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HYPER-JUSTICE ! [+18]

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MessageSujet: HYPER-JUSTICE ! [+18] Jeu 26 Oct - 23:35



HYPER-JUSTICE !

ft Mitsue Y. Tsukito ♥️


"Les méchants ne sauraient triompher,

justice sera faite !"




Vous pouvez éventuellement écouter ceci durant votre lecture afin de renforcer votre expérience d'immersion.
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Cette histoire est à prendre au premier degré.

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Nous sommes dans le futur.

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Bloodshed a gagné.

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La belle ville de Laurel faisait face à une nouvelle journée ordinaire.

A cette heure légèrement avancée de l’après-midi le trafic était intense et le ciel ensoleillé.

Plus précisément : il était d’un bleu clair et uni, et il recouvrait les innombrables petits pions humains qui évoluaient parmi le système de la métropole. Les travailleurs et les touristes qui prenaient les transports en commun le faisaient avec un calme et une attitude qui forçait le respect. Les voitures, et même les voitures volantes, prenaient garde à leur conduite, surtout dans les conditions particulières qui étaient les leurs, avec toute cette lumière et cette chaleur. Les piétons prenaient la peine de regarder à gauche et à droite avant de traverser. Les vélos respectaient les feux de signalisation et les diverses règles de priorité.

Parmi ce paysage se trouvait un petit groupe de criminels.

Ils faisaient atrocement tache au sein de ce tableau, mais comme ils portaient tous des chapeaux, on ne les reconnaissait pas.

Ted était le premier d’entre-eux, occupé à ouvrir la marche vers une destination qu’il connaissait bien. Son pas décidé trahissait sa détermination, ainsi qu’une profonde envie d’en découvre. Miranda le suivait derrière, et de près. Elle était moins confiante que Ted, plus sensible aux regards et aux suspicions qu’il était possible de formuler à son endroit. C’était parce que Miranda n’aimait pas son nez ainsi qu’un grain de beauté qu’elle avait sous la joue droite. Elle avait peur des remarques des petits enfants, de leur moquerie. Elle ne voulait pas qu’on lui jette des petits coquillages à la figure.

De son côté Frankie était neutre. Il n’y avait rien à dire de plus sur lui, si ce n’est que c’était Ronaldo qui fermait la marche. Ronaldo s’était appelé Mathilda autrefois, mais plus maintenant. C’était une longue histoire.

Les quatre compères portaient de très hauts hauts-de-forme noirs, ainsi qu’une redingote, noires, un pantalon et des chaussures, noires.

Ils étaient donc parfaitement invisibles dans le décor, puisqu’en plus aucune lumière n’était allumée autour d’eux.

Normal, on était de jour.

Ils tentèrent une énième fois de remonter leur col, ce qui était très difficile avec une redingote, et puis ils prirent la bifurcation qui les menait dans une petite ruelle sombre et dangereuse de la ville.

Ils ne pouvaient pas aller ailleurs, puisque c’étaient des méchants, et que le règlement intérieur de la somptueuse cité de Laurel stipulait bien que les méchants n’avaient pas le droit de réaliser des actes de méchants en dehors des petites ruelles sombres et dangereuses qui avaient été construites spécialement rien que pour eux.

Pas eux quatre, ils n’étaient pas assez riches pour ça. Ted n’avais jamais eu un sou en poche, en dépit de son air constamment confiant, Miranda ne vivait que de faux billets et ne savait pas fonctionner autrement. Frankie ne savait pas lire et Ronaldo était bègue.

Maintenant qu’ils étaient tous installés, il ne restait plus qu’à attendre que la victime pointe le bout de son nez. Elle ne devrait plus tarder car le rendez-vous était fixé pour quinze heures.

Ted tentait de compter les minutes mais c’était Frankie qui avait la montre, et comme Ted était au loin occupé à surveiller, il misait tout sur les indications de Ronaldo, lequel était toujours bègue.

Pour sa part Miranda était affairée à déployer tout un dispositif d’aiguisoir portable afin de préparer un peu mieux le tranchant de son couteau. Elle était en train de déplier tout l’arsenal, et faisait attention à ne pas cogner la meule contre quoi que ce soit.


C’est à ce moment-là que la victime arriva.


