.
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



Partagez|

Retrouvailles || Mary [SOLO]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Message
❝ LOCALISATION : Probablement chez elle.
❝ POINTS : 50

MessageSujet: Retrouvailles || Mary [SOLO] Lun 26 Jan - 16:35




« Les retrouvailles sont des phénomènes si complexes qu’on ne devrait les effectuer qu’après un long apprentissage ou bien tout simplement les interdire. »


Les événements se déroulent après le RP avec André, Mischa et Mary (environs un mois après).

Jeudi. Un jeudi comme les autres. Mary, sortant de son cours de défense, se baladait toujours avec son sac en bandoulière sur l'épaule. De sa main droite, elle sortit son paquet de clope, et de la gauche elle farfouilla ses poches à la recherche d'un briquet. Elle s'alluma une clope puis, redressant son sac, elle se dirigea à petits pas pressés jusqu'à la zone commerçante de la ville. Elle jeta un œil au portable que Brooke lui avait offert ; 17h10. Bon. Elle avait largement le temps d'arriver à l'heure à son boulot, son service commençant à 17h30. Tout en tenant sa cigarette d'une main, elle observait les gens autours d'elle ; bien que le temps était devenu peu clément et qu'un froid mordant régnait sur la ville, les gens sortaient -Seuls ou accompagnés, en famille ou avec des amis-, se baladaient et discutaient entre-eux. Mary trouvait toujours que ces moments, ses ballades étaient emprunt d'une certaine nostalgie : elle se rappelait des -rares- sorties avec André, et des quelques sorties en famille, avant que sa vie prenne un tournant plus tragiques.

Elle se surprenait par moment à s'imaginer se baladant ainsi, bras dessus, bras dessous, avec des amis ou même une famille, à rigoler pour un rien, à sortir des blagues et oublier que d'autres passants la regarde. Ne plus avoir peur de sa propre image au point de se cacher sous trois tonnes de vêtements -déchirés et usés jusqu'à la moelle en plus-. Elle soupira, un triste sourire sur les lèvres. Non, elle ne voulait plus penser à ce genre de choses. Elle voulait évoluer et, surtout, avancer. Aller de l'avant, et arrêter de s'accrocher au passé ; mais les choses sont loin d'être aussi simples. Elle arriva avec une bonne dizaines de minutes d'avance, et elle en profita pour finir tranquillement sa clope, le dos collé contre la façade de la boutique. Levant les yeux au ciel, elle remarqua -Enfin- qu'il faisait déjà nuit, ou presque. Pas loin en tout cas. Puis, elle écrasa du pied son mégot et entra dans l'épicerie afin de prendre son service.

■■■


20h. Mary finit de poser la dernières cagette en bois dans le camion du livreur, puis elle le salua d'un geste de la main. Elle regardait le camion partir en prenant les petites rues pour rejoindre l'artère principale quand son patron lui tapota l'épaule. C'était « le » signe, celui qui dit « La journée est terminée ». C'était rare, très rare, qu'il le dise de lui-même. C'était un homme affectueux, gentil et très prévenant avec Mary. Il savait que la jeune femme n'a pas un passé facile, sans trop connaître les détails. Alors il agissait avec elle plus comme un ami voir une figure paternelle que comme un patron d'épicerie. Elle ressentait, pour cet homme avec un visage chaleureux, un grand respect ; c'est bien pour cela qu'elle gardait précieusement ce travail et qu'elle fait preuve d'une rigueur surprenante. Elle lui fit un grand sourire, comme pour répondre à la tape sur son épaule, puis elle entra de nouveau dans la boutique, tout en se frottant les bras. Bien qu'elle portait un pull, il ne fait clairement pas assez chaud pour se balader sans manteau.

« Ah tiens Mary, tu oublieras pas ce sac, c'est pour toi.

Mais patron …

Allez, fais pas de manières, tu as bien travaillé, et de toute façon ça va être perdu ! Alors fais-moi plaisir, prends-le sans faire d'histoire hein ! »

Mary posa les yeux sur le fameux « sac ». C'était un grand sac plastique, de ceux qu'ils utilisaient pour les clients. Dedans, il y avait pas mal de légumes, quelques fruits et diverses choses. Mary poussa un petit soupir d'abandon, avant de lever les yeux et les épaules.

