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Retour aux jardins suspendus [PV: Neil]

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MessageSujet: Retour aux jardins suspendus [PV: Neil] Lun 6 Aoû - 20:31

Cela lui avait pris du temps et cela avait été difficile, mais Fioré avait recommencé à sortir à l’extérieur. Il s’efforçait de faire abstraction des regards que pouvaient susciter son apparence extra-terrestre. Gabrielle l’avait beaucoup aidée grâce à sa patience, sa compréhension et ses encouragements. Sa rencontre avec Aequilius, à la Heroes Sup’ aussi, l’avait quelque peu rassuré. Il avait décidé d’aller de l’avant et même s’il n’était pas près de s’accepter tel qu’il était, Fioré faisait tout de même de son mieux.

Pour la première fois depuis longtemps, Fioré avait décidé de se rendre aux jardins suspendus où il avait toujours aimé passé son temps libre. Il s’était posé pour admirer les fleurs. Puis le jardin avait commencé à se remplir un peu plus et il avait senti des regards désagréables se poser sur lui. Il avait tenté d’y faire abstraction, mais il n’était pas sourd et les messes basses qu’on proféra à son encontre le blessèrent. Encore une fois, on le comparait à ces extra-terrestres meurtriers dont on parlait à la télé. Fioré plaqua ses mains sur ses oreilles pour ne plus les entendre, se leva et parti précipitamment pour aller se réfugier dans un autre endroit fleuris et plus isolé cette fois.

Les larmes avaient perlés au bord de ses yeux et s’étaient mises à couler. Il observait tristement les fleurs, tandis qu’il laissait doucement glisser ses mains qu’il avait jusque là toujours plaquées contre ses oreilles.

- Pourquoi faut-il toujours qu’on me compare à ces criminels ? Je suis pas comme ça, moi, je suis pas comme eux, jamais je ne serais comme eux ! Confia-t-il à ses amies les fleurs d’une voix entrecoupée de sanglots.

C’était dur. Ses parents adoptifs l’avaient abandonné pour cette même raison et à présent il devait supporter les regards et les remarques des gens. Evidemment, tout le monde ne faisait pas nécessairement de remarques à son passage ou le regardait, mais cela arrivait tout de même assez souvent. Et pour lui, c’était trop pénible. Leur répondre ? Fioré n’y songeait même pas ! Qu’aurait-il pu dire ? Se défendre ? Dire qu’il n’était pas comme ces méchants extra-terrestres dont on parlait à la télé et qu’il n’avait pas l’intention de devenir un criminel comme eux ? Que lui aimait faire pousser des fleurs ? Ah ! Mais dans ce monde, être doté d’un pouvoir n’était pas spécialement mieux vu, à moins d’être considéré comme un héros par la population… Devenir un héros ? Ce n’était pas la vocation de Fioré qui lui rêvait de devenir horticulteur, tout simplement.
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MessageSujet: Re: Retour aux jardins suspendus [PV: Neil] Lun 13 Aoû - 21:19


Promenade



Une fois une dernière commande accomplie, j'évacuais mon méfait en me promenant. Aujourd'hui, mes pas me guident vers les jardins suspendus. Un lieu tranquille, où le silence règne lorsqu'on est chanceux.

Je ne sais pourquoi l'abondance de verdure possède un effet apaisant sur mon être, comme si toutes ces fleurs, ces feuilles, ces écorces soulageaient mes maux et vidaient ma caboche de toute idée noire. Je n'étais plus qu'un grain de sable errant, minuscule comparé à la majesté des lieux.

En divaguant, je m'approchai d'une zone embaumée par des parterres de fleurs.

- Pourquoi faut-il toujours qu’on me compare à ces criminels ? Je suis pas comme ça, moi, je suis pas comme eux, jamais je ne serais comme eux !


Tiens, un naufragé dans les pétales. Un petit garçon qui semble s'être brisé, abattu par des larmes trop lourdes pour ses pauvres yeux.

Je devrais passer mon chemin.

Ce ne sont pas mes affaires.

