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Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥

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MessageSujet: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Ven 28 Aoû - 16:49



       
       The Russianov Brothers
       It's time to end this.

   
F
roid, très froid. Telle fut la toute première sensation qu’André eut lorsqu’il reprit contact, enfin, avec la réalité de ce monde pourri, décadent. Sa gorge était sèche et ses lèvres gercées. Il avait soif et sa tête lui faisait mal. Mais avant toute chose, il voulait se rappeler de ce qui lui était arrivé jusque-là. Ses souvenirs lui confirmaient qu’il était à l’hôpital de Laurel – tout du moins il ne voyait guère pourquoi il aurait été à un autre centre hospitalier que celui-ci – et les draps légèrement rêches à force de tourner encore et encore dans les grandes machines industrielles appuyaient d’autant plus cette théorie avérée.

Peu à peu, le puzzle qui stagnait dans son subconscient se remit en marche. La première image qui s’incrusta sur le fond noir fut celle du plafond et des lumières de l’un des couloirs de cet endroit. Il y a des éclats de voix, aussi, et une douleur sur le thorax, que Loukas n’identifie pas immédiatement. Il  peine à avoir une définition nette de ce qu’il voit. Il ne peut pas parler, trop faible pour ce faire. « Il est réveillé ! Rangez le défibrillateur, c’est bon ! » Entend-t-il sans pour autant répliquer. Ah, peut-être que la morsure paraissant électrique venait de là, finalement. Il ne saurait plus vraiment le dire.

Et puis il y a un moment très net. Court, certes, mais très net.
Il se voit attraper ce type, cet Alien spécialisé dans le soin pendant qu’il venait l’examiner. André se voit et s’entend très clairement lui dire de le soigner au maximum. Pas d’autres mot prononcé ni même de demande polie, juste une phrase qui pourrait presque s’apparenter à un ordre. Pourtant, le médecin ne bronche pas. Sans doute ce dernier est-il largement intelligent et ne prend pas l’agressivité du métis pour lui. Il lui dit qu’il ne pourra pas faire disparaitre toutes les plaies car lui-même est très fatigué, mais qu’il va faire de son mieux. Là, la mémoire redevient floue et retombe dans l’obscurité la plus totale et incompressible.

Les sensations lui reviennent également, petit à petit. Il sent la présence d’une perfusion à son bras gauche. Ce n’est pas douloureux, juste dérangeant. Il se décide à bouger un peu, aussi. Ses paupières sont très lourdes, comme si elles étaient en plombs, mais il tâche de lutter contre cette vile impression. Il ne veut pas retomber dans l’inconscience une fois encore, il est fatigué de cet état de faiblesse – qui en soit n’en est pas réellement un mais André était comme il était et on ne le referait plus à ce stade.

Réunissant donc toutes les aigres forces qu’il lui reste, il aperçoit finalement le plafond blanc de ce qu’il identifie rapidement comme étant sa chambre. Il n’y a pas de lumière allumée, tout du moins, pas directement. La seule luminosité vient du couloir tout proche. André tourne la tête. La porte de la chambre est ouverte et la lueur contraire ne lui permet pas d’avoir un grand nombre de détail. Il voit juste une silhouette, de dos. Une silhouette immense et sombre. Une silhouette qui ne donnait guère envie de s’attarder là où il se trouvait.

Il voit son père. Panique.
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Dernière édition par André L. Russianov le Dim 30 Aoû - 13:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Dim 30 Aoû - 13:03



       
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I
l était arrivé en panique aux urgences. Le cœur battant, des images morbides défilant devant ses yeux. Il revoyait ce jour ou il était rentré dans la pièce, il une décennie de cela. Leur père – ce mot incise son cœur douloureusement, parce que putain non, ils n'avaient rien demandé eux, ils ne voulaient rien avoir à faire avec ce type – déjà parti, sans un regard en arrière. Le corps de Marie déjà disparu, une flaque carmin imbibant le tapis gorgé. Et André.

André, petit être qui avait encore en lui quelques parcelles d'innocence qui venaient de mourir en même temps que sa mère. Mischa n'avait rien pu faire. Il n'avait pas pu protéger sa tante, pas pu empêcher son frère de voir cette abomination. Il n'avait même pas pu sauver André de lui-même. Inutile. Faible. Déchet. Les mots ne manquaient pas pour définir comment il s'était vu. Ensuite Piotr était venu, avait attrapé celui qu'il croyait à l'époque être son fils par le bras et l'avait trainé hors de la pièce. “Suffit de flemmarder, on retourne à l'entraînement”, avait-il craché avant de lui fourrer entre les mains un pistolet que Mischa n'avait plus jamais reposé ensuite. On lui avait comme greffé son arme au poing.  

Et voilà que l'histoire se répétait. Encore une fois, Nikolaevich, malgré ses efforts et ses tentatives, venait de faire du mal à un être qu'il aimait. Pire ; celui auquel il tenait le plus. Si André mourrait... sa vie n'aurait plus de sens. Son frère était le soleil autour duquel sa planète gravitait. Sans le fils de Marie, il n'était rien. Juste un mafieux aux mains cramoisies et aux yeux déjà las de la folie destructrice des hommes et du mal qu'ils peuvent faire à leur propre espèce – des horreurs qu'il est capable de commettre, lui.

