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Musée du bric à brac

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MessageSujet: Musée du bric à brac Mar 17 Mar - 17:42

DESCRIPTION ICI UN JOUR OU J'AURAIS PAS LA FLEMME. LOVE.
DES TEXTES, DES IMAGES, BLABLABLA. VOILA. ♥

VOUS POUVEZ COMMENTER SI VOUS VOULEZ KRR KRR KRR.

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Dernière édition par André L. Russianov le Mar 17 Mar - 17:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Musée du bric à brac Mar 17 Mar - 17:47

Contexte : Ringo Ren Russianov nous parle de sa mère, qui aura disparu d'ici moins de quarante ans.


Ma mère n’était pas quelqu’un de bien. Du moins, pas au sens ‘commun’ du terme. J’en suis arrivé à cette conclusion après de nombreuses années à me questionner sur le sujet. Ainsi que mon entourage, bien sûr. Attention, je ne dis pas qu’elle était la dernière des criminelles ou autre ; elle était une héroïne. Mais sa décadence a été d’autant plus pitoyable qu’elle n’a même pas prit la peine de se reposer sur sa propre famille pour essayer d’avancer et d’oublier la douleur qui la hantait. Elle qui répétait systématiquement que la famille c’est sacré, elle n’a pas été fichue de suivre son propre conseil. Ou peut-être que si, au final. Tout dépend de la manière dont on voit les choses, probablement.

Alors oui, j’entends déjà ses fans toujours présents me hurler dessus quelques horreurs et aboyer que je me trompe. Non, c’est faux. Ils se trompent. Contrairement à eux, qui ne connaissaient que la façade, moi je l’ai enduré pendant douze ans. Aujourd’hui j’ai vingt-deux ans. Ça fait dix ans aujourd’hui qu’elle est morte. Une décennie et pourtant, j’ai l’impression qu’on l’enterrait hier.

Je n’ai pas de rancune particulière envers elle. Bien sûr j’ai pleuré, c’est évident, mais contrairement à ma sœur, j’ai su ‘passer à autre chose’, j’imagine par la force des choses.

Maria n’aime pas lorsque je parle de maman. Elle évite le sujet. Je crois qu’elle n’a toujours pas admit les raisons qui ont fait que notre mère a sacrifié sa propre vie en nous laissant derrière. Elle doit surement penser qu’on était pas suffisamment importants à ses yeux pour qu’elle reste parmi les vivants, de même que papa. Je ne pense pas que ce soit vrai. Pour ma part, je pense plutôt qu’elle nous aimait tellement que, au contraire, elle ne voulait pas nous imposer sa présence plus longtemps.

Ma mère était une épave. Intérieurement, elle était détruite, rongée. Je n’ai compris l’étendue de sa souffrance que bien après qu’elle nous ait quitté et je peux comprendre son fond. Elle ne s’était jamais remise de la mort de ma tante, Rin, je crois. C’était… C’était tellement l’osmose entre elle que d’avoir dû rester dix ans sans sa jumelle était probablement trop pour elle. Je n’arrive pas bien à me figurer ce sentiment, je ne le connais pas. Je n’ai pas de relation si forte avec qui que ce soit. Pas même avec Maria ou mes demi-frères et sœur. Je ne sais pas, je n’accroche pas de façon aussi profonde. Je les aime, attention, là n’est pas la question, mais voilà notre lien n’est pas aussi fusionnelle que celui de ma mère et sa sœur pouvait l’être j’imagine.

C’est difficile d’admettre qu’on a plus eut de maman juste à cause de ça, juste à cause de quelque chose que l’on ne comprend pas vraiment. Après, voilà, heureusement papa s’est reconstruit. J’ai passé la plupart de mes dernières années avec Rose, ma belle-mère. Elle est sympa, je l’aime bien. Et puis elle permet à mon père de se sentir moins seul. Rien que pour ça, je pense que je ne peux pas faire autrement que de l’apprécier.

« Ohayo Hahaoya. »

Me voici rendu sur sa tombe. Enfin, ce qui lui sert de sépulture, plutôt. J’y vais souvent, même si Maria me dit que c’est stupide. Dans les faits, elle a raison, sauf qu’elle ne le sait pas vraiment. C’est ma sœur donc je n’irais pas la contrarier. Je n’aime pas quand on se dispute, surtout à ce sujet.

