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Au bord du lac, un homme joue de la vielle ... (fiche Andrej Soubarov)

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Message
❝ LOCALISATION : Dans les rues, ou au bar
❝ EXPERIENCE : 70

MessageSujet: Au bord du lac, un homme joue de la vielle ... (fiche Andrej Soubarov) Lun 18 Déc - 13:53



Criminel



La Lyre est plus forte que l’épée

SOUBAROV Andrej
____________________________________________________________________
J’aurais mieux fait de rester mort


❝ Âge : ça dépend si on arrête de compter à sa mort ou pas. Disons que oui, donc 53 ans.
❝ Sexe : Homme
❝ Origine : Polonaise
❝ Race : Humain
❝ Orientation : Hétérosexuel
❝ Métier : Historien (très apprécié dans son pays d’origine), vends quelques disques de divers instruments peu ordinaires.
❝ Statut social : Moyen
❝ Situation amoureuse :Veuf depuis un moment déjà.
❝ Date de naissance : 8 Mai 1920


Caractère
____________________________________________________________________
Przeklęci Niemcy!


A première vue, Andrej passerait pour le premier vieux grincheux venu. Il faut dire aussi que quand on est mort en 1939, et ressuscité en 1984, on a tendance à être un peu perdu par le monde qui nous entoure actuellement. On pourrait même rajouter qu’être communiste, mourir envahi par l’armée nazie, et revenir pour assister aux cinq dernières années de l’URSS n’aide pas vraiment à apprécier le monde dans lequel on vit.
Et c’est ainsi que le vieux Soubarov vit, piégé dans un monde où l’idéal qu’il a tant chéri avant de périr s’est montré dépravé, dénudé, souillé, vidé de sa substance pour être réduit à une idée stupide et rejetée par la majorité de la population. Alors il râle, et passe le plus clair de son temps seul, ou au bar, à déblatérer ses discours et observations sur ce monde capitaliste qu’il dénigre comme la peste.
Mais sous ses airs de vieux râleur se cache un homme en réalité sensible, à la soif de justice inébranlable, et même plutôt charismatique, quand il se décide à le montrer. Il ne réagira pas du tout de la même manière devant un civil d’allure lambda et un héros, révélant même un certain côté papy noël à ce dernier.
C’est d’ailleurs comme cela qu’il se comporte avec son petit-fils, avec qui il partage beaucoup de choses, et à qui il apprend toute sa vie, son histoire.
Il ne se considère pas du tout comme étant pacifiste, et est prêt à tuer pour ses idées, son entraînement de militaire ne l’aidant pas sur ce point-ci.
Il a toujours eu un faible pour les historiens, les musiciens, et les anti-capitalistes et anti-fascistes, enfin, tous ceux qui partagent ses idées, et il souhaitera toujours protéger ces gens-là. Il en va de même pour les enfants, qui lui rappellent son fils qu’il n’a pas eu l’occasion de connaître.
Suite à sa mort, il a développé une profonde haine des gens qui l’ont tué, à savoir, les Allemands. Heureusement, depuis le temps, il a réussi à un petit peu se calmer de ce point de vue là, en s’intéressant à l’histoire du pays post 1939, mais il a toujours du mal à parler ou montrer de la sympathie à un Allemand.


❝ Particularités : Arbore pas mal de cicatrices, possède toujours un ou plusieurs instruments sur lui.
❝ Tics et manies : Tripote sans cesse un de ses instruments. Boit pas mal (toujours au bar, cela dit)

❝ Passions : La musique, l’histoire du Xxème siècle, le communisme, enseigner aux générations futures.
❝ Phobies : Les bruits trop assourdissants, les silences trop pesants, les explosions en tout genre.

❝ But : Anéantir les fascistes et les nazis une bonne fois pour toute.
❝ Rêve : Refonder une famille


Identité secrète ❝ Szkarłatny Wódz
____________________________________________________________________
L’arme anti-nazi


❝ Origine : Mythologique
❝ Don : Cavalier de la Guerre. Andrej, depuis son retour de l'Enfer, c’est vu accorder une deuxième chance de vivre, pour réaliser ses souhaits. Lui qui était bon musicien, Satan lui accorda un petit cadeau en prime. Il maîtriserait tous les instruments de musique et serait même capable de manipuler les esprits des humains à travers ses notes. En échange, le jour venu, il devrait mener une armée pour l’Apocalypse. Ainsi le Général écarlate, véritable barde de guerre, à travers n’importe quel instrument, peut rendre triste, joyeux, enragé, calme, euphorique. Il en est devenu capable de rendre un couple de personnes suicidaire sans aucune raison au préalable. Chaque musique est associée à une émotion, et Andrej s’en sert pour sonder le cœur des hommes.
Apocalypse:
 
❝ Maîtrise : 8/10, Satan n’a pas fait que lui doter de ses capacités, il lui a également transmis comment s’en servir. Les seules choses dont il n’est pas conscient ce sont la forme qu’il adopterait le jour de l’Apocalypse et comment il s’y adapterait.
❝ Points forts : Tant qu’il dispose d’un instrument sur lui, il est capable d’éviter le conflit, en calmant l’adversaire, par exemple, ou de le retenir suffisamment longtemps pour se défendre. Au milieu d’une foule, il peut être très violent, provoquant une émeute sur sa cible.
❝ Faiblesses : L'utilisation de son don sur autrui consomme son énergie. Par exemple, s'il devait endormir une foule entière, il tomberait lui aussi de fatigue. Il ne peut ainsi pas dépasser les dix personnes sans somnoler. Mais il est également limité en intensité, et cela l'épuise énormément de creer une depression chez quelqu'un de joyeux, par exemple. Il est également possible de se libérer de son emprise, en se bouchant les oreilles. Si les notes ne parviennent pas, le pouvoir est inefficace. Enfin, son emprise à ses limites.
Limite dans le temps, tout d'abord, car les effets disparaissent au bout de quelques heures, et si il souhaite ancrer de manière permanente un effet, cela va lui demander de s'y prendre à plusieurs reprises, et de faire preuve de plus que son don. Par exemple s'il lui est en théorie possible de rendre un couple de personnes suicidaire, il va lui falloir environ deux semaines de manipulation, rendant donc impossible l'ancrage d'un sentiment d'une telle intensité impossible à court terme. (Et donc inconcevable sur un seul Rp.)
■■■ Ton matériel de vilain ■■■