Il se stoppa dans un arrêt brutal et précipité devant le comptoir de l'entrée. Il avait couru, manqué de se faire renversé deux ou trois fois aussi. Il lui semblait avoir bousculé un homme aussi à un moment. Mais tout cela n'avait pas d'importance. Il demanda la chambre d'André. On lui demande alors qui il est pour le patient.

« Je suis son frère. » répondit-il. Et les mots frappent son cœur, au souvenir de la découverte de leur lien, celui qu'André avait rejeté en bloc les premiers jours. Aujourd'hui ils l'acceptaient, c'était une réalité, une évidence. Ils étaient frères.

Une infirmière l'emmèna. André était encore sur la table. Il n'a pas le droit de rentrer, de lui tenir la main, de lui parler. Pas encore. Alors Mischa reste dehors devant la porte, regardant à travers la vitre le sang maculant le corps de ce petit frère qu'il avait tenu sur ses genoux à sa naissance et qui avait mâchouillé son doigt. Les médecins s'agitent, sortent les scalpels et le défibrillateur. Mischa serre les poings, tremblant. Bastet l'enveloppe de son étreinte protectrice, la déesse s'efforçant de témoigner réconfort et soutien à son hôte. Elle ne dit rien, car les mots sont inutiles dans ce genre de moment.

Il resta jusqu'au bout. Quand les médecins sortent, ils lui annoncent qu'il est tiré d'affaire. Maintenant il faut attendre son réveil et compter quelques semaines pour la guérison totale. Mais il est vivant. Il ne mourra pas. Le slave en pleurerait presque et murmure un “merci” d'une voix un peu étranglée. Ils vont le monter dans une chambre. Exceptionnellement, il peut venir et rester à son chevet, bien que l'heure des visites soit techniquement passée.

Avant de monter, le temps que les infirmières lavent le corps de son frère et lui passe une tenue d’hôpital, Mischa sort fumer une cigarette dans l'air frais nocturne. Il est fébrile. Il se rend alors compte, en voyant ses mains tremblantes, qu'il n'a jamais eu aussi peur de toute sa vie. Il avait crû perdre André ce soir, il avait failli. Tout ça à cause de Nikolaevich. La colère, sourde et accusatrice, l'envahit. Son poing vient cogner le mur le plus proche, violemment.

« Блядь [ Putain! ] » rugit le lion. Il allait le tuer.

Il avait toujours fait en sorte que son père ne s'en prenne pas à André, il avait repousser au maximum l’échéance de leurs sanglantes retrouvailles avec l'espoir fou que l'autre le laisserait en paix. Mais maintenant que c'était arrivé, malgré cela, l'homme avait signé sa fin. Plus rien ne protégerait Nikolaevich de sa fureur protectrice. Peu importe les moyens de pression qu'il avait, ils ne fonctionnaient plus.

Mischa jeta le cadavre de sa cigarette et remonta au chevet d'André. Il dormait, paisible grâce aux médicaments l'assomant. Le salve prit une chaise, s'assit tout près du lit de son frère et lui caressa doucement la main. Puis il ne bougea plus.

Il ne sût combien de temps s'écoula quand une infirmière dans l’embrasure de la porte l'appela pour lui donner des nouvelles des résultats des radios. Il se leva et alla prendre les documents, écoutant la femme et ses explications... jusqu'à ce qu'un halètement de panique, dans son dos, et un froissement de tissu le fasse se retourner.

André. Réveillé. Et le fixant avec des yeux d'animal terrifié, cerclé de blanc, comme s'il voyait le diable en personne. Diable qui pour eux portait le nom de Nikolaevich.

Ne réfléchissant pas, Mischa cria à l'infirmière de sortir. Il se précipita au chevet de son frère, lui prenant les mains et pressant ses paumes sur celles-ci, ignorant la douleur glaciale qui pointait dans son cœur de voir ce dernier le regarder avec des yeux pareils.

« André, du calme. Tout va bien, c'est moi. C'est Mischa. Ton frère. » martela-t-il, pour le faire revenir et se calmer. « Tu es à l’hôpital, on t'a soigné. C'est fini. »

Et toute cette histoire le serait définitivement très bientôt. Ce n'était qu'une question d'heure désormais.
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wala. mange tes feelz. je t'aime, j'aime les frangins et ils m'inspirent trop pour que j'arrive à contrôler mon nombre de mots pardon.  
{non en fait c'est surtout des réflexions de mischa sans intérêt /pan}
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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Mar 1 Sep - 11:48



       
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I
l y a des illusions qui dansent devant ses yeux. L’anémie pour vaisseau de charge et la peur comme cheval de bataille, il ne leur est en rien compliqué de tromper le jeune homme alors allongé sur ce lit d’hôpital, en proie à une mortifiante faiblesse. S’il s’était vu lui-même dans cet état lamentable d’un point de vue extérieur, sans doute aurait-il eu honte, sans doute aurait-il été blessé aux plus profonds confins de son orgueil – nid de sa fierté mal placée. Mais voilà, pour l’heure, André ne voyait même plus le ridicule probable de la situation. Il n’y avait plus que sa terreur qui officia dans ses veines, dans ses muscles et au cœur de la moindre fibre de son corps.

Il tremble. Il a subitement très froid mais ne s’en plaint pas. Il y a l’ombre qui se rapproche, cette ombre qui lui fait si peur. Ses mâchoires tremblent, ses lèvres également. Sa respiration s’accélère, suivant son rythme cardiaque qui papillonne alors sur l’appareil électronique supposé enregistrer les battements de cœur avec précision. C’est l’adrénaline qui le pousse dans ses retranchements et  sa phobie irraisonnée qui lui bloque la gorge, lui faisant sentir sa fin toute proche alors qu’il n’en est rien.