Il est peut-être juste égaré, en attente de ses parents, et je ne dois pas me faire repérer. Allez, on supporte le spectacle deux minutes, et si personne ne se pointe... On avisera.

Les secondes s'écoulent bien plus lentement que les tressaillements d'épaules du gamin qui trahissent ses pleurs. Oh, et puis merde, je ne peux pas le laisser dans cet état...

-Hé, petit... Désolé de te déranger mais, je t'ai entendu. La seule chose pour laquelle tu pourrais être un criminel, c'est parce que marcher sur la pelouse près des fleurs est interdit. Mais tu vois, ça ne m’a pas bien empêché de te rejoindre. Et puis il n’est pas bien visible ce panneau. Les fleurs, ça s'apprécie de près, alors, sèche tes larmes, et dis-moi qui t'embête, car je doute que le fait d'écraser des centaines de brins d'herbe soit la raison de ton état, si ?


Une gifle. Voilà ce que je mérite. Malgré toutes ces années, je suis incapable d'être habile en ce qui concerne les questions de réconfort.
Je suis un cas désespéré.

Même si je me suis un peu approché, j'ai bien fait en sorte que le petit conserve son espace vital. Avoir vécu dans un cirque m'a appris qu'il vaut mieux laisser un animal inconnu venir à soi que l'inverse. Après tout, je dois lui paraître étrange, à envahir son moment de tristesse comme ça, sans crier gare, et en plus j'lui assène des propos d'un humour douteux.

Tu crois vraiment qu'il va sourire avec tes idioties ? Haha franchement t'es pas doué ! Nan mais sérieux regarde-toi !

La gorge serrée, j'attends la réaction de l'enfant, priant pour ne pas m'être comporté trop stupidement.



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MessageSujet: Re: Retour aux jardins suspendus [PV: Neil] Mer 15 Aoû - 20:33

Fioré qui pensait s’être suffisamment du rapidement se rendre à l’évidence que ce n’était pas le cas. Un homme s’approcha de lui, il l’avait entendu parler tout haut au sujet des criminels. Il lui fit savoir que la seule raison qu’il voyait pour qu’il soit qualifié comme tel était qu’il marchait sur la pelouse alors que c’était interdit. Il poursuivit en lui demandant de sécher ses larmes et l’invita à lui expliquer la raison de celles-ci.

- Je… Je suis désolé… Même si j’ai marché sur la pelouse, je n’ai pas abîmé les fleurs. Je fais très attention. Je ne voudrais surtout pas les abîmer. J’aime beaucoup les fleurs et… C’est grave ? Je vais avoir des ennuis ? S’inquiéta sincèrement Fioré.

Il avait toujours fait cela et n’avait jamais eu d’ennuis. Il avait besoin d’être proche des fleurs, de sentir leur parfum, de les toucher parfois. Mais il avait toujours fait cela avec beaucoup de délicatesse. Il s’en serait voulu d’abîmer une fleur. Et puis, même si cela avait été le cas, il aurait réparé sa bêtise. Cependant, cela n’avait jamais été le cas.

- Je ne suis pas un criminel… même si je marche sur la pelouse, ça ne fait pas de moins un criminel, je ne fais rien de mal. Je regarde juste les fleurs, ce n’est pas interdit, ça ?

Le jour où on lui interdirait de voir des fleurs, s’il devait vivre dans un monde sans fleurs, nul doute que le sensible petit Krazentz ne l’aurait pas supporté.

- J’ai déjà assez d’ennuis comme ça et puis surtout, je ne veux pas en causer encore plus à Madame Gabrielle… Elle fait déjà tellement pour moi, je ne veux pas l’embêter…

Fioré était reconnaissant envers Gabrielle qui l’avait recueillit et encouragé à aller de l’avant quand il avait perdu tout espoir. Il faisait d’ailleurs de son mieux pour aller de l’avant et surmonter ses peurs et ses faiblesses. Même si c’était difficile, même si parfois, le semblant d’équilibre qu’il était parvenu à se construire restait précaire et qu’il lui arrivait de craquer, comme à ce moment là, où la comparaison avec les extra-terrestres conquérants dont les informations parlaient devenait insupportable. C’était une fois de plus. Une fois de trop. Fioré faisait de son mieux pour les ignorer, pour ne pas se sentir visé personnellement, après tout, il n’avait rien à se reprocher, il n’avait jamais fait de mal à personne, mais malgré ça, malgré toute sa bonne volonté, il ne parvenait pas toujours à passer outre. C’était encore trop difficile pour son jeune âge.