« Très bien patron, je m'avoue vaincue ! Je me change et je prendrais le sac en sortant. Vous voulez que je fasse la fermeture ?

Non ça ira. On se revoit samedi alors ?

A samedi patron, et bonne soirée. »

Après s'être changée et habillée, Mary prit le sac d'une main et salua son patron de l'autre avant de sortir de l'épicerie. Alors que le store en métal se refermait derrière elle, elle s'alluma de nouveau une cigarette. Elle éprouvait de plus en plus de difficulté à ne pas en allumer une en sortant du travail, mais bon, tant pis. Glissant le sac dans le creux de son bras droit, elle reprit la route, direction son petit studio, tout en fredonnant une vieille chanson rock des années 80.

■■■

23h. Mary se tenait assise, devant la fenêtre légèrement entrouverte, une cigarette à la main. Au loin, elle regardait les derniers riverains rentrer chez eux, dans la chaleur de leur maison ou de leur appartement. De plus en plus souvent elle était prise de cette envie d'observer les gens ; c'était, à ses yeux, fascinant de les voir ainsi vaquer à leurs occupations, de les voir vivre. La fumée de sa cigarette s'échappait tranquillement par l'entrebâillure de la fenêtre, lorsqu'elle entendit quelques coups frappé à sa porte, des coups courts et rapides. Tiens, étrange. Elle revérifia l'heure sur son portable, mais non, il était déjà bien tard. Qui pourrais se pointer à cette heure-ci ? Toujours avec sa cigarette entre les doigts, habillée en tenue dite « détente », elle s'approcha doucement de la porte. Bizarrement, Mary commençaient à avoir une idée de qui cela pouvait-il être ; les deux seules personnes capables d'avoir le culot de se pointer à cette heure-ci lui sont bien familières, à savoir soit André, soit Mischa. Deux Russianov. Rien qu'à cette pensée, elle fût prise d'un gros coup de fatigue ; pas toujours facile de les avoir comme proches.

C'est avec cette pensée en tête qu'elle ouvrit la porte, d'abord sans regarder, comme déjà résolue à se faire « embêter » aussi tard.

« Bonsoir … Bizarrement j'me demandais bien qui pouvait venir m'emmerder à cet heu … »

Mais elle fût interrompue en plein dans sa phrase. Levant les yeux vers l'encadrement de la porte, elle n'y vit absolument ni André, ni Mischa. Sa main, qui tenait maintenant un mégot légèrement fumant, perdit subitement toute force et laissa le petit bout de cancer s'abattre sur le sol, sans un bruit, les yeux écarquilles. Devant elle se tenait un homme, l'air très fatigué, approchant probablement du milieu de la cinquantaine. Cheveux sales, yeux un peu vitreux et vêtements miteux. Pendant de longues minutes, Mary resta ainsi, une main sur la porte, l'autre qui pendouillait lamentablement le long de son corps si fin, les yeux remplis d'une terreur sans nom, grands ouverts.

Devant elle se tenait son père.

Lorsqu'elle pu faire enfin un geste, son réflexe fût de refermer violemment la porte … En vain. Profitant du choc, son père avait bloqué la porte avec, il faut le reconnaître, une force qui dépassait celle de sa fille. Les bras tremblants et les dents qui s'entrechoquaient dans sa bouche, Mary tentait tant bien que mal de résister, de lutter, de refermer cette foutue porte. Mais elle s'ouvrit de nouveau à la volée, la déstabilisant. Elle se retrouva le cul au sol, avec la même expression de terreur. Reculant à l'aide de ses bras, elle se retrouva bientôt le dos contre son canapé, incapable de faire ne serait-ce un mouvement de plus. Tremblant de tout son corps, essayant de prendre un maximum sur elle pour réussir à dire quelque chose, son père en profita de nouveau pour s'approcher d'elle.