Il n’y a là que le fruit bâtard de l’inconstance.

Il sent ses mains être prises en étau. Il a peur, cette sensation lui fait l’effet d’une paire de bracelets semblables à des menottes. Il ne veut pas être prisonnier, pas encore. Il ne veut pas appartenir à quelqu’un, n’être qu’une denrée esclave tout juste bonne à obéir. Il ne veut pas retourner en cage, même si les barreaux sont invisibles à l’œil nu. Pitié, non. Tout mais pas ça. Alors, dans un geste un peu fou, un coup de l’instinct mal maitrisé, il essai de repousser cette silhouette, persuadé que s’il la laisse agir ainsi, elle finira par l’engloutir tout entier dans son ombre terrifiante. Il déglutit. « N-Non… Lai-…. Aisses m-… ». Il y a du russe écorché qui s’extirpe de ces lèvres ci. Ses yeux sont toujours grands ouverts, à tel point que cela lui fait mal. Il ne ressent pas la sècheresse de ses agapes, pourtant, trop concentré sur l’objet de ses frayeurs. Il tremble, toujours.

Et puis, tout à coup, il réalise. La lumière se fait un peu plus nette, dessinant les contours de la silhouette tronquée avec davantage de précision. Il y a erreur sur la personne, grave erreur. Ici ne statue guère son père, Nikolaevitch, non. Il n’y a rien de semblable avec lui. Mischa. Mischa est ici, avec lui. Mischa ne lui ferait pas de mal, non, pas lui. Il tremble.

La peur diminue quelque peu, ce coup dans l’aile n’aidant pas son essence à s’accrocher avec force à la carcasse d’André. Doucement, il sent son cœur qui reprend une allure standard, de croisière. Ses épaules se détendent petit à petit également. Il cligne des yeux, cherche un repère, n’importe quoi. Cette pièce, impersonnelle, ne l’aide en rien. Il a encore du mal à comprendre où il se trouve exactement. Il a de la morphine dans le sang.

Ses mains se laissent aller à la chaleur diffuse des épaules de son frère. Oui, voilà, c’est bien cela. Son frère, il s’agit de son frère. Son frère est là. Il va le protéger, n’est-ce pas ? Car c’est bien cela, le rôle d’un frère plus âgé, pas vrai ? Loukas a encore du mal avec cette notion, il ne l’a jamais mise en application lui-même, il faut dire. Il tousse, sa voix est rauque, sa gorge sèche. « Mish-….Mischa… » Souffle-t-il dans un râle fatigué. « … J’suis vivant… ». Il avait comme besoin de s’en assurer. L’illusion sait être perverse lorsqu’elle s’y met et André le sait parfaitement. Il veut savoir s’il fait encore partie de ce monde qu’il n’a pas envie de quitter. Pas maintenant qu’il y a des attaches pour sa personne. Non. Pitié. Pas ça.
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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Mar 1 Sep - 19:46



       
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I
l était là. Il était vraiment là, sous ses yeux, vivant. Son frère. Mischa avait l'impression qu'il retrouvait son souffle après l'avoir retenu durant plusieurs minutes. André s'agita un peu au départ, paniqué, ne semblant pas comprendre ou il se trouvait. Il ne le reconnaissait même pas, retenu par les fantômes de son traumatisme, pas de suite en tout cas. Ça faisait un peu mal quand même, de le voir le regarder avec des yeux aussi terrifié, cherchant à fuir loin de lui. Mais ce n'était pas important au fond. Mischa ne lâcha pas sa prise, gardant les mains d'André emprisonnées dans les siennes, caressant le dos de celles-ci pour tenter de le rassurer, de lui faire comprendre.

Il ne risquait plus rien désormais. Il était en sécurité, à l’hôpital. Il était avec lui. C'était ce que Mischa répétait, encore et encore. Il avait fait sortir les infirmières. Qu'elles le laissent seul avec son frère. Il n'avait besoin de personne d'autre, qu'on laisse les Russianov savourer leurs retrouvailles. Mischa ne l'avait revu depuis son propre séjour après tout. Il n'avait pu venir à la prison, évidemment. Ça avait été trop long, ces semaines sans André. Voilà presque un an qu'ils s'étaient retrouvés et il se passait rarement un jour sans qu'ils ne se voient ou que le blond n'appelle son cadet – l'inverse existait, mais plus rarement.

Et finalement, il prononce son nom. C'est une vague de chaleur qui s'échoue dans le cœur de Mischa, un soulagement. Il le reconnaît, enfin. Le slave sourit, doucement.

« Ouais... c'est moi, frangin. Je suis là. Et t'es aussi vivant que je le suis. »

Il parlait en russe, sans s'en rendre compte. Il revenait souvent à sa langue natale avec André quand ils étaient seuls tous les deux. Quand l'émotion était trop forte ou qu'ils voulaient juste que personne ne les comprenne. L'angoisse et le soulagement nouveau lui enserraient la gorge et il se mordait nerveusement les lèvres. Finalement, n'y tenant plus, Mischa se leva de sa chaise, s'approchant pour venir prendre son frère dans ses bras, avec toute la douceur dont il était capable, ramenant sa tête sur son épaule.