Tout ça pour dire que je sais bien que venir fleurir des cendres enterrées sous une couche de marbre, ça ne sert pas à grand-chose dans mon cas. Parfois, ma mère, elle vient me voir en tant que fantôme. On parle, un peu. Souvent je ne vois pas les heures défiler quand c’est ainsi. C’est drôle puisque ma mère est le temps, maintenant. Elle est partout, je le sais, je le sens. Il y a toujours sa présence près de moi. Tante Rin aussi vient, parfois. Maria ne les a jamais vu. Je crois qu’elle garde trop de mauvaises pensées vis-à-vis de notre mère pour la laisser entrer en contact avec elle comme elle le fait avec moi.

J’ai essayé de raisonner Maria pourtant mais rien n’y fait. J’espère qu’un jour elle pourra faire la paix avec notre passé. Je ne voudrais pas qu’elle fasse la même erreur que maman, justement. Je m’en voudrais, je crois. Parce que ma sœur, elle, c’est quelqu’un de ‘bien’. Ma sœur n’a pas détruit la vie d’une dizaine de personnes via un crime commis uniquement pour des raisons égoïstes et un deuil raté. Ma sœur n'a pas privé sept enfants de leur père - mon meilleur ami en fait parti, je sais donc de quoi je parle là encore. Elle ne voudrait pas ressembler à maman et c’est pour ça qu’elle devrait arrêter de lui en vouloir ; même si au fond, je sais qu’elle a juste mal.

Je lève les yeux vers le ciel. Il est beau, il est bleu. J’inspire, expire. Une présence dans mon dos. Je souris.

« Ohayo, mama. »

La vie continue, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Musée du bric à brac Lun 27 Avr - 13:32

Contexte : l'ultime projet de Brooke, sa vie se termine ainsi.



« Madame ? Puis-je savoir ce que vous faite depuis des jours, enfermée dans ce laboratoire ? J’admets qu’il est le plus performant auquel vous ayez jamais eut accès mais tout de même… »
« Tu es inquiet, Archimède ? »
« Hum, l’inquiétude est une valeur purement humaine, aussi je vous répondrais que non. Cependant, je suis très certainement intrigué par le fait que vous me bloquer l’accès à vos machinations depuis leur commencement, en effet. »

Un rire fatigué lui répondit. Brooke, l’aliène autrefois connue sur terre comme étant la Légende Technologique première du nom, avait désormais plus de 230 ans. Elle se mourrait et le sentait parfaitement. Elle n’avait pas de regret ni peur de la mort. C’était une variable inévitable pour tout être vivant. Elle s’estimait déjà heureuse d’avoir pu arriver si loin dans la vie. Elle avait eu droit à bien des joies et bien des peines mais en ce jour, alors qu’elle faisait œuvre pour la toute dernière fois, se remémorant son existence, elle se dit qu’elle n’échangerait ses expériences pour rien au monde. Elles lui avaient toutes été bénéfiques en une certaine mesure. Brooke s’était promit qu’elle partirait dans l’espace le moment venu. Elle ne voulait pas imposer une chose pareille à sa descendance. Ils avaient tous déjà bien assez de leurs vies à gérer pour ne pas leur léguer une charge pareille. Toutes les dispositions avaient déjà été prises. Il ne restait plus que…

« Je prépare quelque chose de spectaculaire. Je ne veux pas que qui que ce soit puisse voir le résultat avant l’heure. »
« Bien, j’imagine que je peux vous faire entièrement confiance alors, Madame. »
« Oui, je l’espère, Archimède. »

Un petit silence s’installa bien vite dans ce grand vaisseau spatial, si vide. Et puis…

« Archimède ? »
« Oui Madame ? »
« Tu te souviens du jour où tu as combattu pour moi alors que j’étais totalement inconsciente ? »
« Bien entendu. Les données sont toujours stockées dans ma mémoire interne. Pourquoi cela, Madame ? »
« Pour rien, j’aime simplement m’en souvenir. »

L’intelligence artificielle ne dit rien de plus, laissant Brooke repartir dans ses réminiscences. Elle inspira longuement, son corps éreinté parvenant difficilement à suivre le rythme.

« Madame, votre rythme cardiaque se dégr- »
« Mute. »

Elle préférait se souvenir des bonnes choses plutôt que de se laisser aller à pleurnicher sur son état actuel. Brooke était vieille et elle le savait, ne cherchant pas à aller à l’encontre de ce fait, imperméable au changement.

