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I'm all alone || Kagami

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❝ LOCALISATION : Partout où elle est isolée.
❝ POINTS : 232

MessageSujet: I'm all alone || Kagami Ven 3 Juil - 21:50




étudiants



I will disappear

Nanane Kagami
____________________________________________________________________
Let me forget


❝ Âge : 17 petites années qui lui paraissent déjà beaucoup pour sa frêle carrure et son estime d'elle même plus que douteuse.
❝ Sexe : Une fille, quand bien même habillée comme un garçon, on la confonde aisément avec l'autre genre.
❝ Origine : Japonaise. Elle est née à Tokyo, au réputé St. Luke's International Hospital pour être précis.
❝ Race : Humaine, bien qu'elle se définisse elle-même de 'monstrueuse'.
❝ Orientation : Ceci est une chose à laquelle elle ne pense guère, pour dire vrai.
❝ Job d'étudiant : Elle promène les chiens des personnes âgées lorsqu'elles ne peuvent le faire et parfois, elle leur parle... un peu. C'est un petit pas en avant, dirons-nous.
❝ Statut social : Pauvre, vraiment. Ses parents n'étaient pas bien riche et tout a été englouti par les récents événements.
❝ Situation amoureuse : Visualisez le néant, vous vous approcherez de la triste vérité.
❝ Nombre d'année scolaire : Elle débarque juste.


Caractère
____________________________________________________________________
Get off!


   Il y a des gens qui dès le premier regard, vous émerveillent. Il y a des gens entourés d’une aura rassurante, qui vous mettent immédiatement en confiance. Il y a des gens qui chassent vos soucis et vos chagrins d’un revers de la main. Oui, il y a des gens comme ça.

Mais Kagami n’est pas comme ça.


Peureuse ► Timide ► Renfermée.

Son comportement reflète très bien sa façon d’être et de voir les choses. Kagami est effrayée par beaucoup de choses, notamment celle de perdre à nouveau quelqu’un de cher. Voici pourquoi elle a adopté la logique idiote disant que « moins tu te feras d’amis et moins tu souffriras par la suite. ». Une réflexion complètement abrutie d’ailleurs, il faudrait que quelqu’un lui ouvre les yeux là-dessus car ça devient très urgent. En plus, comme la majorité des personnes sujettes à la timidité et à l’isolement instinctif, la Nanane ne s’aime pas beaucoup. Comprenez par là qu’elle n’arrive à se trouver que des défauts, qu’ils soient physiques et/ou comportementaux. Et lorsqu’enfin, mademoiselle se décide à se trouver des qualités, elle ne les comptes que sur les doigts d’une seule main et encore, et étant très généreuse, selon elle.

   Ayant peu de conversation, elle minimise au maximum les contacts humains qu’elle pourrait avoir. Elle est terrorisée par la simple idée de se lier, qui lui parait être une épreuve en soit désormais. Ainsi, dès que la sonnerie des classes annonce une pause ou l’heure du déjeuner, elle s’empresse de percher sur sa tête son immense casque de mixage audio. Et puis elle met la musique à fonds. Comme ceci, elle a presque l’impression d’oublier. Même si ce n’est qu’une chimère, tout ça. Rien ni personne ne pourra lui faire effacer de sa mémoire ce que son maudit pouvoir lui a fait faire il y a peu de temps. La blessure est trop à vif et tenter de la soigner ne serait pas plus concluant que d’essayer de nager dans un fleuve a contre courant sans jamais parvenir à le remonter. Et ce mal ne fait que grandir au fur et a mesure à cause de cette solitude qu’elle recherche et déteste à la fois. Pourtant, c’est juste que Kagami ne sait plus montrer ses sentiments, ou tout simplement ce qu’elle ressent.

  Gentille ► Calme ► Posée.

   Il y a malgré tout des cas rares durant lesquels elle pourrait presque paraitre normale, si l’on gommait sa sale manie à s’isoler et son apparence parfois peu flatteuse. En effet, Kagami est une personne très douce, qui ne cherche pas les ennuis, bien au contraire. Et puis parfois ce sont les ennuis qui l’a trouvent tout seuls alors elle n’a pas besoin de faire des pieds et des mains pour être ciblée contre son gré, de ce côté ci.

   Si par un miracle sorti d’on ne sait où, vous êtes parvenu à vous frayer une place dans le cœur de la Nanane et bien sachez qu’elle vous le rendra bien (de même, il faudra la bousculer pour lui faire remettre les pieds sur terre avant tout et qu’ensuite, alors, vous pourrez tenter de consolider le lien fraichement créer. C’est même conseillé car sa fragilité pourrait être son point faible et ne faire d’embastiller davantage Kagami dans l’étreinte de sa personnalité. A vous de ne pas faire de faux pas si vous le désirez tellement.). Elle peint plutôt bien, aussi vous offrira-t-elle sans doute une petite peinture pour vous remercier, tout simplement. Mais a vous de décoder car lui faire cracher une quelconque explication sera encore plus complexe que d’apprendre l’hébreux a un pingouin agoraphobe. Dans le fond, oui, elle est gentille.

   Malgré la rancune qu’elle cultive contre son pouvoir et le fait qu’elle ne le contrôle par comme elle souhaiterait que ce soit le cas, la Nanane participe bien en cours, ne se souciant pas du regard que les autres peuvent avoir d’elle. Il serait étonnant que les leurs soient aussi mauvais que celui qu’elle se porte elle-même, comme un sacerdoce sur les épaules. Sérieuse et appliquée, elle essai tant bien que mal de contrôler ce « cadeau » de la nature, qu’elle considère depuis son arrivée ici comme bien empoisonné. Et parfois, elle force trop, ce qui là fait saigner du nez, le plus souvent. Mais elle s’en fiche, de sa santé, ce qu’elle veut surtout c’est apprendre à maitriser ce foutu pouvoir pour que plus personne n’ai jamais a en pâtir. Sauf elle, peut-être et encore, elle se fiche bien de ce qui peut lui arrivée. Ce n’est pas comme si quelqu’un allait la regretter, non plus. Cette triste pensée est bel et bien celle qui l’anime depuis un bon moment à présent.

   Kagami pleure aussi, pour bien des raisons. Et parfois on a presque l’impression qu’elle se torture elle-même, se punissant pour une faute qui n’est pas la sienne.

   Dans sa chambre, rangé bien précieusement sous son lit se trouve un lecteur DVD portable. C’est l’un des biens qu’elle a ramené de chez elle, ainsi qu’une petite palette de disques ou sont gravés certains souvenirs filmés par ses parents, voir elle-même parfois. Et celui qu’elle regarde le plus souvent est celui où se trouve la dernière séquence, la veille de l’accident, ou sa mère sourit et son père rit. Les larmes coulent à chaque fois qu’elle touche l’écran du bout de ses doigts – comme si elle voulait caresser les visages qui y apparaissaient- le regarde, et d’autant plus lorsqu’elle entend les rires frénétiques de ses petits frères sur la bande son. Masochiste psychique ? Si tel est le cas, alors elle n’en a pas conscience.

   Cuisine ► Maladresse ► Étourdie

   Si elle ne parle pas beaucoup, en revanche Kagami cuisine plutôt bien. Oh rien d’extravagant, ce ne serait pas adapté que de prétendre que ses plats avoisinent ceux d’un grand restaurant français, mais au moins sait-elle survivre et se débrouiller avec le minimum vital. Toutefois, ceci n’est pas un problème à l'academie puisque les repas y sont délivrés.

   De plus, souvent plus tête en l’air que maladroite, il est fréquent que la Nanane se retrouve avec des pansements pleins les doigts et des écorchures un peu partout. Ce n’est pas faute d’essayer de se contrôler et d’être moins sotte mais a chaque fois, lorsqu’elle est distraite de sa tâche – surtout en cuisine-, elle arrive facilement à se blesser. Ne vous y fiez pas, elle est plus dégourdie qu’elle en a l’air. Ce n’est qu’une image, un masque qui a du mal à tomber, diront-nous.

  Littérature ► Musique

   Autre point qui pourrait presque la faire passer pour une personne « lambda », c’est la musique et plus précisément le piano. La demoiselle a apprit à manier cet instrument durant sa tendre enfance et n’a fait que de s’améliorer depuis. Lorsqu’elle est attablée devant le clavier d’ivoire qui lui permettra de s’exprimer, alors c’est une toute autre facette d’elle qu’elle montre. Souriante mais éphémère, vous observerez ainsi celle qu’elle était il n’y a pas si longtemps. La musique adoucit les mœurs, comme dirait le proverbe.