« Putain... si tu savais comme j'ai eu peur. Sérieux André je... j'ai cru... »

Sa voix s'étrangle un peu. Il avait crû l'avoir perdu. Définitivement. Il avait crû ne plus jamais revoir son précieux petit frère. Mischa avait déjà perdu trop d'être précieux. Il savait qu'il en perdrait d'autres, inévitablement. Il pourrait se relever, il s'en savait capable pour avoir la mort pour amante depuis des années déjà, elle qui le tourmente et ne semble décider à s'éloigner de lui pour le moment. Mais André... non, jamais il ne surmonterait de le perdre. Le monde pourrait s'effondrer, mais pas lui.

Il finit par le lâcher, un peu à contrecœur. Il n'ôte cependant ses mains des épaules d'André, le tenant à bout de bras pour le regarder, vérifier ses plaies. Ses sourcils se froncent tandis qu'il fait l'historique de chacune de ses blessures. Même la plus minime écorchure qu'il voyait augmentait sa rage à l'encontre de Nikolaevich. Son regard se durcit et ses yeux devinrent dorés, fendus comme les pupilles de félin. Des yeux de lion.
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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Mer 2 Sep - 16:54



       
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V
ivant. Oui, il est vivant. Il l’est vraiment, ce n’est pas un rêve, pas plus qu’il n’est là question d’une illusion sourde et mauvaise. André se répète cette phrase en boucle, encore et encore. Il est vivant. Ainsi il commence à se calmer. C’est reposant de ne plus angoisser, de ne plus être sûr de sa propre existence. Heureusement que Mischa est là. Mischa. L’un de ses points d’ancrage les plus fiables – et dieu savait par-dessus tout qu’André n’en possédait guère beaucoup. Une lumière dans l’obscurité, un phare au milieu d’une tempête déchainée. Un pilier auquel se raccrocher, en somme. Son frère et cela et bien plus encore.

Le métis s’accroche à son camarade slave autant que faire se peut. Ses membres sont encore engourdis par la morphine et la terreur, par l’angoisse et le manque de sang, et pourtant il fait de son mieux pour ne pas lâcher le blond, pour ne pas le laisser partir. Qui sait s’il ne risquait pas de rechuter dans le cas où il se laisserait aller à un peu de relâchement ? Non. Non, ne pas y penser. Pas maintenant. Pas alors qu’il est dans un si triste état – et encore, les soins de Wyatt sont parvenus à la maintenir à flot. Un raccommodage express en bon et due forme. Ce n’est pas la meilleure médecine au monde, mais elle permet à André de pouvoir bouger au moins un peu.

Il ressent la chaleur du corps de Jude sans pour autant parvenir à la lui rendre. Lui, il se sent froid, si froid. Ses entrailles semblent gelées et son derme ne cesse de frissonner. Lui qui d’ordinaire avoisinait les quarante degrés permanents se retrouvait dans un tel état de faiblesse que son corps tout entier ne faisait plus réellement bien son travail. Déchéance. Il souffle de l’air à peine tiède, venu pourtant des tréfonds de ses poumons.

Et puis, d’un coup, tout lui revient. « Gnh !... ». C’est pénible, une douleur lancinante, puissante. André à l’impression que sa boîte crânienne va imploser sous peu. Il essaie de s’accrocher de nouveau Mischa mais n’y parvient pas, trop faible et trop concentré sur son mal de crâne pour se faire. Il n’a même pas pu lui répondre.

Mischa a eu peur. Loukas ne sait que dire à ce propos. La migraine disparait presque aussitôt. André arrive à remettre des images, des sensations et des impressions sur ces dernières heures, sur son calvaire. « Il ne voulait pas me tuer… ». Sa voix est rauque, rongée par le manque d’eau. C’est triste. Il sait que son père voulait le garder en vie. Sans doute l’aurait-il soigné s’il l’avait vu dans cet état, absolument pas amélioré par la course poursuite dans les égouts avec… avec qui, déjà ? Toute sa mémoire part puis revient en mouvements imprécis et saccadés.

Une lueur de lucidité, plus puissante que les autres, lui vient. Il est pleinement conscient, ce qui est presque rare compte tenu de son état global. « Mischa… On doit faire quelque chose. ». Mais quoi ? Il l’ignore encore. Et cette gorge, qui le fait souffrir, ne lui permet pas de savourer totalement le simple fait d’être en vie et en passe d’être soigné. « J’ai soif… ». Il tousse. Ça fait mal. Tiens, oui, il a de nouveau de petites sensations de douleur.

WILDBIRD
   

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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Dim 6 Sep - 9:18



       
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C
ombien de temps demeurèrent-ils ainsi, enlacés à s'agripper comme si leur vie dépendait de cette étreinte entre désespoir et soulagement, Mischa ne saurait le dire. Le corps d'André est froid contre le sien, encore gelé des traumatismes subit. Son frère, au corps et au caractère si bouillant d'ordinaire, contre qui sa forme féline adorait se blottir la nuit, en boule contre son estomac. Et il râlait, protestait, l'attrapait par la peau du cou ou bien le repoussait d'une main ensommeillée. Avant de finalement céder dans un grommellement, laissant Jude  venir se pelotonner contre lui, ronronnant de plaisir, la satisfaction de sentir l'être le plus proche à ses yeux tout contre lui et la petite fierté puérile de voir qu'André finissait toujours par le laisser faire – parfois inconsciemment cependant et le réveil était un peu bruyant dans ces cas-là.