❝ Costume : Un long manteau en tweed marron, surmontant un veston gris et une chemise blanche. Le tout avec une cravate écarlate. Sur sa tête un béret militaire légèrement plus foncé que sa cravate et une cagoule rouge rubis. Un pantalon en toile de la même couleur que son veston. Enfin, des bottes militaires noires.
❝ Arme : Une canne-pistolet de calibre 9 mm ; un couteau de soldat
❝ gadget : Un kit de réparation et d'accordage d'instruments en tout genres.
❝ Véhicule : Un side-car modèle 1939


Histoire
____________________________________________________________________
Un homme en quête d’héritage à donner


9 novembre 1989, New York City, United States of America, un homme regarde la télévision qu'il a peiné à acheter. Il a seulement vingt-cinq ans, et pourtant ses cheveux sont blancs d'albâtre, et son corps est couvert de cicatrices. Il a l'air peiné par les images qu'il regarde à travers cet écran couleur ce qui, de la part de quelqu'un qui a vu l'Enfer de près semble inimaginable. Derrière cette magique paroi de verre tombent quelques pierres, les quelques pierres d'un édifice ô combien symbolique. Assis à côté de l'homme se tient un jeune garçon blondinet qui semble avoir moins d'une dizaine d'années. Le jeune vieillard râle.

« Tss, et dire que ces Niemcy avaient presque réussi à faire quelque chose de bien, ils arrivent encore à décevoir les gens. Regarde-les, Rafał, avec leur air niais, là. Ils croient à l'apparition de la démocratie ! Ils verront ! Ce n'est que le commencement d'une autre forme de dictature, la dictature de la monnaie. Ici tout le monde s'en fout du racisme, du fascisme, des femmes, des SDF, tant qu'on paie ! Aucune valeur, aucun idéal, rien ! Voilà ce qu'ils gagnent ! Ils étaient bien mieux enclavés dans leur capitale, à soutenir l'URSS ! Eux, au moins, ne sont pas si terribles. Enfin si, ils le sont, ne fais jamais comme eux, Rafał, mais ils avaient le mérite d'avoir des idées, avant ... »

« Papy, tu recommences encore à crier des mots que je ne comprends pas. »

« Oh, désolé petit, promis, je vais faire plus attention la prochaine fois. Mais tu sais, ce n'est pas de ma faute, si ces Niemcy font tout le temps des erreurs ! Je ne les ai pas combattus pour rien, hein ? »


« Qu'est-ce que tu veux dire, Papy ? Tu les as combattus ? »

« Hein ? Oh, c'est une longue histoire, petit, et tu es trop jeune pour ça. Oh mais regarde, il commence à se faire tard, tu ne trouves pas ? »

« Mais Papy, je ne suis pas fatigué ! »

« Oh vraiment ? Mais on est vendredi, demain, et tu dois aller à l'école. Que dirais-tu de m'écouter jouer avant d'aller dormir ? »

Andrej sortit son luth et entonna un air qui lui convenait parfaitement, un air mélancolique et amoureux. Il posa ses doigts sur les cordes et les notes se lancèrent.

Spoiler:
 

Elles eurent l'effet escompté. Aussitôt la chanson se finissait que l'enfant, ému, et détendu, ferma délicatement ses yeux et s'assoupit. Andrej le regarda un moment, un sourire aux lèvres, puis ce sourire s'effaça.

« Pauvre garçon. Et dire que je le garde comme un père. »

Il eut un rire sarcastique sur le visage, puis leva la tête au ciel.

« C'est pour ça que tu m'as fait apparaître ce jour-là ? Ici ? Mon Père, enfin, notre Père, heureusement que tes voies sont impénétrables, je commencerais presque à croire qu'elles sont tordues. Un enfant qui perd ses parents le jour où il retrouve son grand-père, qui avait lui-même tout perdu avant de mourir. On dirait presque du Shakespear. »

Des visions du passé lui revinrent, des visions de l'Enfer. Il eut un sursaut de peur, avant de se forcer à ne plus y penser. Il décida de s'endormir pour oublier tout cela.

* * *
« Hey, Papy ! Réveille-toi ! Papy ! Allez, debout, Andrej ! »

Soubarov ouvrit lentement les yeux. Un jeune homme se tenait devant lui, souriant.

« Tu t’es encore endormi sur ta machine à écrire, Papy ! »

Andrej leva releva la tête. Les touches de la fameuse machine s’étaient imprimées sur sa joue.

« Hein ? Oh oui, mince. »

« Tu devrais faire plus attention, Papy, je suis sûr que tu commences à te faire vieux, maintenant. Et en parlant de vieux, devine quel jour on est ? »

Andrej regardait Rafał avec une moue d’incompréhension, quand soudain son visage s’éclaira.

« Oh mais bien sûr ! Joyeux anniversaire, petit ! Tu as seize ans, maintenant, c’est bien ça ? »

« Et oui ! Alors, euh … où est mon cadeau ? »

« Ton cadeau ? Euh je veux dire, oui ! Ton cadeau ! Euh voyons voir … »

Il se relava et fouilla un peu partout frénétiquement dans la pièce.

« Où est-ce que je l’ai mis ? Ah oui ! Là. »

Il saisit les clés de son side-car dans sa poche et les montra à Rafał avec un air tout joyeux.

« Je t’offre le droit d’utiliser mon side-car une fois ton permis en poche. »

Le visage de Rafał s’illumina.