   En revanche, c’est une toute autre histoire pour la littérature. En effet, lorsque la miss trouve un roman qui lui plaît, si vous espérez l’en décoller, autant aller vous chercher une pelle pour creuser votre tombe car avant que ça n’arrive, vous boufferez déjà des pissenlits par la racine ! Même claquer des doigts devant ses yeux ne suffirait pas à l’enlever de sa lecture hypnotisante. En clair, les livres seront vos pires ennemis si vous avez pour objectif de communiquer un tant soit peu avec elle. Ah oui car en plus Kagami n’ira pas spontanément vers les autres, ne se trouvant pas assez intéressante pour intéresser qui que ce soit de toute manière. C’est pour cela qu’elle reste dans son coin, à dévorer littéralement des bouquins. Mais ceci est un sujet que nous pourrons retrouver plus tard, lors d’un rp, pour le détailler plus en profondeur encore.

Serez-vous celui qui la sortira de cette bulle suffocante, Invité ?




❝ Particularités : réponse
❝ Tics et manies : Elle se ronge les ongles et s'isole souvent. Trop souvent.

❝ Passions : Le piano, la littérature et la peinture, très certainement. La musique? Tout autant.
❝ Phobies : Reperdre le contrôle de son pouvoir. Son pouvoir tout court, en fait.

❝ But : Se contrôler - et qui sait, peut-être un jour faire en sorte de faire disparaitre son don empoisonné.
❝ Rêve : Plus aucun actuellement.


Identité secrète ❝ The Scarlet Clock
____________________________________________________________________
Tik Tok


❝ Origine : Mutation.
❝ Don : Contrôle du temps : Accélération & Ralentissement.
> Puisqu’elle est nouvelle au pensionnat, il est simple de déduire que Kagami ne maîtrise pas encore bien ses pouvoirs. Il faut dire qu’elle ne les utilise plus comme autrefois, aussi régulièrement. En vérité, a part dans les cours de contrôle des pouvoirs, elle ne s’en sert jamais. Ou du moins personne ne la vu faire. Qui sait, peut-être que quand elle aura un peu plus confiance en elle, son blocage sautera et qu’elle se décidera à profiter un peu plus de ce don de la nature ? Pour le moment, effrayée par les perspectives que cela lui apporterait, elle reste discrète sur son don et évite d’en parler à outrance. Elle apprend donc tout juste à les maitriser de façon « sérieuse ».

Autrement, du temps ou elle savait encore sourire sans qu’on ait besoin de lui tirer les joues nous-mêmes, elle se servait de ce contrôle sur le temps de bien des façons, souvent hilarante ou pratique. Mais jamais méchamment. Non, ce n’est pas son délire que de faire du mal avec cet attribut qui lui a été plus ou moins offert par Dame Nature. Si un jour elle doit de nouveau s’en servir, elle aimerait que ce soit pour le bien-être d’autrui, ou au moins pour une chose utile. Petite, elle s’en servait pour replacer dans son bol les céréales tombées à côté par exemple, ou encore s’amusait à faire avancer puis reculer le poisson rouge dans son bocal. Elle était petite et ce petit plus que personne d’autre n’avait la fascinait, tout simplement.

L’avantage de ce don, c’est qu’il est tout de même puissant, et en le travaillant convenablement, elle pourrait faire de grandes choses dans un futur proche, c’est certain. Encore faut-il qu’elle y arrive pour ça, bien évidement. L’inconvénient, c’est que ses angoisses et ses peurs lui font pour le moment perdre le contrôle de son pouvoir, c’est le cas de le dire. Lorsqu’elle est sujette a la peur, alors elle fait, disons le clairement, des conneries. Au lieu de remonter le temps, elle l’accélère, etc. Ce qui débouche souvent sur des bourdes, en fait, dont la plus magistrale là conduite directement à Laurel City.

Lorsqu’elle est sur le point de perdre le contrôle de son pouvoir, cela se manifeste par une espèce de flammes bleue sortant de son œil gauche, ce qui l’a fait souvent paniquer encore plus, amenant donc encore plus de carence de contrôle. Un cercle vicieux. Elle n’a jamais comprit vraiment pourquoi cette flamme qui ne brûle pas se manifestait de la sorte, surtout dans des moments pareils, mais le fait est que c’est ainsi et qu’elle ne pourra rien y changer. Pour retrouver la main mise sur sa capacité, il faut avant tout qu’elle se calme et se déleste du trop plein d’émotions l’ayant menée a un tel manque de maintient. Et en général, ça se manifeste par un isolement et/ou des larmes abondantes. Aussi, de temps a autre, si elle venait a top user de son pouvoir, il y aurait des répercutions plus ou moins graves sur sa santé (saignements, douleurs, migraines et toutes les joyeusetés du genre).

Autrement, elle possède une autre forme, qu'elle n'a pas encore 'exploité' et dont elle n'a pas 'conscience' à proprement parler. Son pouvoir, sans devenir 'indépendant', lui permet de 'sentir' des évenements qui vont arriver dans les dix secondes maximum. Elle perd alors temporairement sa réelle conscience pour se laisser diriger à l'instinct et use de son don pour 'remonter' le temps d'une poignée de seconde et empêcher le drame de se produire, si possible. Ça ne fonctionne pas à tout les coups et le contre-coup est terrible. Elle commencera par sa décolorée, devenant ainsi : http://www.zerochan.net/627285

L'étape supérieure? Elle ... disparait, purement et simplement. Si personne ne l'arrête dans son déferlement, son pouvoir pourrait donc littéralement la supprimer.
❝ Maîtrise : 3/10, elle ne maîtrise pas grand chose et encore moins sous le coup de l'émotion forte, chose à laquelle elle est loin d'être imperméable.
❝ Points forts : Sa réactivité et ses possibilités quasi-infinies de déclinaisons font de ce pouvoir un atout majeur pour qui sait en tirer profit.
❝ Faiblesses : Sa trop grande instabilité, n'en doutons pas! De plus, les répercussions sur sa santé, encore majoritairement mal connues, peuvent sans doute être handicapantes sur le court comme long terme.

■■■ Si tu devais avoir un(e)... ■■■

❝ Costume : Un masque comme celui-ci : •  ainsi qu'un costume qui lui a été donné, comme ceci : •. Ridicule, nous sommes d'accord. D'autant qu'elle trouve encore à redire sur la longueur de la robe, qu'elle trouve trop courte.
❝ Arme : Aucune, elle n'aime pas se battre.
❝ gadget : Une 'capsule' comme celle-ci pouic contenant un 'canon' ultra-léger et lui permettant de condenser son pouvoir ailleurs que dans son corps. Comprendre par là que le gadget peut 'envoyer' une partie du pouvoir de Kagami hors du champ d'action direct de cette dernière. Son usage est cependant rare car épuisant.
❝ Véhicule : Une bicyclette usée. Un jour quelqu'un le lui a offert, sans dévoiler son identité et depuis, elle y fait attention autant que faire ce peut à ce vélo. C'est l'un de ses biens les plus précieux.


Histoire
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Urusai


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Toi, derrière ton écran

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Dernière édition par Kagami Nanane le Ven 3 Juil - 23:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I'm all alone || Kagami Ven 3 Juil - 23:04

Histoire
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Past is the fury


Pour qu’une nouvelle vie soit conçue, il faut que deux âmes s’unissent l’une à l’autre, afin de faire germer, en commun, la graine qui deviendra un jour le signe de leur court passage sur cette Terre. Cette union se fait souvent par amour, puisque c’est là le moteur principal d’un couple en pleine santé. Beaucoup d’enfants naissent ainsi.

Sauf que ce n’est pas le cas de Kagami.

Tokyô – Quartier Shibuya ; Ruelle de la Meiji Dori – 22h37.

Clac Clac Clac Clac Clac Clac.

Voici le son stressant que fait une paire de chaussure à talons aiguilles aux pieds d’une jeune femme fuyant de façon effrénée. Si bien que son cœur laisse deviner un palpitant à crever le plafond et que sa respiration devient de plus en plus contraignante. De la même façon que dans les histoires d’horreurs, on pourrait être tenté de croire qu’elle essai d’échapper à un dangereux psychopathe qui va la tuer dès qu’il l’aura retrouvé. A l’inverse, si l’on est plus amateur de Shojo, alors on s’attend à un sauvetage in extrémis de la belle sylphide par un gentleman extraordinaire, à la coupe de cheveux gominée et aux yeux scintillants.
Si vous vous attendiez à cela, passez votre chemin.

Les faits sont tous autres.

« Halte ! Halte ! » hurle une voix rauque derrière elle, résonnant contre les murs du passage exiguë qui parait être sa porte de sortie vers des jours meilleurs. Cette jeune femme, en vérité, c’est plus pour les autres qu’elle est un danger que l’inverse. Et maintenant que tout son petit groupe de malfrats en tout genres vient d’être dissous, elle n’est pas folle et court pour essayer de s’en sortir sans se faire coffrer. Ses chevilles finissent par lâcher prise sur sa paire de chaussure et ainsi elle a presque l’impression d’aller plus vite. Ce qui n’est pas tout à fait faux, dans le fonds. Mais au fait, qui est-ce, elle ?