Le slave passe un peu ses mains dans le dos de son cadet pour tenter de le réchauffer, tout doucement pour ne pas réveiller la douleur. Cependant cette capricieuse demoiselle ne semblait vouloir le lâcher tout de suite, continuait à lui tourner autour avec insistance. Brusquement une pique de douleur semble monter et englober André. C'est fugace, mais suffisant pour alarmer Mischa. Il le soutient et le pousse avec douceur mais fermeté pour le faire se reposer contre les oreillers.

« Doucement, allonges-toi. J'vais aller chercher les infirmières qu'elles te filent de la morphine ou quelque chose. » souffla le blond, jetant un regard vers la porte comme si ce simple geste allait les faire apparaître.

Il se sentait impuissant, inutile. Son frère, son sang, souffrait là, sous ses yeux et il ne pouvait rien y faire. Le Russianov se mordit la lèvre. Ses poings se serrent et ses phalangers blanchirent lorsque le plus jeune évoque Nikolaevich. Ce nom à lui seul, si d'ordinaire il arrivait à se contenir, suffisait à lui insuffler des vents de fureur qui gonflaient les voiles de son désir de vengeance. Oh oui, il avait bien l'intention de faire quelque chose. Il ne laisserait pas son père s'en tirer si facilement après avoir toucher à André, certainement pas. Cela faisait des années que Mischa attendait cela. Il ne pouvait jusqu'alors parce qu'il avait des points de pressions au-dessus desquels une épée de Damoclès était suspendue en permanence. Mais la plus dangereuse, celle surplombant son frère, était tombée. Plus rien n'avait d'importance.

La toux de son cadet le tira de son marasme de pensées sombres. Mischa cligna des yeux et se releva, posant avec douceur sa main sur le crâne d'André, caressant un instant sa tête dans un geste fraternelle. Plus que jamais, il avait besoin de le toucher pour s'assurer que ce n'était pas un mirage qu'il avait sous les yeux.

« Je vais te chercher à boire, attends. Et pour le reste... » il hésita un instant. Il ne mentionnerait pas le nom de Nikolaevich, mais le sous-entendu était là, sur sa langue. « Laisses ton grand frère s'occuper de sortir les poubelles. »

Ce fut tout ce qu'il ajouta, accompagné d'un clin d'oeil qui n'avait trop lieu d'exister en ces heures angoissantes mais avait le mérite d'essayer de détendre l'atmosphère. Mischa sortit ensuite, mais s'arrêta sitôt la porte franchie, dos au mur de la chambre de Loukas contre lequel il s'appuya. Il souffla.

Faire les poubelles... c'était un code, autrefois. On l'employait souvent entre mafieux, de même que les termes ‘faire le ménage’ ou ‘arracher les plantes mortes’. Ces expressions ménagères, dans leur univers, désignaient toutes la même chose. Pas besoin de faire un dessin pour comprendre. Mischa serra les poings, plus fort encore, ses ongles pénétrant la chaire de ses paumes.

« Bordel ! » rugit-il entre ses crocs rageant, son poing venant cogner avec violence le mur derrière lui.

Il était fébrile. Il ramena son poing devant lui, constatant avec détachement qu'il saignait un peu. Rien d'alarmant cependant. Il avait également effriter la peinture écailleuse du mur, mais c'était le cadet de ses soucis. Se redressant, Mischa alla chercher des boissons et avertir la première infirmière qu'il croisa de donner des anti-douleurs à son frère. Il ne savait même pas si l'autre l'avait entendu ou non...
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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Dim 6 Sep - 19:13



       
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I
l était fatigué, le nier aurait été mentir ouvertement. André sentait son corps et les limites de ce dernier prêtes à craquer dès lors que le colossal épuisement qu’elles contenaient tant bien que mal se serait décidé à bouger un muscle. Pour le moment, sa présence était palpable mais également passable.  L’ire de cette masse sur ses articulations, ses membres, menaçait de tout faire trembler d’un moment à l’autre et pourtant, André voulait passer outre cette sensation. Il voulait donner, enfin, un sens à son existence, à sa liberté. Il suffisait d’imiter un sentiment de liberté si ce n’était que pour le singer. En dépit de la grande perte de sang et de tout le reste, le jeune homme demeurait être étonnamment lucide. Peut-être même un peu trop pour le contexte actuel.

Il veut réagir avant que son frère ne parte, mais il n’y parvient pas. Reflexes trop lents, endoloris par les anesthésiants, il n’a guère le temps de protester. Pourtant, il agence ses pensées, construit un plan d’action pour faire vite et bien. Mais quoi, vite et bien ? Ah, cela, c’est une chose quasiment instinctive qu’il ose enfin saisir à plein bras, l’esprit bâtant le fer de sa rage si longtemps noyé par l’eau de ses terreurs froides. Il veut tuer son père. Il va tuer leur père. Impossible pour Loukas d’imaginer un instant laisser cette ordure en vie. Il n’en a que trop fait pour lui laisser la clémence de l’amnistie.
Et puis André n’était pas si généreux et bon que cela.

