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Les sanglots longs des violons de l'automne [RP Ouvert]

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❝ LOCALISATION : Laurel
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MessageSujet: Les sanglots longs des violons de l'automne [RP Ouvert] Mar 4 Déc - 14:20

Droite, devant la fenêtre de ma chambre, je contemple tant la ville qui s'étend à perte de vue devant moi, les dédales de ruelles qui la parcourent, les phares des voitures qui circulent, que ma nudité qui se reflète dans ma vitre. La couverture, glissant longuement de mon épaule, dévoilant peu à peu ma poitrine, mes hanches… S'effondrant en un lamentable tas de fripes sur mon entrejambe. Les runes qui parcourent ma peau semblent vivantes, dans ce reflet troublé par l'éclairage citadin. Des éclats verts, rouges, violets, jaunes, oranges… tant de couleurs qui ne font que rendre plus cruelle la lueur morbide qui en émane lorsque je baisse les yeux pour voir si moi aussi, je puis être aussi éclatante, en vrai.

Au fond, c'est là tout ce que je suis. Une pauvre âme damnée, errante dans un monde qu'elle aurait dû quitter il y a déjà bien longtemps. Ma vengeance, mes projets, mes manigances, tout cela est-il si important ? Ne me serais-je pas enfermée dans une quête hypocrite et surdimensionnée ? Suis-je sur la bonne voie ? Le suis-je vraiment ?

Derrière-moi, un corps se dessine dans mon lit. Je l'observe longuement, suivant des yeux les courbes de ses hanches, scrutant son insolente poitrine contre laquelle j'ai caché mon visage quelques heures plutôt, griffant son dos lorsque, sans même tenir compte de mes supplications, elle tâtonnait mon intimité, transperçant de ses doigts longs et fins le puits de mon désir. Et moi, et moi, je ne pouvais que la supplier. Et moi, et moi, j'étais impuissante face à cette femme qui me tenait dans le creux de ses mains, jouant avec moi comme avec une marionnette qui pourrait supporter tout son sadisme. Nos ébats avaient duré une bonne part de la nuit, et jamais je ne pus, à aucun instant, reprendre le dessus. J'étais là, à sa merci, à lui appartenir.

Est-ce cela, qui m'a poussée à tout remettre en question ? Est-ce là la cause de mes tourments, de mes interrogations ? Aurait-elle éveillé en moi quelque chose d'enfoui, que je n'ai jamais connu ? Cette sensation de n'être rien à côté d'elle, et encore pire : ce sentiment de lui appartenir, de ne pas pouvoir me dégager de son emprise… Je me sens faible, fragile. Et… Je l'accepte.

Assise sur mon lit, face à ma fenêtre, je fais face à la dualité qui habite mon être. Que je repousse depuis tant de temps. Depuis trop de temps. Alors, sans un bruit pour ne pas la réveiller, pour ne pas la déranger, je me rhabille avec souplesse, m'enfermant dans mon corset, mes collants, ma robe, mes bottes… D'une main adroite, je me saisis de mon sac, sans en secouer le contenu. Dans mon lit, ma Belle ne bouge pas, son sommeil semble imperturbable. Elle est là, belle, sublime, parfaite. Et moi, et moi, je vais la laisser, affronter la froideur mortelle des nuits de cet automne qui laisse peu à peu place à l'hiver. Au moment où la porte de mon chez-moi se referme derrière moi, la sensation que je ne ressentirai jamais plus la chaleur de son corps se met à me hanter. J'ai beau avoir pris son numéro, savoir où elle habite… Elle a beau être là, chez moi, dans mon lit, la peur semble prendre le dessus. Est-ce que je lui appartiens, donc ?

La boule que cela créé dans mon estomac ne m'empêche pas de laisser mon immeuble derrière moi, au gré des rues, des enseignes… Au gré de mes pas. Alors, errante, je me retrouve à la gare de Laurel. Pourquoi me suis-je donc rendue là-bas ? Qu'est-ce qui m'attire en ce lieu ? Je n'arrive pas à savoir, je n'arrive pas à comprendre. Tout ce que je sais, c'est que je suis là, face à un banc, dans le froid, seule. Seule ? Le ridicule de ma situation m'arrache un grimaçant rictus. Ai-je tant peur du bonheur que je le fuis lorsque je le touche du doigt ?

Et moi, et moi, je finis par m'assoir sur ce banc. Il est trois heures du matin, et je suis là, seule, dans le froid… Dans ce froid de mort. Est-ce bien moi, suis-je bien moi-même ? Derrière moi, un train passe, à toute vitesse, ralentis, puis s'arrête. Bientôt, je me retrouve entourée de badauds et voyageurs. Là où auparavant, il n'y avait que des ombres, des inconnus sans histoire ni vie, se joue une scène des plus étranges. Cette famille, ravie de revoir sa fille... Sa fille... Ou ce couple qui s'enlace, si heureux de se retrouver. Cette grand-mère, dont le corps plie, tant sous le poids des ans que sous celui de ses bagages. Et là, il y a cet homme à la mine patibulaire qui vient l'aider, lui porter ses valises, et la conduire jusqu'au quai. Serai-je un jour dans le même état que cette dame ?
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