Son nom n’est autre qu’Hitomi Sekai. Fille de prostituée, laissée seule dans la rue, elle dû vivre de ses propres moyens dès l’âge de quatorze ans. Et souvent ce n’était pas très honnête. Mais ça, allez l’expliquer a un gamin qui crève de faim parce qu’on ne veut plus s’occuper de lui, pour voir. C’était vraiment le cas de le dire, la faim justifiait les moyens. Et puis ce n’était jamais de gros larcins. Tout au plus un petit billet par-ci par-là, histoire d’avoir de quoi se remplir l’estomac au moins une fois par jour. Parfois, des personnes sympathiques lui donnait a manger alors qu’elle s’était faite prendre en flagrant délit de vol a l’arraché. Ils était gentils, ces gens là. Mais trop peu nombreux. Et vint un jour ou la valeur des vols se fit de plus en plus conséquente. A force de travail, Hitomi avait développé une véritable patte de velours, lui permettant de détrousser n’importe qui de n’importe quoi.

Un sale petit talent qui attira bien vite l’attention d’un macho doublé d’une brute épaisse, qui pourtant régnait en quasi-maître sur le quartier le plus animée de la capitale nippone. Son nom ? Reiichi Nanane. A la tête d’une petite bande de crapules, il usait de la violence pour s’approprier tout et n’importe quoi. Et alors qu’Hitomi, avec son look androgyne, faisait encore assez garçon manqué, avec ses cheveux coupés très courts et ses formes pas encore voyantes, il décida de recruter ce qu’il pensait être « un futur As du détroussage ». Bien évidemment, son offre fut immédiatement acceptée, cela va sans dire. Au moins, a ses côtés, même si elle n’avait pas une bonne réputation dans les environs, la Sekai avait au moins un toit ou passer ses nuits. Il ne fallait pas croire, elle le faisait uniquement par intérêt. Les hivers sont rudes, surtout lorsqu’on les passe dehors, elle pouvait en témoigner.

Avec sa coalition, elle devint de plus en plus active dans le vol des sacs à mains et faisait les poches comme personne. Toutes ces réussites là hissèrent dans l’estime de Reiichi, si bien qu’il lui proposa un jour, de devenir son bras droit. Une fois ce rôle endossé, elle savait qu’elle avait du pouvoir sur les autres, et ça lui plaisait d’autant plus. De même que son « Chef » pour qui les sentiments s’étaient éveillés en son cœur d’adolescente pas éduquée. Après tout, ne dis-t-on pas que le pouvoir est une séduisante denrée ? Bien entendu. Même s’il y avait tout de même un peu d’amour vrai dans le lot mais ça, plutôt crever la gueule ouverte devant les passants plutôt que de l’avouer, c’était clair et net.

Ce petit manège dura en tout et pour tout un an, soit jusqu’aux dix sept ans de la demoiselle. Son corps changea de façon exponentielle en un peu moins d’une année et Reiichi finit par découvrir le pot aux roses; que sous la casquette de celui qu’il appelait « son meilleur ami des rues » se dissimulait enfaite une silhouette frêle et n’ayant encore frissonné d’appartenance pour personne. Sans doute était-ce cela qui rendait Hitomi encore plus attirante. Et alors que cette dernière crue que Reiichi serait prit d’une colère sans nom en apprenant la vérité, ce fut l’inverse. L’exact opposé, même. Il s’occupa bien plus d’elle et en fit une vraie princesse. La seule chose qu’il exigeait en retour, c’était qu’elle devienne un peu plus féminine, car un Boss, un vrai se doit d’avoir une femme que l’on lui envie.

Ne voyant pas le petit jeu pervers et dénué de sentiments auquel cet homme légèrement plus âgé qu’elle se livrait, Hitomi changea, du tout au tout. Même son caractère s’en ressentit. Et pourtant, si elle était maintenant la possession du chef de Shibuya, elle était heureuse de pouvoir lui offrir ses propres sentiments. L’amour rend aveugle après tout. Et dans les yeux océans du Nanane, elle laissait se noyer ses deux améthystes lui servant d’orbes, sans jamais chercher à comprendre quoi que ce soit. Ses cheveux noirs et son charisme naturel –bien qu’utilisé a mauvais escient cependant – avait accomplit le haut fait de charmer Hitomi, qui pensait être enfin aux côtés d’une personne forte pouvant la protéger, et lui éviter de retourner à la rue, ce monde auquel elle avait eu tant de mal a échapper. Elle n’avait juste pas prévu une petite chose, un détail qui avait plus d’importance qu’il n’y paraissait dans l’histoire, au final. C’est que le frère ainé de Reiichi était policier. Et qu’en ce moment même, c’était lui qui lui courrait après.

Grand dieu ce qu’elle n’avait jamais pu le saquer, ce rabat joie ! Combien de fois était-il venu à leur repaire pour essayer de raisonner – sans succès- son cadet sur ses activités peu flatteuses ? Hitomi ne les comptait même plus. Il lui faisait pitié et elle lui aurait volontiers tranché la langue - si elle avait un jour eu le courage de tenir une arme dans ses mains. Ce qui ne fut jamais le cas. Et là tout de suite, elle est forcée de sprinter pour le semer, ou du moins essayer. Mais il n’est pas idiot, l’animal, et ça c’est tout le problème, actuellement.

Heureusement, la Sekai connait pas mal de raccourcis dans le coin, ce qui lui donne l’avantage. En plus, ses cheveux au carré peuvent être dissimulés sous la capuche d’un sweat-shirt qu’elle volera à l’étalage du premier commerce trouvé. Qu’importe qu’elle soit maquillée comme un camion volée, l’essentiel est que les apparences soient trompeuses suffisamment longtemps pour que les flics ne lui mettent pas la main dessus. Ensuite elle n’aura qu’à aller retrouver Reiichi et se sera fini de cette mésaventure. Il lui dira qu’il l’aime, même s’il ment et tout ira de nouveau pour le mieux. Du moins le pensait-elle.

Car malgré ses stratagèmes, au détour d’un virage, une main ferme se saisit de son poignet avant de la plaquer contre un mur. Et merde, encore lui. Il l’a donc rattrapé malgré tout. Narushii Nanane, celui qu’elle s’évertuait à fuir depuis tout ce temps. Enfin, tout est relatif, mais rien qu’une soirée à essayer de lui filer entre les doigts paraissait devenir une éternité, a force. Et là, il a beau l’avoir acculé contre ce mur, dans une autre ruelle, cela ne l’empêche pas de râler et de se débattre. « Putain mais tu peux pas nous lâcher à la fin ?! »

Ses yeux violets, largement mis en valeur par le eye-liner trop appliqué et le mascara qui dégoulinait, paraissaient être traversé de mille et un éclairs. Il ne dit rien, sa mine est grave mais elle s’en contrefiche royalement. Tout ce qui l’importe, c’est de rejoindre son groupe « d’amis » là, tout de suite. Ils s’étaient tous séparez parce qu’un autre groupe à la mauvaise réputation au sein de Tokyo, arrivait près de leur repaire. Pour ne pas attiser la colère d’un gang pareil, il leur avait semblé plus judicieux de se carapater aussi vite que cela avait été possible de le faire. D’autant plus lorsque les sirènes de polices avaient commencées à déglutir leur mélodie détestable aux oreilles de tous.

C’est ainsi que cette tigresse se retrouvait dans cette inconfortable position. Désespérément, elle tente de lui écraser les pieds pour le faire réagir. Mais il a enfilé des chaussures de sécurité, et elle présentement n’est que pieds nus. Autant dire que ce vain espoir de faire réagir Monsieur Silence n’aboutit donc a rien. Il ne lui reste plus qu’une solution, être désagréable pour le blesser dans son orgueil, voir même le pousser dans ses retranchements. Peu lui importe de se faire gifler, si elle peut profiter de cette opportunité pour s’échapper à nouveau. En plus, elle a besoin de sa dose. Ca devient urgent. Ses bras réclameraient presque une nouvelle injection d’héroïne, comme lorsqu’elle était habituée à le faire en compagnie de Reiichi. Il faut qu’elle se libère et qu’elle se rende chez son dealer, le bien nommée X-T3. Un nom de code digne d’un geek mais c’était bel et bien sous ce nom là qu’il fournissait la marchandise. Et comme il avait toujours été réglo, Hitomi ne s’était jamais posée de question outre mesure. Mais ceci est un autre sujet, amenant à un autre débat. Hors nous n’y sommes pas. Et le contexte est tout autre.