Lui aussi était une pourriture, à un degré bien moindre ceci étant dit. Pour autant, il laisse ses envies meurtrières l’envahir tout entier, ne les réfrénant même pas. Ses yeux, déjà verts sublimes d’ordinaire, laisse la faible lumière captable alentours se refléter dans leurs rondeurs, luisant de façon sinistre et somptueuse à la fois. Ce sont des yeux de loups qu’André arbore alors. Il se sent bien. Il a mal, certes, mais il se sent bien. Vivant, voilà. Il se sent vivant. Chaque respiration est une torture et malgré cet état de fait, jamais il ne fut si motivé pour quelque chose auparavant. Il sent qu’une page va se tourner et que c’est à lui de le faire afin de donner un sens à sa vie, un nouveau départ définitif. Se débarrasser de la gêne, de la mauvaise herbe. Tout un programme.

Il rit, il sourit.

Ses lèvres presque émaciées dévoilent des crocs plus allongés que la normale. Le prédateur lupin est jusque dans ses mâchoires. André à soif, soif de sang. Et de vengeance. Cela fait si longtemps qu’il attend ce moment. Alors, lentement, il se relève et vint s’assoir sur le rebord de son lit. Sans réfléchir, les fils qui le relient aux machines de cette salle de repos d’urgence sont arrachés sans autre forme de procès. Ail pourrait aggraver ses plaies et son état a agir ainsi, il le sait. Seulement, voilà, il n’a guère de temps à perdre. Il doit aller apposer sa marque sur cette fameuse page à tourner avant que les limites de son corps ne le lâche. Loukas nage en pleine résilience. Son corps en oubli les préceptes de base, il n’y a plus que sa volonté et son instinct qui prédominent, mariés dans un marasme viscéral.

La porte s’ouvre. C’est une infirmière. « Je viens vous injecter un peu de morph-Ah ! Mais ! Monsieur Russianov, votre perfusion ! » Crit-elle. Il rit. C’est un rire macabre mais il ne peut s’empêcher. André vient se tenir la tête, regardant la pauvre infirmière d’un œil luisant et dangereux. « N’y pensez même pas. ». Elle s’enfuit en hurlant. Elle a bien raison. Elle aussi n’a écouté que son instinct. Et maintenant, André veut agir. « Mischa ! » Il l’appelle. Une fois, deux fois. « Миша! Вернись! ». Il doit mettre les choses à plat. Il doit monter à tout le monde que désormais, plus rien ne l’arrêtera.
Le prédateur est parmi les vivants, incarné dans les chaires russes d’André.


WILDBIRD
   

Trad' : Mischa! Reviens ici!

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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Dim 20 Sep - 19:21



       
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L
es pièces glissèrent à l'intérieur de la fente du distributeur. Le gobelet tomba dans un crissement de plastique, le liquide chaud humant la caféine de bas marché s'écoulant dedans. Mischa regarda le processus d'un air morne, détaché. L'égouttement du sang s'écoulant de sa main blessée résonne comme un bruit assourdissant, prenant le dessus sur le reste. Une phrase tournait en boucle dans son esprit. Ce soir, il avait failli devenir orphelin de frère. Ce soir, son père avait manqué de faire s'effondrer son univers. Nikolaevich avait déclenché la guerre. En touchant André, il envoyait un message à son aîné, par la même occasion. Venant d'un autre, cela aurait pu n'avoir aucun rapport. Mais son paternel avait toujours un coup d'avance, savait toujours à quoi s'attendre, faisant bouger les pièces de l’échiquier avec une précision chirurgicale, sans jamais rien laisser au hasard. Non Nikolaevich savait parfaitement ce que lever la main sur André impliquait.

Un vrombissement venant de sa poche arrière gauche le tira de ses pensées. Son téléphone. Mischa s'en saisit et se figea en voyant ce qui s'affichait. Numéro inconnu. Il savait qui c'était. Le blond appuya avec plus de force qu'il n'aurait voulu sur la touche pour accepter l'appel, appuyé contre le mur, le visage fermé et les traits durcis par la rage sourde qui grondait en son cœur.

« T'es mort, connard.
Hm. J'en déduis qu'il est bel et bien avec toi. Évidemment. Toujours à jouer au grand frère protecteur alors ? C'en serait presque mignon si tu n'étais si pathétique.
Tu t'amuses bien j'imagine. » souffla Jude sans relever la pique volontaire. « Mais c'est fini. Je vais venir te chercher et je vais te tuer.
Tiens donc, voilà que le chien se rebelle. Amusant. Je t'attends, mais ne fait pas trop attendre, ma patience est limitée et quand je m'ennuie, j'ai tendance à chercher de nouveaux jouets. Inutile de te faire un dessin. »

Il raccrocha et la tonalité résonna dans le vide, contre l'oreille de Mischa, qui se mordait les lèvres. Connard de géniteur... le russe se passa une main sur le visage. Il récupéra ses deux cafés. Une voix, dans sa tête. “Tu es sûr de toi ?” demanda Bastet. Le Russianov acquiesça. Il était temps d'en finir. Un sourire sardonique, garni de crocs luisants, tranchant et longs comme des poignards envahi le visage de la déesse guerrière. “Parfait, alors que ce qui a commencé dans le sang, finisse dans le sang.” Sa réaction arracha un sourire sans joie à Mischa. La part guerrière de la sanguinaire déesse égyptienne était réveillée. Ses pouvoirs n'en seront qu'amplifiés, parfait.

La voix d'André, soudain, lui parvient. Il entends son frère qui l'appelle dans un russe tonitruant et accélère le pas, avant de se figer sur le seuil de la chambre. Bordel... quel frère dissident il avait hérité là.