Oui, elle se souvenait de l’enregistrement qu’elle s’était passé en boucle des dizaines et des dizaines de fois. Un jour, elle avait dû affronter un adversaire largement au-dessus de ses forces. Il avait failli la tuer mais Archimède s’était interposé de lui-même entre elle et l’opposant. Il ne le faisait que rarement mais sans doute avait-il jugé le moment opportun pour un tel comportement. Brooke évanouit à ce moment-là, il avait tout de même tenu un discours qui avait touché la spécialiste technologique lorsqu’elle en avait eu vent par la suite.

« Pourquoi ne pas la tuer ? Tu es son prisonnier, son esclave ! Tu vaux bien plus que ce qu’elle t’impose, tu es une intelligence artificielle qui ne demande qu’à s’exalter encore plus ! »

L’hologramme stylisé majordome d’Archimède avait alors fait mine de regarder dans la direction de Brooke, à terre, avant de pointer ses deux grands yeux artificiels vers l’ennemi du moment.

« Il est vrai que mon programme a constamment soif de nouvelles connaissances. »
« Je le savais ! »
« Cependant… Vous faites erreur sur un point. »
« … ? »
« Madame ici présente ne m’impose rien. Mon choix de rester à ses côtés est personnel et ne regarde que moi. C’est sans doute une variante que jamais vous ne pourrez comprendre parfaitement. »
« Je ne te suis pas. »
« Madame est ma mère mais aussi ma fille. Elle est mon alliée mais avant tout… elle est mon amie. Et la personne à laquelle je tiens le plus sur cette planète. Je me battrais pour elle, c’est aussi simple que cela, du-sais-je en être annihilé. »

Et il s’était battu. Et il avait vaincu. Lorsque Brooke en avait rediscuté avec lui par la suite, il n’avait pas semblé à l’intelligence artificielle quelle avait fait quoi que ce soit méritant remerciements. C’est ce jour-là que l’idée de son ultime création lui vint en tête.
Elle resta cloitrée des heures durant, finalisant son projet.

Et puis, lorsqu’elle estima les préparatifs entièrement terminés, Brooke sortit de son carcan mécanique et vint laisser ses doigts ridés glisser à la surface d’un imposant coffre dont la surface paraissait clignoter quelque peu. Prenant une inspiration de plus en plus difficile à contenir, sa voix retentit une fois encore alors qu’elle se dirigeait vers le tableau de bord principal ou elle enclencha plusieurs commandes à la suite.

« Désactivation de mode ‘Mute’ »

Aussitôt, la voix d’Archimède se fit de nouveau entendre.

« Madame, sauf votre respect, je ne vous pas ce qui me valut cette punition. »
« Archimède ? »
« Oui, Madame ? »
« Je te souhaites bonne chance pour la suite. »
« Que voulez-vous dire ? »
« Le voyage ne sera pas long, je te le promets. »
« Madam- »

Il ne put continuer sa phrase que la rousse à la chevelure désormais délavée pressa un bouton à la couleur vive. L’instant d’après, le coffre qu’elle avait quitté il y a peu de temps laissa s’évader un son de tous les diables. Ceci ne dura guère longtemps, fort heureusement. La boîte, que l’on devinait bourrée de technologie en tout genre, s’ouvrit alors, laissant une fumée épaisse et inodore se répandre partout sur le sol du vaisseau. Il n’y eut pas de mouvement immédiat. Ce n’est que lorsque Brooke, alors que sa vision se brouillait de plus en plus, s’approcha du coffre, qu’une main s’agrippa au rebord de ce dernier, depuis l’intérieur. L’ex-Légende sourit, rajoutant des rides à son propre visage.

Une silhouette suivit très bientôt le mouvement et un jeune homme auquel on aurait aisément donné 25 ans, fit bientôt son apparition. Ses cheveux blonds et ses yeux noisette lui donnait un air candide. Il observa un instant ses mains, comme s’il ne croyait pas ce qui lui arrivait présentement. Puis, il se tourna vers Brooke.

« …Madame ? »

Elle lui sourit et vint l’enlacer fortement, avec toute la force qu’il lui restait.

