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Les poupées russes || Mischa ♥

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MessageSujet: Les poupées russes || Mischa ♥ Dim 29 Mar - 14:31

CE RP SE SITUE APRÈS L’ÉVENT ET AVANT L'EMPRISONNEMENT D’ANDRÉ.


       
       C'est juste un jour de plus;
Mais c'est un jour bien réel.

   
L
aurel City – Les bas quartiers ; 23h12

André courrait à en perdre haleine. Il n’était plus en service et ne traquait pas un criminel sur ses heures de temps libre, pourtant. Alors quoi ? Et bien il y avait cette boule au ventre qui lui tenaillait l’estomac depuis maintenant dix bonnes minutes. Depuis que cet abruti de Mischa lui avait envoyé un sms tout ce qu’il y avait de plus étrange.

Comment ça ‘il ne pourrait pas le voir demain ‘ ? Outre le fait qu’André ne se rappelait pas avoir promis à l’autre blond envahissant qu’ils se verraient, c’était le mot français à la fin qui l’avait fait tilter. Il n’avait pas voulu paniquer de suite, préférant d’abord jouer un peu des brèves relations qu’il avait. Au comico, une de ses collègues, spécialiste en traçage, lui avait indiqué que le portable d’où avait été envoyé le texto se trouvait quelque part ans la ville basse. Le tout à distance après un simple coup de fil. Si c’est pas beau la technologie tout de même.

Quoi qu’il en fût, Loukas arpentait maintenant les ruelles, se demandant ce qui pouvait se passer. Il avait essayé d’appeler le portable de son cousin mais rien n’y fit. Rien. Pareil pour le fixe chez lui et sa colloc’. Pas de réponses. De quoi énerver André au plus haut point. Et dire qu’après c’était à lui qu’on faisait des réflexions à ce sujet… il croyait rêver. Cependant, là n’était pas la question.

Parvenu à un croisement de ruelles, ses sens aiguisés souffrir un peu le martyr avec toutes ces odeurs horribles, mélangées les unes aux autres. Pourtant, une fragrance, plus forte que les autres, attira son attention. Du fer. Du sang. En grande quantité, en plus. Rien que pour cet état de fait, le flic devait aller y jeter un coup d’œil.

Ainsi s’enfonça-t-il dans la ruelle. Et, effectivement, toute la base de ses recherches portèrent leurs fruits. Il eut un moment de bug durant lequel ses yeux s’écarquillèrent. Il ne bougea plus avant de comprendre ce qu’il se passait. La seconde suivante, il vociférait.

« MISCHA ! »

Il essaya de voir ou se trouvait la blessure d’où s’échappait tout ce sang et ne tarda pas à la localiser. Elle était un peu suturée mais pas entièrement pour empêcher le sang de couler malgré tout. Rah !

« Кровавый ад! Что с тобой случилось?! »
*Bordel de merde! Qu'est-ce qui t'es arrivé?!

André réalisa à quel point poser ce genre de question était inutile pour le moment. Mischa était en train de mourir, devant lui. Il essaya de contrôler sa respiration ; impossible. Son cœur battait une chamade de tous les diables. Ses mains tremblaient alors qu’il voyait le sang sur ses paumes. Pourtant, il était habitué, depuis tout petit à ce genre de vision. Mais non, là, c’était différent. Là, c’était Mischa qui était concerné.

André ferma les yeux et laissa son instinct se déployer. Il devait emmener son cousin à l’hôpital, le plus rapidement possible. Sauf que là, il n’avait pas sa voiture et il était à pied. Le brun fit un très bref calcul dans sa tête. Le temps qu’il appelle l’ambulance et que cette dernière arrive, ça prendrait trop de temps.

Pas moyen de faire autrement, du coup. Il se redressa, défit sa cravate et sa peinture qu’il jeta sur le sol –pour éviter de s’étrangler avec le tissu – et changea de forme pour adopter sa bonne vieille figure lupine de loup-garou, sur deux pattes. C’était la première fois qu’il se ‘retransformait’ ainsi depuis son péage de plomb. Auparavant, la forme bipède avait été comme… bannie de ses possibilités. Sauf que là, c’était essentiel pour la survie du blond.

Un grondement sonore s’évada de la gorge de la bête avant qu’elle ne prenne le russe dans ses bras puissants. Puis, faisant demi-tour, écrasant à moitié le portable par la même occasion, la créature prit le chemin le plus rapide vers le centre hospitalier. Les rares civils encore dehors à cette heure tardive eurent sans doute la peur de leur vie en voyant cette chose colossale foncer à vive allure à travers les rues pour une raison qui leur était obscure.

Seulement, parvenu jusqu’à l’hôpital, le Russianov transformé passa les portes –manquant d’en déformer les battants – et grogna plus qu’il n’ordonna au personnel.

« OCCUPEZ VOUS DE LUI, IL MEURT ! »

Il fallut qu’il s’y reprenne à deux fois pour que ces gens ne tremblent pas misérablement devant lui et son allure fort peu aimable. Enfin, lorsque Mischa fut pris en charge, André resta dans un coin, commençant à se détransformer.

« Si vous avez besoin de sang, prenez le mien, on est de la même famille. »

On lui apporta une blouse médical – parce qu’il n'avait plus de vêtement, évidemment – et des internes, tremblants, lui demandèrent de bien vouloir les suivre pour une prise de sang.

#####

Il se sentait… seul. Assis dans un siège de la salle d’attente, habillé comme un malade, André attendait. Il avait envoyé quelques messages à Maryline mais aussi à Ryan et … Elliot, même si ça l’avait fait grincer des dents – il était le meilleur ami de Mischa apparemment et présentement, sa propre histoire de Némésis à la con ne l’intéressait pas le moins du monde. Une « chance » que des débris du portable se soient accroché à sa fourrure immaculée lorsqu’il tapa son sprint jusqu’ici, la carte sim du portable de Mischa était restée coincée dans un nœud de poils blancs. Il avait donc pu l’insérer directement dans son propre téléphone, pour diffuser la nouvelle.

Ses yeux étaient cernés et lui faisaient mal mais il ne pourrait pas dormir, même s'il essayait. Il le savait.

Le métis jeta un coup d’œil à l’horloge murale en face de lui. Deux heures quarante du matin. C’était long. Il se demandait comment allait Mischa. Il inspira, expira. C’était dur.
Et puis, une personne en blouse blanche et badge médical vint le chercher, le conduisant jusqu’au chevet de son cousin. Tout en entrant dans la chambre, il y eut un court dialogue.

« Bien, j’ai d’autres patients dont je dois m’occuper également mais avant je puis vous rassurer, il se remettra vite. »
« …Merci. »
« Non, merci à vous. A cinq minutes près c’aurait été trop tard. Nous avons juste perdu un peu de temps avec votre sang mais ce fut vite solutionné. »
« Comment ça ? »
« Il a un don, n’est-ce pas ? »
« Ah, oui. J’aurais dû vous le dire. »
« On s’en est aperçu lors du contrôle sanguin avec le vôtre. C’est la procédure. On ne peut pas injecter un sang de doté à un autre sans être absolument sûr que cela ne présente pas de danger inter-dons, voyez-vous ? »
« Oui oui… »
« Bon, en tout cas, je dois y aller. Vous pouvez rester ici près de votre frère, ne vous en fait pas. »

La personne quitta la pièce, laissant André avec ses pensées, devant un Mischa branché de part et d’autres. Et puis, l’information monta au cerveau, d’un coup.

« …MON QUOI ?! »

Il ressortit de la pièce, rattrapant le médecin pour lui poser la même question. Réponse immédiate.

« Eh bien oui, vous êtes demi-frères, nous l’avons vu aux analyses. Pourquoi êtes-vous si surprit ? Vous nous avez bien dit en arrivant que vous faisiez partie de la même famille, non ? »
« ….Oui, mais… »
« Aller, restez à son chevet et détendez-vous, le plus dur est passé. »
« … »

Comme un zombie, André ne se rendit même pas compte qu’il était revenu par la suite au chevet de Mischa. Bordel de… Ça voulait dire quoi, au juste ?
WILDBIRD

Lol et dire que je voulais pas faire trop long /meurs
 


Dernière édition par André L. Russianov le Lun 6 Avr - 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Dim 29 Mar - 18:46



       
       Et tu me verras sourire
du seul endroit où je brille.

   
B
on. Honnêtement, il ne s'était pas vu mourir comme ça. Il aurait voulu un truc plus héroïque, genre avec une course-poursuite, des flics partout et des journalistes en train de filmer le moment ou il se prends une balle. Ok c'était du fantasme, mais il avait le droit flûte. Au lieu de cela, il s'était fait retirer son foie par un psychopathe cannibale qui devait certainement être en train de le déguster à l'heure qu'il est. Ou alors, il l'avait mit au congélateur pour le garder pour lui tard. Avec quoi il allait le cuisiner d'ailleurs ? Il avait intérêt à mettre les petits plats dans les grands tout de même. C'était de la viande slave cent pour cent d'origine tout de même. Y a un respect quoi.

