tiqué. Elle était aveugle, mais pas depuis toujours, cela était même peut-être plus récent qu'on pouvait le croire. Pourtant elle se déplaçait chez elle avec une aisance incroyable. Tout cela était confus dans l'esprit de Lilou. Mais le fin mot de l'histoire viendrait un jours éclore.

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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Jeu 5 Oct - 1:14

Elizabeth, comme souvent, se sentait bête. Elle se jugeait en permanence, et rarement de façon méliorative. Ses actions passées avait été si violemment répréndées, qu’elle posait elle même un véto sur chacune de ses paroles, et condamnait chacunes de ses actions. Et même, la plus anodine des démonstrations d’amour, l'effrayait au plus haut point, par peur de dire quelque chose de mal. Elle s’empéchait donc de parler, ou de faire quoique ce soit. Mais sa nature la poussait à essayer de communiquer, car elle en avait vraiment besoin.
Mais elle redressa la tête, lorsque Lilou pris la parole, et qu'une main se posa sur le coussin, derrière lequel la jeune fille honteuse se cachait. Elle eu un léger mouvement de recul. Il  ne traduisait en rien une peur envers son invitée, mais seulement une peur du contact en lui même. Peur qu’une nouvelle fois, elle perd le contrôle. Bien que peu probable, il s’agissait d’une chose qui effrayait Elizabeth au plus haut point.

Mais comment pouvait elle continuer de combattre toute cette compassion qu’on lui offrait ? Comment pouvait elle continuer de se tenir distante d’une personne si bienveillante et réconfortante. Elles étaient en sécurité, alors au fur et à mesure des paroles de la jeune femme, Elizabeth se détacha de sa moelleuse égide.

A peine venait-elle de gagner une bataille contre des larmes de peine et de mélancolie, qu’une nouvelle se profilait à l’horizon. Cette fois-ci, il s’agissait de larmes de joie, provoquées par la gentillesse et la bienveillance des paroles de l’autre jeune femme. Quelqu’un voulait apprendre à la connaître, sans pour autant s’arrêter à son handicap. Et d’un ton franc, elle lui fit une proposition que l’on ne lui avais jamais faite, même dans sa vie antérieure. Elle voulait être son amie. Elle lui répétait qu’elle désirait la connaître tel qu’elle était réellement, sans s’inquiéter de ses différences. Un frisson lui parcourra le visage, tandis qu’elle tenta de lui répondre, sans trop balbutier.

“Non tu ne me fait pas peur ! Personne ne me fait peur, c’est juste que je j’ai peur de dire des choses inappropriées ou blessantes. J’ai peur de refaire mal aux gens” dit elle, très gênée dans ses pensées, avant de continuer.

“J’ai toujours aimé ma soeur. Même enfant, nous étions séparés de nos autres frères, et nous avons vécus très longtemps à trois. Vu que je pouvais pas trop aller voir l’autre, et bien j’étais toujours avec Lyssa ! Et puis, c’est elle qui m’a sauvé la vie, même maintenant, elle s’occupe de moi alors qu’elle a certainement mieux à faire. J’ai peur de l'embêter à cause de mon état, c’est de ma faute je sais, mais j’ai besoin d’être avec elle. Je l’aime plus que tout au monde, et si je pouvais avoir un seule voeu, ce serait de pouvoir voir à quoi elle ressemble.” Elle prit sa respiration.

“Mais maintenant, j’ai peur de t’embêter aussi. Mais tu me dit que des choses gentilles, et j’ignore comment réagir. Tu es la première ,depuis que je suis sortie, qui est comme ça avec moi, même ma soeur est différente.”

Elle tenta d’enfouir de nouveau ses larmes, tandis qu’elle repris une respiration plus tremblante que la dernière. Tout en riant légèrement, montrant que ce n’était pas dû à la tristesse.  

“J’ai jamais eu l’occasion d’avoir d’amies. Donc, tu me dit que si j’arrête de m’excuser on sera amies c’est ça ?”

Elle se redressa rapidement, montrant une grande motivation.

“J’arrête de m’excuser c’est promis ! C’est pas raisonnable je sais, mais j’ai vraiment envie qu’on soit amies. J’ai envie que tu me montre ce monde, et que tu m'apprenne plus de choses que je ne peux en comprendre."

Puis, comme précédemment, elle occulta une partie de son visage derrière le coussin, se rappelant des bonnes manières.

“S’il te plaît.”

Puis sans rien dire, attendant certainement une réaction de sa nouvelle amie, elle chercha de sa main, celle de sa camarade. Guidée par une certaine peur d’elle même, mais surtout, d’une immense joie débordante. Elle posa la main quelques fois au mauvais endroit, avant de toucher la main de la jeune femme. Mais elle ne s’arrêta pas la. Ses doigts glissèrent le long de la chaude peau du bras de Lilou, avant d’atteindre son visage.
Même si elle ne parvenait pas vraiment à visualiser l’apparence hypothétique de la jeune femme, elle était certaine d’une chose : Elle était surement très jolie.
Elle esquissa un sourire satisfait et joyeux, quelques larmes fugitives coulant le long de ses joues.
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Jeu 5 Oct - 2:39

Si Lilou était la calotte glacière le monde serait submergé, car elle aurait fondu. Pourquoi ? Simplement parce que la personne devant elle était la personne la plus mignonne et adorable qu'il lui ai été donné de rencontrer !

Cette jeune femme, blessée, écrasée, broyée par des événements affreux, parce que c'est clairement ce que Lilou en avait déduit, était pleine de bonté, de peur, oui, mais d'amour, d'un amour immense et infini, envers sa sœur, mais envers le monde, envers chaque choses qui faisait la vie, et envers elle. Lilou pouvait le sentir.

Même Jack, son petit-ami, n'éprouvait pas autant d'amour qu'Eli, rien qu'en touchant une personne. La brune ne pu percevoir les larmes de la demoiselle, parce qu'elle même tentait de retenir les siennes.

La toucher, ou plutôt se faire toucher par elle était une chose incomparable. Lilou savait maintenant ce que pouvait ressentir une personne qui croyait en dieu. Elle comprenait maintenant comment on pouvait croire qu'un être supérieur puisse ressentir assez d'amour pour tous les êtres vivants quel qu'ils soient. Elizabeth était comme ça. Elle aimait le monde d'un sentiment inconditionnel et d'une beauté divine.

Elle était venue donner un cour et voilà qu'elle se retrouvait sur un canapé en présence d'une divinité qui lui demandait une faveur.

" Mais bien-sûr ! Comment pourrais-je refuser " sourit-elle.

Lilou parvint enfin à épurer l'humidité de son regard céruléen.

" Bien et si nous commencions ? J'ai une petite idée sur la façon la plus amusante pour toi pour apprendre l'anglais. Je vais te raconter une histoire en anglais. Ensuite tu m'expliqueras ce que tu as comprit, mais quand nous seront plus avancées je te demanderais de me poser des questions sur cette histoire, en anglais. Cela te convient-il ? "

Lilou attendit sa réponse. Après une longue gorgée du délicieux thé,  elle commença l'histoire en anglais commun.

" C'est l'histoire d'une jeune demoiselle née dans un ciel clair, au dessus de l'océan. Sa maman est une scientifique ayant la nationalité française et anglaise, et son papa était pilote d'avion, possédant la double nationalité russe et tibétaine. La jeune fille avait comme la capacité de se faire des amis dans tous les pays qu'elle visitait. En fait elle avait un don très particulier, elle était capable de comprendre tous les langages, celui du corps, des animaux, des extraterrestres, des humains, mais aussi le langage de l'amour, de la colère, enfin de toutes les émotions. Et simplement en écoutant les personnes ou en les touchant. Mais la demoiselle était intelligente, alors on l'a pensait juste un peu plus doué que les autres, mais c'est au début de l'adolescence qu'elle comprit en quoi et pourquoi elle était si différente. Elle avait des dons extraordinaires. Ce fut grâce à cela qu'elle se décida à intégrer une école de super héro pour devenir une grande héroïne, l'héroïne qui sauverait et changerait même les criminels. "  

Lilou reprit quelques gorgées de thé puis demanda en arabe.