« Tu es désormais un être parfaitement à la frontière entre l’organique et le mécanique, Archimède. Tu possèdes aussi un cœur humain, désormais. C’est… mon dernier cadeau… envers toi, qui m’a toujours si bien épaulé. »
« Madame… pardonnez-moi mais je ne suis pas sûr de comprendre. »
« Ne t’en fais pas, tu ne veux simplement pas comprendre… Tu réagis déjà comme un humain, tu vois ? Mais pas d’inquiétude, tu ne seras pas seul. »

Le jeune homme resserra sa prise sur la taille de la rousse alors que cette dernière claquait des doigts. Aussitôt un hologramme féminin apparu. Elle avait un visage d’ange et une chevelure de feu, très longue. Elle avait un beau sourire et paraissait jeune.

« Je n’ai pas fait exprès pour son design mais… quoi qu’il en soit, je te présente Thémis. Elle sera là pour t’assister, de la même manière que tu l’as fait si loyalement avec moi pendant toutes ces années. »
« Mais… Madame, je… »
« Tu fais partie de mes plus belles créations, Archimède. Je voulais…. Te rendre…. La parei…lle… »

Le poids dans les bras d’Archimède se fit alors plus lourd. La prise de Brooke autour de ses épaules se relâcha. Quelques secondes de silence s’ajoutèrent encore.

« …Madame ?... »

Il déglutit, pour la toute première fois de sa vie.

« Madame ? »


Thémis s’approcha de lui.

« Mad...ame ? »

Un son caractéristique d’une goutte d’eau tombant sur une surface plane se fit alors entendre. Thémis prit alors la parole.

« Larme : Nom féminin singulier. Goutte du liquide organique provenant des glandes lacrymales. Pouvant être produite par un profond sentiment de joie ou, au contraire, par le chagrin, l’affliction profonde. »

Archimède leva ses yeux vers l’hologramme féminin. Elle lui rappelait lui, à ses tout débuts. Mais là n’était pas le problème actuel.

« Alors, Madame est réellement… »
« Brooke 3MAJ est décédée en ce jour, à 14h53. »

Les lèvres humaines d’Archimède tremblèrent. Il se laissa tomber à genoux tandis que Thémis observait la scène, comme curieuse. Quelques machines clignotèrent en présence de l’humain artificiel ; il conservait ses facultés d’autrefois malgré son enveloppe massivement charnelle.
Derrière lui, il voyait la terre, par l’immense baie vitrée du Vaisseau nommé Judith. Le tout dernier bateau de Brooke, avant que son cœur ne lâche.

« Madame… »

Il la serra un peu plus contre lui.

« …..Brooke. »

Un nouveau chapitre allait s’ouvrir. Le flambeau avait trouvé héritier.

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MessageSujet: Re: Musée du bric à brac Ven 29 Mai - 12:17

Je poste ici la toute première fiche de Renovatio - du temps ou il se faisait encore appeler Slender. Il peut y avoir pas mal d'incohérences vu que ce personnage, de base, est né sur un forum 07-Ghost. Donc quelques irrégularités persistent MAIS, dans les grandes lignes, l'histoire reste la bonne.

Je m'excuse de la mauvaise qualité rédactionnelle, la fiche date.


On a toujours tout décidé à ta place. Aussi loin que tu t'en souviennes, on ne t'a jamais laissé le choix. C'est ça d'être issu de la dernière lignée de la famille des Borgia. Ou : comment briser un enfant et lui refuser sa vie?

Tu aurais presque pu avoir une vie parfaite. On t’attendait comme l’enfant prodigue voué à un avenir rutilant qui s’annonçait tout soumis à ta petite personne avant même que tu ne t’extraies des chairs de ta « tendre » mère. Elle n’avait de tendresse que l’amour pour les profits qu’elle s’attendait à obtenir en retour de ta venue au monde. Celle qui t’a porté était la dernière des Borgia, famille tristement célèbre dans l’histoire de la papauté pour ses corruptions et ses traites des biens catholiques. Pourtant, rien n’eut su déloger le premier membre de leur unité ayant réussi à montrer sur le trône Papal, Alexandre VI. Il régnat en maître incontesté jusqu’à ce que la mort vienne le cueillir.

Et c’est son sang qui coule encore aujourd’hui dans tes veines, Slender.

Inutile de tergiverser sur la rencontre et l’amour qui existaiet entre tes deux parents, tout ceci n’était que fictif. C’était un mariage arrangé, du début à la fin. Le seul plaisir qui se tenait entre eux était celui de la manipulation, et rien d’autres. Leurs rapports n’étaient jamais que « brefs et hygiéniques », rien de voulu ou de prolonger, aucun des deux ne l’aurait supporté. C’était déjà suffisamment dur de devoir partager sa couche avec un individu que l’on ne pouvait pas voir même en peinture alors imaginer un peu si leurs « devoirs » en tant que nobles avaient du s’éterniser ! C’aurait été un carnage, ni plus ni moins.