Un gémissement lui échappa. Mischa cligna des yeux. Ah. Il voyait plus rien. Merde est-ce que le foie était connecté à ses rétines ? Est-ce qu'on pouvait devenir aveugle si on se le faisait enlever ? … Non. C'était stupide, il délirait juste à cause de la perte de sang et de la morphine. “ Tu es en train mourir. ” Tiens, c'est la voix de Bastet ça ? Mourir... ah ouais, c'est vrai. Il mourait. D'une façon un peu dégueulasse en plus, faut bien le dire. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Bah. C'était pas si mal. Le blond ferma les yeux. Il inspira. Les battements de son cœur se mirent à ralentir, de plus en plus... il se sentit partir, doucement.

MISCHA.

Un sursaut. À l'intérieur de lui. Une voix qui l'appelle. Cette voix, il la connait, il sait à qui elle appartient. André. Est-ce qu'il délire ? Il est mort, ça y est, bah la vache c'était vraiment rapide en effet. “ Pas encore non, mais ça ne saurait tarder si l'humain n'est pas assez rapide ”, tonna la voix de la déesse en lui. Mischa ouvrit les yeux. Il était dans la pièce blanche, cet endroit du temps et de l'espace ou lui et Bastet cohabitaient et se retrouvaient pour converser. L'intérieur de son propre esprit -c'était toujours étrange de se dire que c'était sa tête. Littéralement. Il baissa les yeux, remarquant son ventre maculé de sang, bien qu'il ne souffrait pas puisque tout ceci se déroulait dans son esprit.

Il releva les yeux vers Bastet, l'air lais et papillonnant des paupières. Il avait envie de dormir.  “ Bast' ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Tu meurs. Mais ton cousin est semble-t-il arrivé à temps. Enfin, peut-être. ” répondit simplement la déesse, sans la moindre émotion distinguable sur son visage. Mischa tressaillit. André. Ce n'était donc pas une hallucination, il avait réellement entendue sa voix l’appeler. Le blond se mordit la lèvre. Encore une fois, il causait du soucis à son cadet. Il avait envie de se réveiller, de le prendre dans ses bras, au moins une dernière fois. De lui dire que tout irait bien, que ce n'était pas grave. C'était mieux ainsi même. Des gens meurent tous les jours après tout. Lui en tuait beaucoup. Il brisait des familles et des liens sociaux en appuyant sur la gâchette de son arme. Sa mort n'était qu'un juste équivalent pour ses crimes commis.

Bastet ricana. La déesse fronça les sourcils. “ Humain stupide, tu penses que c'est ainsi que cela fonctionne ? Tu es naïf, Mischa. Ta mort ne serait qu'un moyen d'échapper à ta véritable rédemption. Tu fuis, comme toujours. ” Il ne répondit pas. Le Russianov baissa les yeux et se laissa glisser lentement au sol, dos contre le mur. Il avait affreusement sommeil. Il cligne des paupières doucement. Sa respiration ralentie. Un grondement. Bastet se retrouve soudain face à lui. Elle lui saisit les paumes entre ses mains, ses griffes raclant sa peau alors qu'elle feule, ses crocs apparents. “ Ne meurs pas, humain ! Ce n'est pas la fin alors bats-toi mieux que cela pour ta vie ! Si tu l'aimes, tu dois vivre, pour lui !

Mischa ouvrit les yeux. Inspiration.
Il est vivant.

Le jeune homme cligne des paupières, son regard tournant à gauche, à droite, cherchant à reconnaître les lieux. Son instinct de survie, acéré par des années à “chasser” dans la Russie impitoyable, se crispe, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est dans une chambre d’hôpital. Il porte un masque à oxygène pour l'aider à respirer et plusieurs intraveineuses sont plantées dans ses bras. Il essaie de tourner la tête, doucement. Il a mal putain, ça irradie partout dans son corps et le transperce comme des milliers d'aiguilles, même les doses de calmants et de morphine ne parviennent à anesthésier totalement sa souffrance. Son regard agrippe une silhouette, assise près de lui. Son cœur tambourine dans sa poitrine.  

André.
Il est là. Combien de temps depuis qu'il dort ? Il n'en a aucune idée. Le blond essaie de sourire, mais cela ressemble plus à une grimace. Il essaie de parler, mais c'est un genre de gémissement qui sort d'entre ses lèvres, à moitié étouffé par le masque respiratoire. Sa gorge lui fait mal et il tousse un peu. Il tâtonne et enlève la chose qui le gêne et l'empêche de s'exprime.

« 'Alut... » réussit-il a murmurer, la voix rauque.

Il y a toutes sortes de choses qu'il voudrait lui dire, lui demander. Il voudrait le prendre dans ses bras. Lui dire qu'il aurait mieux de le laisser là-bas. Il a envie de parler de Marie – bon sang il avait crû qu'il pourrait la voir. Sérieusement. Il avait espérer mourir juste pour cela à vrai dire. Juste pour espérer l'apercevoir. Mais non. Il n'en a pas la force, pas l'envie. A la place, Mischa grimaça un sourire.

« T'en fais une tronche, quelqu'un est mort ou quoi ? »

Ok c'était de l'humour de très mauvais goût. Mais c'était Mischa. A quoi vous vous attendiez exactement ?
WILDBIRD

J't'aime j't'aime j't'aime voilaaa ♥

 
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Lun 30 Mar - 18:09



       
       C'est juste un jour de plus;
Mais c'est un jour bien réel.

   
L
a lumière artificielle du bâtiment est bien la seule chose qui fasse sens dans l’obscurité de cette nuit noire.
André est dehors. Il y a une heure, on lui annonce que Mischa est son frère. Bon, il est sorti d’affaire, donc tant mieux. Mais bon, merde. Son frère. Ça, c’était une nouvelle choc. Tout le corps du brun en tremblait. Ca faisait la huitième clope qu’il se grillait de manière consécutive. Il ne savait plus quoi faire ni comment le faire, se contentant de faire les cent pas devant la porte principale du lieu de santé tout en écrasant les mégots qu’il crée.

Il est presque quatre heures du matin, maintenant, et sa vie semble avoir pris un tour des plus irréaliste. Il n’aime pas ça.

Pas du tout. Comme si son existence n’était pas assez complexe de base, il fallait que ce genre de chose lui tombe sur le coin de la gueule sans prévenir. Loukas tente donc de fermer les yeux, pour se concentrer sur autre chose, faire un peu le vide aussi dans sa tête. Erreur. C’est un échec total, la première vision qui s’impose à lui est celle de son père. Il frissonne et parvient avec peine à étouffer un râle de dégout et de peur mêlés.

Le métis se prend la tête entre les mains. L’envie de consumer une nouvelle dose de drogue légale lui vient en tête mais malheureusement, son paquet s’y oppose ; il est vide. Rien de mieux pour énerver le Russianov qui balance lequel packaging en carton contre le mur le plus proche le plus violemment qu’il le pu. Il espérait ainsi se décharger de sa colère, de sa tristesse, de toutes les émotions jointes qu’il n’arrivait plus à contenir ou déchiffrer. Nouveau mur. Ça  n’a rien calmé du tout. C’est même presque le contraire.

André était présentement au bord de l’implosion. Il n’en peut plus, ses nerfs menacent de lâcher à tout instant. Il sent ses barrières céder les unes après les autres. C’est désagréable. Ça fait mal. Il a une boule au ventre et sa gorge parait être trop serrée pour lui permettre de respirer plus de cinq fois consécutivement. Il aurait voulu pouvoir se défouler une bonne fois pour toute, sur n’importe quoi. Peu lui importait, sur le moment. Mais non, apparemment ceci lui était tout bonnement refusé.

Alors, il décide de prendre lui-même ce dont il estime avoir besoin. S’approchant du mur, il jauge la surface blanche sale du regard avant de se laisser aller à un excès de rage, venant écraser son poing serré dessus, au point que ses ongles s’enfoncent dans la chaire de sa paume. Il sent un petit craquement. Il réalise l’ampleur de sa connerie. Ça fait mal. Bien joué Einstein.

« Ah ! Putain d’sa mère, mur de merde ! »

Il se tient le poignet injurié. Il saigne, un peu. Rien de dramatique. Il espère juste ne pas s’être trop blessé. Il verra sans doute ça plus tard. Pour le moment, la douleur lui irradie trop les sens pour qu’il se rende compte de tout ça. Et puis même, il y a trop de choses qui flottent dans sa tête, en banc totalement désorganisé.

Loukas ne sait plus où il en est. Ses épaules s’affaissent. Il se sent complétement abruti. Maintenant que l’adrénaline est retombée, il a l’air ridicule. Il déglutit. Aller, il faut qu’il retourne au chevet de Mischa. La trace de sang sur le mur d’entrée ? Pas important. André déboutonne la manche de sa chemise pour masquer son coup d’éclat. Il le fait des deux côtés, ce serait trop con qu’on le garde en observation pour ‘trois fois rien’. Le jeune homme a encaissé le coup, il encaisserait la douleur qui s’en suit. C’est la logique des choses, après tout.