" Alors, as-tu comprit quelques petites choses ? "

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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Jeu 5 Oct - 3:17

Un immense sourire se dessina sur le visage de la jeune femme, lorsque Lilou accepta sa demande. Elle était aux anges. Elle était si heureuse, que ses joues étaient douloureuses. Ses muscles étaient trop tendus, et elle se frotta les joues pour tenter d’endiguer cette agréable douleur. Puis d’un geste rapide, elle essuya ses larmes de joies, puis se sécha le visage en le frottant contre sa nuisette.
Elle ne savait pas vraiment quoi répondre, elle était heureuse, c’était tout. Elle ressentais ce sentiment de joie et de sécurité, similaire à celui créé par la présence de sa soeur. Et rien ne la reposait plus. Elle imaginait déjà sa vie, aux côtés de sa nouvelle amie, le jour où elle irait mieux. Elles pourraient gravir des églises ou se raconter des histoires, pour s’amuser.


Cette dernière proposa de commencer à travailler. Même si elle n’avait pas un amour sans nom envers ce genre de tâches, elle imaginait cela plus comme une leçon amicale. Quelque chose qui l’aiderais seulement à aller mieux, sans autre impératifs. A la fin de la journée, Lyssa serait fière d’elle pensait elle.
Elle hocha la tête,puis posa cette dernière sur le dossier du divan, légèrement fatiguée par la hausse massive de bouleversements sentimentaux des dernières minutes. Elle tira un plaid situé derrière elle, et le posa sur ses jambes frissonnantes. Sans vraiment s’en rendre compte, Elizabeth s’était rapprochée de la jeune brune. Et n’était plus aussi éloignée qu'à l’instant.  

Son visage se crispa, elle était prête à travailler. Elle attendait de pieds ferme l’histoire.Elle adorait les histoires. Lilou avait su rendre l’exercice attractif pour la jeune femme, en se basant sur un simple détail d’une conversation. Cela lui fit chaud au coeur, cela voulait dire, qu’en plus de rendre le tout ludique, elle était attentive à ses paroles.
Elle était attentive, et durant la tirade de son invitée, elle tentait au mieux de comprendre. Quelques informations précises furent comprises, et elle tenta de synthétiser le tout au mieux, avant de lui en faire un bilan.


“C’est très compliqué. C’est dommage, j'aurais bien voulu comprendre ton histoire, surtout que le ton que tu as utilisé laisse comprendre que tu l’aimes bien. Sinon, j’ai compris quelques choses. Tu as parlé de quelques lieux, j’y ai reconnu des pays comme la France, l’Angleterre ou la Russie. Tu as parlé d’un “avion” aussi. Je le sais car j’ai entendu ce mot en revenant ici. Après tu as parlé de filles, j’ai compris demoiselle. C’est comme ça que les gens m’appellent quand je me promène, ou que je fait un malaise. Tu as parlé d’intelligence, c’est un mot similaire en français je pense. Et sinon, je dirais que tu as prononcé “amour”. Elle soupira, puis retomba dans ses pensées quelques secondes, pensive. Un détail manquais. Puis elle s’exclama.
Tu as parlé de l’école de Lyssa ! Je sais le prononcer ça, c’est d’ailleurs une des seules choses que je sais dire sans trop faute.”

Puis elle secoua la tête, signifiant que c’était tout. Elle se saisit de sa tasse, attentive à ne pas la renverser, avant de boire quelques gorgées. Elle n’y avait toujours pas touché, et elle trouvait que comme toujours, elle avait réussi à en préparer un délicieux.

“Tu as beaucoup parlé en disant des Bonjours (Hi) ou des je (I). Ce serait un peu bêbête de dire bonjour autant de fois, du coup tu parlais de toi c’est ça ? Si c’est ça apprends moi tout aujourd’hui, je veux vraiment savoir des choses sur toi. Moi j’ai pas trop le droit d’en parler, mais toi ça te gène pas si ?”

Elle était souriante, heureuse. Rien à voir avec son état à l’arrivée de la jeune brune. Elle était curieuse et enjouée. Et dans sa tête, elle parvenait à s’imaginer sur un tapis brodé, entouré de murs de terre, buvant un thé à la menthe, apprenant à parler auprès d’une inconnue particulièrement rassurante.
Mais de quoi parlait elle vraiment ? Elle désirait vraiment le comprendre. La seule chose aussi forte à ce moment là, était de savoir si elle avait eu de bonnes réponses, et donc si elle était sur la bonne voie pour impressionner sa soeur, et commencer à vivre sans cette barrière étouffante.
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Jeu 5 Oct - 4:19

Lilou rit amusée, elle était vraiment trop mignonne ! Son comportement était complètement différent d'il y a quelques minutes, elle n'était plus hésitante, plus effrayé ou gênée par ce qu'elle exprimait, elle respirait la joie.

Une chose se dessinait doucement à l'horizon. C'était l'histoire de la demoiselle. Elle n'avait pas le droit d'en parler, mais elle n'avait pas besoin de le faire pour que Lilou en comprenne la plus part.

Sa sœur l'avait reclus dans son appartement, elles vivaient ensemble et vu l'attachement de la demoiselle pour son aînée cela ne l’étonnerait guère si elles dormaient ensemble. De plus ce rapprochement semblait récent. Lilou déduisait cela de plusieurs choses. Lyssa avait fait appel à Lilou "que maintenant". Et si la demoiselle, à la chevelure d'argent, avait prit d'autres cours, son niveau d'anglais serait beaucoup plus avancé. Lors de son discours, Lilou avait utilisé des termes très simples, elle y avait placé une attention particulière. Mais malgré cela, elle n'avait même pas comprit le verbe être. Ensuite précédemment elle avait évoqué le fait "d'être sortit", son corps était maigre, trop maigre, ses muscles trop minces, même si elle semblait avoir reprit un peu de poids, on percevait nettement que cette forme ne lui sciait guère, elle avait perdu beaucoup de son poids originel, autant la graisse que les muscles, et quand perd t-on ses muscles ? Tout simplement en ne faisant aucun mouvement plusieurs mois à la suite.

Lyssa était une personne, ou plutôt un être d'une puissance phénoménal, sa sœur donc, devait l'être aussi. Elizabeth parlait des langues anciennes qui n'existaient plus depuis un bon moment. Il était très facile de deviner qu'Elizabeth avait été enfermée pendant des siècles et que ce n'est que récemment que sa bien-aimée sœur l'avait délivrée.

Mais Lilou n'était pas censée savoir, alors elle ne dirait rien et ferait l'ignorante, elle avait l'habitude.
C'est avec un sourire chaleureux qu'elle lui répondit.

" J'aime beaucoup le troc, qui se dit Barter en anglais, alors à chaque fois que tu retiendras une chose je te révélerais ou te raconterais un morceau de moi. Cela te convient-il ? "

Lilou attendit sa réponse et lui expliqua sa première leçon :

" Une fois qu'on le sait, il est facile de différencier un "bonjour" d'un "je". En arabe Sabah alkhyr [bonjour] est composé de deux mots, dans le premier mot la dernière syllabe [le H] est en quelque sorte inspirée. C'est ainsi qu'il faut prononcer le bonjour anglais, en inspirant le I. "

Lilou prit délicatement la main de la demoiselle. Elle dessina dans sa paume la lettre H.

" Te souviens tu, en français il existe la lettre H, c'est lorsqu'il y a cette lettre que l'on prononce cette "inspiration". Comme dans Hello, qui signifie aussi Bonjour, mais plus dans le sens "Bon jour", ou comme dans Home qui signifie Chez sois, un très bon mot si tu veux mon avis. Et d'ailleurs si nous travaillons si bien dans quelques temps nous auront Hungry, qui signifit Faim."