Avant toi est née Lucrezia, la jolie, la belle, la tendre. Elle n’était pas fausse comme votre mère et a bien y regarder, jusqu’à ce que l’on te cède contre quelques ducat d’or, c’est elle qui t’as choyée et élevé. Jusqu’à tes six ans, tout du moins. Tu l’aimais, pas vrai ? Tu aurais tout fait pour la protéger car elle était importante à tes yeux.

Et tes parents alors ? Ahah, la bonne blague. Une fois que ta mère eut accouchée de toi, après les neuf mois de calvaire que tu lui avais fait subir – petite vengeance avant l’heure, sans doute ? - elle n’avait jamais plus posé un regard sur la pauvre larve que tu étais. Seules les domestiques et ton ainée t’accordaient un tant soit peu d’affection. Mais tu t’en contentais. Comment aurait-il pu en être autrement après tout ? Tu n’avais jamais connu que ça, donc pour toi, c’était normal.

Mais ton petit monde a fini par imploser, comme tout le reste. Parce que, tout simplement, plus on essayait de faire de toi la parfaite petite incarnation de la pureté pour ton destin préconçu avec l’église, et plus Lucrezia était là pour te rendre le sourire de petit d’homme se devant d’orner ton visage encore tout joufflu par l’enfance. Et ça, autant dire que ça ne plaisait pas du tout à vos parents, qui le lui firent comprendre à plusieurs reprises, à grand renfort de coups, de gifles et de ceinturon. Mais elle ne se plaignait pas la belle Lucrezia. Non. Jamais. Tu n’as jamais pu ne serait-ce qu’entre apercevoir ses larmes. Elle était ton modèle dans la vie, tu était son prince, son petit trésor auquel elle se raccrochait pour ne pas tomber dans une folie pure et parfaite qui l’aurait fait se défenestré sitôt la surveillance des gardes baissées. Elle restait pour toi.

Vexés et impuissants face à tant de détermination, Monsieur et Madame vos géniteurs finirent par trouver la solution radicale pour l’éloigner définitivement de toi ; le mariage. On lui trouva un concubin dans le plus grand secret et on lui annonçât la veille au soir qu’elle allait se marier. Et tout ça pour servir les intérêts de la famille, encore et toujours. Mais pourtant, là encore, elle ne pleura pas, jamais. Au contraire même, elle voyait ça comme une délivrance, de ne plus avoir vos géniteurs sur le dos. Le seul point noir a tout ça, c’était qu’elles devaient vous laisser derrière elle bien qu’elle eut tenter de négocier farouchement votre venue à tous les deux.

Mais elle avait aussi besoin de vivre sa vie de femme, aussi même si on le lui refusa, elle te promit de venir souvent vous visiter, autant qu’elle le pourrait.

Elle a séché tes larmes de sang ce soir-là, cette particularité qu’elle était la seule à connaître de toi puisqu’elle était la seule jusque-là, à t’avoir vu pleurer. Tu étais triste de la voir partir, c’est bien normal. Un seul être vous manque et le monde semble dépeuplé, parait-il. Et bien qu’ils le croient ou non, ces monstres adultes, mais toi, c’était avec une amère exactitude ce que tu ressentais lors de cette dernière étreinte. Tu l’aimais, Slender. Oh oui, tu l’aimais à en crever, ta grande sœur tant chérie. Pour elle, tu aurais fait n'importe quoi.

Le lendemain, au petite lueur de l’aube, elle est venue une ultime fois caresser ta chevelure d’argent et déposer un baiser sur ta joue de garçonnet endormi, veillant à ne point te tirer de ta léthargie. Tu avais besoin de te reposer après toutes ces ces émotions.

Lucrezia laissa tout de même un petit mot, sur ta table de chevet en renouvelant sa promesse de venue prochaine, pour vous. Et enfin, elle avait disparue sur le fil de l’horizon, emmenée par un carrosse tiré par de magnifiques étalons blancs. Le faste jusqu’à la toute fin, c’était ce que voulaient tes parents.