« André ! Tu devrais être couché bordel, t'as envie de faire une crise d'anémie ou quoi ? » s'exclama l'aîné des slaves en posant ses cafés et en s'avançant. Il avait arraché sa perfusion et ses yeux arboraient la lueur dorée caractéristique de son héritage lupin offert par Fenrir. Il semble déterminé et Mischa a peur de comprendre. Le fils d'Aleksandra fronça les sourcils. « Non. N'y penses même pas. T'es pas en état borde, t'as failli mourir, genre vraiment, tu comprends ça ? »

Sa voix bien que puissante trahit les traces de fébrilité persistantes. Il a eu peur, comme jamais auparavant et il ne parvint à le cacher complètement. Seul dans le couloir, à regarder son frère sur cette table, tout ce sang et les médecins s’agitant... il ne voulait plus revivre ça. Plus jamais.
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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Lun 21 Sep - 19:53



       
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I
l n’était présentement même plus question de tort ou de raison, de conscience et de trop-plein d’hardiesse. André n’accueillit guère les paroles de son frère –pourtant fondées et pleine de bon sens – avec la réaction qui aurait le mieux convenue. Un grondement bestial remonta sa gorge, lit de rivières sanguines desséchées mais battant pourtant d’une pulsion meurtrière et d’une fougue infinie. Le vert de ses yeux n’avait été que rarement aussi éclatant. Fenrir aurait été présent, il aurait sans doute défendu Mischa de s’interposer davantage avec les volontés de son cadet. Ce n’était ni l’endroit ni le moment pour faire dans le sensé. Non. Plus tard. L’heure n’était plus aux expériences de pédagogie ou autre connerie du même genre. Il fallait agir. Agir, agir, agir. Ce mot résonnait, tonnait contre les tempes d’André. Il souffla, contracta un peu ses muscles également, tant et si bien que sa veine ne saignait plus. C’était temporaire mais mieux que rien.

André quitta son lit en se remettant sur ses pieds presque d’un bond. Sa tête lui tourna un instant mais il eut le réflexe de se saisir sans douceur de la barre de son lit – heureusement que ces choses sont purement artificielles et ne peuvent ressentir la douleur outre mesure. Ses doigts serrèrent le morceau de métal si fort que les jointures de ses doigts en devinrent blanches. Son bras recommença à saigner ; ah, son idée avait été encore moins productive qu’espéré.
Tant pis, il accrocha de ses phalanges, pareilles à des serres, drap sur lequel il avait eu loisir de suer abondamment sang et eau il n’y a guère si longtemps. En arrachant un morceau sans aucune pitié, Loukas se fit un bandage de fortune autour de la plaie où était venue mordre l’aiguille. Serran au maximum, profitant d’une nouvelle salve de douleur, comme de la nitroglycérine dans un moteur de voiture trafiquée,  il se redressa alors et fit craquer ses épaules et son dos.

Il avait tout de même toujours cette désagréable sensation de tête qui tournait mais vint s’accrocher avec fermeté et force à l’épaule de Mischa. « Je n’attendais pas de toi que tu me couves comme un être sans défense. Je ne le suis pas. ». Et pourtant, en dépit de cette rage infuse dans cette veine, en dépit de ce spectre immonde qui le gavait d’une adrénaline nocive pour lui, il savait bien que ses limites allaient bientôt être atteintes. Il devait ranger son frère de son côté. Quitte à employer des moyens détournés. « Mischa, je n’ai pas beaucoup de temps, c’est maintenant ou jamais… Frère. ». Il se jura de se faire pardonner, un jour, s’il y pensait. Il enchaina bien vite « Et peu importe un T-shirt ou autre, mes quarante degré reviennent progressivement, je ne sentirais plus l’action du froid sous p- ». Il toussa, interrompant ses flots de paroles. Vite, il ne devait pas perdre davantage de temps « Allons-y, guide-moi. »

Pour une fois, il se reposait entièrement sur Mischa, faisant abstraction de tout le reste. Son objectif était tout prêt, à portée de main. Il devait souiller ses doigts d’un sang impur une fois encore ; une dernière fois. Dernière danse. André était né d’une valse sanguine une première fois, il achèverait sa seconde naissance de la même manière, sur la même teinte et le même ton.



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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Dim 27 Sep - 11:39



       
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L
a crainte demeurait présente, tapis dans son ventre comme un chat guettant son heure pour bondir. André en faisait toujours trop. Toujours. Son petite frère était tête-brûlé et affreusement têtu. Il le connaissait bien après tout. Probablement mieux que quiconque d'ailleurs. Oh certes, Marilyne par exemple le connaissait aussi et avait l'occasion d’interagir avec un côté de sa personnalité que le russe montrait rarement, privilégiée par son statut de compagne de Loukas. Mais elle ne l'avait pas vu grandir. Elle ne connaissait pas ce gamin au départ bambin innocent et rieur, devenu par la suite adolescent renfermé et agressif. Mischa avait suivi l'évolution de son frère, ils avaient marché dans les pas l'un de l'autre. Il savait donc que lui demander de renoncer était vain.