Elle s’arrêta là pour les exemples, son but était de lui apprendre, pas de la perdre au bout de onze minutes et demie. Avait-elle comprit ? Mais plus important, ce souvenait-elle de la forme des lettres ? Lilou avait supposé que oui, mais peut-être que dans l'ancien temps elle n'avait pas apprit à lire. Si c'était le cas cela rajouterait beaucoup de difficulté à la tache. Mais Lilou trouverait, comme d'habitude, un moyen pour s'en sortir.

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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Jeu 5 Oct - 5:12

Lilou riait. Depuis combien de siècles n’avait elle fait rire personne ? Bien trop longtemps. Cela lui faisait un bien fou, car elle savait que c’était grâce à elle. Elle se sentais revivre, bien qu’une fatigue s’installait petit à petit. Elizabeth savait que si le besoin s’en faisait ressentir, elle devrait s’allonger, ou alors, comme souvent, elle ignorerait les mises en gardes de son corps, et s'effondrerait tout simplement.
Pourquoi Lilou riait ? Elle n’en avait, par contre, aucune idée. Mais cela n’était pas important. L’idée d’une simple moquerie ne lui traversait pas l’esprit, c’était son amie après tout. Un petit silence dura quelques secondes, l’enseignante cherchait probablement ses mots, tandis que la jeune fille restait à l'affût de chaque syllabe.

Un nouveau marché lui avait été proposé, avec comme récompense, quelque chose de sublime. L’histoire de Lilou. Elizabeth trépignait d’impatience de la connaître, et de comprendre comment pouvait elle être si gentille et prévenante. Les conditions, ne nécessitent que de l’attention et du travail. Même si ce n’était pas trop sa tasse de thé, ici, ce n’était pas pareil. Pour que Lilou et Lyssa soient fières d’elles, elle devait se donner à fond. Elle hocha donc doucement la tête, souriante, et pressée d’entendre son récit.

“Oui ! Tu va voir, je vais tout retenir !” dit elle, à moitié sure d’elle, mais animée par le miroitement de la récompense.

Son amie commença à lui expliquer quelques notions de base. De la phonétique. Le son “H”. Un son compliqué à prononcer, de prime abord, du moins, c’était sans compter sur les grandes capacités pédagogiques du professeur. Elle effectuais des comparaisons et autres analogies avec les langages qu’elle maîtrisait.
Puis, sans bouger, elle senti la chaleur d’une main, se poser sur la sienne. Celle-ci dessinait des traits, sur sa paume. Il s’agissait du “H”, énoncé au même moment. Et ce simple croquis sensoriel, lui fit se souvenir de toutes les formes des lettres latines. Elle se les dessinait une par une, dans la tête. Mais une fois ce tracé terminé, Elizabeth ne laissa pas son amie retirer sa main. Elle la saisit doucement, sans animosité ou précipitation, désirante de la sentir à ses côtés. Elle ne la retenait pas, mais par une simple grimace, elle signifiait qu’elle ne voulait pas se défaire.

Elizabeth avait toujours eu besoin de cette présence physique, bien avant sa captivité. Mais ce simple désir, était devenu une quasi-nécessité avec le temps. Ce genre de choses la réchauffait, car elle ne trouvait chaleur que dans celle des corps. Le soleil était tiède, le feu frais, et même l’enfer ne consistait pas une source de chaleur suffisante. Dans son monde abyssal, enclin à la solitude, seul l’amour était un astre chaud et lumineux.

L’explication était étonnement simple. Cela confirma les dires de la jeune fille, l’histoire la concernait, ou avait été, alors, racontée à la première personne. Esquissant un énième sourire, elle s’essaya à l’exercice. Elle prononça dans un premier temps, le son plus fois. Une fois que cela lui semblait bon, elle répéta doucement les exemples. Hi,Hello,Home, ou encore un mot qu’elle connaissait Hero. Puis elle redressa la tête, pour pointer, de sa main libre, son amie.

“You hungry ?” dit elle, attentive de ne faire aucune faute, pour montrer qu’elle avait bien compris. "D'accord, je pense que j'ai compris, et pour les autres mots ?"continua elle, heureuse.

Elizabeth prenait beaucoup de plaisir dans les exercices de prononciation, sa phrase fut suivie d’un petit rire de satisfaction et d’amusement. Elle savait déjà au fond, qu’elle pourrait la répéter à sa soeur à outrance. Elle savait que l’apprentissage serait long, mais aux côtés d’une personne si avenante, ça ne posait aucun problème. Au contraire même, elle ne voulait pas voir Lilou partir. Mais l’idée que celle-ci l’abandonne une fois la langue apprise, la fit légèrement grimacer. Que se passerait il une fois qu’elle connaîtrait bien toutes les langues ? Seraient elles tout le temps amie ? Ce concept encore inconnu d’amitié, commencait, et deviendrait par la suite, source de nombreux questionnements.
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Jeu 5 Oct - 6:14

" Yes it's very good" déclara t-elle, elle lui traduisit ensuite la phrase.

Elizabeth était heureuse. Elle le sentait. Sa main dans la sienne elle pouvait tout ressentir. Y comprit le doute, la peur de la perte qui se profilait dans l'esprit de la demoiselle.

La brune posa son autre main par dessus la sienne en signe de réconfort et de présence.

" Bien continuons et si à la fin tu réponds correctement à toutes mes questions je te raconterais mon histoire. "


Pendant l'heure qui suivit Lilou lui raconta l'histoire de la langue anglaise, tout en lui expliquant quelques mots souvent utilisés et qui lui serait forcément utile.

Il s'agit en fait d'une langue germanique, étrange lorsqu'on écoute les consonances très différentes. Initialement il s'agit de tribu s'exprimant dans un dialecte dit "anglo-frisson" qui a établit son territoire du nord du Danemark au sud du pays bas (les saxons), de là est né la tribu Angle, qui donnera ensuite l'Angleterre. C'est à partir du III ème siècle que les langues anglo-saxons ont commencé à se différencier et créer les différentes langues. Mais l'anglais à aussi beaucoup été influencé par la langues d'Oïls, un langage exprimé par les Normands, des français.

Or Elizabeth connaissait le vieux français, elle fit référence au moment "transparents", puis continua son histoire. L'anglais était, à ses débuts, écrits en runes, l'écriture des langues nordiques, mais au fur et à mesure que les voyages se développaient c'est le latin qui prit sa place en tant que nouvel alphabet.

La brune continua ainsi de lui compter les histoires de la vieille Angleterre, des légendes, des rois et de nombreuses autres choses, sans oublier de placer ou répéter des mots, ou phrases anglaises, très simples, c'était ainsi beaucoup plus abordable et intéressant.

Mais une chose clochait. Lilou ressentait toujours son tourment. Elle fit une courte pause prétextant qu'elle avait besoin de boire. Elle bu, mais surtout elle l'observa. Son visage reprit un peu de son sérieux. Pourquoi ressentait-elle cela ?

Elle lui posa une courte série de questions auxquelles la demoiselle eu tout bon. Son professeur était très contente d'elle et ne se priva pas de lui dire.

" Je suis très fière de toi Elizabeth. Tu as gagné le droit d'en savoir plus sur moi. Mais avant il y a un mot qu'il faut que je t'explique. Dans ta langue on dit sadiq, en latin c'est amicum, en français tu le devine c'est ami, et en anglais c'est friend. Et c'est ce que nous sommes. We are friends Nous sommes amies. Et cela peu importe ce qui arrive. Peu importe ce qui commence et ce qui se finit Elizabeth, peu importe les épreuves de la vie, quelles soient dures ou magnifiques, les amis sont toujours là l'un pour l'autre. Je ne comprend pas trop de quoi tu as peur, de ce que tu ne veux pas perdre, mais saches que tu ne me perdra pas. D'accord ? "

Lilou lui sourit et serra un peu plus fort sa main qui était toujours dans la sienne.