Il se passe une main sur le visage. Le miroir de l’ascenseur qu’il emprunte lui renvoi une affreuse image de sa personne. Il se donne l’impression d’être un zombie sur le retour. Il est pâle, ses yeux sont rougit par le manque de sommeil en plus d’autres facteurs et ses cernes commencent à virer au violet. Il préfère arrêter le supplice. Il inspire, expire et ferme les yeux jusqu’à ce que les portes de l’ascenseur s’ouvrent.

Ses pieds le conduisent directement vers la chambre de son…. Bref. De Mischa. Voilà. C’est plus simple comme ça. Dans le couloir, il croise Heigh, un collègue. Lui est là pour raison professionnelle. Ils discutent un peu, André reste très évasif. Il a cependant la présence d’esprit de lui demander sas paire de menottes que l’autre lui passe sans ciller ni poser de question. Tant mieux, ça arrange le jeune homme.

Une fois dans la pièce, il prend place sur une chaise et n’en bouge plus. Enfin, après avoir menotté Jude à son lit, bien sûr. Ce n’est pas pour le coffrer qu’il fait ça mais au moins, ainsi, il est sûr que ce crétin ne cherchera pas à trop bougé une fois réveillé. Parce que oui, il doit se réveiller. Il va se réveiller. Il n’a pas le choix de toute manière. C’est André qui a décidé et il irait au bout de son caprice, voilà.

Combien de temps il a attendu ainsi ? Il n’en sait rien. Il avait fermé les yeux, espérant que ça passerait plus vite ainsi. Mais il ne dormait pas. Enfin pas vraiment. La preuve, dès qu’il entendit un mouvement, il se releva presto de son assise pour aller directement au chevet du blond. Il est fatigué mais il l’écoute parler, fronçant un peu les sourcils face à cette voix rauque.

André soupire. Comment lui dire ? Il ne peut pas tout garder pour lui, surtout pas quand son vis-à-vis lui tend une perche pareille. Au final, il décide de laisser la chose venir comme ça, sans chercher à bien formuler les choses. Le dialecte russe s’invite donc dans la conversation.

« Ouai. Parait que mon cousin est mort ce soir. »

Il inspire, détourne le regard vers le plafond.

« M’enfin c’est pas trop grave… »

Enfin il ose, avec difficulté, soutenir le regard de Mischa.

« …Semblerait que mon frère soit en vie, lui. »

Et voilà. Il n’ajoute plus rien pendant un instant. Mais, mal à l’aise, il décide de faire demi-tour, finalement.

« J’vais me chercher un café. Je t’en ramène un aussi. »

La technique de fourbe ; la fuite.

WILDBIRD

P-P-P-PUMP IT UP! /out ♥
 
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Jeu 2 Avr - 9:55



       
       Et tu me verras sourire
du seul endroit où je brille.

   
I
l est là. Il est vraiment là. Les lèvres de Mischa se tordent d'une grimace soulagée alors qu'il regarde son cousin. André semble épuisé en revanche, il a une mine affreuse. Cela poussa le jeune homme à se questionner. Combien de temps s'était-il écoulé depuis qu'il avait fermé les yeux dans cette ruelle sordide ? Orca l'avait éventré vivant – bon sang il était éveillé quand l'autre l'avait ouvert en deux pour lui prendre son foie. C'était affreux comme sensation que de se faire dépecer comme un animal, sans pouvoir bouger. Et encore. L'autre lui avait donné une dose d'anesthésiant n'empêche, la douleur sur le moment avait été supportable. Mais même. Il lui avait bouffé le foie, quoi. Le genre de chose qui fini toujours par arriver dans une vie, ahah. Ou pas.

Il fronça les sourcils et cligna des yeux. Les lumières blanches au-dessus de sa tête lui agressaient les rétines et tirèrent un grondement à Mischa. Il aimerait essayer de se redresser, mais son corps refusait catégoriquement d'obéir – un genre de “ lol nope t'as cru crétin tu t'es fais bouffer y a moins de quarante-huit heures, tu bouges pas ”. Corps de merde va, songea le Russianov. Résigné à ne pouvoir bouger de suite, il se contenta de tourner la tête vers André, surpris de l'entendre employer du russe. Il cligna des yeux un peu bêtement dans un premier temps, avant de réussir à grogner – non clairement sa voix on dirait un mélange entre Alien, Terminator et un fumeur cancéreux de la gorge en phase terminale.

« Ah. Je suis mort ? » répondit-il dans sa langue maternelle. Bref instant de réflexion – autant qu'on peut réfléchir en étant con de base et avec six grammes de morphine dans les veines. « Bah putain c'est vachement plus réaliste que ce que je croyais, l'enfer. »  

Il ricana, mais parvint juste à se faire tousser, son corps n'appréciant visiblement qu'il se marre et contracte donc son estomac au passage. Eh oh, t'as frôlé la mort tu veux bien arrêter de faire le con deux minutes ?

Mischa se stoppa net cependant en entendant la suite. Son... quoi ? Il fixait André sans dire un mot, trop choqué. Il n'hallucinait tout de même pas à ce point, ce n'est pas possible. Le cadet des Russianov choisit cet instant pour se lever et prendre la fuite, ce simple aveu lui ayant demandé visiblement trop d'effort. Sauf que non. Il ne va tout de même pas croire que l'autre va aller le chercher des cafés comme ça, bien gentiment en le laissant après avoir lâché une bombe pareille ? Visiblement si. Puisque déjà le brun se levait et quittait la chambre.

« Qu- André ! André reviens ! » tenta Jude tout en se redressant, envoyant se faire foutre son corps et sa douleur.

Sa tentative rencontra un obstacle cependant et il tourna la tête en sentant son bras gauche ne pas suivre, baissant les yeux pour constater que des menottes accrochées à son poignet le retenait. Ah le p'tit con. Il l'avait attaché. Il l'avait menotté à son lit. Le blond tira cependant dessus et tenta de se lever, mais ne réussit qu'à manquer de se manger la gueule sur le sol. Ses agitations firent qu'il arracha quelques intraveineuses au passage, mais il s'en fichait totalement. Finalement, se résignant à ne pouvoir bouger, Mischa se laissa tomber contre son oreiller avec un gémissement frustré.

Le jeune homme se passa une main sur son visage. Bon sang. Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire, André et lui seraient donc... frères ? Cela faisait de lui le fils de Nikolaevich alors ? Le blond fit glisser sa main de ses yeux pour les lever vers le plafond uniformément blanc de sa chambre. Un sourire amer lui étira les lèvres. En soit, ce n'était même pas si surprenant que cela à imaginer. C'était plausible. Ce type lui en avait fait tellement voir, de toutes les manières possibles après tout. Qu'il ait enfanté avec sa mère ne serait qu'une horreur de plus à son tableau. Jude serra les poings. Ce type avait touché sa mère. Il l'avait... Ses mâchoires se crispèrent. Sa mère. Sa douce, tendre, folle à lié de mère. Alexandra s'était-elle seulement rendue compte de ce qu'il lui avait fait ? Elle était dans son monde, il n'était même pas certain qu'elle ai été consentante, c'était même peu probable. Mischa se mordit la lèvre.

Cependant, il chassa bien vite ce genre de pensées. Parce que malgré la surprise, la confusion et le choc de se savoir fils de Nikolaevich, il n'y avait, au fond, dans cette nouvelle, qu'une seule chose qui comptait. André était son frère. Pas seulement de cœur, mais bien de sang. Il était son cadet, son précieux petit frère. Le regard de Mischa se ramolli sous la tendresse des souvenirs qui l'assaillaient alors qu'il se revoyait, enfant, en compagnie de Marie et du petit bout d'homme qu'était Loukas à l'époque. Son frère. Le blond laissa un sourire filer sur son visage, cependant la douleur le rattrapa et celui-ci se transforma en grimace alors qu'il portait la main à son ventre.

« J'ose espérer qu'il m'a cuisiné convenablement. » souffla le salve, riant jaune à l'idée que Orca était peut être en train de déguster son foie à l'heure qu'il est.

Il stoppa ses réflexions, qui partaient pêle-mêle dans son esprit, en entendant des bruits de pas s'approcher. André qui revenait, sans doute. Mischa attendit qu'il soit de nouveau dans l’embrasure de la porte pour lever sa main menottée, le regard pétillant signifiant qu'il allait sortir une connerie.

« Ecoute c'était vraiment pas nécessaire, gardes tes menottes pour tes jeux au lit avec Mary hein. »

Il ricana un peu, avant que son rire ne se transforme en crise de toux. Ah oui c'est vrai, ne pas rire quand on vient de se faire bouffer. Se laissant retomber contre son oreiller, il se tourna vers son … frère. Bon sang c'était étrange tout de même de se dire cela. Mischa se racla la gorge.

« Alors... comment tu le prends de te découvrir de la famille proche ? Comment t'as découvert ça d 'abord ? » osa-t-il demander finalement.

Il connaissait suffisamment André pour se douter que ce genre de choses risquaient de le chambouler pas mal. Le voyant tenir les cafés, c'est à cet instant seulement d'ailleurs qu'il remarqua les phalanges martyrisée de son cadet. Mischa fronça les sourcils.

« André... ta main. »
WILDBIRD

luv j'espère que t'aimeras ♥

 
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Ven 3 Avr - 18:08



       
       C'est juste un jour de plus;
Mais c'est un jour bien réel.