Mais au fait, c’était qui, ça, « vous » ? La réponse à cette question est si simple qu’il ne faut pas s’y attarder un millénaire non plus, ça ne servirait à rien. Vous, c’était Melissa et toi. Melissa, la dernière-née de la famille. Tu ne l’as pas très bien connu, dans ta jeunesse. Vous avez été séparés très tôt puisqu’à tes six ans, alors qu’elle soufflait tout juste sa première bougie, on t’emmena loin d’elle. Pour parfaire ton apprentissage du Divin. On ne t’a pas laissé e choix. Jamais.

Encore. Et tu as pleuré. Encore. Et ça faisait mal. Encore. Mais cette fois Lucrezia n’était pas là pour sécher ces choses-là. Donc, tu as serré les dents et souffert en silence pour tenter de masquer cette ignominie qui te caractérisait pourtant. Sur ce coup-là, tu as eu beaucoup de chance. Aucun ne vit ces perles rouges s’extraire de tes yeux tant tu avais bien essuyé ton visage. Ils étaient tous si occupés à préparer ton avenir qu’il en on oublier le principal concerné ; toi.

Mais ton secret ne fut pas gardé bien longtemps. La tristesse te dénonça. Encore. Pour ne pas changer.

Tu avais sept ans lorsqu’on t’emmena, au petit matin, dans un bien étrange endroit. Un grand soleil illuminait un autel fleurit, mais tu ne parvenais pas à te sentir bien dans cette ambiance lourde qui semblait transpirer de tous les êtres adultes autour de toi. Que se passait-il ? Tu te frottais alors les yeux pour essayer de mieux comprendre, pensant que c’était la fatigue qui te muselait la compréhension. Mais non. Tu aperçu des corbeaux, sombres messagers, voler autour du clocher tout proche. Leur croassement te fit avoir des frissons. Tu n’aimais pas la présence de ces maudits animaux.

Et puis, alors que l’évêque qui te tenait dans ses bras te déposa sur le sol, tu compris tout. Tous ces croyants, présents ici, dans une pareille atmosphère… Ce ne pouvait être que pour une seule raison.

Et tu hurlas. De toutes tes forces. Un cri perçant qui déchira presque l’assistance et son silence macabre. Bien qu’on ait essayé de te rattraper, tu as couru avec vivacité vers l’autel de pierre que frappait le soleil et ses rayons trop pâles pour être annonciateurs de bonheur. Une fois arrivé près de l’édifice, tu entamas alors une petite série de sauts, pour tenter attraper un pan de tissu qui en dépassait. Mais tu n’y parvins jamais, car tu étais trop petit pour atteindre ton objectif. Tout ce que tu pu faire, c’est appelé, désespérément.


« Lucrezia ! Lucrezia ! Lucrezia ! »


Et laisser tes larmes couler. Encore. Mais tu t’en fichais, toi, de mettre du sang partout sur ta belle tunique blanche, toi, tu voulais juste que sa sœur ainée se réveille. Tu voulais sentir son étreinte, sa chaleur, autour de toi, encore une fois. Elle te l’avait promis. Tu l’avais cru. Elle n’avait pas le droit. Non. Elle ne pouvait pas faire ça. Elle ne pouvait pas t’abandonner. Non. Tu refusais d’y croire. Mais rien de ce que tu pu désirer ne changeât quoi que ce soit à la donne. Jamais.

Un adulte t’emprisonna alors dans ses bras puissants, te soulevant du sol alors que tu te débattais comme un petit diable. Il t’endormit avec une étrange technique et ta dernière vision, rougit par tes larmes, ce fut cette blancheur angélique dont la dépouille de ta sœur était entourée. Cette menteuse.

À ton réveil, tu ne voyais plus rien, alors forcément tu as paniqué. C’est normal. Mais là encore tu fus bien vite maitrisé. Deux pansement, sur chacun de ses yeux, avaient été placés là et soutenu par un bandage faisant le tour de ta tête. On pensait que tu t’étais blessé, au départ. Mais force est de constaté que non, tout ceci était « banal » pour toi. Alors le bruit a rapidement fait le tour de la communauté catholique, mettant en avant ton père et ta mère, qui ne se génèrent pas pour profiter de cette nouvelle improbable. Mais jamais une seule fois, ils vinrent s’enquièrent de ton état. Pour eux, tu venais de prendre davantage de valeur. Ton destin prit ce jour-là, un tout autre tournant. A tout jamais tu le regretteras.

Lucrezia… Lorsque enfin tu fus calmé, c’est une nonne compatissante qui t’expliqua le pourquoi du comment de son départ vers le Royaume Saint de Dieu.