« Ton … ton side-car ? Pour de vrai ? Je veux dire, t’as pas peur que je te l’abîme ? »

« Bien sûr que si-euh je veux dire, non, enfin ! Mais tu dois me promettre de bien y faire attention quand tu auras ton permis. »

« C’est promis Papy. »

« Et puisque tu es maintenant assez grand, tu as le droit à une histoire. »

Rafał semblait dans l’incompréhension.

« Que veux-tu dire, Papy ? »

« Eh bien, tu ne te souviens pas ? Tu voulais connaître mon histoire, non ? Je t’avais répondu « quand tu seras assez grand », et bien tu l’es. Allez, viens t’asseoir. »

Rafał vint et s’assit sur le fauteuil derrière la chaise de bureau d’Andrej. Cette dernière se retourna, et son propriétaire s’allongea dedans, levant la tête vers le plafond.

« Tiens-toi bien, elle est assez longue. Alors … hum … déjà il serait bon ton de commencer par la base de tout. Tu … tu sais pourquoi tu m’appelles Papy ? »

« Euh, eh bien je ne me suis jamais vraiment posé la question, ‘fin t’as les cheveux blancs, t’as l’air vieux, et … et t’es pas mon père. Je veux dire, si, t’es … t’es comme un père, pour moi, mais t’es pas mon père. »

« Bon, ça va peut-être te choquer, bien qu’avec les découvertes qu’on fait en ce moment dans les médias, peut-être que ça ne choque pas tant que ça, après tout. »

« Explique-toi, que veux-tu dire ? »

« Comment dire ? Je suis bien plus vieux qu’il n’y paraît. »

« Comment ça ? »

« Je suis né en 1920. »

Il y eut un blanc de quelques secondes, puis Rafał éclata de rire.

« Ouais, d’accord, tu me fais marcher, j’ai compris. T’aurais mieux fait de me dire ça plus tôt, j’aurais peut-être cru à tes blagues, à l’époque ! »

Mais Andrej restait sérieux.

« Attends, nan, c’est pas possible. T’as l’air vieux, mais pas à ce point. C’est bon, eh, t’as pas besoin de forcer, je prends pas à ta blague. »

« Et pourtant … si tu veux une preuve, en faisant mes recherches, j’ai trouvé mon acte de naissance, avec la ville, mes prénoms, les noms de mes parents, et surtout l’année. »

« Et qu’est-ce qui me fait croire que c’est pas une fausse identité que t’as prise ? »

« Libre à toi de me croire ou non, mais si tu ne crois pas ça, autant arrêter de m’écouter maintenant, car ça va te sembler complètement invraisemblable. »

Rafał leva les mains, haussa les épaules, et baissa légèrement la tête, ne laissant percevoir que ses yeux fermés et un sourire un petit peu narquois sur le visage.

« Bon, très bien, admettons que ça soit vrai, vas-y, je veux connaître toute l’histoire. »

« Tu es sûr ? »

« Oui, oui, vas-y, t’en fais pas, je ne ferai pas de remarque. »

« Bon … puisque tu insistes. Très bien, alors … tout a commencé le 8 mai 1920, date à laquelle, dans un vieux salon d’une maison de campagne à environ trente kilomètres de Varsovie, je naquis. Mon père était un ouvrier agricole qui travaillait à quelques kilomètres de chez nous, et ma mère n’avait pas d’emploi, elle se contentait de s’occuper de la maison, et de tout le travail qu’il y avait à y faire. Elle était aussi forte que mon père, pour sûr ! »

Andrej eut un léger rire nostalgique qui laissa sa place à quelques larmes qu’il sécha aussitôt, il n’était pas le temps de pleurer leur mort, c’était la plus évidente à ses yeux. Il reprit.

« Enfin, j’ai eu une enfance assez tourmentée, où je passais mon temps, après l’école, à faire le pitre avec mes copains. On faisait les quatre cent coups, ensemble, nous étions des vraies petites pestes. Tu n’imagines pas combien de fois mes joues ont été rouges à cause des gifles que mon père m’envoyait. Mais l’appel des crasses était plus fort, alors je continuais, et j’en ai fait des tas ! Nous allions des pétards dans les toilettes de l’école aux insectes dans le slip de notre souffre-douleur personnel, je crois qu’il s’appelait Pavel. Le pauvre. »

Il fit une pause, le temps de se remettre de toutes ces émotions pesantes qu’étaient la nostalgie et le remords avant de reprendre.

« Enfin bref, j’avais de l’énergie à revendre, mais je ne savait pas comment la canaliser. Et puis, un beau jour, alors que j’avais douze ans, je crois, en nettoyant la maison d’une personne âgée victime de mes crasses, ordre de mon père, je tombai sur une vieille vielle à roue. Le vieux père Nowy s’en rendit compte et me demanda si ça m’intéressait d’apprendre à en jouer. Bien sûr, le petit con en moi avait déjà refusé avant même que j’ai commencé à répondre, mais quelque chose me poussait inexorablement vers cette vielle. Je voulais en jouer. Alors j’acceptai le plus timidement du monde. Je me souviendrai toujours du sourire qu’arborait ce vieux musicien. Il était ravi de transmettre sa passion. Alors il m’apprit jouer, à faire sonner son vieil instrument pour produire des mélodies magnifiques. Alors j’apprenais la vielle, puis une fois que je commençais à bien maîtriser l’instrument, ce qui me prit un peu plus d’un an, je me mis au luth, puis au piano. J’adorais ça, et j’adore toujours. »

Et aussitôt qu’il y pensait, sans s’en rendre compte, il prit son luth et entonna des airs de musique classique.