   
L
Il n’a pas rit à la tentative de blague de Mischa. Il n’a même pas essayé de le prendre bien. Au contraire. Son regard s’est durcit, argumentant encore davantage la fuite vers l’extérieur de la chambre pour un supposé café. Tant mieux ; il n’a pas à tergiversé pendant trois plombes. Sortit de la chambre sans un mot de plus, le Russianov se rend près de la machine à café. Il avait promis une boisson à l’autre abruti, après tout. Et puis même, il a besoin de se remplir l’estomac aussi, ne serait-ce qu’un peu avec une saloperie artificielle. Non pas qu’André faisait particulièrement attention à la qualité de son régime alimentaire mais ce soir plus que jamais, il se foutait de ce qu’il pouvait avaler. Tant qu’il ne le gerbait pas juste derrière, ça lui convenait. Voici pourquoi il café noir, serré et sans sucre lui conviendrait parfaitement.

C’est immonde mais bon, y’a que lui qui peut boire ça, de toute manière. Il attend que le second café ne coule dans le gobelet en plastique prévu à cet effet, posant le sien sur le haut de la machine en attendant. Le métis souffle, fais quelque pas pour patienter, tournant en rond. Et puis la rage s’installe. Il a mal. Il sait qu’il ne devrait probablement pas ressentir ça mais une forte jalousie et une rancœur phénoménale le possèdent alors à l’unisson. Sans prévenir, le Russianov assène un coup de poing monumental au distributeur automatique juste à côté, faisant tanguer un peu l’appareil et laissant une belle trace de sang sur la vitre. Super, il s’était aggravé sa plaie qu’il tentait de dissimulé. Mais quel génie, se dit-il à lui-même.

« шлюха! »
* « Putain ! »


André est fatigué. Pourtant il sait que la nuit est loin d’être terminée. Ca le désespère. Son front se colle contre l’outil technologique qu’il a maltraité il n’y a pas si longtemps et il essaie de retrouver son calme. Il a fait peur aux infirmières de gardes. Elles le regardent avec leurs grands yeux pleins d’incompréhension et de peur. Personne n’ose lui dire qu’il doit rester tranquille pour le repos des autres patients. Il le comprend tout seul. Le petit clic qui s’élève près de lui le ramène un peu à la réalité. Ah, oui, les cafés. Nouveau soupir. Il prend le temps de jeter un coup d’œil à son portable. Ah merde, il a des messages auxquels il doit répondre. Maryline, Ryan et Elliot. Forcément, le moins aimable est celui qu’il a eu la sympathie de prévenir alors que rien ne l’y obligeait.

André répond évasivement aux texto de la blonde et de sa petite amie. Vient le tour d’Elliot. Bordel de merde, l’envie de balancé le portable contre le mur le plus proche est énorme. Mais bon, le métis se dit qu’il en a déjà suffisamment fait pour aujourd’hui, niveau tapage. Il jette un coup d’œil à l’horloge toute proche. Cinq heures du matin passé. Il a envie de dormir. Ses paupières sont lourdes et lui font mal. Tant pis, pas le temps pour ça. Il aviserait plus tard si c’était foutrement possible.

Inspirant un grand coup, le jeune homme envoie donc sa putain de réponse à l’autre Némésis de son cœur – insérer ici une petit private joke même si ça ne le fit pas rire pour autant non plus – et, prenant les deux gobelets couleur rose pâle, s’en retourne au chevet de Mischa. Il constate que du sang a coulé de ses intraveineuses. Les épaules d’André s’affaissent devant tant de connerie. Il regrette encore moins de l’avoir attaché au pieu. Il ne devait pas bougé. Point final.

Bon, maintenant régler les choses. Enfin, essayer d’y voir un peu plus clair, ce qui ne serait déjà pas un mal en soit.

« Ta gueule. »

Toujours en russe, on ne change pas une équipe qui gagne. André vient poser les deux cafés sur la table de chevet de Mischa. Sa voix est dure et ne permet pas le détournement par la blague. Clairement, il n’est pas d’humeur. Pire encore, il ne s’en rend pas compte, bien évidemment, mais il ressemble alors énormément à son père. A leur père.

« Honnêtement ? Tu croyais quoi, que j’allais sauter de joie ? Eh bien non Mischa, c’est tout le contraire, putain. Genre, ça me suffisait pas déjà que tu traine dans mes pattes en tant que cousin et maintenant aux analyses sanguines ont m’annonce que t’es mon frère. Je suis super heureux, ça se voit pas ? »

Il plante son regard émeraude incendiaire sur l’unité du blessé.

« Au cas où, je précise quand même que la dernière phrase c’était de l’ironie, hein. »

Parce qu’on ne savait jamais ce que Mischa allait pouvoir comprendre. Allait accepter de comprendre, surtout. Pour le côtoyer depuis pas mal de temps – trop sans doute si on lui posait la question maintenant -, André savait que le blond avait tendance à ne retenir que ce qui l’arrangeait. Hors actuellement, ce n’était pas l’heure pour un tel caprice.

Le châtain tourne alors le dos à son ainé, se prenant la tête entre les mains. Les manches glissent et laissent apparaitre des plaies non soignées sur l’une d’elles. Il n'a pas répondu lorsque l’autre les avait vu. Ça n’a pas d’intérêt, pour lui, présentement. Il respire fort. Ça ne va pas. Pas du tout.

« J’ai prévenu Ryan, Maryline et Elliot. Au moins eux serons contents de te voir pour le coup. »

Le problème avec André, c’est qu’il délivrait toutes ses pensées brutes, sans décodeur. Bien sûr que lui aussi était rassuré de voir Mischa en vie et plus ou moins en pleine possession de ses moyens. Mais merde, ce genre de révélation, il s’en serait volontiers passé. Après tout, ce n’est pas comme s’il cherchait à s’éloigner le plus possible de son père, n’est-ce pas ?

Sans un mot de plus, André vient appuyer sur le bouton d’appel des infirmières. Elles arrivent rapidement. Il repasse à l’anglais.

« Il faut refaire ses bandages au bras, il se les ait arraché. N’ayez pas peur de lui faire mal, il est habitué et il ne comprend que comme ça de toute manière. »

Il ignore les regards noirs des femmes en blanc. En attendant, il prend son café et s’échoue plus qu’il ne s’assoit sur l’une des chaises de la chambre, sans regarder le blond davantage.

Il n’a plus envie de prendre sur lui maintenant.


WILDBIRD

Je bouffe tellement de feelz, sa mère.
 
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Ven 3 Avr - 23:07



       
       Et tu me verras sourire
du seul endroit où je brille.

   
I
l le regarde, ce liquide couleur carmin qui tâche ses phalanges, qui continue de couler et de tomber en de petites flaques sur le sol uniformément blanc de l’hôpital. Il le regarde, ce sang qui coule par sa faute. Celui de son cous- de son frère. Le mot continue de résonner dans sa boîte crânienne, telle une litanie, une vieille boîte à musique rouillée qu'on ne peut plus arrêter et qui tourne, encore et encore. Son frère. C'est tellement étrange. Mischa a toujours considéré André comme tel. Il a grandit avec lui, il l'a vu naître, il a caressé le ventre rond de Marie et a chuchoté à son nombril pour qu'il se dépêche de sortir et vienne jouer avec lui. André était déjà son frère dans son cœur. Mais maintenant qu'on lui annonçait qu'ils étaient liés également par le sang – celui-là même qui goutte des poings serrés de Loukas et qu'il continue de fixer intensément – ce n'était plus la même. Tout changeait.

Il regrettait. Tout. Il regrettait d'être parti de la Russie pour venir, il regrettait d'avoir laissé André le surprendre cette nuit là dans la ruelle, il regrettait que Orca lui ai laissé une chance de s'en sortir et qu'il l'ait saisit. Il aurait tellement voulu être mort en cet instant présent. Cela aurait été plus simple. Certaines personnes auraient pleuré, peut-être. André aurait été en colère contre lui et l'aurait maudit en regardant sa tombe. Elliot se serait sans doute soûlé la gueule dans un bar, face à un verre de vodka plein qu'il n'aurait pas touché. Il avait déjà prévu des situations de ce genre en plus. Ryan aurait fini par trouver le testament qu'il gardait dans le tiroir gauche du bureau. Et puis la vie aurait continué quand même, parce que c'est toujours ce qu'elle fait après tout, elle suit son chemin, sans attendre quiconque.

Et tout aurait été mieux, sans doute. Enfin, plus simple du moins. Parce que d'un coup, ce sang qui continuait de couler venait de changer totalement sa vie et il ne savait pas s'il devait être heureux, triste ou un peu de tout à la fois. Et ce sang qui coule, et c'est sa faute, sa putain de faute. Tout ce qu'il faisait foirait de toutes manières, il était incapable de faire les choses bien.