" Bon comme je te l'ai promis je vais te raconter. Je suis née dans le ciel, au dessus de l'océan, dans un avion, c'est une machine créé par les humains pour voler de pays en pays très rapidement. Ma mère travaille dans les sciences, c'est une chimiste de renom, son papa, mon grand-père, est Breton, de France, sa maman est Anglaise. Mon papa lui était pilote d'avion "
Sa gorge se serra brièvement." Son papa est russe et son épouse Tibétaine. Depuis ma plus tendre enfance je vis dans le monde entier, j'ai toujours voyagé. Et ma famille m'a toujours pensé surdouée, mais c'était, en fait, tout autre chose. Je suis une dotée. Pas aussi puissante que toi ou ta sœur, mais j'ai des dons qui me permettent d'aider les autres comme je peux.
Je suis capable de comprendre tous les langages, celui du corps, des animaux, des extraterrestres, des humains, mais aussi le langage de l'amour, de la colère, enfin de toutes les émotions. Et simplement en écoutant les personnes ou en les touchant. Depuis que je suis à la Sup', je suis capable de moduler ses émotions, de les augmenter ou les diminuer et même d'en transmettre. Et mon rêve serait de devenir une héroïne assez forte pour sauver et aider tout le monde, même les personnes qui font des mauvais choix et de mauvaises actions. Cela serait tout ce que je désir. Et maintenant tu sais tout, enfin le principal, car j'ai encore de nombreuses histoires pour te motiver à apprendre de nouvelles choses. "


Lilou appuya son dos contre le dossier du canapé. Son ventre grogna légèrement. Elle commençait à avoir une faim de loup.

" Souhaites tu que l'on prépare à manger ensemble ? Je pourrais de donner le nom de chaque éléments si tu le souhaites. "

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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Jeu 5 Oct - 17:54

Rien n’était plus agréable et satisfaisant pour Elizabeth que des félicitations. Et dans ce cas précis, elle en avait eu deux, dans deux langues différentes. Son progrès la rendait heureuse, mais de savoir que son amie était fière d’elle, était sans commune mesure. Et cela n’était pas terminé, le cours dura plusieurs dizaines de minutes. Durant ce temps, Elizabeth était toujours concentrée, ce qui lui demandait beaucoup d’efforts. Son cerveau n’était plus habitué à se focaliser autant sur des choses aussi complexes, et aussi longtemps. La fatigue commençait à revenir, à peine une heure après le lever. Mais son sourire ne déclina pas d’un centimètre, elle était toujours aussi enjouée et motivée par les félicitations de l’enseignante.
Et la séance continua. Elizabeth était hébétée par autant de savoir. Comment une simple langue pouvait avoir une histoire aussi complexe et intéressante. Et surtout, comment Lilou faisait elle pour aussi bien la connaître. A son époque, tout n’était que tradition orale, et l’histoire se résumait à la bible. Mais là, le monde lui semblait si vaste, et cette Europe si passionnante. Elizabeth venait de faire un choix, elle voulait s’y rendre. Elle buvait les paroles de son amie, un sourir aux lèvres, heureuse que cette dernière adapte son discours pour y faire paraître des éléments qu’elle connaissait.


Et la séance se termina sur une énième et franche félicitation. Mais Lilou continua sur quelque chose de détaché des cours. Elle venait de mettre le doigt sur l’élément qui taraudait la jeune handicapée depuis plusieurs dizaines de minutes. En effet, pour une quelconque raison, elle avait très peur de perdre sa nouvelle amie. Cette dernière se montra une énième fois rassurante, lui expliquant, en lui serrant la main qu’elle ne devait pas s’en faire. Mais elle avait de nombreuses raisons de s’inquiéter. Le monde n’était pas si sûr à ses côtés.
Elle ignorait quoi répondre, ses pensées étaient floues, et occultées par la joie ambiante. Elle laissa donc son amie continuer. Il s’agissait de sa récompense, tant désirée. Une histoire, mais pas n’importe laquelle, son histoire. L’histoire certainement passionnante de la jeune inconnue, devenue un être cher en quelques heures. Elle disposait de nombreux détails complexes, mais qui se recoupaient avec le peu d’informations qu’elle avait obtenue précédemment.


Elle se redressa subitement. Lilou aussi était née dans le ciel. Possédait elle des ailes comme elle ? C’était certainement pourquoi elles s'apprécient tant ! Elizabeth était très pressée de partir voler avec sa nouvelle amie, loin de ce sol douloureux et handicapant. L’histoire continua, et même si l’envie ne lui manquait pas, elle ne désirait pas couper l’histoire pour lui proposer d’aller voler.



La jeune femme avait toujours été une personne très empathique. Elle percevait relativement bien les changements d’humeurs et de ton de ses interlocuteurs. Comme ici, ou à l’explication du métier de son père. Que lui était il arrivé pour que sa bonne humeur sois si rapidement entachée ? En réalité, Elizabeth avait du mal à comprendre ce genre de choses. Elle n’avait pas réellement eu de parents, et ignorait donc comment fonctionnait ce type de relations, et elle ne se cacherais pas de lui en parler.

Mais la discussion pris une tournure différente. Une tournure expliquant cette aise entre les deux personnes. Un don était unique, c’est ce qui lui avait été enseignée. Alors pourquoi son amie possédait elle ce pouvoir ? Pourquoi celui-ci ? Pourquoi était elle si proche de son amant d’antan. Et sans vraiment y faire attention, elle venait de violer un de ses tabous sentimentaux : Penser à Auguste. Son coeur fut submergé de souvenirs intenses et anciens, glissant lentement et dangereusement vers sa phobie, celle de son frère.
Elle resta de marbre, mais son corps entier fut pris d’un grand frisson. Elle ne désirait pas perdre la face, alors elle se leva pour aller préparer à manger comme le suggérait Lilou. Elle fit quelques pas difficiles, s’appuyant sur le divan pour avancer de quelques centimètres.


“Tu as une très belle histoire. Moi aussi je suis née dans le ciel. Merci de m’avoir raconté ça, ça me fait très plaisir.” dit elle, la voix tremblante, mais signifiant tout de même qu’elle était heureuse.

Elle tentait, presque en vain, de lui cacher sa profonde tristesse. Elle était prise d’un sentiment violent de haine envers elle même. Pourquoi ce genre de choses venaient gâcher ce moment si génial ? Pourquoi devait elle tout le temps tout gacher. Elle avait envie de s’excuser, mais elle n’en avait pas le droit. Elle avait promis, et une promesse était une promesse. Toutes ces choses lui comprimaient les poumons, et bloquaient le peu d’air qu’elle arrivait à respirer, lui donnant une simple envie de vomir.
Et puis, était-ce par épuisement ou inattention, elle trébucha, se cognant le côté sur une chaise, se hissant difficilement sur ses avants bras. Dévoilant son dos criblé d’immense cicatrices encore fraîches. Et elle ne parvint pas à retenir ses larmes. Elles explosèrent, absolument pas retenues par une quelconque volonté.


“Pardonne-moi, vraiment. Ton histoire était vraiment géniale. Mais, depuis tout à l’heure j’ai une boule au ventre. Je devrais pas trop te parler de moi comme ça, car j’ai peur que ça soit dangereux mais, je déteste cacher des choses, et encore moins à quelqu’un que j’aime autant. C’est juste que tu me rapelle une personne que j’aimais, et qui n’est plus là à cause de ce que je suis. Ca me fait mal au ventre. Plus que d’habitude. J’essaie de tout enfouir en moi, mais j’y arrive pas. Je voulais vraiment pas que tu me vois comme ça, j'étais fière de moi pourtant. Je sais pas si je suis juste triste pour lui, ou que j’ai peur qu’il t’arrive quelque chose aussi. “ dit elle, sanglotante.

Les larmes coulaient sur sa peau, jusqu'à totalement tremper sa robe. Ses bras étaient flagellants, et ses muscles refusaient de la faire se lever. Elle était toujours presque au sol, désireuse de retourner en arrière. Elle avait honte d’avoir tout gâché. Cela la torturait profondément.

“On s’amusait bien, j’ai tellement honte de t’infliger ça. J’ai honte d’infliger ça à tout le monde. J’ai honte de ce que je suis. J’ai honte de ce que j’ai fait.” dit elle en se mordant la lèvre, incapable de terminer sa phrase, et de dire qu’elle aurait voulu que tout s’arrête.
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Ven 6 Oct - 2:35

Elizabeth semblait aimer son histoire, enfin au début. Car une chose soudaine se produisit, un radical changement de comportement.