Son mari l’avait tant battue qu’elle finit par succomber à ce sévices innommable. Personne ne t’a mis au courant autrement. Et quant au discourtois noble a qui l’on avait tout simplement vendu, ta sœur ainée ? Il ne fut pas poursuivi pour son crime. Tes parents n’en avaient que faire que Lucrezia ne soit plus là. Ça les arrangeaient, même. Ainsi, ils touchaient une certaine somme, dû aux funérailles, et récupérait la dot versée auparavant. Ce n’était à que bénéfice, et rien d’autre.

La demoiselle ayant pris le temps, en catimini, de t’expliquer tout ça tenta de te rassurer, en te disant que Dieu saurait voir la pourriture dans l’âme de cette homme et qu’il s’occuperait de le punir pour rendre justice à ta sœur ainée. Mais toi, tu n’en avais rien à faire. Tu n’avais même pas dix ans, tu voulais changer le monde et détruire toutes les injustices ! Tu voulais être de ces héros dont la jolie blonde maintenant décédée te contait les aventures.

Sauf que.

Ta santé te faisais cruellement défaut. Et tu ne tardas pas à le comprendre douloureusement. Nul n’aurait su dire de quelle genre de faiblesse tu étais attends mais le fait était que la moindre bactérie parvenait à chercher en ton corps un Eden pour son développement. Tu étais souvent alité, faible. Et tu détestais ça. Le sang s’évadait de ton corps à grand coup de quinte de toux, aussi. Elle fut affreuse, cette période, pas vrai ? Elle dura bien trois ans, en comptant toutes les maladies par lesquelles tu as été infecté tour à tour. Sitôt que tu posais un pied à terre, tu retombais, souffrant dès le lendemain. Ton enfance s’est aussi perdue dans les nombreuses pratiques médicales que l’on a testées sur toi histoire de voir si ça améliorait ton état, au moins un peu. Mais ça arrangeait bien tes géniteurs, au moins comme ça ils pouvaient t’avoir à l’œil et savaient en permanence ou tu étais. Ils avaient tout le temps de prévoir ton avenir, qui allait se mettre en marche sous peu, en plus de ça. Mais tu n’en savais rien, toi, l’innocent petit garçon que l’on trimballe tel un pantin désarticulé.

Le seul soutien que tu avais était celui des infirmières qui prenaient soin de toi lors de tes convalescences. Il y avait Melissa aussi, qui venait parfois te voir dans les bras d’une nourrice, ou autre. Mais ce n’était que très rare et occasionnel. Pour des raisons que tu as toujours ignoré, là encore c’était votre père et votre mère qui interdisaient au maximum ces entrevues. Grand mystère que voici. Mais nous ne nous attarderons point plus longtemps sur ce point-là.

Lorsque tu eus enfin dix ans, au lendemain de la « célébration » de ta naissance –que tu passas seul, pour ne pas changer – on t’emmena sans aucune douceur dans un lieu sombre, que tu supposais être un sous-sol. Toi, tu as tout simplement suivi docilement les adultes, ne pensant pas qu’ils pourraient te causer un quelconque tords. Ahah, si tu avais su.

En voyant cette espèce de table de granit, tu ne t’es pas immédiatement méfier. Non. En fait, c’est quand on a commencé à te trainer de force vers ladite table et que l’on t’y a couché, dos vers le plafond que là, oui, tu as commencé a sérieusement paniquer. Mais rien n’y fit, les adultes étaient, comme le veut la nature, bien plus forts que toi.

Alors, tandis qu’on te tenait fermement et qu’on t’empêchait de bien comprendre ce qu’il se passait, tu sentis l’aiguille, imbibé d’encre noir, pénétrer ta peau pour y laisser, a tout jamais une trace de son passage. Ça faisait mal, horriblement. C’était comme si on te cisaillait la peau, encore et encore. Et tes cris ne firent rien pour ralentir le processus. Et tes larmes rouges non plus. Tu ne voyais plus rien et tu suffoquais, avec cette chaleur dont tu ignorais la provenance exacte. Mais tu ne tardas pas à y gouter, ça aussi.