« Je passai plusieurs années de ma vie à jouer, plus ou moins tout, à tester tous les instruments qui me passaient sous la main, préférant les cordes, qui pour la plupart ressemblaient au luth, donc étaient plus simples à manipuler. En parallèle, mon père, qui était cultivé, et lisait beaucoup quand il ne travaillait pas, me fit découvrir Marx et ses idées de lutte des classes, puis de la révolution d’Octobre en Russie et de la montée en puissance de cette idéologie. Le marxisme sonnait comme la seule et unique solution aux problèmes de crise qui frappaient le pays depuis la première guerre mondiale.
Alors je lisais Marx, puis Bakounine, et aussi Lénine, ainsi que Trotski. Toutes ces idées résonnaient en moi, et, fort de mes lectures, me plaçaient dans un idéal à la frontière entre les quatre.
Et je commençais de plus en plus à m’intéresser à l’actualité, aux menaces de plus en plus concrètes de l’Allemagne, qui semblait pour moi être l’ennemi principal à abattre, d’autant plus qu’elle souhaitait réellement étendre son territoire jusque chez nous, jusqu’en Pologne. Alors je passais mon temps à jouer de la musique, lire, et parler politique au bar avec l’argent que je me faisait en aidant des personnes âgées dans leurs maisons.
Et un beau jour arriva, je devais avoir dix-sept ans, où je rencontrai la femme de mes rêves. Elle était là, dans ce bar, à parler d’idées tellement nouvelles que même les gens avec qui je discutais semblaient conservateurs. Elle parlait des femmes, de leur position actuelle, et de sa vision de leur position idéale. Elle semblait avoir une conviction forte. Je me levai, et je vins me placer près d’elle, écoutant sa verve. Elle était magnifique, parfaite, comme si le ciel avait fait tomber une de ses plus belles créatures sur Terre pour guider l’humanité vers un monde meilleur. Tu le comprends bien, c’était le coup de foudre total.
Je te passe ensuite les détails, car je suppose que tu t’en moques pas mal, mais on s’est rencontré, dans un bal, le courant est bien passé, on a bu, beaucoup, et on a dansé, beaucoup, puis on est partis,  et tu es trop jeune pour la suite. On s’est ensuite mis en couple. Nous venions tous les deux d’une famille de prolétaires, alors il n’y eut pas de litiges entre les deux familles, tout se passait bien, parfaitement, même. Je vivais la vie parfaite avec elle, et l’idée de l’épouser et de fonder une famille avec elle me semblait être une suite logique, indéniable. »


Andrej fit une pause, peut-être un peu longue, sans doute trop pour Rafał.

« Tu vas bien, Papy ? On peut arrêter maintenant, si tu veux. »

« Non, ça va, c’est bon, c’est juste qu’on arrive pas à la partie la plus évidente pour moi. Mais continuons. En 1939, l’Allemagne en eut assez de simplement menacer la Pologne. Elle décida de l’envahir. Et je savais que je correspondais exactement aux critères requis pour me faire engager pour la protection du pays. Je n’avais pas vraiment envie d’y aller, j’avais surtout peur, peur d’y mourir, de perdre ma femme, mais la défense du pays passait avant les intérêts qui étaient les miens, et si je protégeais le pays, il n’arriverait rien à ma femme. Alors je fis des adieux des plus … passionnels à ma femme et l’on m’envoya défendre Dantzig. Si je peux te souhaiter une chose, c’est de ne jamais avoir à connaître le massacre que j’ai vécu. Les soldats envahissaient les rues, violentaient, tuaient des civils, tu n’imagines même pas à quel point j’avais peur pour ma femme. Le pire dans tout ça, c’est que j’avais tout bêtement peur de l’avoir mis enceinte avant de partir. J’avais peur de la perdre elle, mais j’avais aussi et surtout peur que l’enfant dans son ventre naisse sans que je sois là, ou pire encore, que jamais il ne naisse.
Mais je n’avais pas le temps de réfléchir à tout ça, je devais me battre. J’étais assez discret pour me cacher dans les rues abandonnées, et tuer des soldats allemand au fusil. Je les voyais tomber devant mes yeux, si bien que je m’étais donné l’idée absurde de tous les éliminer moi-même.
Mais cette idée ne se réaliserait jamais. Alors que je marchais dans une ruelle, j’entendis un coup de feu retentir. Il est de ces bruits assourdissants qu’on garde en mémoire comme étant tellement horribles que rien qu’en les imaginant on panique. C’est le cas quand un tir de pistolet à bout portant vient se loger dans sa cage thoracique.
Je ressentis une vive douleur dans la poitrine, puis un liquide imbiber mes vêtements, les souillant. Je me sentais mourir, j’en étais conscient, mais ça ne pouvait pas arriver maintenant, ça ne le devait pas. Et certainement pas en laissant mon meurtrier vivre. Alors je me retournai, et tirai à mon tour sur l’agresseur. Et tandis que je me laissais tomber, j’observais l’homme qui avait eut le culot de tuer l’homme qui aurait pu devenir l’homme le plus heureux du monde. Cet homme n’en était pas un. C’était juste un gosse. Un civil qui croyait se défendre de l’envahisseur. J’avais tué un enfant de sang-froid.
C’est à cet instant que je perdis tout espoir de vivre. Après tout, comment élever fonder une famille en ayant en tête l’image de cet enfant à l’agonie qui m’avait tiré dessus et que je venais de tuer à mon tour ? J’avais froid, je voulais en finir, alors j’ai voulu mettre fin à mes souffrances. Je ne souhaitais pas que ma femme vive avec un meurtrier, alors peut-être qu’elle pleurerait au moins l’homme qui partit à la guerre pour la défendre. Je saisis mon arme de poing, la pointai contre ma tempe, et appuyai sur la gâchette. Et puis plus rien, du noir, complet, la sensation de froid avait disparue. J’étais … mort. »


Rafał se releva brusquement, dans un mouvement de colère. Il respira lourdement.