Le slave écoute, calmement. Son cœur se broie dans sa poitrine aux paroles d'André, mais il ne dit rien, il se contente de hocher la tête, fait le geste de se redresser pour dire quelque chose et se ravise au dernier moment. Pendant une brève, très brève seconde, il a l'impression d'avoir Nikolaevich en face de lui. Et cette pensée le répugne tellement qu'il en a un haut-le-coeur qu'il camoufle en se forçant à tousser et il la chasse au plus profond de lui-même. André ne sera jamais Nikolaevich. Il n'avait rien à voir avec ce monstre, en aucun cas. Un rire sans joie lui échappe finalement.

« J'avais compris. Je suis shooté aux médocs, mais j'arrive encore à faire la différence. Il m'arrive de ne pas être totalement con. Enfin c'est peut être pas très approprié de dire ça vu ma situation. » ajouta le blond en se faisant la réflexion à voix haute.

André lui tourne le dos et un bref instant, Mischa laisse filtrer la douleur qui le traverse dans son regard, profitant que l'autre ne le regarde plus. Il avait mal putain. Ce n'était pas physique, non. Son estomac il s'en foutait, il avait eu pire – bon ok ça c'était faux. Mais son cœur souffrait lui. Parce qu'André n'acceptait pas, que lui ne savait pas comment réagir mais qu'une part de lui ne pouvait s'empêcher d'être heureux de cette situation... et une autre tellement désolé pour Loukas. Il n'avait jamais voulu lui imposer une chose pareille, diable non.

Mischa hocha vaguement la tête.

« C'est... gentil. Who, t'as même prévenu Elli, je suppose que je dois me sentir flatté pour le coup. »

Il essaie de plaisanter, de rire, de faire comme si tout allait bien, mais le cœur n'y était pas vraiment. Il grogne un peu en voyant les infirmières arriver et lance un regard puérilement accusateur à son cadet. Il perdait rien pour attendre. D'ailleurs, il annonce aussitôt aux jeunes femmes qui s'approchent pour lui remettre ses intraveineuses.

« Bandez sa main au passage. Et s'il proteste, criez au viol ou appelez des renforts pour le sédater qu'il se laisse soigner. »

C'est de bonne guerre il lui semble. En silence, il se laisse donc remettre ces foutues aiguilles dans les bras, ne lâchant pas son … frère du regard. Finalement, lorsqu'elles ont finit avec eux, les infirmières repartent, laissant les Russianov de nouveau seuls. Il ne sait pas quoi faire, quoi dire.

Il savait qu'André ne voulait pas de famille. Pas qui vienne de Russie en tout cas. La seule famille qu'il désirait, on lui avait arraché quand il était enfant. Être un frère, c'était ce que Mischa s'était efforcé d'être pour André. Il avait veillé sur lui, avait joué avec lui quand ils étaient des enfants, leur innocence protégée par Marie. Quand elle était morte, Jude avait comprit que son cadet ne le verrait jamais comme le grand frère protecteur qui pourrait servir de confident et de meilleur ami qu'il espérait. Il s'était donc résigné, sans hésiter ni se plaindre, à être celui qui veille de loin, à servir de défouloir. Celui que l'autre pouvait injurier, frapper et crier dessus, à défaut de pouvoir le faire sur son- leur père. Cela lui convenait. Cela voulait dire qu'André reconnaissait quand même son existence. Et maintenant...

Maintenant ils découvraient qu'ils étaient liés par le sang, par l'être que Loukas haïssait le plus au monde. Mischa croyait que les choses pourraient aller mieux maintenant qu'il avait été honnête -en partie du moins-, mais il faut croire qu'il n'était pas destiné à avoir un jour une bonne relation avec son cadet. Ils avaient probablement trop de cadavres dans leur placard commun pour cela.

« André... Je suis désolé. Je me doute que ça fait beaucoup pour toi en une soirée. » souffla le blond en relevant les yeux vers son vis-à-vis. « Tu n'es pas obligé de rester si ça t'es insupportable, tu as peut-être besoin de prendre l'air, d'avoir du recul. Ce que je comprends. Je préfère ça plutôt que tu démolisse tous les murs que tu croises. »

Il inspire, tousse un peu. Sa voix est toujours aussi rauque, parler lui est douloureux. Mais ils ne peuvent être deux à rester silencieux.

« Puis c'est pas comme si je risquais de me barrer, si c'est ce que tu crains. » ajouta-t-il en levant sa main menotté pour appuyer sa réflexion.

Il tend son bras libre pour prendre le gobelet de café lui appartenant et trempe ses lèvres. Le liquide est froid désormais, mais il n'en a cure, il le boit tout de même. Et il attends, un clignement d'yeux, une réponse, un signe... n'importe quoi.
WILDBIRD

salut je pleure, mon bebe est con mais osef

 
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Sam 4 Avr - 12:49



       
       C'est juste un jour de plus;
Mais c'est un jour bien réel.

   
S
on pied cogne le sol à rythme régulier et répétitif. Il est impatience, colère, rage, incompréhension. Il est tout cela et bien plus encore même. Rien ne lui convient, tout part à vau-l’eau.
André se laisse soigner de mauvaise grâce. Il n’accorde pas le moindre regard à Mischa, il n’en a ni l’envie ni même la force. Il gronde juste un peu lorsque l’infirmière qui s’occupe de ses bandages appuie un peu plus fort qu’elle ne le devrait. Le métis est persuadé qu’elle l’a fait exprès mais il n’en dira rien. S’il commence à l’ouvrir, il y avait de grande chance pour que cette bécasse blonde décolorée passe par la fenêtre juste derrière lui. Il avait déjà suffisamment d’un problème à régler pour la soirée, inutile de s’en rajouter de la sorte. A ce niveau-là, au moins, André était lucide.

Mais voilà, il ne pourrait fuir tout le temps cette putain de situation. Il a envie de penser que ce n’était qu’un rêve, depuis le commencement. Il a  envie de se dire qu’il hallucine, qu’il cauchemarde et qu’au réveil, il se réveillera dans les bras de Maryline. Sauf que non. Aussi tentante soit cette optique-ci, il sait parfaitement qu’il n’est pas victime de Morphée le tentateur. Il réprime un frisson en écoutant les mots de son frère ; de Mischa. Non, ce terme est encore trop récent pour qu’il arrive à l’utiliser aussi naturellement. Ça lui arrache la langue, presque.

Il est pris de nausées dans le fond de la gorge. Et merde, voici que même le café serré qu’il a gobé plus que bu se trouve dans le camp de ses opposants. Le Russianov valide se mord les lèvres et se remet debout, marchant sur un schéma aléatoire dans la chambre. Il a vraiment envie de partir, de fuir. Mais non, il ne le fera pas. Toute sa vie, il a fui. Là, il ne pourrait pas y couper. De toute manière, ce n’est pas comme si on lui laissait particulièrement le choix.

Ses bras redescendent le long du corps et il lève sa tête au plafond. Là, ouai, si c’avait été possible, il n'aurait pas dit non à une bonne douche d’eau de pluie, pour se remettre les idées en place. En général, ça l’aide pas mal à se calmer, à faire le point. Sauf qu’il n’est pas à l’extérieur, il est enfermé, lui aussi. Pas encore de manière légale mais ça viendra. Mais en attendant, un poids sur ses épaules se faire sentir. Il se sent terrible oppressé, c’est affreux. Très désagréable, aussi.

Finalement, il se dit que, quitte à rester, autant laisser les choses couler comme elles lui viennent. A son sens, ça lui a pas trop mal réussi jusque-là. Enfin, son point de vue était biaisé par bien des facteurs mais, pour le moment il s’en fichait. Au moins, on ne pourrait lui retirer son honnêteté. Alors André donne l’entière parole à son cœur, à ce qu’il ressent. Il ne le fait jamais, d’ordinaire, ce genre de chose. Surtout que là, il s’ouvre de manière forcée, non délibérée. Il n’a pas la volonté de parler, on ne lui laisse pas le choix. Heureusement que l’épuisement rend sa lutte mentale bien plus faible. Il n’a presque plus aucune résistance.

« J’suppose que je devrais être ravi. C’est vrai, qui ne trouves pas ça génial de se découvrir un frère comme ça, du jour au lendemain ? Y’a tellement de films sur le sujet que je ne saurais pas lequel prendre pour illustrer notre cas. »

Oh, bien sûr, il savait qu’ils avaient probablement des tas de frères et sœurs illégitimes un peu partout sur le globe – il en avait rencontré une, une fois à la Heroes – mais ça ne l’avait jamais plus marqué que cela. Parce que les autres n’était pas ses frères et sœurs. Les autres étaient des étrangers. Il n’avait aucun lien avec eux et ne tenait pas à en avoir. Chacun menait son existence de son côté et basta. Là, c’était différent, bien différent. Trop différent. Ses lèvres tremblèrent une petite seconde avant qu’il ne se reprenne.

« J’crois qu’en fait j’l’aurais bien moins mal pris si on avait été liés du côté maternel. C’est con la vie. »

Inspiration, expiration.

« J’vais encore passé pour l’ingrat de service, celui qui ne prend jamais en compte les sentiments des autres, qui ne voit jamais ce qu’il a à portée de main, bien sûr. C’est vrai, j’suis carrément un monstre de rancœur, ouai. Je suis jamais satisfait de ce que j’ai, ouai. »

Cette pitoyable plaidoirie le faisait se sentir encore plus débile qu’avant. Il ne voulait plus parler de ça. Se tenant la tête, il finit par carrément dévier le sujet de la pseudo-conversation. Il fuyait, toujours, mais d’une autre manière et pour le moment, ça lui convenait ainsi.