C’était une madame. Une mère, pour préciser. Elle avait fait l’effort de ne pas amener sa fille avec elle, afin de la prémunir d’un éventuel traumatisme. Elle avait même eu le soin de s’habiller avec un tailleur blanc, pour permettre au sang de sa future plaie de bien s’afficher un peu partout sur son corps, histoire que ça puisse rendre bien dans les affiches de journaux.

Et dans les photos de magazine, aussi.

Miranda regardait l’éclat de son couteau avec un air satisfait. Elle le passa à Ronaldo, qui le passa à Frankie qui le passa à Ted. Puis Ted le rendit à Miranda. C’était vraiment une très belle lame.

La victime était prête. Elle faisait partie de ces vilaines personnes qui s’étaient moquées du physique de Miranda.

En fait non, c’était sa fille, sa précieuse petite fille de six-ans, qui n’aimait pas les grains de beauté (c’était une phobie qu’elle avait depuis la naissance et qu’elle n’arrivait toujours pas à combattre, en dépit de ses multiples rendez-vous chez le psychologue).

Blessée dans son égo, Miranda était bien décidée à se venger.

C’était comme ce salaud à la cantine qui lui avait volé son petit pain aux noix et que Miranda avait trucidé vingt années plus tard, dans une autre petite ruelle sombre et dangereuse, à une époque où il n’en existait encore pas beaucoup.

Cela ne faisait pas si longtemps que Sa Seigneurie avait mis ce dispositif en place.

En attendant ça n’avait pas empêché Miranda de lui écrire une lettre afin d’exiger l’assassinat de la gosse pour obtenir réparation.

Après tout, c’était une méchante.

La maman de la gamine s’était alors empressée d’écrire une lettre de dérogation à Sa Seigneurie, ou plus exactement : « A Madame l’Alpha & l’Oméga de l’existence, Lambda & Delta du cours des choses, faiseuse de mondes, destructrice de châteaux et grand chaos des armées, alias ‘Sa Seigneurie’ pour les intimes ». La maman s’était proposée de prendre la place de la morveuse, ce qui faisait que tout le monde était ici pour de très bonnes raisons.

Il ne restait donc plus qu’à commencer, mais quelque chose se passa.

Encore.

« C’est l’éclair bleu ! » Fit Ronaldo qui venait d’avoir tellement peur que ses émotions vinrent totalement supplanter son handicap.

Sa diction fut même tellement parfaite qu’elle bluffa complètement l’assemblée, laquelle resta béate pendant environ 0,1 seconde, soit la moitié du temps que met un pet de mouche.

Et puis tout le monde se rappela du fracas immense qui était en train de se manifester et ainsi quelques-uns parmi les troupes perdirent l’équilibre (il s’agissait de Becky et Ronaldo. Ronaldo était un des méchants. Becky était une passante qui n’avait rien à faire là).

« Alors, je vous prierais de bien vouloir faire attention, fit l’éclair bleu, mais mon prénom ce n’est pas « l’éclair bleu » mais c’est bien Bloodshed. »

L’éclair bleu était une véritable démonstration de sensualité et de charisme.

Il avait le corps élancé de ces petits dandies impertinents qui passaient leur doctorat en sciences politiques tout en faisant du squash, parce que eux, c’étaient des vrais.

Il avait ce visage fin de ces sales icônes trop jeunes pour supporter le succès mais assez folles pour retourner la planète avec le pouvoir de l’argent. Mais comme il avait ces yeux si tranquilles et si sages du vieux maître d’art martiaux (ou du petit garçon traumatisé par la vie qui était déjà trop vieux pour être heureux mais bien trop jeune pour mourir, c’était au choix), et bien on ne pouvait que lui pardonner ce caprice.

Il avait la nonchalance du kinésithérapeute qui va te mettre en morceau pour ton propre bien, le sourire du psychiatre qui se retenait de pouffer devant un morceau croustillant et parfaitement ridicule de ta vie, l’assurance du pompier psychopathe armé d’une hache qui va te démolir et qui se dit que ta petite tête de brindille sera bien moins résistante que toutes les portes qu’il a jusqu’ici enfoncé dans sa vie (notamment celle de ta mère).

Il était nu sous ses vêtements, mais ce vêtement était un pagne.

Ce n’était donc pas n’importe quoi.

Toutes ces informations s’étaient imprimées de façon limpide dans les différents cerveaux que l’éclair bleu avait en face de lui. Pour ceux qui les comprenaient, ça faisait vraiment peur. Pour les autres, il fallait revoir la définition de psychiatre, ou de kinésithérapeute. Un cas complexe en soi parce que la situation actuelle ne laissait pas d’énormes possibilités de réflexion.