« Pourquoi tu me dis tout ça ? »

« Je croyais que tu voulais connaître mon histoire. »

« Je te parle pas de ça ! Pourquoi tu me mens ? Tu n’es pas mort, tu me parles. Je te vois, tu m’as toujours éduqué, d’aussi loin que je me souvienne. Tu veux me faire croire que tu es un zombie ? Un fantôme ? Est-ce que ça te fais marrer de me raconter des conneries ?! »

« Tu veux des preuves, je suppose. Tiens, les voilà. »

Andrej releva sa chemise, révélant la cicatrice au niveau de son cœur. Puis il tourna sa tête de profil, et lui montra la marque de la balle sur sa tempe.

« Tu en as assez ? Non, ce n’est pas du maquillage. Alors que des gens ont des pouvoirs fantastiques et qu’on commence à s’en rendre compte, tu arrives encore à trouver ça surprenant ? Laisse-moi m’expliquer, tu avais promis que tu ne ferais pas de remarque. »

« Bon, très bien, mais … mais j’arrive toujours pas à te croire, pour l’instant. »

« Tu verras, ça fera à peu près sens, à la fin. Bref, à ma mort … »

Andrej déglutit. Il prit une grande inspiration, avant de reprendre.

« Je … je fus jugé sur mes actes. Et j’avais tué, j’avais trop tué. J’avais tué un enfant, et je m’en voulais pour ça. Et … tu sais ce qu’on dit, les voies du Seigneur sont impénétrables, mais je fus envoyé en Enfer. Condamné à la souffrance éternelle. Et autant je savais que je le méritais, autant j’en voulais énormément à ceux qui étaient à l’origine de ma souffrance. Ces maudits Niemcy.
Et je cultivais les graines de ma haine. Tout ça à cause de la mégalomanie d’un petit homme brun, et du racisme. C’était de la faute de l’intolérance. Chaque jour je m’entraînais, alors qu’on me faisait souffrir. Ma volonté de débarrasser la planète de ce cancer prenait le dessus sur le reste. Je priais pour qu’on me ramène sur Terre. Je voulais revoir ma femme. Je voulais retrouver ma famille. Et je voulais que mon idéal se réalise plus que tout. Ce monde avait vu trop d’horreurs.
Et … il faut croire que Dieu m’avait entendu car je reçus la visite d’un ange. Autant te dire que voir un ange en Enfer est une expérience qu’on ne fait pas tous les jours.
Apparemment notre Père avait une mission à me confier. Enfin, une affaire à me faire. Ou alors était-ce Satan, je ne saurais le dire aujourd’hui. Bien qu’en y réfléchissant, il serait plus probable que Satan m’ait fait un marché plutôt que notre Père … bref, toujours est-il qu’il vint à moi, et me proposa un marché. Et je peux te promettre que de toute la conversation je n’ai pas dit un mot. Il ne faisait que lire en moi, tout en me posant des questions.
Finalement, après m’avoir posé toutes ces questions sur mes vraies motivations, il me dit :

« Soit ! Je te laisse une deuxième chance. Tu m’as l’air d’avoir du potentiel, et j’aurais bien besoin de personnes ayant ta détermination. Tu auras le droit à revivre, pour réaliser tes rêves. Et tout cela à une seule condition. Un jour, Je t’appellerai, toi et tes futurs collègues. Tiens-toi prêt, car tu devras monter une armée pour moi. Et comme je suis d’humeur généreuse, je te donne un petit cadeau en prime. Tu m’as l’air d’aimer la musique de tout ton cœur. Que celle-ci arrive à toucher le cœur des autres, et ce quelque soit l’instrument que tu auras dans les mains. Acceptes-tu ? Oh, suis-je bête, inutile de répondre, bien sûr que tu acceptes ! Tout le monde veut une deuxième chance, ici. Allez ! Va ! Et impressionne-moi par tes idéaux, Cavalier ! »
Et c’est à partir de là que je me suis réveillé. Mes yeux s’ouvrirent dans une morgue. En touchant mon visage, il était amoché par toutes les sévices que l’Enfer m’avait fait subir. Sans doute Satan tenait-il à me faire me souvenir d’où je venais. Mais il faisait complètement noir. Très vite je compris que ceci n’était pas mon corps. Il m’avait fait en posséder un autre, le mien devait être détruit. Et pour que je m'y sente chez moi, il y aurait gravé toutes les cicatrices que j'étais sensé arborer. C’est du moins ce que je suppose encore aujourd’hui. Alors j’ai dû attendre qu’on ouvre. Pendant deux jours j’ai attendu qu’on aille déposer le corps originel au crématorium.
Le moment venu, la lumière me vint également. J’étais dans une pièce qui semblait me venir d’une œuvre de science-fiction. Avec des instruments que je n’avais jamais vu auparavant. C’était surréaliste, et je me demandais bien où j’étais. Aussitôt l’occasion arrivée, je sautait de mon lit mortuaire et m’enfuyais de la salle, puis du bâtiment. J’essayais de rester discret, pour ne pas que l’on vienne me courir après. Je me suis engouffré dans un vestiaire du bâtiment, afin de m’habiller correctement, puis suis sorti en me faisant le plus petit possible. On se serait cru dans ces films un petit peu nanardesques ! Tu aurais dû voir ça !
Enfin je suis sorti, pour arriver dans un monde qui m’était complètement inconnu. Les voitures y avaient des formes et des couleurs étranges ! Des lumières jonchaient les rues, la circulation était régulée de partout. Les gens se promenaient avec des vêtements bien différents que ceux que j’étais habitué à voir, et surtout, les bâtiments étaient si hauts qu’ils s’acoquinaient avec le ciel. Je me suis bien arrêté pour demander où j’étais aux passants, mais entre ceux qui m’ignoraient, me prenant pour un drogué, et ceux qui se moquaient de moi, ou croyaient à une blague, j’étais servi.  J’ai dû aller voir un sans-abri pour lui demander. Seul lui eut la gentillesse de me répondre clairement. Mais évidemment, la réponse ne me satisfaisait pas vraiment. C’était lui que je prenais pour un fou. Il me disait qu’on était le 3 décembre 1984, à New York, tu imagines ? Je ne l’ai pas cru, je crois même que je l’avais insulté. Pour qui me prenait-il à se moquer de moi ainsi ? Et pourtant … je n’étais pas à Dantzig, et nous n’étions clairement pas en 1939. J’étais resté si longtemps en Enfer. Et tout cela sans voir le monde bouger, changer. En bien ou en mal, je ne savais pas vraiment, sur le moment, mais il avait changé pour sûr.
Alors j’errais dans les rues, quand j’entendis un coup de feu. Il venait d’une ruelle non loin. J’accourus vers la source du bruit, pour voir un homme allongé par terre, dans la froideur de la ville. Le meurtrier avait fui. Je m’approchai doucement du cadavre de l’homme. Son porte feuilles dépassait légèrement de sa poche. Par curiosité, je l’ouvris, pour tomber sur les papiers d’une personne dont le nom de famille m’était plus que familier. Un certain Ludwik Andrej Soubarov se tenait là, mort. C’était drôle que quelqu’un portant mon prénom en plus de celui que j’aurais donné à mon fils meure pile le jour de mon apparition sur Terre.
Puis, je regardai son visage, et me rendis compte d’une chose plus que troublante. Il avait les yeux de ma femme. Et pas seulement, son nez aussi. En fait il lui ressemblait beaucoup trop pour que ça soit une coïncidence. J’étais choqué par cette révélation. On avait tué mon fils lors de ma résurrection. Mais qui pouvait bien vouloir du mal à mon fils ? Les Niemcy voulaient en finir ? Oui je sais, en plein New York, ce n’est pas peut-être les Niemcy qu’on attendrait le plus, et pourtant c’est bien l’ennemi qui m’est apparu en premier. Après tout, ils avaient pour rêve de dominer le monde et d’exterminer toute race inférieure, pour peu que ce terme ait du sens.
Quoi qu’il en était, peu importait qui l’avait tué, il n’allait pas s’en sortit indemne. Je vengerais sa mort. Mais il me fallait pour cela apprendre à mieux le connaître. Alors je tentai de gagner de l’argent, en me faisant engager dans un petit commerce pas trop regardant sur les identités sous celle de mon fils. Qui rechercherait un mort ? Et puis il me ressemblait assez pour que l’on pense simplement que j’avais changé de look. Et pendant que je gagnais de l’argent, je menais ma petite enquête sur lui. En consultant ses comptes, ses derniers achats.
Cela me prit six mois avant de retrouver la trace du meurtrier. Apparemment, Ludwik avait essayé de faire des recherches sur moi, ce qui l'avait conduit aux USA, par l'intermédiaire d'un groupe de polonais qui avaient fui ici pour survivre. Il s’intéressait à moi. J’appris aussi qu’il avait une femme et un fils. Une charmante petite irlandaise qui était malheureusement morte en couche et un petit garçon ... »