Fioré frotta ses yeux remplit de larmes du revers de la main, mais il ne parvenait pas à les faire cesser de couler.

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MessageSujet: Re: Retour aux jardins suspendus [PV: Neil] Dim 19 Aoû - 0:12


Reflets



Et voilà, au lieu de lui mettre du baume au cœur, tu attises les flammes qui le rongent. Wow. Bien joué...


D'une certaine façon, l'enfant me rappelait ce que j'étais avant. Le réconfort de ses fleurs équivaut à celui de ma musique.

"-Dis, je sais que je ne suis qu'un étranger, mais de quels ennuis parles-tu ? Quant à être un criminel..."


Je fis une pause, affichai un air solennel, sérieux, adulte, comme si j'endossais un costume de juge pour rendre ma sentence :

"- Tu n'en es pas un.
Regarde, tu ne suis pas le règlement, certes, mais c'est parce qu'il est fait pour des idiots qui ne se soucient pas d'abîmer les belles choses. Toi, au contraire, tu es un protecteur, un admirateur. Jamais tu ne ferais de mal gratuitement en écrasant ou en maltraitant une rose. Tout à l'heure, je t'ai juste lancé ça parce que je voulais te faire sourire, mais tu vois, je suis bien maladroit car au final je t'ai comme jeté une pierre. Je suis désolé."


Je m'étais accroupi pour prononcer ce petit discours, tentant de paraître moins imposant. Toutefois, énoncer ces choses, ça provoquait une sorte de pincement au cœur que je ne comprenais pas.

Qu'est-ce que c'est au juste, d'être un criminel ?

Je devrais le savoir, j'en suis un. Et pourtant, j'aide ce gamin. Enfin, j'essaie. Je n'ignore pas sa souffrance, je tente de lui tendre la main. Beaucoup de gens ne le font pas. Beaucoup de gens, lorsqu'on crie "au secours", ferment leurs volets, font les aveugles, les sourds, les muets, et nous laissent mourir sans sourciller.

Des citoyens lambdas.
Qu'il m'arrive d'éventrer lorsqu'un de leurs compatriotes me le demande.

Mais suis-je pour autant un être aussi infâme ?
On m'a torturé, bousillé, fichu à la casse. En quoi pouvais-je faire autrement ? Il me fallait survivre. Ce sont les honnêtes gens qui m'ont façonné, qui m'ont adoubé criminel.
Moi, je n'y suis pour rien.

Je n'ai fait que succomber au courant.

Est-ce que cela fait de moi un monstre ?

J'en ai l'apparence, oui, dès que ma nuque s'achève, au niveau de mes clavicules, on peut déjà remarquer l'atrocité de ma chair. Sa difformité. Sa laideur. Un vrai Quasimodo. Une bête de Frankenstein. Une horreur.

Ouch.

J'ai mal.

J'ai froid.

Comment puis-je espérer aider le petit si je ne peux même pas atteindre la lumière ?


Je ne suis qu'une machine rouillée par du sang, après tout. Je devrais fuir loin d'ici, le laisser parcourir tranquillement sa vie, son moment de tristesse ne doit pas être dû à grand-chose.

Quoique...

Se pourrait-il qu'il ait été comme moi ?

A vrai dire... Il me semble familier, je ne saurais trop dire pourquoi. Une sensation de déjà-vu troublante me brouille les idées, je n'arrive plus à réfléchir.

Dire que j'étais venu ici pour me vider la tête...