« J’vais en taule dans deux jours. Ils viennent me chercher chez moi. »

Ça ne fait pas moins mal comme sujet de discussion mais c’est toujours pour agréable que de savoir que le sang de son salopard de père coulent dans ses veines si proches des siennes.

« Et j’ose espérer que tu ne bougeras pas, crétin. De toute manière, je vais demander une surveillance de flics à partir d’aujourd’hui. T’iras nulle part tant que tu ne seras pas guéri suffisamment. Et puis les interrogatoires se feront ici, ainsi t’auras pas besoin de bouger. Et t’inquiète, je leur parlerais pas de Neb. »

C’est con, n’est-ce pas ? Chaque fois que André découvrait un truc sur Mischa, il fallait que ça finisse avec du sang, peu importe la quantité, peu importe à qui il était. Ça ne se terminait jamais ‘bien’. Le loup soupira.

« Maintenant, va falloir que tu me dise tout ce que tu peux me balancer sur cet type qui t’a fait ça. Si on veut le coincer, au plus tôt on aura des infos et au mieux mes collègues pourront le coffrer. »

C’était peut-être bête à dire, mais André finissait par se dire que peut-être que l’isolement au pénitencier ne serait peut-être pas un si grand mal que cela, au final.



WILDBIRD

affraid
 
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Sam 4 Avr - 15:55



       
       Et tu me verras sourire
du seul endroit où je brille.

   
D
es frères et des sœurs, sans doute que Mischa en avait plus qu'il ne l'admettrait. Sa mère a fait partie d'une troupe de théâtre et son père... bien l'un comme l'autre, le vrai comme le faux, n'ont pas été des modèles de fidélité. Que Nikolaevich et Piotr – diable, comment il est censé considéré ce type désormais ?– aient semés des gosses partout sur le continent ne l'étonnerait pas plus que cela. Mais cela ne comptait pas. Ce n'était pas sa famille, Mischa ne voulait rien avoir à faire avec eux. Le seul qui importait était là, face à lui, et il ne voulait pas de cette fraternité qu'ils se découvraient. Ou du moins il lui faudrait bien du temps pour l'accepter.

Le slave hausse les épaules et rit sans joie. Ses yeux fixent le fond de son gobelet en plastique, ses pensées aussi noires et vacillantes que le liquide à la caféine. Son sourire est résigné.

« Excepté que ton frère est le fils d'un salopard avec qui tu ne veux rien avoir à faire. »

Il touche là ou il sait que ça fait mal, car Mischa n'est pas dupe, le véritable problème est là, comme toujours. Nikolaevich. Encore et toujours. Il aurait dû lui coller une balle il y a longtemps, peu importe les représailles derrière – la mort ne serait pas une sentence suffisamment douloureuse pour avoir assassiner son propre Boss. Mais la raison pour laquelle il ne l'avait pas fait été simple ; il ne pouvait pas. Ce n'était pas faute d'avoir essayé de mettre fin aux jours de son onc- père. Il le détestait à un tel point qu'aucun de ses retours au manoir ne s'étaient fait sans une tentative de parricide de sa part. Mais Nikolaevich était trop fort pour lui. Pour le moment.

Mischa redressa la tête, relevant les yeux vers André. Il fronça les sourcils. Il ne supporte pas d'entendre son cadet se rabaisser ainsi. Ce n'est pas ce qu'il pense de lui, pas une seconde même.

« Le seul monstre dans cette affaire, tu sais parfaitement de qui il s'agit. Et ce n'est certainement pas toi. T'as eu une rude journée, c'est tout. » un sourire, faible, mais sincère cette fois. « Et tu m'as sauvé la vie. Merci. Je te ferai bien un câlin, mais mon lit risque d'être jaloux vu comme il me retient, aha. »

Comment il faisait pour paraître aussi détaché, pour prendre les choses avec tant d'insouciance feinte, lui-même n'en était pas certain. Il était Mischa, tout simplement. Il ne pouvait s'en empêcher, toujours à tenter d'alléger les choses, de dédramatiser les situations. Même quand les autres ne veulent pas et en ont marrent et qu'ils le blâment pour sa stupidité et son inconscience.

Mais l'heure n'est pas à la plaisanterie et André se charge de le lui rappeler. Le blond écarquilla les yeux, se redressant sur son lit et agrippant les barreaux de ce dernier par réflexe, comme s'il se sentait tomber et perdre pied. Prison. C'est vrai qu'ils en avaient parlé, brièvement par textos échangés lors de la Fête de la Justice. Il ne s'attendait pas cependant à ce que ce soit si rapide. André, en prison. Cela semblait être la mauvaise blague de l'année. C'était lui le criminel, pas son cadet.

Sans avoir le temps de protester, André enchaîne, prévoyant ses réactions. Mischa grinça des dents. Ça ne lui plaisait pas. Rien de tout cela. La perspective de savoir le fils de Marie derrière des barreaux le répugnait au plus haut point et lui insufflait des envies de meurtre.

« Putain, mais qu'est-ce que j'en ai à foutre de Neb, sérieux ? Et au lieu de t’inquiéter de ma guérison et de savoir que je suis un bon petit patient docile, soucis-toi plutôt de toi. Pourquoi ils t'envoient en taule bon sang ? Combien de temps ? »

Il avait peur, évidemment. La prison n'était pas un endroit ou il avait envie de voir son … petit frère. André avait travaillé dur pour devenir quelqu'un de bien, pour être du bon côté de la loi. Qu'on le récompense de cette manière sonnait comme une trahison de la part de la Justice que le brun s'efforçait pourtant de servir. Mais comme toujours, Mischa ne pouvait rien faire. Il ne pouvait pas le protéger, pas depuis un lit d’hôpital. Il se sentait faible, inutile et ça le tuait parce que rien ne changeait. Il était un mauvais protecteur, un mauvais aîné.

Il aurait aimé avoir la présence rassurante de Bastet à ses côtés et l'entendre le sermonner sèchement comme elle savait le faire, mais depuis son réveil, la déesse demeurait silencieuse et refusait de se manifester. Elle qui l'avait tenu contre lui pour le protéger des ténèbres et poussé à se réveiller en entendant l'appel d'André, désormais elle l'abandonnait et le laissait se débrouiller seul avec ses sentiments confus. Ce n'était pas son rôle de se mêler de ses relations de familles après tout.

Soupir. Cela ne servait à rien. Il se concentre donc sur les paroles d'André à la place.

« J'sais pas, on a pas vraiment prit le temps de causer chiffon lui et moi pendant qu'il me paralysait et commençait à me découper. Mais, vu le mode opératoire et même s'il ne l'a pas dis, c'était Orca je pense. Je connais pas beaucoup de criminel versé dans le prélèvement d'organes -du moins sur proie vivante- et le cannibalisme dans le coin. »

Un silence. Il cligne des yeux, revoyant la scène du bref combat, de Orca qui s'approche et commence à l'ouvrir en deux avec son scalpel, et lui qui regarde, qui ressent la morsure de l'acier sur son ventre et l'intrusion des mains ennemies qui viennent lui arracher son foie. Jude secoue la tête et se tourna vers la fenêtre, observant son reflet à travers celle-ci. Une pensée tourne dans sa tête, tel un vautour au-dessus d'une carcasse. Il murmure, sans bien savoir s'il s'adresse à André ou s'il réfléchit à haute voix ;

« Tu trouves que je lui ressemble ? Maintenant que tu sais, est-ce que quand tu me regardes, tu le vois, lui ? »

Et pendant un instant le visage de Nikolaevich se superpose à son reflet et Mischa retient un frisson en se disant que c'est peut être bien lui le fils le plus horrible que cet être de cauchemar à enfanté.
WILDBIRD

#cry #mesfeelz #tuemoi

 
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Sam 4 Avr - 23:50



       
       C'est juste un jour de plus;
Mais c'est un jour bien réel.

   
I
l ne dit rien face à l’argumentaire de Mischa. En vérité, il ne sait surtout plus quoi dire. Il le laisse parler, ça lui permet de réfléchir un peu en parallèle, de récolter des indices ou même la moindre miette d’indices qui pourrait le mettre sur la piste de celui qui a fait ça au blond. Parce qu’il veut le retrouver. Il ne sait pas s’il va y arriver mais il veut au moins essayer. C’est peut-être vain, désespéré, inutile – comme lui en ce moment d’après ses propres critères – mais peu lui importe. Qui ne tente rien n’a rien, après tout. Ce vieux dicton français populaire n’a jamais été aussi vrai que ce soir.

André se frictionne les yeux. Ils sont douloureux. Il sourit un peu en coin. C’est sans joie mais au moins c’est la démonstration de la présence de sa conscience en ces lieux ; même si elle est clairement entamée. Le métis prend une profonde inspiration avant que son attention ne soit tout à coup happée par la déclaration ultime de son… demi-frère – il allait finir par s‘y habitué… pas le choix de toute manière. Il le regarde, cligne des paupières plusieurs fois, papillonnantes avec les ultimes forces qu’il lui reste. Et sa réaction est sans appel.