L’éclair bleu était là pour arrêter les méchants, cela se savait. En plus, il intervenait toujours à temps pour arrêter les méchants qui s’apprêtaient à exécuter une victime dans les ruelles sombres et dangereuses, à croire qu’il lisait l’avenir ou bien qu’il avait un indic’.

Dans la panique, Frankie réalisa un double axel afin de pulvériser le torse du puissant personnage, mais cela ne résulta qu’en une contre-attaque dégoûtante durant laquelle Bloodshed déploya son avant-bras afin de rencontrer le tibia du pauvre homme.

La force du mouvement décuplée par une torsion nette du poignet permit à la jambe de se fracasser contre la peau du gentil géant. Ce-dernier put constater les yeux exorbités de Frankie pendant que celui-ci assistait à la division de son os en plusieurs parties, facilement identifiables dans la mesure où la fracture était désormais ouverte (tout s’était passé très vite).

Le haut de l’os encore rattaché au genou s’était plié pour partir en arrière et transpercer les différents muscles du mollet. Le bas de la jambe était, pour sa part, en train de partir dans un angle de quatre-vingt-dix degrés par rapport à sa position initiale. Tout ceci formait un très très joli éclair.

Frankie s’écrasa au sol et son corps roula sur le parterre quelques mètres plus loin.

Témoin d’une tentative de meurtre mais également victime d’une agression, il n’était plus possible pour Bloodshed de rester debout sans rien faire, alors il lui fallut arranger la situation.

En un seul pas chassé (soit il était vraiment doué, soit la ruelle était vraiment très petite), l’éclair bleu se retrouva nez-à-nez avec Ronaldo, qui fut pris par une certaine bouffée de chaleur. C’était parce que Bloodshed avait toujours été son fantasme secret et que l’avoir si proche de lui avait de quoi lui faire sérieusement tourner la tête.

C’était sans doute aussi parce que son visage venait d’être percuté par le poing du colosse et que cela avait eu pour effet de lui arracher une partie de la joue, en plus de retourner son cou à cent-quatre-vingt degrés, pour lui broyer à jamais les cervicales.

Dans sa chute son crâne cogna contre le mur de la ruelle (sombre et dangereuse), et cela provoqua une explosion de sang.

Plus précisément, une partie du sommet du crâne s’était détachée sous l’effet du choc et une généreuse poche de sang avait saisi l’occasion pour éclater et se répandre. Ça avait dessiné une délicieuse rosace couleur carmin sur le mur de chez les voisins. Mais il n’était pas possible de prendre un peu de temps pour l’admirer, ni la blessure ni le pagne même pas taché.

Ce n’était pas possible parce que Bloodshed était occupé à saisir la mâchoire supérieure et inférieure de Ted afin de tirer dans deux directions opposées.

Cela eut pour conséquence de faire pousser au garçon des gargouillis fantastiques parce qu’il était petit-à-petit en train de réaliser qu’il allait mourir.

Les deux parties du corps cédèrent dans un déchirement écœurant mais étonnement esthétique.

Eberluée par tant de savoir-faire, la victime d’origine (la dame, donc) ne remarqua même pas le morceau de gros intestin qui était passé au-dessus de sa tête pour venir orner la moitié de son visage d’une superbe crête organique.

Bloodshed s’était mis à éventrer Miranda si vite aussi, ce n’était pas évident de tout suivre. Il balançait l’intérieur de son corps dans tous les sens comme s’il cherchait une vieille affaire dans le coffre au trésor de son grenier.

Il faisait tout de même attention à ne pas salir sa tenue, parce qu’autrement il allait falloir la changer, et comme il était nu sous ses vêtements ça pouvait vite devenir problématique.

Il s’arrêta aussitôt qu’il fut bien sûr que Miranda était morte. Cela fut possible lorsqu’il eut réuni devant lui son cœur, son foie, ainsi qu’un seul poumon (il n’y avait pas besoin des deux poumons pour s’assurer du décès d’une personne, sauf dans certains cas bien particuliers, mais c’était des questions d’expert qu’il valait mieux éviter ici).

Le calme put ainsi presque revenir dans la ruelle sombre et dangereuse.

Vu que Frankie était toujours vivant et qu’il semblait beaucoup souffrir, Bloodshed l’acheva proprement avec une balle dans la tête : il n’était pas un monstre tout de même.

C’est après avoir rangé l’arme à feu dans un des plis de son pagne qu’il se tourna vers la victime. Elle était encore sous le choc.

De celui d’avoir rencontré l’éclair bleu en personne, sans doute, ou aussi à cause de la tentative d’assassinat dont elle avait été la cible.

Ou bien à cause du coup de coude involontaire que lui avait adressé Bloodshed durant le combat et qui avait dessiné un creux bien homogène dans la partie supérieure de sa tête.

Soucieux de respecter le protocole, le héros sortit une grosse couverture et un thermos de café (toujours depuis les plis de son pagne), enroula la madame dedans, la raccompagna à l’entrée de la ruelle, et puis il la laissa ici.

La suite n’était plus de son ressort.

Il revint tout de même rajuster quelque-peu le visage de la demoiselle qui était anormalement penché sur le côté.

Et puis il essuya la bave qu’elle avait aux lèvres avec un bout de sa tenue.

Et ensuite il décolla.

Cela attira l’attention de quelques citoyens qui l’observèrent un moment, l’air émerveillé.

« Il est si beau… » Fit une jeune vierge effarouchée, les mains jointes dans une position d’admiration et de recueillement.

Elle parlait bien évidemment du vêtement, mais le super-héros n’était pas mal non plus.

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Un froissement de tissu plus tard et Bloodshed se retrouva les deux pieds devant l’escalier qui devait le mener au Grand Hall de la Bienveillante (le GHB).

Avec déférence, le héros national monta les marches avant de s’annoncer pour obtenir audience auprès de Sa Seigneurie.

Sans rire, il aurait pu atterrir directement devant l’entrée, mais cela aurait perdu en intensité dramatique. C’était une façon de dire que le bâtiment du GHB était très grand et situé très haut. C’est parce qu’il était très important et qu’il représentait toute l’organisation centrale de la ville de Laurel.

Le héros n’eut pas à patienter bien longtemps pour obtenir une audience auprès de Sa Seigneurie Alpha & Oméga, Lambda & Delta et cætera.

Quand il eut le droit d’entrer, Bloodshed fit particulièrement attention à la position de son dos.

Bien droit, bien noble.

Il fallait que sa posture soit assurée, qu’elle corresponde au standing imposé par Sa Seigneurie, laquelle avait sauvé Laurel et le monde entier des flammes de la perdition par ses idées de génie et son incroyable pouvoir de décision.

C’est conscient de toute l’étendue de ses fabuleuses capacité que Bloodshed se présenta bien humble devant Madame De Tsukito.

Pas besoin de la décrire tellement elle avait de style. L’ensemble des mots du dictionnaire était fade pour rendre compte de sa prestance, alors se perdre dans une longue description cherchant à valoriser l’ampleur de l’éventail d’émotions que Madame De Tsukito dégageait relevait de la tentative bien sotte de parler d’une personne dont l’essence dépassait les limites de la réalité.

Donc l’éclair bleu s’avance jusqu’à elle, et vient mettre un genou à terre, tout proche de celle qui régnait sur son trône (et sur son cœur).

Comme le convenait le rituel que les deux compères avait instauré (car Bloodshed entretenait une relation très particulière avec sa patronne suprême) le chevalier servant prit délicatement cette jambe à la plastique si parfaite, glissa une main sous l’élégant talon, puis se rapprocha pour déposer un baiser fidèle à la base du tibia, pile au niveau de la cheville.

Lorsque ses lèvres quittèrent ce corps qu’il ne méritait pas, le géant releva la tête, et put se remettre debout, après un geste d’approbation de la part de la reine qui commandait au colosse docile.

« Tu as encore fait du bon travail aujourd’hui.

- Oui, Madame.

- T-t-t-t. Madame Sa Seigneurie

- Oui, Madame Sa Seigneurie.

- Alors, il est temps que je te récompense. Va dans la chambre et prépare-toi.

- Bien, Madame Sa Seigneurie. »

Le géant savait bien quoi faire.

Madame De Tsukito eut alors un petit sourire. Elle ne tarda pas à le rejoindre, un martinet entre les mains. Les deux amants échangèrent alors un sourire complice.

Et alors, le pagne altéra le cours de l’espace et du temps, afin d’offrir à la reine et à son serviteur la plus douce et la plus longue des nuits.



Fin.


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