« … Et comment s’appelaient-ils ? »


« Oh ce n’est pas très important, crois-moi. Le plus important c’était que mon fils avait vécu. Et que son fils était toujours en vie. Mais il était porté disparu. Tu imagines ça ? Enlever un enfant de deux ans ? Il ne fallait vraiment pas avoir de cœur !
Mais donc, en menant ses recherches, il était tombé sur un groupe de néo-nazis qui vendaient des plaques de soldats polonais, un peu comme des trophées de chasse. Il devait les avoir énervé et il se seraient retournés contre lui.
Peu m’importait, ils avaient tué mon fils et ils étaient néo-nazis, ils n’avaient aucune excuse pour échapper à mon courroux. Et puis maintenant que j’avais retrouvé leur trace, je savais où me rendre.  Leur réseau proposait bien des choses, des babioles pillées sur des cadavres juifs ou polonais, des membres de personnes souffrant de malformations, un vrai cabinet des horreurs. Mais le pire était cet enfant de deux ans polonais qu’il vendaient en tant que « sac de frappe vivant ». A la vue de mon petit-fils, mon sang ne fit qu’un tour. Je décidai de le leur racheter. Mais je me préparai en conséquence. C’était d’ailleurs l’occasion de tester mon formidable don du Ciel, ou de l’Enfer.
Je m’achetai l’instrument le moins cher que je pouvais trouver, il s’agissait d’un harmonica. Tant pis, je savais m’en servir, j’allais m’en servir.
Puis je les retrouvai au point de rendez-vous pour conclure l’achat. Ils étaient quoi ? Une quinzaine ? Tous autour de moi, cinq autour de l’enfant, les autres m’encerclant. Je tentai de contenir ma colère le plus longtemps possible, le temps de conclure, puis je sortit doucement mon harmonica. Aussitôt saisit, je commençai à jouer une berceuse. Rien de mieux qu’une musique enfantine pour endormir l’enfant et les truands. Tous tombèrent dans les bras de Morphée. Puis je laissai la colère s’échapper, et, saisissant le cran d’arrêt d’une des brutes, je les poignardai tous dans leur sommeil. Je n’avais pas envie de les faire souffrir, juste de les tuer et dégrader leur corps. C’était plutôt réussi, lorsqu’à la fin il ne ressemblèrent qu’à un tas de pâtée pour chien.
Et ce fut seulement une fois toutes les menaces éliminées que je pris l’enfant sur mes épaules, et que je l’emmenai avec moi. Enfin ce fut ce que je voulai faire, mais la fatigue m'a emporté, et je suis tombé d'épuisement devant l'enfant assoupi. Je me réveillais alors que le soleil commençait à se coucher pour constater que tout était en place comme avant ma perte de connaissance. Et ce ne fut qu'à ce moment là que je m'en allai avec l'enfant sur moi. »


Andrej s’arrêta de parler, sa gorge était sèche, et il avait fini son histoire.

« Et … qu’est-il arrivé ensuite ? »

« La suite ? Oh tu la connais, Rafał Soubarov. »

« Tu veux dire que je suis- »

« -Mon petit fils, exactement. Tu es un digne héritier de la famille de prolétaires des Soubarov. »

Rafał se releva lentement. Puis il se dirigea vers sa chambre.