Son corps criait à la souffrance. Elle avait mal. Et cela alla en empirant. Lilou l'observait, ses subterfuges pour la tromper étaient vain. Lilou lisait tout.

Elle se leva et s'approcha doucement de la demoiselle. L'oiseau tomba du nid, il fut incapable de se relever, incapable d'émettre le moindre battement d'aile. Elle n'en avait plus, car c'était bien à cela que ses longues cicatrices lui faisait penser. Des ailes perdues.

Les larmes de cristal qui perlaient sur les joues de la jeune fille brisaient une à une le cœur de la brune. Et était incapable d'imaginer la douleur qu'elle ressentait. Mais elle pouvait la ressentir, la partager, puis la transcender.

Silencieuse et discrète Lilou prit le plaid sur la banquette, elle s'agenouilla près de l'oiseau blessé. Elle l'enroula dans le plaid puis la prit dans ses bras.

Lilou n'était pas une personne forte, il y avait même eu une période ou le terme faible la qualifiait bien, mais maintenant, résultant de nombreux entraînements, elle avait réussi à développer de la force, un peu. Et se fut très largement suffisant pour soulever le volatile. Elle revint au canapé, Elizabeth contre elle, partiellement sur ses genoux.
Lilou ne l'avait pas lâché, et ne la lâcherait plus jamais. C'était une promesse.

La brune ne dit rien. Les mots étaient inutiles en cette instant. Elle la serra contre elle aussi fort qu'elle pouvait et sans la briser en mille morceaux. Elle lui laissa un temps pour écouler ses larmes, trop longtemps accumulées.

Puis elle se mit à l'ouvrage. Sa première action fut de faire disparaître la honte, la faire diminuer jusqu'à ce qu'elle devienne invisible. Cette petite demoiselle ne devait pas ressentir cela, elle était beaucoup trop forte et bonne pour cela. La honte était un sentiment fait pour les humains lambda, pas pour les êtres divins comme elle.

Elle y plaça toute l'admiration qu'elle avait pour elle. Et c'est dire qu'elle était grande et prenait beaucoup de place. Elle prit le file de la haine, cette colère et se rejet qu'elle éprouvait envers elle même et fit de même elle le réduit jusqu'à ce soit un grain de poussière.

Lilou ne pouvait pas faire disparaître des émotions ou des sentiments, cela ne dépendait que de l'hôte. Mais en donnant et modifiant certaines émotions elle contribuait en quelque sorte à l'effacement de ces sentiments négatifs.

Toute cette nostalgie atrocement douloureuse Lilou en prit soin. Elle sépara la douleur de ses souvenirs émotionnels. Et à la place elle y déposa de l'amour, une goutte de tristesse et de manque.

La peur, quand à elle, elle la laissa, elle la saupoudra d'une pincée de confiance.  Elle avait une phrase magique pour conclure tout cela. Une phrase simple et pourtant puissante. Une phrase de quelques mots de base éprit de tant d'émotions prenantes, qu'ils étaient impossible à ignorer. Même pour un sourd.

La brune caressa la tête de la demoiselle.

" Je suis là. Je le serais toujours Elizabeth. Peu importe ce que peut arriver, tu ne pourras jamais me faire de mal. "

Ce n'était pas des hypothèses ou des mots rassurants, non. C'était la vérité, la seule.
Elle la serra un peu plus fort contre elle. Elle la garderait dans ses bras jusqu'à ce que la demoiselle soit prête à émerger. Rien ne la dérangeait, elle pourrait rester des heures comme cela, s'il le fallait.

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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Lun 9 Oct - 18:14

Elle était là, larmoyante, à moitié nue, effondrée sur le sol. Comme toujours, car cela se terminait toujours comme cela. Elizabeth passait le plus clair de son temps à céder à ses larmes de peur ou de mélancolie. Il n’était pas rare que sa soeur la retrouve en rentrant, effondrée sur le sol, incapable de se redresser seule. Tout comme maintenant.
Elle n’arrivait pas à s’arrêter, et l’air commençait à lui manquer. Entre ses crises de sanglots, elle s’étouffait légèrement, obligée de reprendre sa respiration bruyamment. Tout était si douloureux, et ses blessures lui faisaient atrocement mal. Sa gorge, son ventre, son coeur et ses poumons, tout était douloureux. Elle essayait, pourtant, de tout retenir. De ne pas montrer à son ami à quel point elle était faible.

Mais le son des pas de Lilou à ses côtés la calma quelque peu. Puis fut recouverte de sa couverture. La jeune femme avait tout le temps froid. Elle ne parvenait jamais à se réchauffer, mais cet acte d’une extrême douceur, perpétré par une personne tout aussi douce, lui réchauffa le coeur. Puis, sans dire un mot, la jeune brune souleva Elizabeth, la collant contre elle. Le ziz  enroula ses bras frêles, autour du cou de sa sauveuse, pleurant contre cette dernière. Puis une fois sa tête posée sur ses genoux, toujours se serrant contre elle, et sentant les bras de Lilou faire de même, tout en lui caressant la tête, elle s'apaisa petit à petit. Elizabeth était certes innocente, mais assez vive d’esprit, et dans le tourbillon de douleur qui accaparait, elle comprenait ce qui se passait. Mais cela était-il vraiment important ? Tout ce qu’elle désirait, était que l’on s’occupe d’elle comme on venait de le faire, peu importe si cela était magique ou non Malgré sa nature surpuissante, elle ne voulait qu’une chose, se blottir contre quelqu’un qu’elle aime. La vengeance, la haine, la colère. Tout cela était étranger à cette créature qui à l’origine, était animée par celà. Maintenant ce n’était qu’Elizabeth, une jeune fille en manque d’amour.
A mesure que les mains de son amie glissaient sur ses cheveux, la respiration de la jeune femme se calmait. Le torrent de larmes de douleures, se transformèrent peu à peu en un flot silencieux de larmes de mélancolies, avant de s'estomper totalement. Et dans le silence s’installant, Lilou pris la parole. Elle ne l’avait pas fait durant toute cette crise. Les mots, auraient été en trop, superflus, seul le contact et les gestes pouvaient apaiser  la jeune handicapée. Elle était admirative en réalité. Une admiration pour celle, dont chacune de ses actions parvenaient, sans fioritures, à la rendre heureuse. Comme si elle savait à l’avance, comment s’occuper parfaitement d’elle, évitant les choses inutiles, et quand elle irais mieux, elle le lui dirais.

" Je suis là. Je le serais toujours Elizabeth. Peu importe ce que peut arriver, tu ne pourras jamais me faire de mal. "

Cette phrase résonna en elle. Il ne s’agissait, à ses yeux, pas d’une simple phrase pour l’appaiser. C’était plus comme une formule magique, quelque chose qu’elle se répeterais encore et encore, si la peine la submergeait une nouvelle fois. La douceur et la gentillesse dans son ton, laissait entendre la volonté et la véracité des sentiments de Lilou à son égard. La dernière fois que des mots lui firent autant plaisir, c’était lorsque quelqu’un lui avait trouvé un nom. Cette phrase était comme le plus beau de ses cadeaux. Et c’était son cadeau à elle, un présent qu’elle chérirais de tout son être, peu importe la situation.
Elle esquissa un petit sourir, avant de se laisser aller à un petit sommeil d’une dizaine de minutes, bercée par les caresses de son amie. Elle fut réveillée par un sentiment bien plus terrestre, elle avait faim, ce qui fit un bruit énorme et peu délicat. Elle se retourna, pour que son visage soit en direction de celui de son amie.