« En vrai tu te fous de moi, c’est ça ?! »

Il vient agripper le col de la chemise d’hôpital de Mischa. André à l’impression de voir une grosse farce se présenter devant lui. Le ton parait calme mais il est avant tout très froid. Il le relâche finalement, estimant qu’il a mieux à faire.

« Tu mériterais presque une balle dans les genoux pour oser penser une chose pareille. »

De nouveau, le brun tourne le dos à son vis-à-vis. Il s’approche de la fenêtre et pose son avant-bras dessus pour s’y appuyer. Il ne répond pas immédiatement. Pourtant il sait quoi dire. Au final, comme il sent qu’il n’a absolument aucune résistance ce soir, il ne prend pas de pincettes. Ça ne change pas. André était définitivement irrécupérable lorsqu’il s’agissait de relations sociales et encore plus, familiales.

« Si j’avais du te considérer comme lui a un seul moment, je t’aurais déjà collé une balle dans la tête. Et ce, en rencontrant Neb pour la première fois, par exemple. »

Le jeune homme, dans son époque illégale, avait déjà abattu des hommes de mains de son paternel sans sourciller et ce, souvent par caprices uniquement. Il avait bien plus de sang sur les mains qu’on ne pouvait sans doute l’imaginer. Pourtant, même s’il ne se souvenait plus de toutes ces années passées dans la froide Russie, il n’oublierait jamais sa première rencontre avec celui connu sous le nom de Neb. L’alter-égo de Mischa, dans un sens.

Il avait douze ans. Seulement douze petites années. Et pourtant il avait déjà tiré avec un canon entre les deux yeux de types peu recommandables sur ordre de Piotr ou Nikolaevitch. Ce jour-là, il devait rester dans la bagnole qui allait le reconduire jusqu’au manoir isolé en plein milieu de la forêt russe ou il avait vu le jour. Mais sa curiosité blasée avait été trop grande et il était sorti malgré l’ordre contraire reçu. Lorsqu’il s’était avancé et qu’il avait vu la tête blonde de son ‘cousin’, jusque-là, il n’avait pas eu peur d’aller plus loin non plus. Et en voyant de quoi il était capable, il n'avait pu nier avoir été… surprit. Mais au final, ça ne l’avait pas plus étonné que cela. Il se souvenait même de ce qu’il lui avait sorti lorsque leurs regards s’étaient accrochés avec surprise. « C’est tout ? ». Et il était reparti, toute la magie désormais évaporé autour de lui.

Oh non, il ne pourrait jamais oublier qu’il avait recroisé cet individu il n’y a pas si longtemps dans cette ville ou il essayait tant bien que mal de faire régner la loi plutôt que de la violer, maintenant. Cependant, rien de commun avec celui qui lui avait donné la vie. Mischa et le donneur de spermes n’avaient rien de commun. Rien. Même si on aurait pu jurer le contraire, André le savait, lui. C’était au moins une des rares certitudes qu’il avait ce soir. Il tenta de ramener la conversation sur un sujet qui l’intéressait lui.

« Orca, hein ? Bizarre, d’habitude il ne laisse pas ses victimes en vie… J’vais dire aux autres de mener l’enquête. Si ça se trouve il cherchera à revenir te voir. Peut-être que, pour une raison obscure, tu l’intéresse sur un plan autre. »

Il eut mal au crâne, à ce moment-là. Soufflant, il se dit que plutôt que de ressasser l’événement récent comme il le faisait – ce qui n’allait pas aider, actuellement -, peut-être pourrait-il être un peu plus réglo aussi envers Mischa. Il avait posé des questions, lui aussi.

Alors, sans pour autant le regarder, André laissa tout filer, pour lui expliquer ce qu’il en était vraiment, de ce bordel monumental.

« C’est temporaire, Mischa. Enfin, j’espère. Et ils font ça pour l’intérêt général. Lors de cette transformation, je n’étais… pas moi. Mais même si je n’étais pas conscient de ce que je faisais, il n’en est pas moins que la créature qui est aujourd’hui en moi a tué des gens. J’ai tué des gens, Mischa. J’en ai même dévoré hein. Je ne peux pas effacer ça. Ce n’est plus comme avant, je ne peux plus me dévorer en me disant que la vie va suivre son cours. C’est terminé de fuir comme ça. Alors, le temps qu’ils établissent si je suis dangereux ou non, ils m’enferment. Ça me parait logique et cohérent. C’est ce qu’il y a de mieux à faire pour tout le monde et tu le sais. Les nuisances, on les enferme, point à la ligne. »

Il inspira.

« Concernant le temps d’incarcération…. Je n’en sais rien. On ne m’a pas informé de ça. »

Il prend alors on portable. Cinq heure trente-quatre. Il envoie un sms à Maryline.

« En tout cas, je te fais confiance pour veiller sur Mary’ et tout le monde ne mon absence, hein ? Sais-t-on jamais que tu te découvres une âme de flic durant mon moment d’emprisonnement. »

Qu’on le laisse rêver un peu. Sourire sans joie.



WILDBIRD

*décédée*
 
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Dim 5 Avr - 22:06



       
       Et tu me verras sourire
du seul endroit où je brille.

   
A
u fond, il avait toujours eu peur de ça. Pas de Nikolaevich en lui-même, non. Enfin si, un peu quand même bien sûr – tout le monde craignait ce type, à raison. Mais Mischa avait apprit à contrôler cette terreur que lui inspirait cet homme en comprenant qu'il s'agissait de la phobie d'André. Pour protéger son cadet, il n'avait d'autre choix que de surpasser cela, car sinon il ne serait d'aucune aide le jour ou Nikolaevich se dresserait de nouveau devant son jeune fils. Alors le blond avait prit sur lui, avait fait comme toujours. Il avait mit un masque. Au début c'était juste une feinte. S'efforcer de le regarder en face sans faillir ni détourner le regard, ne pas trembler quand la main de son.... père s'abattait sur son épaule ou sa tête.

Et puis finalement, il avait réellement cessé de le craindre autant. A force de se prendre des coups, de se faire envoyer en mission suicide et d'en revenir in-extremis, il  avait eu d'autres priorités que de frémir sous le regard froid et menaçant de Nikolaevich. Jude redoutait ce que cet homme pouvait faire et sa manie de toujours avoir un coup d'avance. Mais il n'avait pas pas peur de lui et ce qu'il pouvait lui faire personnellement. Devenir comme Nikolaevich,  en revanche, ça oui. Il en avait peur. Parce que Mischa savait parfaitement qu'il avait le profil idéal pour cela. Qu'il suffirait de pas grand chose pour le faire basculer totalement et là était le problème. Se découvrir fils de ce genre de monstre, n'aidait pas à se dire que tout ira bien à ce niveau.

Il se doutait cependant que de le mentionner à haute voix ne plairait guère à André. Mischa laisse son frère l'empoigner par le col de sa chemise blanche d’hôpital sans rien dire, grimaçant juste un peu de se faire secouer car sa cicatrice le tiraille. Cependant il se contente de ricaner à la menace, sachant parfaitement que malgré qu'il ait l'air très sérieux, Loukas ne lui tirera pas dans les genoux. Enfin, pas alors qu'il est sur ce lit d’hôpital. Cependant il n'a pas le temps de sortir une imbécillité bien à lui car la suite le fige. Il suit son cadet du regard. Oui... cette fois là, il s'en souvient encore également. Quand Neb se fit surprendre, en plein travail... la peur, viscérale, qui s'était logée dans ses entrailles en découvrant le visage d'André, en train de le fixer. La honte, également.

« ...Je voulais pas que tu vois ça. Toi et Marie étiez les seules choses qui me raccrochaient à mon enfance. Marie morte, il me restait que toi. Que tu me vois sous cet aspect, ça voulait dire que cette époque était définitivement finie et j'étais pas prêt à l'admettre. Enfin... »

Il soupira et se passa une main dans les cheveux, les ébouriffant quelque peu.

« C'est des histoires de gosse, c'est tout. »

Il haussa les épaules lorsque le sujet revint vers Orca. Il ne savait pas non plus pourquoi le criminel ne l'avait pas achevé immédiatement. Cependant, il se souvenait d'une phrase, dite par ce dernier. “ Le crime ne paie pas ”. Se prenait-il pour un genre de sauveur avec une justice radicale et particulière ? Ce ne serait pas impossible après tout. Le Russianov ricana à la fin de la phrase d'André.

« Aha, que veux-tu, personne ne résiste à mon charme. » plaisanta-t-il, avant d'ajouter, plus sérieux. « Je doute qu'il me revoit. Ou alors ce serait simplement pour s'assurer que je ne suis plus un “méchant garçon” et si ce n'est pas le cas... me punir définitivement cette fois. »

Sur ce point, il n'a pas le moindre doute. Si jamais Orca croise de nouveau sa route, il le tuera pour de bon cette fois, probablement. Le cannibale justicier ne ferait pas l'erreur de laisser deux fois en vie un criminel récidiviste.