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MessageSujet: Re: Retour aux jardins suspendus [PV: Neil] Mar 28 Aoû - 21:45

Son interlocuteur lui demanda de quels ennuis il parlait. Fioré resta silencieux. Son interlocuteur poursuivit. Il le rassura en lui disant qu’il n’était pas un criminel pour avoir marcher sur la pelouse. Il lui dit même qu’au contraire, il était un protecteur et un admirateur. Il s’excusa aussi en expliquant qu’il lui avait dit cela dans l’idée de le faire sourire, même s’il avait été maladroit. Fioré secoua doucement la tête de droite à gauche.

- Non, ce n’est pas de votre faute. C’est moi qui ne suis pas capable de comprendre quand on me fait une blague. Je suis désolé de vous avoir mis mal à l’aise… Répondit-il très poliment et en toute sincérité.

Fioré continuait d’observer les fleurs. Peut-être prenait-il tout un peu trop au sérieux ? Mais comment faire autrement ? Comment savoir si ce que disent les autres est fait pour vous faire du mal intentionnellement ou s’il s’agit de faire de l’humour ? A l’école, autrefois, les autres semblaient bien rire entre eux quand ils l’embêtaient et moquaient de lui. Aurait-il dû faire de l’autodérision et rire avec eux ? Était-ce ce qu’ils attendaient de lui ? Non, ce n’était pas ça, il le savait bien. Il avait bien tenté de s’intégrer, de se montrer patient et tolérant à leur égard, mais finalement, ses efforts n’avaient menés à rien. Pourtant, en ce temps-là, il arborait une apparence humaine. Comment se seraient-ils comporter envers lui s’ils avaient appris ce qu’il était réellement ? Fioré était certain que cela n’aurait donné rien de bon et que cela aurait probablement été pire que ce qu’il avait pu connaitre jusque là en terme de harcèlement scolaire.

- Parfois, j’aimerais tellement être une fleur. Je me dis que tout serait tellement plus simple si j’en étais une. Et alors les gens seraient ne seraient plus méchants et ils ne diraient que des choses gentilles comme “oh quelle jolie fleur, qu’est-ce qu’elle sent bon !“.

Fioré ferma les yeux et s’imagina être cette fleur bercée par le vent, entourée d’autres fleurs toutes aussi belles les unes que les autres. Les abeilles et les bourdons viendraient butiner. Parfois, un papillon viendrait se poser sur ses pétales. Et l’hiver venu, la petite fleur s’endormirait pour ne revenir qu’au printemps, encore plus belle.

- Dites, est-ce que vous pensez que les fleurs sont capables de rêver, elles aussi ?

Fioré n’avait jamais rien lu de tel dans les livres ni même dans les reportages. Il aimait imaginer que les fleurs puissent rêver. Et si oui, à quoi pouvaient-elles bien rêver ?
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MessageSujet: Re: Retour aux jardins suspendus [PV: Neil] Mer 29 Aoû - 19:52


...


En l'écoutant parler, je sentis des souvenirs remonter lentement à la surface. Vieux de quelques années, ils étaient teintés de la peine du jeune garçon aux fleurs, une peine toujours visible aujourd'hui pour qui y est familier. Nous avions été ensembles dans un foyer. Nous ne nous étions pas adressés la parole, et j'étais parti avant lui, avec un couple stérile qui avait été charmé par le son de mon violon, lors d'une visite.

Comment s'appelait-il déjà ?

J'ai beau chercher, son nom se cache dans mes neurones, pudique, refusant de se laisser attraper. Mmmh... La seule chose dont je suis certain, c'est que celui-ci s'apparentait en quelque sorte au mot "fleur".

Raaah, avec ça, je vais perdre le fil de la conversation...

Le petit aurait voulu être une plante, pour se protéger de la méchanceté d'autrui. Le pauvre... Combien de fleurs se font arracher les pétales cruellement par des jeunes pimbêches en quête d'amour ? Combien sont piétinés sans remords par le commun des mortels ?

Les fleurs ne peuvent se défendre.
Mais passons... Faudrait pas le déprimer encore plus !


Est-ce que les fleurs rêvent ?