« Je … j’ai besoin de temps pour réfléchir à tout ça, Pa … Andrej. »

Andrej s’y attendait un petit peu. Une telle nouvelle ne pouvait pas être sans conséquence. Il laissa son petit-fils aller se coucher, puis joua toute la nuit de son luth, pensif, morose, nostalgique, avant de s’endormir dans sa chaise de bureau.

* * *

« Papy, réveille-toi, je veux absolument qu’on parle avant que j’aille au lycée. Allez Papy. »

« Hein ? »

Andrej ouvrit difficilement les yeux. Il avait joué tellement longtemps qu’il en avait des fourmis dans les doigts, et il n’avait probablement pas assez dormi. Mais il se força à rester éveillé suffisamment longtemps pour que Rafał lui dise ce qu’il avait à dire.

« Bon, écoute, Papy, j’ai beaucoup réfléchi cette nuit, et … tout me paraît plus clair, désormais. Pour tout ce que tu m’as dit, je te fais confiance. Au fond je m’en fiche bien que ça soit vrai ou pas, de toute manière, tu m’as toujours éduqué comme un père, grand-père ou pas. Et je comprend mieux pourquoi tu t’éclipses souvent depuis quelques temps. Tu ne fais pas qu’aller au bar, pas vrai ? »

Andrej rougit.

« Eh bien, c’est-à-dire que ... »


« Te fais pas de bile. Je souhaite t’aider. Voilà, je l’ai dit, je souhaite que tu m’apprennes tout ce qu’il me faut savoir pour tuer tous ces fils de pute de nazis. »


« Surveille ton langage ! Et c’est non ! »


« Pourquoi ? T’as pas besoin d’aide ? Tu vas pas exterminer toute la peste à toi tout seul. »

« Mais c’est dangereux. »

« C’est pour ça que je souhaite que tu me prépares ! »

« Tu as un avenir à préparer, ne t’occupe pas des problèmes d’un vieux. »

« C’est pas toi qui aidais les vieux, justement ? »

« Bon sang, ce que tu peux être têtu, quand tu t’y mets. »

« Ca veut dire oui ? »

« Non. »

« Allez ! Tu verras, ça sera bien plus simple pour toi ! »

« J’ai dit non ! Tu es trop jeune, et tu as des études à faire pour relancer notre famille sur la bonne voie. »

« Mais tu es communiste ! »

« Justement ! C’est pas en changeant toute ma famille en criminels tueurs de fascistes que l’image du communisme va s’améliorer ! »

Soudain, le visage de Rafał s’assombrit.

« Il y a une autre raison. »

« Hum ? »

« Je dois venger mon père. »

« J’ai déjà tué ses meurtriers, et je combats le fascisme chaque jour. »

« Et tu crois être le seul à avoir besoin de ça ? Pense un peu à moi, qui n’ai jamais pu le connaître à cause d’eux ! »

Cette dernière réplique coupa la verve d’Andrej. Il baissa la tête.

« Tu as raison, tu dois avoir envie de te venger aussi. Mais la vengeance n’est pas la raison la plus valable, et tu dois le savoir. Tu dois gagner en maturité si tu veux avoir une chance. Et puis on ne sait jamais, des fois qu’il y aurait des dotés dans leurs rangs. Très bien, c’est décidé, j’accepte de t’entraîner à tirer, à te défendre, et à te battre. Mais je te préviens que je ne suis pas le meilleur maître, alors tu iras t’en trouver un meilleur encore. Après tout, moi j’ai mon don et mon expérience militaire, et puis c’est tout. »

Ainsi passèrent les jours, où Andrej entraîna Rafał qui grandissait à vue d’œil. Mais les enseignements d’Andrej devinrent de plus en plus obsolètes, alors son petit-fils commençait tout doucement à le quitter, tandis qu’il s’était trouvé un travail. Il faisait sa vie, tout en restant connecté avec son grand-père pour préparer l’assaut anti-fasciste. Au fil du temps, ce fut une troupe de plus en plus grande, restant connectée grâce à Internet, qui se forma.
Andrej, vivant principalement de ses droits d’auteur pour ses quelques albums et livres historiques vendus, menait une vie d’ermite, aidant le plus de monde qu’il pouvait sous sa réelle identité, et tuant le plus de néo-nazis sous une nouvelle identité, celle de Szkarłatny Wódz, le Général Écarlate, qui était devenu le chef d’un groupement anti-fasciste appelée l’Armée Écarlate, disséminé un peu partout aux USA et dont certains personnes se revendiquaient même par delà les frontières.

* * *

Dans un petit appartement dans le Wisconsin, un téléphone sonne. Une main le prend et décroche.

« Allo ? Qui est à l’appareil ? »

« Ah ! Rafał ! Comment tu vas ? »

« Papy ? C’est toi ? »

« Oui, c’est moi ! Euh, désolé si je te dérange, mais nous avions bien prévu de nous retrouver pour les fêtes chez toi ? »

« Oui, pourquoi cela ? Nous ne sommes qu’en Novembre. »

« Justement ! Euh, comment dire. Tu as entendu parler de Laurel ? »

« La ville avec l’école de super-héros ? »

« Exactement ! Figure-toi que je voulais la traverser, et que moi et mon side-car nous nous sommes retrouvés piégés en plein milieu d’une quarantaine ! Et vu la personne qu’ils renferment, ça risque de durer un moment. Alors ne m’attends pas pour les fêtes. Je suis vraiment désolé, j’aurais bien aimé venir, mais je doute que Noël soit une excuse valable. »

« Oh, ce n’est pas très grave, ça ! Mais ça va, tu tiens le coup ? »

« Bah, il va bien falloir ! C’est une ville assez sympathique, au premier regard. Et puis j’aurais peut-être la chance de trouver de quoi m’y occuper, qui sait ? Bon, eh bien je te tiens au courant si jamais je peux, mais je me répète, ne m’attends pas forcément. Prends soin de toi, surtout ! »

« Je n’y manquerai pas ! Prends surtout soin de toi, Papy. »

« Merci, petit, salut. »

Andrej raccrocha. Il regarda brièvement les rues qui l’entouraient. Quelque chose semblait l’appeler dans cette ville, était-ce le destin ? Il n’en savait rien, mais ce qui était sûr, c’est qu’il n’allait sûrement pas s’ennuyer, ici.