Alors qu’elle l’insulte une énième fois en le rabaissant par rapport à son frère, la sauvage entends enfin le son de la voix de celui qui la tient presque en otage. « Il est mort. »

Ces mots là stoppent immédiatement dans son élan. Quoi ? Reiichi ? Il parlait de Reiichi ? Apparemment oui, puisqu’il le répète une seconde fois. Sauf que ça ne peut pas être le cas. Reiichi était toujours fort, il avait toujours battu tout le monde jusqu’ici. Narushii ne pouvait être qu’en train de mentir, ce n’était pas possible autrement.
Elle cherche son regard, aussi céruléen que celui de son compagnon. Et lorsqu’enfin elle le croise, ce qu’elle y lit là met au pied du mur, dans tout les sens du terme. Devant le fait accompli, même. Cette expression, dans ces orbes bleus, presque identiques a ceux de celui qu’elle aimait, ne pouvait faire que plier devant l’ultime vérité. Cette partie anatomique était une chose que les deux frères avaient en commun. Des cheveux noirs de jais et des yeux couleur d’abysses. Et si dans ceux de Reiichi ont discernaient souvent le mensonge, dans ceux-ci, il n’éclatait qu’un aveu terrible et douloureux. Cette impression n’est que trop bien renforcée par les larmes qui paraissent se bousculer aux portes de ces iris, sans pour autant parvenir à forcer le passage. Enfin, Hitomi comprends.

   « Qu…quoi ?
   -Le gang des Yamano Zakura les a tous éliminés, juste avant notre arrivée sur place. Et nous n’avons pu arrêter personne.
   -…
   -Je suis désolé. »

Aucune réaction, pendant deux petites secondes. Comprendre ce n’est pas accepter. On ne laissait pas le choix à Hitomi que d’ingurgiter ce fait dont elle ne voulait pas. Ainsi, son compagnon avait été abattu comme un chien ? C’était, en tout cas, ce que l’on voulait lui faire comprendre. Évidemment, son petit groupe était logé sur le territoire d’un gang encore plus grand qu’eux, plus grand qu’ils ne l’auraient sans doute jamais été. C’était en comparaison un petit poisson sur le terrain de chasse d’un requin. Et d’une quelconque manière, ils avaient donc attiré l’attention du prédateur, qui les avait tous décimés. Sauf une. Seule. Voici ce qu’elle était désormais, de nouveau seule. Et la rage s’emparait d’elle un court instant, pour la faire agir de façon incontrôlée.

   « Désolé » ?… Te fous pas de moi ! » Lui hurlât-elle en lui assenant un sévère coup de tête dans le nez.

Un craquement se fit entendre, bientôt suivit par les gémissements de douleur du policier, qui lâcha presque prise un instant, laissant l’une des mains de la belle libre de toute entrave. Elle cru pouvoir s’enfuir, mais il avait des réflexes, et de très bons réflexes, avec ça. Hitomi fut tentée de le traiter de chien galeux lorsqu’il parvint à l’immobiliser au sol, face contre terre après lui avoir tordu la main dans le dos, mais elle s’abstint, pour l’intégralité de ces braves bêtes, sans doute. Le policier, un pied au sol, ne lui dit pas un mot, se contentant de lui faire comprendre ses droits comme il le pouvait avec un nez dans son état. Ensuite, il appela ses collègues qui vinrent lui donner un coup de main aussi bien pour se relever que pour maitriser l’autre furie aux cheveux châtains.

Tout ce petit monde fut emmené au poste de police ou la demoiselle fut interrogée un – bien trop- long moment à son goût. Narushii fut soigné sur place, refusant de se rendre a l’hôpital, préférant enquêter sur le gang qui avait prit la vie de son petit frère. Même s’il était en froid avec lui depuis des années, il restait tout de même son petit cadet. Même dans la mort. Aussi, il espérait que la compagne connue de ce dernier, qu’il tenait présentement dans une salle d’interrogatoire, pourrait éventuellement le mettre sur la piste de l’un des assassins, n’importe lequel, jusqu'à ce qu’il les coffre tous et qu’il fasse couler toute la filière. Il avait bien conscience que ce n’était pas une mince affaire mais cela lui importait peu, au final. Il savait que les Yamano Zakura tenait plus des Yakuzas que du simple gang de rue et qu’il serait donc compliqué de les enfermés derrière les solides barreaux d’une prison, mais comme on dit, l’espoir fait vivre.

Malheureusement, toutes ses espérances finirent balayées comme un château de cartes lorsqu’il vit, malgré son gros pansement sur le nez qui l’empêchait de respirer correctement, Hitomi sortir de la salle et sortir comme si de rien n’était. Enfin presque. Elle l’avait bien fusillé du regard, avant de tourner les talons – et c’était le cas de le dire – et de repartir la tête haute, comme toute égocentrique qu’elle était. Sans doute était-elle la seule que sortir du commissariat sans rien au pied ne gênait pas. L’inspecteur lui avait rendu sa si chère liberté car elle n’était pas intéressante pour le déroulement de l’enquête pour le moment. Ils chassaient de plus gros poissons. Et puis de toute manière, ils savaient a peu près tous ou là trouver.

Ces deux âmes ne se revirent pas pendant plus de deux semaines. Puis il vint ce fameux soir, ce quinze Août.

Narushii était chez lui, dans son modeste appartement, à la sortie de la station de métro de Mushashi-Sakai, l’une des lignes desservant son arrondissement de Tokyo, Chuo. Attablé sur son petit bureau bancal, il potassait encore et toujours cette sombre affaire de multi meurtres qui impliquait son défunt frère à présent. Les funérailles avaient eu lieu et on l’avait interdit de s’occuper du dossier puisqu’il était directement lié à l’une des « victime ». Alors, pour faire passer sa frustration, il se contentait de lire les progressions de l’enquête et tout ce qui en découlait. C’était peu, mais déjà ça.

Ding Dong Ding Dong.

C’est là que la sonnerie de son lieu de vit retentit à ses oreilles. Malgré tout, pour que cela le tire de sa rêverie, il fallut que les tintements recommencent deux fois supplémentaires. Il finit par se lever, faisant attention a ne pas se prendre un mur malencontreusement dans le nez a cause d’un faux mouvement, ne tenant pas aggraver son état. Et lorsqu’il ouvrit la porte, il l’a vit. Hitomi. Il fut si surprit qu’il ne parvint même pas a prononcé son nom. Elle paraissait mal en point, tant physiquement que moralement.

   « Je peux entrer ? J’ai demandé ton adresse a tes collègues, au cas où tu te demande comment j’ai fais pour te retrouver… » Fit-elle en détournant le regard, le sol devenant une source d’inspiration folle soudainement. Il ouvrit et ferma la bouche deux-trois fois d’affilée avant d’abdiquer et de la laisser entrer, avec un sourire en prime qui se voulait rassurant. Il ne savait pas ce qui lui arrivait mais au moins elle avait joué franc jeu dès son arrivée. Et pour cela, elle méritait attention.

Il l’a fit s’assoir dans son canapé et lui servit une tasse de thé chaude qu’elle ne but pas, se contentant de plonger ses yeux dans le liquide transparent bien que légèrement vert. Paraissant absorber la douche chaleur, ses doigts se resserraient autour du récipient de porcelaine, sans dessins. Malgré la chaleur de ce mois d’été, Narushii distinguait sans mal qu’elle avait la chaire de poule. Quelque chose n’allait vraiment pas, c’était plus que certain maintenant. Il ne dit rien, laissant un silence apaisant inonder la pièce. Ce fut Hitomi qui le brisa, lorsque le courage de faire des aveux lui monta soudainement à la gorge.

   « Je suis allée chercher ma dose chez mon dealer et me l’a suis injectée immédiatement, sans faire attention… »

Les sourcils du policier se froncèrent automatiquement, mais il ne l’interrompit pas pour autant, la laissant continuer son récit. Sa voix devenait de moins en moins assurée.

   « J’ai fais un malaise et je me suis réveillée a l’hôpital ou on m’avait soigné mais… je suis partie avant qu’ils n’aient le temps d’appeler les flics… »

Plus les mots s’enchainaient et moins Narushii sentait la situation être contrôlée.

   « Je suis enceinte, c’est ce qu’il m’ont dit. »

Et la nouvelle tomba effectivement nette, comme un couperet sur la nuque du Nanane, alors que les sanglots eurent tôt fait de défigurer la demoiselle, qui paniquait de plus en plus.

   « Je comprends pas ! On faisait attention pourtant avec Reiichi ! Il était suffisamment clair là-dessus, il voulait pas de morveux ! Alors pourquoi ?! »

La tasse faillit lui tomber des mains mais elle l’a reposa lourdement sur la table devant elle et cacha son visage dans le creux formé par ses deux paumes, pour essayer de se réconforter elle-même. De son côté Narushii essaya d’absorber le choc de la nouvelle. Cette femme était enceinte de son frère. Les coutumes japonaises voulaient qu’il n’y ait pas d’enfants avant le mariage. Pourtant là il était clair que ce ne serait pas possible. Malgré tout, il ne pouvait pas la renvoyer de là ou elle venait, c’aurait été cruel et inutile. Ce qui était fait était fait, on ne pouvait pas revenir en arrière. En réalité, ce qui l’inquiétait davantage, c’était le fait qu’enceinte elle est consommé une drogue dure. Certes, elle n’était pas consciente de sa grossesse a ce moment là mais même, c’était en soit un problème de taille.