Hé bien, ça mérite réflexion. Je levais les yeux au ciel, me laissant hypnotiser par la course des nuages. Puis, comme frappé d'une illumination, je répondis :

- Bien sûr qu'elles rêvent ! Est-ce que tu sais qu'un arbre est capable de reconnaître ses petits et de faire en sorte de ne pas gêner leurs croissances ? Et... Et les fleurs réagissent à la musique ! Si elles sont capables d'apprécier ça, alors elles doivent forcément rêver, non ? En tout cas je suis persuadé qu'elles ont une forme de conscience...

J'étais presque trop emballé en débitant toutes ces infos amassées de ci de là en feuilletant des magazines dans des gares. Je n'avais jamais eu l'occasion de parler de choses comme cela. Personne ne me posait de questions aussi intéressantes, ni même n'osaient m'adresser réellement la parole en dehors du "travail".

C'est si agréable de pouvoir partager ainsi des pensées.

Timidement, je demandais au petit :

-Mmh, d'ailleurs, est-ce que tu aimes la musique ?

J'avais envie de jouer pour lui. Quel meilleur réconfort pourrais-je lui apporter ? Les notes sont plus fortes que n'importe quel mot. Et si avec un peu de chance, c'est un amateur, lui au moins ne me traitera pas de gonzesse à cause de ma passion. Peut-être même qu'il joue aussi...

Du calme. T'as quel âge pour te faire des films comme ça ? Ce n’est pas une cour de récré. Et tu n’es certainement pas une bonne fréquentation. Tu mérites vraiment qu'il t'envoie paître...

... Oui. Mais, pour une fois que je peux vraiment échanger avec une personne, pourquoi ne pas tenter ma chance ?

C'est vrai quoi...
A quoi ça me sert d'apprendre des trucs si je ne les transmets pas ? Pourquoi garder mon violon si je dois me cacher pour emplir une pièce de mélodies ?

Pour une fois que je peux partager ça...

Me sentir humain...

Juste un peu.

Cela vaut la peine d'essayer, non ?

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MessageSujet: Re: Retour aux jardins suspendus [PV: Neil] Jeu 30 Aoû - 10:25

Son interlocuteur affirma que les fleurs rêvaient. Il partagea certaines de ses connaissances au sujet des arbres qui étaient capable de reconnaitre ses petits et de ne pas gêner leur croissance ou encore au sujet des fleurs qui réagissaient à la musique. Fioré acquiesça doucement. Oui, les fleurs étaient sensibles aux mots gentils aussi. L’inconnu lui demanda alors s’il aimait la musique.

- Ca dépend lesquelles. J’aime bien les musiques douces et calmes. Je déteste celles qui passent à la radio et où ils disent plein de gros mots et de choses méchantes.

Fioré ne comprenait pas que ce genre de musique puisse d’ailleurs être diffusé. Des chansons où les insultes foisonnent, sans raison, qui incite seulement à prendre les autres de haut et à ne jamais admettre ses propres torts.

- Parfois, maman jouait du piano, j’aimais bien l’entendre jouer. Confia doucement Fioré en souriant tristement.

Les souvenirs de sa vie auprès de sa mère adoptive refirent surface et les larmes lui montèrent à nouveau aux yeux. Il les frotta avant qu’elles n’aient le temps de longer ses joues.

- Mais je n’ai plus le droit de l’appeler maman, maintenant…

Si seulement les choses avaient pu être autrement. Si seulement il avait pu leur dire avant que les choses ne dérapent. Mais est-ce que cela aurait véritablement changé quelque chose au fond ? Fioré n’en était pas certain. Il soupira. Pourquoi fallait-il que tout soit si compliqué ?

- Vous aimez la musique ? Vous jouez d’un instrument ? S’enquit Fioré pour changer de sujet et ne pas se laisser aller à penser à ceux qui furent ses parents adoptifs et à sa vie à leur côté.

Il fallait qu’il soit courageux et qu’il continue à aller de l’avant en surmontant ses difficultés. Ce n’était pas facile, parfois, Fioré avait le sentiment qu’il n’y arriverait jamais et que tout serait plus simple s’il n’existait pas. Malgré cela, il continuait à s’accrocher et il faisait de son mieux. Il avait accepté de prendre un nouveau départ auprès de Gabrielle et en changeant d’école. S’il craignait de ne pas arriver à s’intégrer auprès de ses petits camarades, il espérait au moins qu’il ne serait pas victimes de leurs moqueries comme autrefois.