“Je sais pas comment te remercier. Je voulais pas que ça ce passe comme ça. C’est juste que c’est encore compliqué pour moi, je veux dire tout est compliqué. Avant toi, même le fait de parler avec ma soeur était compliqué. Je ne vois rien, et je tape dans tout, et peu importe ce que je fais, je m'essouffle et je me blesse. Et malheureusement, je dois rester seule, et je déteste ça. J’aime pas la solitude, ça me fait peur, et j’ai froid toute seule. En réalité, les choses seraient plus simples si tu avais été méchante avec moi.” dit elle grimaçant, consciente des projets de sa soeur.

“Mais tu sais, au fond, j’ai du mal à croire que tu sois là. J’ai du mal à croire qu’une fille aussi … “ Elle se mise à chercher des mots”
Awesome, sois avec moi, comme ça. Qu’un simple cours de langue m’ai permis de rencontrer ma meilleure amie.” Dit elle en rigolant.

Elle se redressa lentement, avant de serrer Lilou contre elle. Elle y mis toute sa force, ce qui se résumait en somme, à peu de choses.

“Je t’aime Lilou. Je suis heureuse que tu ai voulu être mon amie” Dit-elle, d’un air enjouée, enivrée par une joie et un bonheur tel, qu’il était difficile d’imaginer son état il y’a quelques minutes.

Elle se recula ensuite, un air un peu embêté, laissant le temps à cette dernière de rétorquer. Elle se gratta la joue, comme si elle venait de faire une bêtise.

“Tu, tu sais faire à manger ? Tout ça m’a donné faim, et je suis nulle en cuisine. Je suis maladroite, et mes yeux n’arrangent rien. La dernière fois que j’ai voulu préparer quelque chose pour Lyssa, j’ai cassé deux couteaux en coupant quelque chose.”
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Mar 10 Oct - 5:42

En fait pas besoin d'être un iceberg pour fondre. La preuve, Lilou était en train de fondre. Mais véritablement, ce n'était pas une image. Elle était si émue que de l'eau sortait de ses yeux.

La brune avait tenue la demoiselle un long moment, pourtant cela ne semblait pas assez. Elle aurait voulu la garder encore près d'elle à peu près un million d'années. Mais était-ce vraiment possible ?

Pendant ces courtes minutes Lilou pensa à quelque chose qui la taraudait. Enfin plutôt à quelqu'un.

Jack.

Son petit ami. Il l’appréciait beaucoup, elle aussi, mais peut-être pas autant. Peut-être que... que finalement elle ne l’appréciait que comme toutes les personnes qu'elle aimait. Comme ses amis. Devait-elle ...?

Lilou secoua la tête. Non, ce n'était pas le moment d'y penser. Son estomac était noué par une boule qu'elle ne voulait pas déchiffrer. Comme si elle avait lu dans son esprit l'être le plus adorable de la terre c'était éveillé.

Et puis elle lui avait dit ses mots si émouvant. Elle l'avait serré dans ses bras. Lilou en versa quelques larmes. C'était si adorable.

Les grognements de son ventre étaient significatifs. Elle étaient humaines. Lilou rit et lui répondit :

" Bien-sûr que je sais faire à manger, et je peux même t'apprendre si tu veux. "

Elle se leva, elle plaça son bras sous celui de son amie. Pas comme si un passant aidait un aveugle à traverser la rue, non. Plus comme deux meilleurs amies qui se connaissent depuis des années et qui se promènent bras dessus bras dessous.

Elles allèrent jusqu'à la cuisine, se fut à cette endroit que Lilou eu une brillante idée.

" En fait tu sais quoi. C'est toi qui vas faire à manger. Je te guiderais et nous nous régaleront. Et on peut faire un gâteau pour toi et ta sœur ce soir ? Qu'en dis tu ? "


Lilou farfouilla dans les placards listant tout ce qui s'y trouvait. Une idée lui vint. Lilou prit un poivron de chaque couleurs, une courgette, une aubergine, un oignon. Elle prit la demoiselle par la main. Elle lui fit toucher chacun des légumes, lui donnait leur nom ainsi qu'en anglais. Elle lui expliqua que les trois couleurs possédaient un goût différents, que les poivrons pouvaient se manger cru comme cuit, comme les courgettes et les oignons, mais pas les aubergines, mais ce qui était meilleur c'était le tout mélangé revenu à la poils, avec du steak haché et du riz. Un repas délicieux qui en plus pouvait se manger sans se sentir trop gavé.

La brune lava les ingrédients puis elle commencèrent à cuisiner. Elle la guida sur toutes les étapes, pour faire chauffer l'eau, dans une casserole, sentir le récipient en inox chaud, sans le toucher, entendre l’ébullition, sentir la bonne odeur du riz lorsqu'il est près, l’égoutter; Couper les légumes, de façon lente pour ne pas se blesser, même si s'était plus les couteaux qui avaient tendance à se blesser.

Lilou la guidait en prenant ses mains, lui expliquant a peu près tout ce qu'il y avait à savoir. Les légumes de maintenant n'étaient pas ceux d'il y a des centaines d'années, alors il fallait qu'elle en sache un peu plus non ?

Une fois les jolies assiettes âpretés, les filles s'installèrent à table.

" Bon appétit Eli' J'espère sincèrement que tu vas aimer ! "


Lilou attendit que la demoiselle eu prit sa première bouché pour commencer.

" Oh et je voulais te dire, pour tout à l'heure. Je serais ta couverture en papier bulle, peu importe combien tu te cognes dans un mur je te protégerais, et j'aurais toujours une couverture à porté de main pour toi ! "

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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Ven 13 Oct - 3:18

Le visage de la jeune femme s’illumina, lorsque Lilou lui donna une réponse positive. Elle avait pourtant senti un léger tressaillement dans sa voix. Incapable d’en connaître la cause, elle mis ça sur le compte de sa propre fatigue, elle se faisait surement des idées. Toujours sans se lâcher, elles se dirigèrent vers la cuisine, tandis qu’elle lui proposait de nombreuses activités. Elle accepta d’un large hochement de tête, suivi d’un mot plus ou moins existant, signe de son approbation.
Bien qu’un peu stressée par son niveau rouillé en cuisine, elle était aux anges. Elle avait d’ailleurs du mal à contenir son excitation. Elle voulait courir partout, et sautiller, elle qui était si expressive. Mais elle se contenait, du moins, du mieux qu’elle pouvait. Il était certain que Lilou parvenait à sentir son corps maigre se mouvoir dans tous les sens. Cela était d’ailleurs quelque chose qui la peinait souvent. Même si la perte de la vue était handicapante, la perte de son souffle était à des lieues entières, du malaise qu’elle pouvait ressentir. Durant ces moments si uniques, elle voulait sauter, chanter et danser.


Tout à coup, durant la préparation méticuleuse du repas, des images revinrent à son esprit. Toute vêtue de blanc, elle dansait sur un sol de terre battue. Chantant, au son de ses propres instruments, entourée d’une cohorte d’habitants. Tous applaudissaient, et rigolaient autour d’elle. Pour une personne ayant une si haute estime du regard des autres, c’était le paradis. Elizabeth eu un sourir, emplie de mélancolie, cependant, sans s’accompagner de tristesse. Elle désirait juste montrer ses talents à les deux femmes qu’elle aimait, un jour.


La jeune femme se montra très impliquée, et particulièrement joviale durant toute la préparation des plats. Comment cela pourrait il en être autrement ? Elle apprenait des choses tout en s’amusant, et surtout guidée par les mains rassurantes de Lilou. La demi heure de labeur fut un bonheur pour les sens encore valides d’Elizabeth. Elle n’avait aucun mal à comprendre que tout était différent, et au contraire, cela l’amusait. Puis après plusieurs dizaines de minutes, le tout était près. Elle s’affala sur une chaise, tiraillée par la fatigue de ses muscles encore fragile, dans un soupir satisfait.
Lorsque la fourchette entra dans sa bouche, elle poussa un petit gémissement d’étonnement et de plaisir. Pour la jeune femme, la nourriture était un des rares plaisirs de la journée. Cela stimulait sa langue, qui avait été si longtemps meurtrie, et dont le goût du sang avait persisté pendant plusieurs semaines. Mais comme dans de nombreuses choses, elle avait été trop impatiente. Elle fit une grimace assez visible. C’était chaud, mais pourtant si bon, alors pas question de recracher.