Quoi qu’il en fut, reprenant contact avec la réalité, Narushii s’approcha de la jeune femme et, posant une main sur son genou droit, essaya de la consoler. Il se montra le plus sympathique possible. Un monologue se laissa transpirer de ses lèvres, contenant l’enfance qu’il avait eue, avec son frère, à l’orphelinat de Tokyo. Ils avaient perdu leurs parents très jeunes, et n’ayant aucune autre famille, avaient été placés aux bons soins des directeurs de l’orphelinat. Et si l’un avait bien tourné, ce ne fut pas le cas du second, qui l’avait récemment payé de sa vie. Enfin, après avoir écouté attentivement, Hitomi détourna le regard et murmura à voix basse :

   « Je ne savais pas où aller d’autre… désolée. »

Elle ne s’attendait pas a ce qu’il lui réponde, et encore moins qu’il l’invite à échanger avec lui, alors qu’il aurait facilement pu la balancer a ses collègues. Mais jamais il ne le fit. S’il ne pouvait se marier avec elle uniquement pour l’aider, il ne pouvait pas non plus imaginer une seconde abandonner Hitomi a sa situation actuelle.

   « Ne t’excuse pas, tu veux rester ici cette nuit ?
   -… Je veux bien, oui…
   -Pas de problème, tu veux appeler un parent, un ami ? Histoire de prévenir que tu ne rentreras pas ce soir ?
   -Je n’ai pas de chez moi…enfin je n’ai plus de chez moi…. Ils sont tous morts… dit-elle, en larmes
   -…Attends… ça fait deux semaines que tu couche dehors ? »

Elle acquiesça d’un simple signe de tête, ne voulant pas en dire plus, d’autant que ses sanglots embastillaient sa gorge dans un mutisme intense. De nouveau un silence se fit, durant lequel Narushii réfléchit intensément. Et bien vite, il prit une décision.

   « Bon, désormais tu prendras mon lit et moi je dormirais sur le canapé, jusqu'à ce que ta situation…s’améliore dirons-nous.
   -Hein ?
   -La salle de bain est au fond a droite du couloir et si jamais tu a besoin de vêtements bah… essai de voir si j’ai pas un truc trop petit qui traîne quelque part, j’avoue n’en avoir aucune idée. »

Elle le regarda, les yeux écarquillés. Il était sérieux, là ? Il lui proposait de l’héberger alors qu’elle lui avait détruit le nez et trainé dans la boue ? Hitomi ne savait plus où se mettre. Elle se contenta de lui sourire dans un premier temps, n’étant pas très douée avec les mots et les excuses. Mais au moins maintenant, elle avait un toit fixe au dessus de sa tête. Et mine de rien, cela lui faisait chaud au cœur.

Et ils partirent se coucher. Le lendemain, ensembles, ils réfléchirent à ce qu’ils allaient bien pouvoir faire. Narushii était le dernier espoir d’Hitomi. Quant à lui, il ne savait pas trop dans quoi il venait de s’embarquer, mais le simple fait que la châtain soit enceinte – de son frère qui plus est – empêchait sa conscience de la rendre à son « habitat naturel », soit, la rue. Aussi resta-t-elle chez lui longtemps, très longtemps. Elle se découvrit une âme serviable et crut qu’elle allait se tirer une balle, d’ailleurs. Lorsqu’il était absent, ou tout simplement au travail, elle rangeait son appartement et faisait le ménage de temps en temps. C’était sa façon a elle de le remercier car non, aucun mot ne s’était évadé de ses lèvres pour le lui faire comprendre autrement.

Ce qui fut plus dur à gérer, pour l’un comme pour l’autre pendant cette période, ce fut la drogue. La Sekai n’en avait jamais fait une consommation excessive, mais le peut qu’elle avait pu en prendre dans l’univers de la rue, et surtout auprès de Reiichi, avait suffit à la rendre dépendante de cette saloperie. C’est ainsi que parfois, elle avait des crises que Narushii essayait de contrôler au mieux – le plus souvent en l’attachant carrément sur une chaise, pour faire court, jusqu'à ce qu’elle se calme et parte finalement bouder dans la chambre où sous la douche- même si ce n’était jamais simple. Le sevrage fut très très difficile. Rajoutez à cela les hormones en folies dues à la grossesse et n’importe qui aurait eu des envies de se défenestrer immédiatement avec une bête pareille a proximité.

On avait même du mal à faire la différence entre une lionne énervée et une femme enceinte parfois. Comment dire… ses envies à elle différait un petit peu du commun des futures mères. Hitomi ne réclamait pas « Je veux des fraises. » à minuit et demi voir plus… Non non, elle, s’était plus « J’VEUX MA DOSE BORDEL DE MERDE ! ». Tout de suite moins élégant, vous en conviendrez.

Bref. C’est donc dans une ambiance du feu de dieu que le ventre de l’ex fille des rues s’arrondissait de plus en plus chaque jour. Narushii la faisait suivre par un spécialiste régulièrement afin d’être certain que tout aille bien pour l’enfant -qui se révéla ne pas être tout seul finalement puisqu'Hitomi attendait deux bébés - et avait même fait l’emplette de quelques vêtements et autres accessoires pratiques pour la future mère. Et puisqu’il était hors de question pour la Sekai d’interrompre sa grossesse malgré les difficultés qu’elle éprouvait à contenir sa fureur, parfois, elle décida même de se reprendre convenablement en main. Du moins autant qu’il lui était possible de le faire. Lors d’une journée ou elle se retrouvait seule, comme souvent lorsque le Nanane partait au travail, elle en profita pour faire quelques recherches dans le plus grand secret. Ce n’était pas un secret d’état, mais dès lors qu’elle eut trouvée satisfaction, elle voulait l’annoncer elle-même a son… « Colocataire » ? Oui, c’était sans doute l’adjectif qui lui convenait le mieux.

Un soir, enceinte de six mois, elle annonça à Narushii qu’après la naissance des enfants, elle voulait s’engager dans les études et devenir secrétaire médicale. Il avait été à la fois surprit et très heureux d’apprendre ceci, si bien qu’il l’encouragea dans sa démarche et qu’encore une fois, il l’aida à remplir des dossiers pour s’inscrire dans diverses écoles publiques. A mesure que le temps les avait plus ou moins contraints à vivre ensemble, et au vue de tout les efforts qui étaient fait des deux côtés, chacun des deux protagonistes avaient vu ses sentiments évolués. Mais ce petit bourgeon qui leur était commun resta emprisonné longtemps derrière des barrières que ni Narushii ni Hitomi n’osaient franchir une bonne fois pour toute. Après tout, il était le frère de Reiichi, et elle en était l’ex-compagne. C’était sur un terrain miné qu’ils avaient l’impression d’avancer pas à pas.

L'accouchement eu tôt fait de faire sauter ces maudites entraves.

Narushii travaillait ce soir là, et Hitomi s’était retrouvée seule. Comme il était habituel que ce soit le cas, maintenant. Et rien n’aurait pu prévoir qu’elle passerait sa soirée aux urgences de l’hôpital le plus proche. Elle lisait tranquillement lorsqu’elle fut prise d’une violente contraction. Ne comprenant pas, elle essaya d’abord de se calmer et cherchant sa grille de mots croisés, abandonnée le matin même. Mais non, ça recommençait. Encore et encore. C’était insoutenable. La douleur paraissait lui ronger les os. Il fallait qu’elle soit prise rapidement en charge par des personnes compétentes. Elle sentait qu’elle allait bientôt perdre les eaux. Et son… « Ami » n’était pas là ! Horreur.

Avec toute la contenance qui lui était possible de rassembler, elle se saisit du combiné et appela le commissariat ou officiait le Nanane. Une main sur son ventre, des larmes roulant sur ses joues, elle essaya d’articuler comme elle le put lorsqu’il décrocha enfin, après cinq sonneries qui lui parurent interminables.

   « Mochi Moch..
   -Narushii !
   -Hitomi ?! Qu’est-ce qu’il se passe ?
   -Je … Je crois que je vais accouch…accoucher !
   -J’arrive immédiatement. »

Et hop, il avait raccroché. Il lui fallut malheureusement une trentaine de minutes pour se rendre jusqu'à son domicile ou Hitomi commençait à se sentir de plus en plus mal. Mais elle ne comprit pas très bien une chose, à laquelle elle ne fit cependant pas plus attention que ça par la suite. Alors qu’elle était persuadée de perdre les eaux, ce ne fut pas le cas. Un choc étrange se diffusa dans son corps mais rien de plus, et les contractions reprirent normalement. Pas plus de questions cela dit, elle désirait juste Narushii.