La suite, cependant, ne lui plait guère. Le sujet de la prison n'est facile, ni pour André, ni pour lui à entendre. Imaginer son petit frère incarcéré au milieu de criminels est une image insoutenable pour Mischa, qui crispait les points sur ses draps et serrait les dents. Il sait que l'autre à raison, pourtant il ne peut s'empêcher de chercher les incohérences dans ce discours, de vouloir trouver une sortie de secours, bien qu'il sache qu'il n'y en a aucune. André n'est pas lui. André n'est pas un lâche et un rebut de la société, il fera face à ses problèmes et les affrontera, acceptant le jugement rendu.  

« Si tu es une nuisance, alors je suis quoi ? Je tue des gens tout les jours, André. Des dizaines de personne, dans cette ville, comme moi par exemple, méritent bien plus leur place en prison que toi. »

Et même s'il n'est pas d'accord, Mischa est fier de son frère. Il sourit un peu et releva les yeux vers ce dernier. Le soleil se lève à travers la fenêtre et les rayons tièdes de l'aube naissante viennent caresser le dos des silhouettes des deux Russianov.

« Moi, flic ? Aha, j'en doute. Serait-ce une manière détournée de me dire que tu veux passer plus de temps avec moi ? Je le savaiiis. »

Il rit un peu, en se forçant certes, mais ça soulage quand même. Il veut échapper à ses doutes, ses peurs et sa tristesse. Il ne veut pas penser au fait que son frère va bientôt se retrouver derrière des barreaux. Mischa baissa un peu la tête. Il hésite, un instant. Puis il se dit qu'au point ou ils en sont, ce n'est pas cela qui changerait beaucoup de chose entre eux désormais.

« Je ferai ce que je peux du fond de mon lit. Mais... reviens vite. S'il te plait. мой брат [ mon frère] »

Il l'a dit. Les mots roulent sur sa langue, cognent contre ses dents et trébuchent entre ses mâchoires. C'est une saveur nouvelle, inconnue, qu'il essaie d'apprivoiser, aussi étrange cela sonne. Elle est douce-amère en lui, mais prometteuse et Mischa se dit qu'il aime cela.
WILDBIRD

*se roule en boule et pleure*

 
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MessageSujet: Re: Les poupées russes || Mischa ♥ Lun 6 Avr - 11:57



       
       C'est juste un jour de plus;
Mais c'est un jour bien réel.

   
L
’heure n’était pas à la psychanalyse, à l’extraction de la psyché profonde pour en retirer quelque chose de concret par la suite, sur laquelle s’appuyer. Tout du moins, pas pour André. Déjà que ce dernier n’était pas particulièrement porté sur les faits abstraits de ce genre ; présentement avec la fatigue et tout le reste, ce n’était franchement pas le bon moment pour venir l’encourager à se perdre dans une recherche sans queue ni tête de cette sorte. Plus tard. Là, il préférait largement le concret à tout le reste. Et justement, le concret, c’était ses pulsions et ses instincts qui le faisaient parler. Un peu comme quand on faisait parler un suspect récalcitrant en jouant le coup du mauvais flic dans la salle d’interrogatoire – même si ça n’avait rien de commun avec ce qui est dépeint dans les films, bien sûr.

En parlant de flic, André ne sourit plus. Il se doutait bien que son insinuation n’aurait aucun écho. Il ne savait même pas pourquoi il avait commencé à se faire des faux-espoirs. Il tua le tout dans l’œuf pour le moment. Il y avait plus important sur lequel se concentrer ; comme Orca, par exemple. Ce type, André ne le comprenait pas. Il ne semblait convenir à aucun des patterns psychologiques existants, ceux que l’on avait déjà pu observer chez des monstres d’inhumanité. Non, lui échappait à toutes règles préétablies. Et c’était bien ça, le problème. Il avait laissé Mischa en vie. Pourquoi ? Qu’avait bien pu faire le russe pour susciter la … pitié de ce cannibale ? Non, pitié n’était pas e bon terme, mais le métis n’avait que celui-ci en tête pour l’instant.

Il réfléchissait. Comment se mettre à la place d’un dégénéré pareil ? D’ordinaire, le jeune brun savait bien comment se comportait les criminels d’autres genres, vu qu’il l’avait lui-même été. Son expérience était dès lors payante. Seulement, là, c’était hors de ses compétences et même s’il n’aurait pas dû, il rageait contre lui-même. C’était stupide et il le savait, mais il aurait volontiers donné un coup dans la fenêtre pour ne plus avoir à affronter son regard vert, son propre regard. D’autant plus que pendant une courte seconde, l’image de Nikolaevicth se superposa à la sienne. André secoua la tête, fermant les yeux. Son cœur avait raté un battement. La fatigue. Ce n’était que la fatigue. Rien de plus.

Inspiration, expiration.

Il devait se calmer, il le devait. Ce n’était même plus une option de toute manière.

Malheureusement, sa belle motivation vola en éclat aux ultimes mots de Mischa. Pardon ? Avait-il bien entendu ? Si le métis n’avait prêté qu’une vague attention aux phrases précédentes, il sentait alors la rage abonder au fond de lui, de son être, de son cœur. L’œil de l’ouragan venait d’être ébranlé et il allait se défendre par la seule méthode qu’il connaissait : la riposte encore plus blessante que celle qu’il avait essuyé. Parce que oui, ces deux pauvres petits mots signifiaient beaucoup trop pour lui, beaucoup trop de choses mauvaises et malsaines. Il ne pouvait pas laisser passer cela sans réagir à hauteur du mal que ça infusait dans son poitrail.

Sa haine, sa colère, tout ce qui était endormi depuis son arrivée aux urgences, refit très brutalement surface. Il revint vers Mischa, le visage empreint d’une expression de fureur rarement vu, même chez lui.

« Tu m’as appelé comment là ? Ca y est, tu sais qu’on est liés par le sang et tu te sens plus ? Faut que tu te calmes mon vieux. Sérieusement. T’es pas mon frère et tu ne le seras jamais. Du moins, pas tant que tu seras ainsi. »

Il prit une seconde pour s’humidifier les lèvres.

« Y’a un proverbe français qui dit ‘qu’on ne choisit pas sa famille’. C’est vrai, avant d’arriver ici, je croyais dur comme fer à ces mots-là. Et pourtant, c’est grâce à ceux d’ici que je lui encore là, aujourd’hui. Ce sont eux et eux seuls qui ont empêché Nikolaevitch de venir m’emmener une première fois. Et toi, t’étais ou ? Nulle part où je pouvais te voir. Cette ville est ma famille, Mischa. Et toi, t’en fais pas partie. Et tant que tu resteras un criminel qui ronge même indirectement cette cité, t’en feras pas parti non plus. »

Il serre les poings, il n’aime pas parlé tant. En plus, il a l’amère impression de se répéter, de perdre son temps ; chose qu’André hait par-dessus tout.

« Et arrêtes d’utiliser ma mère comme faux prétexte, pour te justifier ou te raccrocher à un passé qui n’a plus lieu d’être. J’te l’ai déjà dit, tu crois qu’elle serait fière de voir ce que tu es devenu et pire encore, que tu ne cherches même pas à t’en sortir ? Me fait pas rire. Quant à Nikolaevitch, arrêtes de croire à tes rêves, tes illusions. S’il veut venir me récupérer, il le fera et ni toi ni personne ne pourrez l’en empêcher. Je suis suffisamment lucide pour savoir une chose pareille. T’es trop naïf mon pauvre. Ta protection est inutile à ma vie, ça ne changera rien à ce qui doit arriver. »

Puis, il arrache alors le pansement sur sa main. Les saignements ont cessés mais la plaie est toujours là, répugnante.

« Tout comme j’ai pas besoin de ce morceau de chiffon pour guérir. »

Jetant ledit tissu dans la poubelle toute proche, il tourne alors le dos à Mischa, après ce sermon horrible et par moment injustifié. Il ouvre la porte de la chambre.

« Sur ce, je vais prendre l’air. Je te laisse recevoir la visites de personnes qui seront vraiment heureuses de te voir ; genre Elliot, par exemple. »

Il souffle.

« Celui-là… Les liens du sang ne suffisent pas à faire de deux hommes des frères. Je me demande même s’il n’est pas plus ton frère que je ne le serrais jamais. Vous êtes tellement similaires tous les deux. Pour une peu je me verrais presque comme celui que j’étais avant. »

Et il s’en va. Il ne claque pas la porte, ses mots furent suffisamment affreux à eux tout seuls. Pire encore, ça ne lui a pas fait de bien. Pas du tout. Il espérait que la frustration et la boule dans la gorge s’effacent juste après ce coup d’éclat. Mais même pas. Le couteau reste profondément dans la plaie.

Au dehors, il prend place sur une chaise en plastique à la disposition de qui veut. Il est avachi et ferme les yeux. Son odorat fini tout de même par reconnaitre le parfum de Maryline. Il ne la regarde pas.

« Chambre 214. Va le voir, il en a plus besoin que moi, là. »

Paradoxe. Il en a marre de cette foutue vie.





WILDBIRD

*partie se suicider quelque part avec des poils de lamas argentins*
 

FIN DU RP.
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Les poupées russes || Mischa ♥

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