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MessageSujet: Re: Retour aux jardins suspendus [PV: Neil] Lun 3 Sep - 2:48


Juste un p'tit air...


Je cachai avec grande difficulté la joie que me procurait l'intérêt du gamin. Il était mélomane ! Enfin, j’allais pouvoir accomplir le vrai but de la musique : la partager !

Hélas, l’ambiance n’est pas au rendez-vous…

Perdre sa mère encore vivante, c’est probablement la pire des choses qu’il puisse arriver à sa progéniture. Une abomination, surtout infligée à un petiot comme ça. J’me demande bien qu’elle en a pu être la raison…

Je voulais lui dire que moi aussi, quelques fois, j'ai pu entendre du piano, et que c'est un son merveilleux, surtout lorsque c'est du Chopin.

Chopin...

C'est le seul compositeur dont je me souvienne, car son nom ressemble à une chope de bière. Chacun ses techniques de mémorisation hein…

L’une de mes familles d'accueil l'écoutait. C'est resté gravé depuis, tant les notes me firent vibrer, voyager... L'espace d'un instant, j'étais aux anges.

Cela dit, ce n'est pas le moment de s'attarder sur du piano vu que le petit y associe des souvenirs pénibles…

Bon. Aux grands maux les grands remèdes, quitte à plomber l’ambiance, autant sortir les violons !

Héhé, enfin LE violon…

- Si je joue d’un instrument ? Mmh, à toi d’en juger…

J’étais bien trop heureux pour ne pas me donner en spectacle.

Quel guignol…

Je pris une grande inspiration, et sortis mon violon de mon manteau, un peu comme un magicien en sortirait une tourterelle. Après tout, rien de mieux que du divertissement contre le chagrin d’un enfant non ?

L’archer bougea tout seul, surfa de cordes en cordes sans même que j’y réfléchisse réellement. « On joue avec le cœur, pas avec la tête » m’avait soutenu plusieurs fois le papi. Pour lui, les partitions, c’était bidon, pour les fainéants, les lâches. Je n’étais pas vraiment d’accord mais faute d’avoir appris autrement, je reconnais qu’il y a du bon dans sa méthode…

Au moins je peux me lâcher dans le vide.

Laisser exploser au grand jour tout ce qui reste habituellement enfoui dans les abysses.

J’ignore combien de temps j’suis resté comme ça, dans une espèce de transe, à jouer mon histoire en La Mineur. Mes jambes tremblent sous l’émotion et le stress de risquer un rejet, des moqueries. De la part de quelqu’un qui habituellement apprécie la musique, ce serait encore plus blessant. Un véritable coup de fouet.

C’était égoïste de ma part de m’imposer comme cela, je le sais bien. Presque trop naïf en réalité… Ce n’est pas parce que mon interlocuteur est jeune et manifestement sensible qu’il va me ménager ou supporter mes bêtises. Je n’ose même pas le regarder.

- … Je me trompe peut-être, mais tu es passé par le foyer, non ?

La question s’était échappée toute seule, comme ça, pour briser la glace. Pour le coup, elle l’a fracassée au marteau-piqueur oui !
J’en étais foudroyé. Décidément, quel tact, quel talent pour réconforter les autres, wow, j’mériterais une médaille de l’impudence oui !

La faute à la musique. Elle me rend nerveux. Elle aspire mon sang-froid pour laisser mon âme parler, or, elle n’est pas bavarde, elle est même du genre timide, alors forcément, je n’apprécie pas cela, mais c’est comme une drogue…

J’aurai bien besoin d’une clope, pour pouvoir affronter le jugement du p’tit.

S’il savait à quel point je suis désolé de ne pas savoir me comporter normalement…

S’il savait.


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MessageSujet: Re: Retour aux jardins suspendus [PV: Neil]

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