Elle ne le savait pas mais c’était là la toute première manifestation des pouvoirs de ses filles, dont elle ne saura jamais rien.

Sous l’effet du choc aussi bien physique d’émotionnel, les nourrissons encore dans le ventre de leur mère avait déclenché une sorte de système de défense, comme l’aurait fait n’importe qu’elle être faible sur cette planète. Ils ne se contrôlaient tout simplement pas. Mais passons, ce n’est pas encore ce chapitre que nous abordons.

Le policier arriva et emmena la jeune femme le plus vite possible au réputé St. Luke's International Hospital. Le seul qu’il y avait à proximité de chez lui. Hôpital international, son personnel se fit extrêmement compétent et ce, dès qu’il eut posé un pied a l’intérieur avec Hitomi en sueur dans ses bras. On la plaça dans sur un brancard et l’emmena directement en salle de travail. Trop tard pour une péridurale cependant. Elle devrait « profiter » des joies d’une naissance sans anesthésie. Narushii fut autorisé à rester prêt d’elle, et heureusement car sinon elle aurait sans doute disjoncté. Déjà que la douleur lui sciait littéralement le ventre, si en plus elle avait du affronter ça toute seule, autant se shooter encore une fois a l’héroïne, c’aurait eu au moins autant d’effet qu’un anti-douleur lambda. Ou pas.

Le travail dura en revanche – et pour son plus grand bonheur- moins de deux heures. Le premier bébé se présenta vite et sans problèmes. Enfin presque. Son cordon ombilical, enroulé autour de son cou, empêchait a l’oxygène de passer correctement jusqu’au cerveau. Une sorte de pendaison naturelle, pour faire simple. Le petit corps sortit presque bleu du ventre de sa mère, couvert de sang. La sage femme le prit dans ses bras et annonça à la mère que c’était une fille. Narushii s’approcha, par curiosité. Et le nouveau-né ouvrit ses yeux en grand, dévoilant des pupilles d’un bleu identique au sien. Un reflet. Et le premier mot qui sortit de sa bouche en voyant cela fut : « Kagami. »

A se demander s’il était conscient totalement devant la situation d’urgence. Du moins si ce n’était pas le cas, lorsque la petite referma les yeux et paru ne plus bouger, il sentit son cœur se serrer. L’équipe médicale s’empressa d’emmener l’enfant dans une autre salle, pour la ramener et lui apporter les premiers soins. Hitomi, constatant l’urgence malgré son état -les contractions pour le second enfant commençaient alors -, fondit en larmes et hurla à Narushii :  « SAUVE-LA ! PITIÉ ! SAUVE-LA ! »

Que voulait-elle qu’il fasse, au juste ? Il n’était pas médecin, malheureusement. La seule chose qu’il pu faire, fut de suivre les gens en blouses blanches qui emmenait la nouvelle vie plus loin et d’observer, stressé, le déroulement des opérations pendant que dans la salle de travail, on s’occupait de la nouvelle mère en l'aidant dans son second don de vie.

Fort heureusement, la petite Kagami fut sauvée rapidement par les sages femmes et les infirmiers. On lava son petit corps frêle et pâle puis on l’emmaillota dans un couffin rose avant de la remettre a Narushii qui se sentait un peu… « Père », a ce moment là. Laissant ses yeux bleus glisser sur le petit trésor de chaire qu’il tenait bien entre ses bras, il sourit. Elle était magnifique. « Comme sa mère. » se laissa-t-il à penser, avant de se reprendre.

Il attendit sagement que l’on remonte Hitomi dans une chambre individuelle et s’empressa d’aller lui porter sa fille. Ce que l'histoire gomma des environs fut un détail pourtant pas si négligeable que cela. Le second bébé, ayant par accident déclenché ses pouvoirs sous le coup de l'instinct pur, venait tout simplement 'd'effacer' son existence de toutes les mémoires; même de celle de sa mère. Aux yeux de tous, il ne restait plus que Kagami issue de cette naissance.

Épuisée mais rassurée, la jeune mère se saisit de sa descendance et la berça, instinctivement. Elle sourit. L’accouchement avait parut appliquer sur elle un tout nouveau voile de beauté. On la sentait.. Épanouie. Enfin, lorsque son ami l’interrogea sur le prénom qu’allait porter cette petite puce, c’est presque tout naturellement qu’elle lui répondit, un sourire accroché aux lèvres fines qu’étaient les siennes :

   « Kagami. »

Il sourit lui aussi. Et reconnut l’enfant. Ils se marièrent dès que la sortie de l’hôpital fut possible à la jeune mère et au nourrisson, 'oubliant' le second, comme s'il n'avait jamais existé. Voici comment est venue au monde la bien nommée : Kagami Nanane. Le reflet du septième son.


C’est dans un contexte familial serein que la petite grandit, sans jamais avoir à se soucier de rien. Ses « parents » déménagèrent loin de son lieu de naissance. Achetant une maison dans l’extrême Nord japonais, ils installèrent leur noyau familial dans la ville d’Asahikawa. Un petit pavillon dans une banlieue résidentielle… qui aurait pu rêver mieux pour commencer une toute nouvelle vie ? Ici, personne n’était obligé de savoir que Kagami était née avant le mariage de Narushii et Hitomi, et d’ailleurs ils se décidèrent à ne jamais lui dire. Après tout, qu’importe que l’homme qui était aujourd’hui le mari de sa mère ne soit pas son père biologique, il le deviendrait par la force des choses. Et puis à bien y regarder le même sang coulait dans leurs veines, a quelques différences prés. Les deux frères avaient toujours cultivé une forte ressemblance. Alors, qui s’en soucierait ? Personne. Et c’était très bien ainsi.

Narushii retrouva un emploi de policier dans un commissariat de quartier et en quelques années monta en grade pour passer officier de secteur, un poste qu’il n’aurait jamais pu espérer obtenir dans son quartier Tokyoïtes d’autrefois. Certes, le salaire n’était pas le même et beaucoup de changements s’étaient opérés en peu de temps dans la courte vie de cet homme pur de cœur. Mais ne dit-on pas qu’il faut parfois prendre un virage décisif dans sa vie avant de gouter au miel du bonheur ? Dans tout les cas, lui, à présent, le pensait fortement.

Hitomi se déshabitua de la drogue dure qu’elle avait prit jusqu'à très récemment et se scotcha la tête dans un livre d’étude, avant de se retrouver, pour la première fois depuis très –voir trop- longtemps sur les bancs scolaires. Bien évidemment, elle était la plus âgée de sa classe, avec ses vingt ans presque acquis, et ses « camarades » n’allaient pas au-delà des dix sept ans, mais elle s’en fichait ro-ya-le-ment. La grossesse lui avait peut-être apporté un gain de maturité phénoménal, mais elle n’avait pas oublié son égocentrisme pour autant et savait très bien ce qu’elle valait. Soit, au moins tout autant que ces jeunes étudiantes portant encore sans aucun doute des culottes blanches.

Son diplôme en poche, après son cursus durant lequel elle avait parfois dû se battre avec les leçons qu’elle ne retenait pas, Hitomi plongea au cœur d’une nouvelle expérience ; celle d’avoir un emploi stable et honnête. Ce qui était bien une première pour elle. Ayant vécue toute sa vie dans la rue, il lui avait toujours été compliquée de se projeter quelques années plus tard. Il faut dire qu’avant de se savoir enceinte, elle ne s’intéressait pas à ce qui l’entourait, sauf peut-être Reiichi. Même son avenir ne la préoccupait pas.

C’était de l’histoire ancienne, maintenant. Et a vingt trois ans, elle découvrait les joies d’avoir des collègues et de bien s’entendre avec par-dessus de le marché. Si ça ce n’était pas de la chance. Même dans son foyer, la gaieté régnait en maitresse parfaite. Pour son plus grand bonheur, sa relation avec Narushii allait de mieux en mieux, et son adorable fille, qu’elle aimait a appeler son « rayon de soleil » grandissait de plus en plus chaque jour, s’éveillant normalement, comme tout les enfants de son âge. Le seul bémol fut peut-être sa peau blanche, voir même parfois presque cadavérique. Les pédiatres rassurèrent les Nanane quant à l’état de santé de Kagami. Cette étrange décoloration n’aurait pas d’impact ultérieur sur sa santé. En revanche, ils ne parvenaient pas à déterminer d’où elle provenait. Le couple privilégia la thèse de la drogue, ou peut-être de l’incident de la naissance, mais ils turent cette pensée, ne voulant ni se rappeler de pareils moments sombres, ni s’imaginer le pire.

A l’entrée à la maternelle de l’enfant, les instituteurs alpaguèrent bien vite l’attention des parents sur son gout prononcé pour la lecture. Si en effet, elle avait mit un peu de temps à marcher correctement sur ses deux jambes – ce qui avait finit même pas inquiéter Narushii et Hitomi, devenu paranoïaques, à force – ses capacités intellectuelles lui permirent de comprendre très vite que non seulement les livres qu’elle manipulait avec très peu de douceur étaient non seulement instructifs, mais en plus fichtrement intéressants. De ce côté ci, il n’y eu pas de problèmes majeurs. A son entrée en primaire, elle se familiarisa avec l’instrument somptueux qu’était le piano a queue et en première année de collège, Kagami s’intéressa a la peinture, qui lui permettait de s’exprimer d’une façon encore différente. Et la vie suivit son cours.

Si bien qu’à l’aube des quatre ans de Kagami, cette dernière écopa d’une paire de petits frères. Des jumeaux -qui, ironie du sort, se pensèrent être les premiers de la fratrie, logique. Baptisés Rei et Soko, ils développèrent très tôt un sens aiguë de la farce et de l’art et la manière d’enquiquiner leur monde de plus d’une façon, leur sœur ainée la première, bien évidemment. Les petits ne se ressemblaient pas beaucoup, physiquement parlant. Si Kagami avait les cheveux noirs et les yeux bleus, les tornades avaient hérités des yeux violacés et de la chevelure de leur mère. Seule la forme de leurs visages permettait de les identifier comme étant de la même fratrie. Puisqu’ils n’avaient tout les trois que très peu d’écart, malgré leurs chamailleries constantes, ils devinrent très complices et s’aidaient de temps a autres pour ne pas se faire gronder lorsqu’une bêtise était faite. C’était là le temps ou Kagami savait encore sourire. Une époque révolue, ou en dangereuse glisse sur la pente de l’extinction tout du moins.

Son pouvoir se manifesta a ses quatorze ans, pour la seconde fois sans qu’elle ne le sache. S’il s’était déclenché par réflexe le jour de sa naissance, il avait attendu patiemment à l’intérieur de son petit corps, le moment le plus approprié pour se faire voir de nouveau. Le pire étant que c’était pour sauver la mise a ses cadets qu’elle s’était vu « obligée » d’utiliser son don, alors qu’elle en ignorait jusque là l’existence.

Ce jour ci, il n’y avait pas eu école en raison de la neige excessive qui était tombée en gros flocons sur la ville. L’hiver se faisait très froid, bien plus que les années précédentes, aussi Hitomi décida de se faire bouillir une casserole d’eau en vue de déguster prochainement une infusion de thé. Toujours prudente, elle surveillait le liquide buller sous l’effet de la chaleur délivrer par la gazinière allumée plein feu. Sauf qu’il fallut qu’un coup de téléphone la déconcentre de sa tâche habituelle. Pensant qu’elle ne s’éterniserait pas pendue au combiné, elle partit décrocher et découvrit avec une agréable surprise, qu’il s’agissait de Rika, l’une de ses collègues de travail avec qui elle s’entendait très bien. Sans doute était-elle sa meilleure amie, pour dire vrai.

Laissant donc Kagami dessiner sagement sur la table de la cuisine, elle en oublia la casserole d’eau bouillante qui était restée sur le feu. Les turbulents jumeaux déboulèrent quelques instants plus tard, en trombe, dans la petite cuisine, s’amusant à se pourchasser. Le plus jeune faisait mine d’être une pauvre victime poursuivit par un monstre d’un autre âge et l’ainé, armé d’une peluche d’ourson, s’imaginait avoir dans les mains une puissante et dangereuse hallebarde, prête a déchiqueter sans merci sa cible. L’imaginaire des enfants est une mine d’or, surtout pour ceux qui savent la comprendre. C’est ainsi que tout se déclencha. Soko accrocha sans le vouloir le manche de la casserole avec sa peluche, qui faillit bien se renverser sur lui et son cadet non loin, les ébouillantant vifs. Ce qui empêcha ce drame ? Leur sœur.

Distraite par le chahut qu’ils faisaient à deux, la panique l’envahit dès lors qu’elle vit l’eau très chaude en train de se renverser vers la tête de Soko, tandis que la casserole en elle-même chutait dangereusement en direction du sol. Un cri honora la pièce, sortant de sa petite bouche de fillette apeurée.

   « Non ! »

Et ce fut comme si rien n’était jamais arrivé. La casserole et son contenu retrouvèrent leur place originelle, au dessus des flammes. Kagami cligna des yeux à plusieurs reprises, essayant de comprendre ce qui venait de se produire, sans y parvenir cependant. Sa mère accourue bien vite dans la cuisine après avoir entendu son cri et ses petits frères la regardaient d’un air dubitatif alors qu’elle tendait une main désignant la casserole, sans que rien ne se produise. Personne n’avait rien remarqué. Les plus jeunes étaient trop occupés à s’amuser et la mère était à ce moment là ou téléphone. Le père étant en train de dormir a l’étage, il n’y avait plus de témoin possible de cet acte plus qu’étrange.

Reprenant contact avec la réalité, la blafarde cacha immédiatement ses mains dans son dos et fit mine de jouer a l’apprentie sorcière. Sa mère soupira et lui sourit en lui ébouriffant les cheveux avant de rappeler son amie qu’elle avait subitement lâchée au cri strident de sa fille ainée. Cette dernière ne reprit pas immédiatement son activité de dessin, mais réfléchit, du haut de ses quatorze ans, à ce qu’elle avait réussit à accomplir. Ce miracle. Un vrai prodige. Si au départ son pouvoir l’effrayait, elle finit par s’en accommoder plutôt bien et finit même par le trouver très amusant. S’en servant pour tout et n’importe quoi, souvent sur le ton de la plaisanterie, cela allait du remontage de montre au poignet de son père – qui finissait par devenir fou a force – a la fonte accélérer des glaces de ses cadets alors que la sienne était toujours intacte. Une chipie sur pattes. Mais cela se limitait à ce genre d’utilisations innocentes et inoffensives. Surtout qu’elle ne s’en faisait pas usage tout le temps non plus.
Il y eu pourtant une fois ou elle perdit le contrôle. La toute première fois.

Kagami allait sur ses seize ans lorsqu’un jour, ses parents lui posèrent la question suivante : « Qu’aimerais-tu voir en premier pour les vacances prochaines ? ». Et c’est sans l’ombre d’une hésitation qu’elle leur répondit avec un immense sourire :

   « La mer ! »

C’était presque un rêve pour elle qui n’avait jamais vu cette étendue bleue turquoise que dans ses manuels scolaires ou racontée par ses camarades de classes qui avait eu la chance de partir en voyage de mer l’année passée. N’ayant pas pu y participer a cause d’une jambe malencontreusement cassée, la Nanane était restée frustré de ne pas avoir vu de ses propres yeux cette chose dont tout le monde parlait avec un certain engouement. Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Trois semaines plus tard, les valises furent bouclées et tout ce petit monde s’apprêtait à aller passer quelques jours à la plage, pour le plus grand bonheur de Kagami.

Sa mère lui fit pourtant mille et unes recommandations avant même qu’elle ne monte dans la voiture à cause de sa peau blanche. T-shirt, casquette, lunettes de soleil, crème solaire indice maximum, rien ne devait être laissé de côté au risque qu’elle n’attrape un trop fort coup de soleil pour son épiderme. Comment exaspérer la demoiselle en quelques mots a peine.

   « Rah oui maman c’est bon je sais ! » lui avait-elle rétorquée, presque sèchement. Ce qu’elle regrettera plus tard.

Et enfin, ils partirent, direction la plage la plus proche, soit celle d’Abashiri, un peu plus au Nord. C’était l’été, aussi bien que l’endroit choisit soit très en haut de la carte nippone, les températures chaudes compensaient le froid habituel, si bien qu’ils durent rouler les fenêtres ouvertes pour ne pas suffoquer, à force.

Puis, le père de la quasi-totalité de la fratrie décida au bout d’un moment, qu’il lui allait se reposer. Comme tout le monde d’ailleurs, bien que ce ne soit pas de l’avis d’une certaine fille présente dans la voiture. Elle bouda, ne comprenant pas pourquoi il faisait une pause maintenant alors que dans moins d’une demi-heure ils seraient presque arrivée à la plage ! C’est qu’elle avait hâte de voir la mer, elle ! Se sentir a deux doigts de son rêve et ne pas pouvoir y accéder a cause d’une banale « pause », avouez que ça a de quoi faire rager n’importe qui. Sa mère la raisonna alors que Rei et Soko s’étaient endormis tout les deux a côté d’elle. Il lui faudrait prendre son mal en patience, le temps que le paternel – qu’elle croyait dur comme fer être le sien- reprenne un peu de force. Après tout il voulait juste s’éviter un bête accident en s’endormant au volant de son véhicule.