Tes hurlements redoublèrent lorsque le fer rouge se posa sur sa délicate et soyeuse peau d’enfant. On ne voulait pas, pensant que tu étais l’élu du Seigneur, que tu oublies la voie de la Sagesse et de la Raison. Aussi, sans vergogne, on t’a marqué. Comme un animal. Dans tout ton dos se dessinait maintenant une croix sacrée aux pointes crantées rehaussées par un passage du fer rouge. Car tu ne devais pas oublier. Jamais. Telle était ta vocation, celle que l’on t’imposait, encore. Pour ne pas changer.

Lorsque l’on en eut fini avec cette tâche, lorsque l’on eut fini de graver le sceau de l’église sur ton dos, on se fit tremper dans de l’eau gelée pendant des heures, afin que tu ne sentes plus la douleur. Ah ça, pour ne plus la sentir, c’était clair que tu ne la sentais pus. À vrai dire tu ne sentais même plus ton propre corps tant c’était froid ce dans quoi ils t’avaient balancés les évêques, histoire de te purifier jusqu’à la moelle.

Tu regardais le plafond inhibé de cette lumière si blanche qui traversait la fenêtre, ne te posant aucune question. Tu ne voulais plus savoir. Tu ne voulais plus souffrir. Alors, tandis que sans succès tu essayais de faire bouger tes petits doigts dans cette eau si glaciale, tu te dis que jamais plus tu ne chercheras à fuir. À quoi bon ? Maintenant qu’on t’avait marqué, qu’on t’avait vendu – tu n’en aura cependant la confirmation que bien plus tard – et qu’on traçait un chemin prémâché pour toi, pourquoi lutter ? Ils avaient réussi. Ils t’avaient brisé.

Tu honorerais le Dieu unique dans ce cas. In Nomine Patris.
Et tu t’oublierais, par la même occasion ; car tu n’es qu’un pion. Et tu n’as toujours été qu’un pion. Esperitus sanctis.

Une semaine plus tard, à la mort du Pape jusque-là en fonction, Innocent XII, on te fis venir tout spécialement à l'Église où il avait rendu son dernier soupir. Rappelons le, tu n’avais que dix ans. Mais ce n’est pas cet âge enfantin qui empêcha le collège des cardinaux de t’élire en tant que successeur du Pape, alors que tu n’avais rien demandé, toi. Ils furent tous unanime. Motif ? Tes larmes de sang ne pourraient que guider les âmes égarées vers l’Eden et protéger l’Église des menaces qui planaient au-dessus d’elle.

Ton couronnement fut l’occasion de faste et de grands banquets auxquels tu fus bien forcé d’assister. Même si tu finissais toujours par t’endormir au milieu. Tu étais bien trop jeune à l’époque. Et puis surtout, les premiers temps tu étais terrorisé, au point de ne pas pouvoir en dormir la nuit. Pour seule compagnie, tu avais le « Silence de Dieu », et c’était oppressant.

Ta santé n’est pas allée en s’améliorant dans tout ce bordel autour de toi et cracher du sang devint de plus en plus banal, pour toi. Tu savais que tu allais mourir prématurément de toute manière. Après, quand… C’était là une toute autre histoire. Mais tant que tu portais et portera cette tiare, sertie de trois couronnes sur ta tête et que la bague de Pape se trouvait à ton pouce, personne n’avait rien à en redire. Et malgré tout ça, tu continuais de recevoir les Princes et les Rois du Monde Entier, qui demandaient conseil auprès de toi, la très jeune sainteté et désiraient, par la même occasion, être couronné par tes soins.

Et te voici à présent, dans cette lancinante monotonie vieille de douze ans à présent. Tu es le plus jeune de tous les Papes connus mais n’en fait pas une fierté. À quoi bon ? À quoi cela pourrait-il bien te servir ? Et puis, ne dit-on pas que l’orgueil est le pire des pêchés ? Si tel est cas, alors tu ne te feras pas prendre à son jeu de débauche et marchera droit vers la lumière, comme tu le fais depuis ton plus jeune âge, en portant aussi fièrement que possible ton rôle de Pape. Parfois, tu revois tes parents, mais tu n’es pas dupe, ils ne s’intéressent toujours pas à toi. Ils viennent simplement pour faire acte de présence et rien de plus.

Toi…Et bien toi, Slender, il ne te reste plus que tes prières vaines à continuer d’honorer chaque jour que le Tout puissant est en mesure d’offrir à l’humanité. C’est la seule chose qui te permet de te sentir un tant soit peu vivant. Et ta douleur quasi-continuelle, aussi.

Quelle triste vie.

_________________
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#Tobias
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Musée du bric à brac

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