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Dernière édition par Andrej Soubarov le Ven 26 Jan - 13:55, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Au bord du lac, un homme joue de la vielle ... (fiche Andrej Soubarov) Mer 24 Jan - 21:21

Mon petit Andrej,

Ton histoire est agréable, d’autant plus que tu y introduis un élément du contexte en parlant de la quarantaine et ton personnage intéressant. Cependant, j’ai quelques petites remarques.

Il serait peut-être bien que tu rajoutes une petite faiblesse à ton pouvoir. Il serait bon aussi de savoir à quel point tu peux manipuler les sentiments de tes auditeurs.

En ce qui concerne l’histoire, je ne comprends pas très bien pourquoi tu portes les cicatrices de ta mort alors que tu t’es réincarné dans un autre corps.

Et pourquoi ton fils cherche des informations sur son père polonais aux états unis ?

Bon courage mon petit pour tes corrections

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MessageSujet: Re: Au bord du lac, un homme joue de la vielle ... (fiche Andrej Soubarov) Ven 26 Jan - 14:04

Et voilà modifications apportées :
"Il en est devenu capable de rendre un couple suicidaire sans aucune raison au préalable."

"L'utilisation de son don sur autrui consomme son énergie. Par exemple, s'il devait endormir une foule entière, il tomberait lui aussi de fatigue. Il ne peut ainsi pas dépasser les dix personnes sans somnoler."

"Enfin, son emprise à ses limites.
Limite dans le temps, tout d'abord, car les effets disparaissent au bout de quelques heures, et il suffit que la victime perde connaissance, pour que les effets s'estompent. "

Pour l'histoire :

"Très vite je compris que ceci n’était pas mon corps. Il m’avait fait en posséder un autre, le mien devait être détruit. Et pour que je m'y sente chez moi, il y aurait gravé toutes les cicatrices que j'étais sensé arborer."

"Apparemment, Ludwik avait essayé de faire des recherches sur moi, ce qui l'avait conduit aux USA, par l'intermédiaire d'un groupe de polonais qui avaient fui ici pour survivre."

"Enfin ce fut ce que je voulai faire, mais la fatigue m'a emporté, et je suis tombé d'épuisement devant l'enfant assoupi. Je me réveillais alors que le soleil commençait à se coucher pour constater que tout était en place comme avant ma perte de connaissance. Et ce ne fut qu'à ce moment là que je m'en allai avec l'enfant sur moi. »"
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MessageSujet: Re: Au bord du lac, un homme joue de la vielle ... (fiche Andrej Soubarov) Mar 30 Jan - 16:06

Mon chou,
C’est bon pour les corrections de ton histoire.

Ton don en revanche, il n’est absolument pas équilibré.
La maîtrise que tu as sur les émotions d’autrui me semble beaucoup trop importante. Il va te falloir soit la réduire drastiquement soit ajouter une faiblesse qui fasse vraiment la différence et qui soit utilisable par les autres personnage.
En ce qu’il concerne la faiblesse déjà ajoutée, la limite de temps est bien. En revanche, une annulation causée par un coma ne compte pas comme une faiblesse.
Pour ce qui est de la consommation d’énergie, c’est une bonne faiblesse, cependant tu peux avoir toutes les faiblesses du monde si tu ne les utilises pas comme telles, elles serviront à rien. Si quand tu endors une foule, tu te réveilles de toute façon avant elle, c’est une faiblesse mitigée.

Voilà mon chéri, c’est tout pour le moment.

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MessageSujet: Re: Au bord du lac, un homme joue de la vielle ... (fiche Andrej Soubarov) Sam 3 Fév - 19:52

Ça y est j'ai essayé d'équilibrer mon don :

"Mais il est également limité en intensité, et cela l'épuise énormément de creer une depression chez quelqu'un de joyeux, par exemple."

"Limite dans le temps, tout d'abord, car les effets disparaissent au bout de quelques heures, et si il souhaite ancrer de manière permanente un effet, cela va lui demander de s'y prendre à plusieurs reprises, et de faire preuve de plus que son don. Par exemple s'il lui est en théorie possible de rendre un couple de personnes suicidaire, il va lui falloir environ deux semaines de manipulation, rendant donc impossible l'ancrage d'un sentiment d'une telle intensité impossible à court terme. (Et donc inconcevable sur un seul Rp.)"
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MessageSujet: Re: Au bord du lac, un homme joue de la vielle ... (fiche Andrej Soubarov) Sam 3 Fév - 21:31

tu es validé!


Tu es dès à présent un criminel de niveau 18. Tu peux maintenant disposer de ton costume, ton gadget.

Tu peux tout d'abord venir nous dire ton don, ton métier et ton super-pseudo ainsi que réserver ton avatar.

Ensuite, tu pourras créer ton journal et commencer à gagner de l'expérience en participant activement au forum. Tu peux également t'inscrire dans le sujet recherche de RP ou, si tu veux faire des rencontres totalement imprévues, dans la random roulette!

Si tu as une question, n'hésite pas à nous en faire part, le staff est là pour t'aider au mieux et pour t'aiguiller vers la bonne voie.
Bonne chance dans la ville des héros!

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MessageSujet: Re: Au bord du lac, un homme joue de la vielle ... (fiche Andrej Soubarov)

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Au bord du lac, un homme joue de la vielle ... (fiche Andrej Soubarov)

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