« Angèle, je t'ai retrouvé. »

Il s'approcha de nouveau, pour la prendre dans ses bras. Subitement, Mary retrouva l'usage de sa voix et se mit à hurler de terreur ; elle faisait face à son pire cauchemars. Tout ce qu'elle essayait d'oublier depuis tant d'années se tenait là, devant elle, avec un sourire mielleux qui lui donnait la gerbe. Elle se débattit, hurlant à plein poumons, les larmes apparaissant déjà aux bords de ses yeux. Son père mit sa main sur sa bouche pour la faire taire, et elle se débattit encore plus pour se libérer de son emprise. Se rapprochant d'elle, il réussit à la prendre dans ses bras, et Mary, elle, semblait au bord de l'explosion. Elle finit par mordre son père, le poussant à la lâcher, et elle en profita pour courir dans salle de bain, s'enfermant à clé pour qu'il ne puisse pas entrer. Les larmes coulaient le long de ses joues devenues rouges écarlates, et ses yeux étaient emplis d'une horreur, une terreur indescriptible. Derrière la porte, elle entendait la voix de son père.

« Angèle, qu'est-ce que tu fous encore ?! Sors de là ! »

Le dos posé contre la porte, elle sentait les vibrations des coups que son père infligeait à la porte. Son dos tremblait, par la peur, la rage, la colère et une soudaine envie de vomir. Courant vers les toilettes, elle s'écroula à genoux et ne pu retenir un flot de bile, qui la dégoûtait encore plus. Elle glissa sur le côté, la tête contre le lavabo. Elle n'arrivait plus à réfléchir ; son corps et son cerveau lâchait petit à petit, comme si plus rien ne pouvait retenir ce sentiment d'impuissance face à la situation. Elle qui est dotée, entraînée depuis si longtemps … Perdait devant son père, vieux, crasseux. Sans vraiment s'en rendre compte, elle donnait des petits coup de tête dans la céramique de son lavabo, comme pour essayer de se réveiller ou, au moins, se bouger le cul. Avec des gestes très lents et douloureux, elle réussit à se relever. Mais au même moment, sa porte fit un gros bruit, une sorte de craquement terrible, et son père apparu de nouveau devant elle. Saisissant sa fille par les épaules, incapable de bouger, il se mit à hurler tel un dément

« Putain Angèle, pourquoi t'es partie ?! Tu m'aimes pas, c'est ça ?! Tu reviens à la maison, ta fille et moi on t'attend depuis si longtemps … MERDE POURQUOI T'ES RETOMBEE LA-DEDANS HEIN ?! »

Secouant sa fille telle une poupée de chiffon, elle fini par essayer de le repousser, les joues et les yeux inondés de larmes, le suppliant en bredouillant de partir, de la laisser tranquille. De la laisser en paix, elle qui a tant de mal à se reconstruire. Mais il continuait d'hurler, de la secouer, puis il finit par lui mettre une baffe, une deuxième, pour finalement se mettre également à pleurer. Mary, comme dans une forme de torpeur, ne réagissait même plus, ses yeux étaient vides de toute volonté ou envie. Mais lorsqu'il la prit dans ses bras, et que sa main commença à toucher ses cheveux, puis son cou, elle fût prise d'une vague de dégoût violente. Sans réfléchir, elle le poussa de toute ses forces contre le mur puis, prenant la fuite par la porte défoncée, elle s'enfuit. Littéralement. Laissant tout ouvert, porte et lumière, elle s'enfuit simplement, un sweat sur les épaules, dans les rues de Laurel.

Il faisait froid, dans la ville. L'hiver s'installait et, parmi des gens qui faisaient tranquillement leur vie, une jeune femme courait, le visage bouffi par les larmes, des traces de coup sur le visage. Elle courait, sans s'arrêter, en bousculant tout et tout le monde sur son passage. Finalement, elle finit sa course dans une vieille ruelle, malfamée et plutôt inhospitalière. Elle s'arrêta quelques instants, le temps de reprendre son souffle, la tête posée contre un mur crasseux. Finalement, Mary vomit à nouveau, les larmes continuant de couler sur ses joues sans discontinuer. Elle fini par se laisser tomber le long du mur, se rattrapant de justesse pour finalement s'asseoir à même le sol, recroquevillant ses jambes contre elle, ses bras les entourant de façon réconfortante.