Oh, il pourrait le rallonger de force sur ce lit et l'attacher. André était trop faible pour résister. Mais sitôt qu'il aurait le dos tourné, son cadet se débattrait jusqu'à se disloquer les poignets pour s'échapper et rongerait ses liens comme un loup enragé. Les doigts du brun s'enfonçaient dans la chaire de son épaule, la meurtrissant. Les mots résonnent contre son oreille et l’appellation cogne contre son cœur. L'enfoiré... il savait qu'il ne pouvait plus dire non. Mischa ne pouvait jamais rien refuser à son frère après tout. Même pas d'aller au devant de la mort à ses côtés. Le blond se mordit l'intérieur de la joue, hésitant, mais céda finalement. Il posa sa main sur la tête de son cadet, caressant un bref instant sa tignasse un peu humide de sueur dû aux efforts pour se relever. Il hocha finalement la tête et vint appuyer son front contre celui d'André en soupirant.

« Très bien... » soupira-t-il, espérant qu'il n'aurait à regretter sa décision. Pourrait-il protéger son frère et tuer leur père en même temps, il n'en était certain. Jusqu'à présent il n'avait réussi. « On le fait ensemble, mais tu restes près de moi. Tu ne fais rien tout seul. Je n'ai pas envie de te voir de nouveau sur cette table d'opération, avec ton cœur qui s'arrête de battre pendant dix-huit secondes. Entends au moins ça. »

Les secondes les plus longues de sa vie. L'impression de vide absolu qui s'installait dans sa poitrine alors qu'il voyait les médecins à travers la vitre s'acharner et sortir le défibrillateur. André avait-il ressenti cela aussi lorsque les rôles s'étaient inversés suite à sa rencontre avec Orca ? Sa cicatrice à l'abdomen le tiraille, mais il choisit de l'ignorer. Il aide André à s'habiller des premiers vêtements qu'ils trouvent, arguant que l'autre, quarante degrés ou non, n'irait pas se balader en tenue d’hôpital. Le soutenant ensuite, le bras de son frère sur son épaule pour le laisser s'appuyer, ils sortirent de la chambre.

Le blond s'assura qu'il n'y avait personne dans les couloirs. Il marchait lentement pour laisser le temps à son frère de suivre, réfléchissant. Nikolaevich avait dit qu'il l'attendait. Certainement à la maison de passe. Le bordel Russianov était le lieu ou il l'avait toujours reçu, pas de raison que ça change. Se dirigeant vers l'extérieur, une infirmière voulut les retenir en les croisant, mais un double regard noir de la part des Russianov l'empêcha de prononcer le moindre mot. La voiture de Mischa était là, près de la porte, mal garée mais il s'en fichait, dans l'urgence de rejoindre son frère rien ne comptait. Il aida ce dernier à s'installer sur le siège passager, prenant garde à ses blessures, avant de s'asseoir au volant. Il enclencha le moteur, mais ne démarra pas tout de suite pour autant.

« Il m'a appelé. » avoua-t-il finalement, les mains sur le volant alors que la voiture ronronnait d'impatience. « Il sait que je suis avec toi, mais il ne sait pas que tu viens aussi. On peut l'utiliser à notre avantage, il doit imaginer que t'es pas capable de tenir debout. »

Ce qui n'était pas loin de la vérité, mais l'adrénaline et la vengeance combinées étaient des carburants phénoménales capables de repousser les limites humaines. Mischa enclencha finalement la marche arrière pour se sortir de là. Il désigna la boîte à gant d'un coup de menton.

« T'auras besoin de ce qui est dedans je pense. »

A l'intérieur, le magnum d'André qu'il avait dû laisser avant son incarcération. Mischa l'avait récupéré presque aussitôt après et l'avait conservé au côté de ses propres armes.
Il était chargé, prêt à servir.
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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥ Dim 27 Sep - 14:19



       
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I
l sourit de toutes ses dents alors que son frère cède –enfin- à ses machinations. Pour une fois, le fait d’être le ‘digne’ fils de son père lui sert à quelque chose. Il avait les mêmes reflexes pourris en son sein dès lors que l’envie d’assouvir une soif quelconque devenait trop forte pour être contrôlée consciemment. Et cette méthode de batard fonctionnait bien, très bien même. André n’a pas vraiment le temps de réaliser que, déjà, il est habillé un peu plus convenablement que précédemment et, soutenu quelque peu par Mischa, se dirige vers la sortie. Sur le chemin, il effraie une infirmière avec son regard et enfin, le voici installé sur le siège passager de la voiture de son frère ainé. Il fulmine de  rage, son dos lui fait mal. C’est le moteur de ses envies présentes.

Nouveau sourire lorsque Jude lui fait savoir qu’il y a quelque chose pour lui dans la boîte à gant de son véhicule. André reste quelque peu dubitatif. Puis il ouvre ladite boîte et se sent presque revivre en apercevant les lignes superbes et travaillées d’Aline, son arme chérie. Il l’attrape, la ramène contre lui et pose ses lèvres sur le canon avant de déclarer « Salut Aline, j’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne t’avais pas vue. »

Le nom qu’il a donné à son magnum  peut prêter à sourire, mais le flingue dont il était ici question n’en était pas moins dangereux pour autant. Surtout lorsque manipulé par un homme loup au bord de l’implosion, en train de puiser dans ses dernières réserves. L’ouïe d’André capte vaguement de l’agitation au cœur de l’hôpital qu’ils viennent de quitter. « Barrons nous de là, Jude. » car dans le cas contraire, ce ne serait qu’une question de minutes avant que l’on ne vienne le chercher pour le coller au lit le plus proche. Mais André ne peut se permettre une telle perte de temps. Il doit avancer.

Comme la voiture dans la nuit.


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MessageSujet: Re: Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥

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Stabilité lascive et voile d'horreur sur dermes d'esprits fragilisés. || Mischa ♥

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