Patientant difficilement et râlant, Kagami finit par mettre sur ses oreilles son casque d’mp3 et fit défiler ses chansons favorites, histoire de détendre un peu ses nerfs d’adolescentes mis à rude épreuve, pour presque rien, au final. Mais qu’importe, c’était ça logique et rien d’autre ne comptait. Pour elle tout du moins.

Hitomi profita de cette halte pour s’installer dans son siège et écouter elle aussi de la musique en recommençant une grille de mots croisés. Le repos s’annonçait long, très long pour Kagami qui en avait déjà assez de rester statique. Et, alors qu’elle s’ennuyait a mourir, elle vit se dessiner derrière la vitre de la voiture ou elle se sentait plus que prisonnière la silhouette d’un petit chat, comme il n’est pas rare d’en voir aux abords des routes lors des départs en vacances. Un laissé pour compte, pour ne pas changer. Mais mine de rien, il avait attisé la curiosité de la gamine. Elle demanda à sa mère l’autorisation de sortir sur le parking vide de monde, ou seule leur voiture occupait une place de parking.

   « Maman ! Je peux aller voir le chaton là bas ?
   -D’accord, mais tu ne t’éloigne pas, c’est comprit ?
   -Oui mamaaaan. » répondit Kagami l’air de dire « mais lâche moi les baskets tu me fatigue avec ta paranoïa ! ».

Elle sortit donc, toujours avec sa musique sur les oreilles, se dirigeant guillerette deux cent mètres plus loin, vers le petit animal qui ne prit pas peur a son arrivée. Preuve qu’il devait être domestiqué. Pourtant elle ne songea même pas à proposer a ses parents de le ramener a la maison, elle savait d’ors et déjà que la réponse serait non. Autant ne pas se faire trop d’espoir, donc. Mais ce n’était pas si grave, elle se contentait de jouer un peu avec pour le moment, en attendant que son père se réveille, c’était suffisant.
C’est à ce moment là que sa vie bascula de façon exponentielle. Ce n’était pourtant pas sa faute, elle était innocente, dans l’histoire. Elle avait voulu bien faire.

C’est vrai ça, elle n’aurait pas pu prévoir que ce chauffeur routier avait trop roulé et était maintenant en proie a une insomnie assommante alors qu’il passait a côté de l’aire d’autoroute basique et sans barrières de sécurité, où ses parents avaient décidé de faire une halte. Elle n’aurait pas non plus pu prévoir que cet homme s’endormirait au volant de son engin, dérivant dangereusement vers l’accotement et que lorsqu’il percuta ce qui était en train de se passer, ce serait trop tard. Comment aurait-elle pu savoir qu’il allait faucher la voiture dans laquelle elle se trouvait il y a encore peu de temps, et toute sa famille avec ? Rien à faire, Kagami n’aurait pas pu le prévoir.

Pourtant, elle avait vu ce camion arriver, lorsqu’elle s’était retournée pour faire signe à sa mère avec le petit chat dans ses bras. Et instinctivement, au lieu de crier, elle avait lâché l’animal qui s’était enfui immédiatement et avait tendu ses deux bras vers le camion qui se rapprochait de plus en plus de ses frères, de son père et de sa mère. Sauf que. Prise de panique, elle ne se contrôlait pas. Une flamme bleue sortit brusquement de sa pupille gauche, la déconcentrant encore plus tout en la faisant céder davantage à la terreur. Cette fois ci elle hurla, une petite seconde, alors que rien ne se passa comme elle l’aurait voulu avant que son cri ne s’étouffe de lui-même dans l’antre de sa gorge... Son but avait été de faire reculer le camion, comme elle l’avait déjà fait avec les poissons de sa salle de classe, a plus grande échelle cette fois. Mais au lieu de reculer le temps, pour laisser a ses parents un temps de réaction suffisant pour se sauver tous autant qu’ils étaient, Kagami l’accéléra.

Les pneus crissèrent sur le bitume et le camion percuta la voiture bien plus vite que prévu, avant de se coucher sur le flan, finissant d’écraser le pauvre véhicule citadin. Une explosion émergea du moteur du plus gros des appareils mais fort heureusement pour le conducteur, il pu s’extraire à temps de la carlingue. Quant à l’adolescente, elle était amorphe. Comme si elle ne comprenait pas ce qu’il venait de se passer. Et en fin de compte c’était tout à fait le cas. Il y avait des débris partout, des flammes rouges qui dansaient devant ses yeux et surtout du sang. Beaucoup de sang. Trop de sang. Celui de tous les membres de sa famille. Elle était en état de choc profond.

Son étrange flamme bleue s’était comme évaporer, lui laissant de nouveau un visage « normal », mais au-delà de ça, rien.
Les secours furent rapidement appelés et se rendirent sur place immédiatement. Mais c’était plus pour récupérer les cadavres qu’autre chose. Un policier prit la déposition du chauffeur, puis vint essayer de parler à Kagami, tremblante malgré la couverture de survie que l’on avait placée sur ses frêles épaules. Rien ne l’a fit réagir. Même claquer des doigts devant ses yeux ou y faire passer de faon alternative le faisceau d’une lampe de poche ne parvint pas à la décoller de son état plus que perturbant. En vérité, c'est surtout qu'elle était a bout de force et que tout ses muscles lui faisaient mal d'avoir été autant sollicités en une seule fois. Son pouvoir eu donc des "répercussions" sur son corps. Si bien qu'un très léger filets de sang gouttait depuis ses lèvres jusqu’à son menton, venant mourir sur ses genoux. Enfin, elle s’évanouit. Évidemment, les secouristes annoncèrent qu’elle était la seule survivante de cette famille de cinq.

La suite ressemble à un long film, encore plus dénué d’intérêt que le reste de cette longue histoire. Elle fut prise en charge tout d’abord par des psychologues soi disant compétents mais qui ne réussirent qu’a la faire se renfermer sur elle-même. Logeant dans un centre aux airs d’orphelinat, elle fut un peu surprise lorsqu’un jour, on lui annonça qu’elle avait été inscrite a un pensionnat nommée Heroe's sup, en Amérique. Jamais entendu parler. Et elle ne savait pas non plus qui avait put l’y envoyer. Ce drôle de monsieur flippant qu'elle avait vu une fois et qui lui avait crié dessus sans raison apparente? Peut-être. Après tout, elle n’avait plus de famille, alors qui ? Peu importait, au final. Elle ne se fit pas violenter pour être docile et obtempérer. Elle revint chez « elle », dans cette maison bien vide tout a coup, et put prendre quelques affaires personnelles dans des cartons. Ensuite elle partit pour la fameuse académie. Ou, plutôt, reformulons, pour un centre de pré-adaptation, où elle allait avoir le temps de s'adapter à sa nouvelle vie, sa nouvelle condition et surtout apprendre un anglais correct. Elle avait presque seize ans. Elle fêta son seizième anniversaire, sans bougies ni gâteaux ou cadeaux au centre.

A son arrivée, on la laissa aux bons soins d’un vice-directeur pour le moins flippant et la seule chose qu’elle en retint, pour cette première rencontre, c’est qu’il avait annoncé qu’ici, elle apprendrait à contrôler son « don ». Il lui faut encore un peu de temps avant de comprendre et surtout d’accepter que cet établissement n’est pas comme les autres. Mais c’est comme tout. Elle s'y fera. De toute manière, elle n’a pas le choix alors autant faire comme si elle allait s'adapter pour le mieux. Jouer des masques, était-ce donc cela, sa destinée ?

Le commencement d’une nouvelle vie. La sienne. La voici fraîchement débarquée à la HSSUP.
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MessageSujet: Re: I'm all alone || Kagami Ven 3 Juil - 23:57

tu es validé


Tu es dès à présent une étudiante Omicron au niveau 10. Tu ne dispose d'aucun équipement pour commencer.
Tu peux tout d'abord venir nous dire ton don et ton métier ainsi que réserver ton avatar.

Ensuite, tu pourras créer ton journal et commencer à gagner de l'expérience en participant activement au forum.

Si tu as une question, n'hésite pas à nous en faire part, le staff est là pour t'aider au mieux et pour t'aiguiller vers la bonne voie.
Bonne chance dans la ville des héros!

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MessageSujet: Re: I'm all alone || Kagami Sam 23 Juil - 14:24

Car le temps passe

   

   ❝ Age : 18 ans

   ❝ Date d'anniversaire : 13 Décembre

   ❝ Résumé des événements: Arrivée à la HSSUP. Perte de contrôle de son pouvoir. Accueillie par Rin. Découvre que Rin est sa jumelle. Rencontre Mischa.
   

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MessageSujet: Re: I'm all alone || Kagami

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I'm all alone || Kagami

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