Une fois l’incendie éteint dans sa bouche, elle tourna sa tête vers celle de son amie, qui avait, visiblement quelque chose à lui dire.

“Je sais pas ce que c’est du papier bulle.” dit elle en riant, avant de continuer. “Mais je pense avoir compris. Tu sais, ce que tu dit est vraiment trop gentil. Quand tu me dit ça, mon coeur bat très vite, et j’ai un peu mal au ventre. J’ai presque envie de pleurer. Mais je le ferais pas, car j’ai promis de plus pleurer pendant que tu es la.”

Elle inspira longuement, repoussant l’envie de verser quelques larmes de bonheur. En fait, petit à petit, Elizabeth compris quelque chose. Si Lyssa était la la lune. Froide, mais toujours présente. La soustrayant aux terreures nocturnes, et guidant ses pas à travers la nuit froide. Toujours visible même de jour. Lilou était comme un soleil. D’une bonté et d’une gentillesse étincelante, animant sa journée.

“Tu sais, moi j’ai pas beaucoup à apporter. Mais si un jour je peux faire n’importe quoi, je le ferais. Car j’ai juste envie d’être avec Lyssa et toi. Pouvoir profiter sans tomber tout le temps.” dit elle, un sourire légèrement douloureux se dessinant sur les lèvres.

Elle se frotta le bras, sans vraiment y faire attention, il s’agissait d’une sorte de tic. Puis elle se redressa sur son siège, comme si la once de remords qu’elle ressentait venait de s’envoler. Elle chercha à taton, sa main, pour la prendre. Même si ce n’était pas très pratique pour manger, la plat ne nécessitait pas vraiment de couteaux. Et puis, cela ne dérangeait pas Elizabeth.

“Tu sais, c’est pas facile quand je suis avec toi. J’ai tellement envie de te parler de tout, que mon cerveau à du mal à suivre. J’ai l’impression qu’il va fondre. En plus, j’arrive pas à croire que toi aussi tu sois née dans le ciel, comme moi. Grande soeur m’avait dit que j’étais unique, mais bon, visiblement, il lui arrive d’avoir tort. Tu aimes le ciel ? Quelle question, je suis bête, tu dois forcément aimer le ciel, vu que nous sommes toute les deux nées en haut. Moi j’adore vraiment être dans les airs, comme ça, ou alors en hauteur.” dit elle en rigolant, manquant de s’étouffer. Parler en mangeant était l’un de ses nombreux défauts d’étiquette.

“Avant, quand mon corps marchait bien, je grimpait toujours dans les endroits les plus haut. On me rouspétait que c’était dangereux, mais ils ne comprenaient pas. Oui, ils comprenaient rien. Si je montais en haut de la cathédrale, ce n’était pas pour prendre des risques, juste pour prendre un peu l’air. Et puis comment j'aurais pu tomber ? Personne était aussi doué que moi quand il s’agissait d'escalader des murs. Et après je dansait autour de la flèche. Maintenant que j’y pense c’était peut être un peu dangereux. Mais bon, j’ai cru comprendre que maintenant tout était plus haut ! J’ai vraiment hâte de me balancer comme ça. Quoique, tu pense que ça inquiéterais ma soeur ? Tu lui diras pas si je grimpe quelque part ?! Hein ?”
elle s’arrêta quelques secondes pour mâcher, boire, et reprendre son souffle.

“C’est tellement bon, et je suis vraiment trop contente. J'espère que tu m’apprendras les mots pour dire à quel point je suis heureuse de te savoir avec moi un jour !"

Puis elle s’arrêta lentement. Encore une fois, elle avait certainement trop parlé. Un frisson de honte lui parcoura l’échine, jusque dans le bout de ses doigts, encore liés à ceux de son amie.
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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Sam 14 Oct - 3:25

Lilou sourit. Elle déposa sa main su la sienne.

" Fais tout de suite disparaître cette honte sinon c'est moi qui m'en occupe." Rit-elle. " Je t'apprendrais tout ce que tu veux Eli' ! Mais ne t'arrête jamais de parler, tu es bien trop adorable quand tu discutes. "

Lilou prit une bouchée puis rajouta.

" Et je te montrerais ce qu'est du papier bulle, c'est l'invention la plus amusante de l'humanité ! Et tu ne pourras plus t'en passer !"


Lorsque la demoiselle parlait du ciel, elle pétillait de passion, c'était son élément. Mais il était peut probable qu'elle comprenne que la manière dont elles étaient nés était bien différente. Lilou était né dans un avion, mais à l'époque de la "blonde" la technologie n'existait pas. Sa naissance était-elle lié à son don ? Et par la même occasion aux immenses cicatrices dans son dos ?

Les demoiselles terminèrent tranquillement leur repas, discutant de tout et de rien, mais surtout du monde extérieurs, des trésors qui attendaient la belle Elizabeth pour être redécouvert, des multiples lieux que Lilou souhaitait lui faire visiter etc...

Le déjeuner terminé Lilou se permit de débarrasser et de faire un brin de vaisselle. Elle ne voulait pas que se soit Lyssa qui le fasse en rentrant du travail. Elle serait déjà bien fatigué par son boulot.

Elles se rassirent sur le canapé pour continuer l'apprentissage de la frêle demoiselle. Les heures passèrent à une folle allures. Lilou fut même très surprise de voir la nuit tomber si vite.

Il était temps de partir, mais son cœur se déchirait à la savoir seule, même pendant quelques secondes.

" Elizabeth, je dois y aller. Mais je ne veux pas te laisser seule, alors je vais te proposer une chose. Je ne sais pas si tu sais ce qu'est un téléphone. C'est une petite boîte assez utile, avec cela on peut parler à une personne alors qu'on est à l'autre bout de la terre ou derrière plusieurs murs, ou même dans le ciel. Alors ce que je vais faire, c'est que je vais t'appeler avec le téléphone de ta maison, et je vais rentrer chez moi. Parce que j'ai beaucoup de travail. Et je te garderais au téléphone tout le temps. Jusqu'à ce que ta sœur rentre et même plus si tu veux. Et demain je reviendrais sur mes heures de repos, qu'en dis tu ? "


Lorsqu'elle disait ses mots Lilou serrait la demoiselle dans ses bras.

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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Dim 15 Oct - 1:25

Toujours étonnée par la gentillesse et la bonté d’âme de son amie, Elizabeth se mis à rougir lorsqu’elle entendit qu’elle était “adorable”. Les compliments avaient beaucoup d’impact sur elle, aussi bien physiquement que mentalement. Physiquement, cela se traduisait par des balbutiements, ainsi qu’une coloration de sa peau nacrée. Psychologiquement, elle ignorait où se mettre. C’était comme un présent qu’on lui offrait, sans pour autant pouvoir faire de même. Mais au fond, elle était comblée de joie.
Et plus la conversation avançait, moins elle arrivait à rester droite sur sa chaise. Elle se balançait sur son siège, heureuse. Le repas se termina, même si la jeune femme n’arriva pas à terminer son assiette. Le repas était délicieux, mais son petit estomac ne lui permettait pas d’avaler plus. Puis elles continuèrent de discuter encore et encore durant la vaisselle. Elle était attentive, et son visage s’illuminait lorsque Lilou parlait de tous les lieux qu’elle désirait visiter à ses côtés. Le fait qu’elles se projettent, comme ça, au détour d’une conversation, l’enchentait au plus haut point.


Les cours reprirent aussitôt, ponctués d’histoires et de compliments. Cela n’était que la première séance, mais elle n’avait pas de mal à assimiler ses nombreuses connaissances. Elle savait comment se faciliter elle même l’apprentissage d’une langue. Certains mots la faisaient rire, et d’autre peur à cause de leur complexité. Mais l’après midi passa, sans rechute morale de la part de la jeune fille aux cheveux blancs. Mais petit à petit, elle s’affalait lentement sur son amie, tiraillée par la fatigue. Elizabeth n’avait plus l’habitude de telles journées. Mais elle restait attentive, et extrêmement enjoué.
Puis, sans trop savoir pourquoi, Lilou se leva brusquement. Un air paniqué se dessina sur le visage de l’aveugle. Que pouvait-il se passer ? Rien de grave elle espérait. Elle attrapa son bras, au cas ou. Mais cette dernière lui révéla une triste nouvelle, la nuit était tombée et elle devait partir. Son ventre se comprima, laissant place à une douleure certaine.


Elle essayait de prononcer quelques mots, mais elle n’y parvenait pas. Le stress montait, tout comme les larmes. Elle ne voulait pas que la journée se termine, et encore moins voir son amie partir. Qui sais ce qui pourrait lui arriver dans ce monde si sombre. Elle ne pourrait même pas la protéger si il le fallait, car elle était clouée ici, sur le pallier.
Lilou lui expliqua son plan, pour palier à sa peine et sa tristesse. Elle savait ce qu’était un téléphone, du coup, elle comprenait bien l'intention. Cela la rassura légèrement, car en cas de problèmes, elle pourrait intervenir, mais elle resterait seule quand même. Un grand frisson suivi de tremblements s'empara d’elle, et sa gorge était nouée. Elle était terrifiée à l’idée que cet au revoir, sois le dernier.

Se jetant dans les bras de sa meilleure amie, contre qui elle parvenait à se calmer quelque peu, elle prononça, la voix tremblante.

“Je comprends que tu dois partir, mais j’ai peur. J’ai passé une journée tellement parfaite avec toi. J’ai pas envie que ça se termine. Et si il t’arrive quelque chose sur le chemin ? Je vais faire quoi si tu reviens pas demain ?”


Sa voix déraillait quelques peu, et sentant une main contre ses cheveux, elle continua :


“Tu va me manquer. Très très très très très très très très très fort" dit elle jusqu’à essoufflement.

Puis, d’une voix fébrile et sanglotante.

“S’il te plaît, laisse moi rester comme ça encore cinq minutes, je t’en prie”.

Même si elle se calmait lentement, la douleur dans son ventre, elle, ne parvenait pas à s'apaiser.


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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Dim 15 Oct - 5:04

Lilou avait le cœur briser, c'était encore plus dur de la quitter ainsi.

Elle la serra longuement dans ses bras. Son corps refusait de la quitter.

" Oh ma puce ne t'en fais pas, il ne m'arrivera rien du tout. Et puis s'il se passe quoi que ce soit je les fait tomber amoureux d'un lampadaire. "

Elle en rit légèrement. Elle faisait référence à l'histoire qu'elle lui avait raconté un peu plus tôt d'un méchant jeune homme, qui contrôlait le sang et qui était tombé amoureux de Lilou après avoir tenté de la tuer et l'avoir enlevé. Elles en avaient beaucoup rit.

Lilou lui caressa doucement la tête.

" Tu vas me manquer encore plus ! "

Une dizaine de minutes plus tard Lilou déposa l'oisillons sur le canapé, enroulé dans une couette le téléphone à l'oreille. Pourquoi était-ce si dur de se séparer d'elle ?

" Je dois vraiment te laisser. "

Elle colla le combiné à son oreille et parla.

"C'est un peu comme si nous restions ensemble. "

Lilou déposa un baiser sur son front et se faufila à l'extérieur.

A chaque pas qu'elle faisait, de peur d'entendre sa petite voix pleurer, de peur de la sentir triste, Lilou lui parlait de tout, des pavés sur lesquels elle marchait, des drôles de personnages qu'elle croisait. Du chat qui ralait car il avait très faim et on ne lui donnait que des croquettes végétariennes et d'une multitudes d'autres choses qu'elle croisa sur la route.

Elle lui compta des histoires drôle des blagues et arriva enfin chez elle. Elle lui décrivit sa maison et la soupe qu'elle allait manger insensément sous peu.
En puis en fait elle la garda toute la soirée au téléphone, écoutant également ce qu'elle faisait et si sa sœur rentrait ou non.

La brune parti se coucher l'oreille toujours sur le combiné. Ce n'est qu'une fois qu'elle entendit les doux ronflements de son amie qu'elle pu à son tour s'endormir.

Cette journée avait été merveilleuse. Demain elle remercierait Lyssa de lui avoir permit de rencontre sa sœur. Une personne incroyable et tellement adorable. Elle avait tellement hâte de la revoir, de se promener avec elle pour entendre de nouveau sa petit voix s'extasier.

Un chapitre commençait, et Lilou avait une petite idée du titre qu'elle donnerait à cette histoire. La coccinelle qui chuchotait à l'oreille de la créature céleste. Cela serait une histoire drôle, mignonne et emplie d'amour, elle serait parfois un peu triste et dur, mais elle se terminerait toujours bien, sur une note légère et en s'endormant au téléphone.

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MessageSujet: Re: La coccinelle et l'albatros Lun 16 Oct - 1:55

Lilou tenta de rassurer la jeune femme sur les risques du trajet retour, et même si cette dernière n’avait aucun mal à s’imaginer les pires risques imaginables, elle parvenait à s’apaiser un peu. La douleur s’envola petit à petit, comme ses sanglots. Elle parvint même à sourire à l’une des blagues de son amie. Mais elle restait silencieuse, incapable de prononcer le moindre mot. Pourtant, elle ne restait pas indifférente aux phrases de la jolie brune. Un petit sourire se dessina sur son envisage emplie de tristesse.
Ses articulations commençaient à lui faire mal, et son corps s’affala lentement dans les bras de son amie. Cette dernière l’amena tel une princesse sur le canapé, emmitouflée dans son plaid préféré. Elle n’était pas dupe, elle savait ce que cela voulait dire. Toujours silencieuse, quelques larmes coulèrent le long de sa peau blanche. Puis, elle sentit l’appareil se poser contre son oreille. Il était froid. Et puis, gardant jusqu’à la dernière seconde sa main dans la sienne, elle se recroquevilla sur le divan, attentive à tous les sons à l’autre bout du fil. L’ascenseur, la porte, la route, mais surtout cette petite voix qui lui parlait de tout et de rien. Durant toute la soirée, Lilou tentait au mieux d’apaiser la tristesse de la jeune femme.

Mais Elizabeth ne parvint à respirer que lorsque son amie lui expliqua qu’elle était dans son lit, en sécurité. Et ce n’est qu'à partir de cet instant, que son corps entier se détendit, et qu’elle commença petit à petit à s’abandonner au sommeil. Dans un petit coin de la tête, elle s’imaginais dormir à ses côtés, comme avec sa soeur. Profitant dès les premiers instants de la journée, de sa présence rassurante. Elle s'imaginait d’autres choses, comme des lieux dont elles avaient parlés toute la journée, ou encore des règles linguistiques plus ou moins complexe qu’elle devrait apprendre.
Puis son souffle ralentit, et ses paroles se transformèrent en petits gémissements épuisés, s’endormant rapidement. La journée avait été éprouvante, aussi bien physiquement que psychologiquement, et elle n’avait malheureusement pas tenu jusqu’au retour de sa soeur. La notion du temps lui étant inconnu, elle avait imaginé qu’il n’était en réalité, pas si tard que ça.

Le lendemain, elle se réveillerait dans un vrai lit, aux côtés de sa soeur protectrice, heureuse. Elle lui raconterais tout ce qui s’était passé, avec une expression enjouée sur le visage. Elle tenterait même de lui faire la conversation en Anglais, en vain. Elle n’oublierai pas également, de la remercier pour lui avoir permis de rencontrer sa meilleure amie. Et comme tous les matins, elle devrait s'éloigner d’elle. Et son coeur se comprimerait, jusqu'à l’arrivée de Lilou.

Mais pour le moment, elle s’abandonnait à un monde onirique, où elle pouvait revivre tous ses moments de joie. Un monde où tout était possible, mais où malheureusement pour elle, rien ne pourrait remplacer, la chaleur de véritables câlins.

Et puis, durant les premières minutes de sa nuit, elle prononça d’une voix fébrile, et presque imperceptible.

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