Il lui fallait faire le point sur la situation … Décidément, elle ne pouvait rester ici, à Laurel, tant que son père était là. Mais elle ne savait pas où aller. Pour le moment, elle ne pensait qu'à s'enfuir, partir le plus loin possible de ce poison qui commençait à la rendre folle. Son pouvoir, décupler par sa colère, sa rage et sa peur, lui donnait un horrible mal de crâne qu'elle avait bien du mal à contrôler. Se saisissant la tête à deux mains, de chaque côté, elle essayait tant bien que mal de se calmer. Il fallait qu'elle parte, maintenant. Tentant tant bien que mal de se redresser, chancelante sur ses jambes fatiguées et épuisées, elle se préparait à repartir quand deux mains la saisirent par les épaules, derrière elle. Elle se retrouva plaquée contre le mur crasseux, le même que quelques secondes plutôt, et ses yeux remplit d'horreur croisèrent de nouveau ceux de son père.

Le mal de tête aidant, elle réussit à le repousser violemment, le projetant contre le mur d'en face. Se mettant à hurler de nouveau, elle commença à lui taper dessus, sans aucune force.

« PUTAIN MAIS LAISSE-MOI MERDE ! T'ES MALADE, JE VEUX PLUS TE VOIR, FOUS-MOI LA PAIX JE VEUX VIVRE TRANQUILLE ! »

Continuant de frapper, elle ne pouvait plus retenir ce flot de paroles.

« JE SUIS PAS MAMAN, JE SUIS TA PUTAIN DE FILLE, CELLE QUE T'AS FAIT SOUFFRIR COMME UN CONNARD, ALORS LÂCHE-MOI ET DEGAGE D'ICI ! »

Puis subitement, sans comprendre, son père lui saisit les poignets, de nouveau avec cette force démesurée. Il ne pouvait tolérer ce qu'elle disait, aveuglé par sa démence, ses propres hallucinations. Elle ne pouvait plus le frapper, et ses jambes encore faibles ne lui répondaient plus. Elle se tortillait dans tout les sens, tandis que son père s'approchait dangereusement, avec ce même regard terrifiant que celui de ce fameux jour, il y a tant d'années … Et sans comprendre, sans réellement chercher à savoir pourquoi ni comment, le mal de tête que ressentait Mary se mit à exploser, tel une bombe, et elle lança un hurlement déchirant et effrayant. Soudain, le noir, le trou total. Elle ne voyait plus rien, et elle ne sentait que de la peur, sa propre peur qui lui gonflait le cœur, de plus en plus, puis la tête, puis tout son corps. L'horreur qu'elle ressentait pour son paternel sortait par tout les pores de sa peau.

Puis, le froid, le vent. Elle sentait quelque chose de froid sur sa joue, et quelque chose de légèrement tiède sur ses jambes et ses genoux. Elle ouvrit les yeux, difficilement car sa tête lui lançait encore. Sa vue était trouble, mais elle avait l'impression d'être toujours dans la même ruelle, à cause des formes des murs qui l'entourait. Petit à petit, elle retrouva la vue, et, se remettant un peu, elle réussit à se lever. Mais, lorsqu'elle tourna la tête vers là où se trouvait son père, un peu auparavant … Elle ne vit qu'un corps sans vie, du sang s'écoulant de sous ses cheveux, de ses yeux et de sa bouche. Retenant un cri avec ses mains, Mary regardait la scène, entre surréalisme et horreur. Puis, se tapant la tête avec ses poings, elle se remit à courir, encore plus vite et le plus loin possible.

Ce soir-là, Mary a développé son pouvoir sans le savoir.
Ce soir-là, Mary a tué son père, son démon, son cauchemars.

C O D A G E  P A R  @G A K I.  S U R  E P I C O D E


Dernière édition par Marilyne C. Owens le Sam 7 Mar - 0:33, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ LOCALISATION : Probablement chez elle.
❝ POINTS : 50

MessageSujet: Re: Retrouvailles || Mary [SOLO] Sam 7 Mar - 0:07




« Qui a raté ses adieux ne peut attendre grand-chose de ses retrouvailles. »


[SUITE ICI]

C O D A G E  P A R  @G A K I.  S U R  E P I C O D E
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Retrouvailles || Mary [SOLO]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Heroe's SUP :: La ville :: Les vieux quartiers :: Le quartier résidentiel :: Les appartements-
Partenaires
bouton partenariat

Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit