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Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥

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MessageSujet: Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥ Mar 6 Oct - 11:17



       
       The Russianov Brothers
       C'est juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel

   
I
l y a des jours, ou on croit qu'ils vont être ordinaires. Au final, ils se révèlent comme marquant un tournant dans notre vie et sont une date qu'on oubliera jamais. Ce jour était un de ceux-là, alors que Mischa roulait en direction des bas quartiers de Laurel, son arme chargée sur les genoux et son frère sur le siège passager, les yeux prédateurs. L'aîné des Russianov lui lançait des coups d'oeil rapides régulièrement, s'assurant qu'il n'allait pas décéder sur place. Sa blessure au ventre avait cessé de saigner grâce au bandage grossier qu'ils avaient fait. De toutes manières, sitôt cette affaire réglée, Mischa le ramenait illico à l’hôpital et il n'y aurait aucune discutions possible à ce sujet.

Sa cicatrice au visage lui fait mal. Il a l'impression que sa peau le tire et le démange. Dans son esprit, Bastet à laissé la place à son alter-égo, Sekhmet. Cette dernière est sur les nerfs, sa queue fouettant l'air pour témoigner de son agitation, la déesse lionne s'impatientant presque, sa part guerrière réclamant son lot de sang. Les yeux de Mischa ont déjà viré au doré et sa pupille est fendue en deux, premier signe d'activation de ses pouvoirs. Finalement, il gare la voiture à une ruelle du bordel. Il coupe le moteur et se tourne vers son frère.

« Bon. J'vais sonner. » plaisanta-t-il, sans trace de joie sur son visage cependant. Il reprends, fronçant les sourcils. « Toi tu m'attends là, je reviens te chercher quand j'ai dégagé l'entrée. Pas de folie petit frère, t'es pas en état. »

Il se penche en avant et embrasse le sommet de son crâne, avant de sortir de la voiture, son Desert Eagle à la main. Il aimerait bien qu'Elliot soit là aussi. Son meilleur ami ne serait pas de trop pour le calmer. Mais non, il est seul. Il préfère aller vérifier sans André d'abord, se doutant que son oncle doit lui avoir laissé ses chiens de chasse pour garder l'entrée en guise de bienvenue. Son impression est confirmée. Quatre types larges d'épaules l'attendent devant. “Du menu fretin. Dévorons-les sans pitié” susurra Sekhmet à ses oreilles en se pourléchant les babines.

Il ne perdit pas de temps. Mischa était après tout un mafieux de longue date, entraîné et surtout sans pitié. S'avançant, il tira une balle dans la jambe du premier qui dégainait déjà en le voyant et dû lâcher son arme pour se tenir le genoux en hurlant de douleur. Le blond profita de cette diversion pour viser son collègue cette fois-ci, qui s'écroula, un trou fumant sur la tête. Le Russianov lâcha son flingue et se transforma en hybride-lion, continuant de s'avancer. Une balle vient se loger un peu en dessous de son épaule, mais il grogna à peine, sous cette forme il ne sentait presque pas la douleur. Quelques rapides coups de griffes plus tard, il avait égorgé les deux derniers et il acheva le premier sur lequel il avait tiré en lui broyant la nuque entre ses pattes musclées et énormes. Un grondement. Voilà qui était fait.

Mischa ouvrit la porte alors qu'il reprenait apparence humaine, grimaçant quelque peu à cause de la blessure par balle d'où s'écoulait du sang, qu'il pressa a main nue pour tenter de ralentir l'écoulement. Il jeta un œil. Personne. D'autres types les attendait peut-être ) l'intérieur, sans doute à l'étage et entourant Nikolaevich. Mais le chemin était dégagé, il pouvait aller chercher André.

Le slave retourna à la voiture et ouvrit la portière, grimaçant un sourire à son frère malgré sa blessure, alors qu'il se courbait pour passer son bras sous ses épaules et le soutenir.

« Allez le mourant, allons dire bonjour à notre cher paternel. C'est con on aurait dû ramener des fleurs. »
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MessageSujet: Re: Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥ Mar 6 Oct - 19:36



       
       The Russianov Brothers
       Trois cent lésions et le rideau se ferme

   
C
’était la fin. André pouvait le sentir. C’était la fin. Bientôt, oh oui, bientôt, il n’y aurait plus de peur, plus de crainte d’aucune sorte, plus de terreur enfouie ni désagrément endormi. La bête, non, les bêtes étaient lâchées, rendues pour un instant à leur primaire nature, assoiffée d’une revanche douce à l’oreille, tendre au cœur.

En dépit de la douleur qui lui tiraillait le corps, des flancs aux tempes, le métis ne se laissait pas submerger par cette dernière. Il lui promettait une danse un peu plus tard, une rencontre un peu plus intime durant laquelle il la laisserait reprendre ses droits sur elle sans broncher jamais, sinon gémir de mal-être ; chose qu’il aurait mérité amplement. L’heure n’était point au rendu des armes, au contraire. Son amante, Souffrance de son petit nom, devrait donc attendre son heure pour briller, pour s’exalter comme jamais elle ne l’aurait fait autrement. Loukas ne revenait pas sur une parole, qu’elle soit tranquille.

Plongé dans ses pensées si fort qu’il s’en oubli presque lui-même, le châtain râle en décalage lorsqu’il senti Mischa qui lui embrasse le front. Bordel, c’est bon, ils n’avaient plus six et trois ans. Ils étaient adultes et se devaient d’agir comme tels, non ? Hypocrite ; André ne voudrait jamais le reconnaître de son vivant, mais au final, ces petites attentions, même s’ils les rejetaient, n’étaient pas si inutiles qu’ils n’y paraissaient. Elles lui permettaient de garder le cap et surtout, ô oui, surtout, pied au plancher de la réalité, cette chose si brutale avec lui, avec eux.

Il laissa le blond s’enfoncer dans l’ombre, prenant son mal en patience à défaut de pouvoir faire autre chose. Son instinct carnassier était peut-être parfaitement en état de fonctionnement, mais il n’en perdait pas de vue l’essentiel : il devait tuer son père. Leur père. Il eut un sourire en coin, sans joie, froid. Que de points communs en cette soirée. Dommage qu’il ait fallu que de telles circonstances en soient le décor de fond. C’est lugubre, c’était stérile de toute joie ; c’était l’état de leurs cœurs joints. Au final, cela leur correspondait même plutôt bien. André grinça des dents, il ne voulait plus penser de la sorte.

Mischa se faisait attendre songea le plus jeune, déjà agacé par les frasques de son ainé. C’est avec un regard en biais qu’il accueillit ce dernier, revenu taché de sang. Le châtain ne posa pas de questions outre mesure. Ce n’était pas le moment. De toute manière, lui-même n’était pas certain de parvenir à articuler une phrase correcte qui n’aurait pas de lien avec l’abattage du monstre qu’il était venu chercher. « La ferme, tu me rends malade avec ton sarcasme hors sujet. »
Sa gorge s’était comme exprimée toute seule. Finalement, le métis se détacha de son frère, préférant boitiller un peu seul – sa fierté était au rendez-vous, il ne pouvait la mettre de côté, elle. Et puis, à l’entrée du bordel plus ou moins encore en fonction, André feula comme un ordre à Mischa. « Essaies de trouver un peignoir, ou n’importe quoi du même genre. ». Plus tard pour les politesses, il savait bien que Mischa était loin d’être le dernier des cons, contrairement à ce que le concernait semblait concentré à faire croire. Il comprendrait, au fond de lui, André le savait.

Puis, il en appela à tous ses instincts lupins et se métamorphosa en loup-garou, sur deux puissantes pattes ne demandant qu’à courir, écraser l’adversaire. André eut un réflexe autre. Museau pointé vers le plafond, il préféra de loin transpercer ce dernier de l’une de ses mains changée en pattes griffues et attrapa deux gars par la jambe pour mieux les faire redescendre d’un étage, les tuant au passage. Voilà, un chemin encore plus direct vers les appartements où son père avait très certainement trouvé refuge. La créature s’y engouffra, plantant ses échardes de mauvaises qualités dans les parties les plus fragiles de son anatomie actuelle. Mais il n’en avait cure.

La chasse était ouverte.
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HRP : Alors, j'ai pas précisé dans le rp mais je pense que André a filé Aline à Mischa pour le moment -pardon/meurs
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MessageSujet: Re: Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥ Dim 1 Nov - 10:58



       
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C
'est qu'il mordrait presque, songea Mischa avec un mélange intriguant d'amertume et d'amusement dans la gorge, alors qu'il regardait son frère boitiller maladroitement sur ses jambes tremblantes, refusant son aide. Il n'insista pas, comprenant. Nikolaevich était leur poison à tout deux, mais d'une manière différente. Il était la phobie d'André, sa terreur profonde, le monstre se cachant sous son lit la nuit ou demeurant tapis dans son armoire. Aujourd'hui que le slave avait décidé d'affronter ses peurs et de venir tirer la bête de sa cachette pour l'achever, il ne voulait pas montrer sa peur, il ne devait pas paraître faible. Mischa comprenait ce besoin, aussi le toléra-t-il. De toutes manières, il avait comprit qu'il pouvait définitivement dire adieu au prix du “frère de l'année”. Jamais il n'aurait dû emmener André ici en temps normal, s'il avait une once de sens moral il aurait préserver son frère quitte à ce que ce dernier ne lui pardonne jamais, et le laisser à l’hôpital.

Mais non. Mischa savait mieux que personne que son cadet avait besoin de faire ça lui même. Il devait voir la vie s'échapper du regard de Nikolaevich, sentir sous ses doigts son pouls ralentir progressivement et le regarder crever comme le chien qu'il était, pour avoir la certitude que c'était bel et bien fini. Le blond ne pouvait pas lui enlever cela. André souffrait plus que lui encore de l'existence de leur père. Alors qu'il arpentait les couloirs à la recherche de ce que lui avait demandé son frère, le flingue de ce dernier en main, Mischa put entendre derrière lui des bruits sourds, signe que André était entré en action. Bordel, il pouvait pas attendre ne serait-ce que deux secondes ? Fichu gosse impatient.

« ...Judy ? souffla soudaine une voix étouffée. Mischa tourna la tête vers Natalia, une des prostituées du bordel, qui se tenait cachée derrière une porte entrouverte, les autres filles terrées derrière elle, il pouvait le voir. Le blond s'approcha.
C'est moi, répondit-il pour apaiser la crainte qu'il percevait dans le regard de son amie. Prends les filles avec toi et sortez d'ici par la porte de derrière. Allez vous planquer quelques ruelles plus loin en attendant. Ou est Reno ?
Chez l'allemand je crois... Jude, qu'est-ce qui se passe ? »

Il ne répondit pas, intérieurement soulagé que son protégé se trouve chez Tobias ce soir, se contentant de poser un doigt sur ses lèvres pour lui intimer le silence. Il attendit et lorsque le slave perçu du coin de l'oeil l'éclat argenté d'un pistolet qu'on braquait sur lui, à l'angle du couloir, il s'abaissa vivement pour éviter la balle tirée et se rua sur celui qui l'avait visé. Il l'attrapa par la gorge et tira sur son bras, avant de lui déboîter en le tordant, ce qui força l'homme à lâcher l'arme. Mischa l'acheva, transformé en lion-garou, en lui brisant les cervicales d'une main. Le mafieux adverse tomba comme une poupée de chiffon au sol et Sekhmet ronronna de plaisir. Jetant un regard aux filles par-dessus son épaule, le Russianov leur fit un signe du menton pour les inciter à sortir et à se montrer discrètes. Elles s’exécutèrent sans attendre ni poser d'avantage de questions.

Il attrapa le premier peignoir qui lui tomba sous la main et s'empressa de rejoindre son frère. Il trouva deux cadavres et un trou dans le plafond là ou il l'avait laissé, mais pas d'André. Bordel... fichu gosse qui n'écoutait rien ! Mischa grogna et s'engagea à sa suite par l 'ouverture nouvellement créée, plantant ses griffes. Il trouva son frère, à l'étage supérieur et s'approcha en lui jetant le peignoir au visage.

« Et m'attendre, non jamais ? Allez tiens j'ai trouvé que ça. Et reprends ça aussi. » ajouta-t-il en lui fourrant Aline entre les mains. Il désigna une double porte alors que ses traits redevaient humain progressivement, tout au fond du couloir. « Son bureau est là. »

Il n'avait pas besoin d'ajouter quoique ce soit. Mischa ôta la sécurité de son arme et lança un regard entendu à André. Ils s'avancèrent ensuite jusqu'aux dites portes qu'il connaissait bien. Pour les avoir franchit, debout sur ses jambes et en être ressorti sans pouvoir marcher, traîné par des armoires à glace, son sang abreuvant le parquet en un sillon sombre derrière lui. Alors qu'ils se trouvaient juste devant, la main de Mischa s'apprêtant à saisir la poignée et la poussée, une voix, russe et étouffée, mais qu'ils connaissaient fort bien tout deux, leur parvint. « Enfin. Vous en avez mit du temps, les enfants. » susurrait-elle, faisant à Mischa l'effet de l'arsenic qui s'écoule paresseusement. Il jeta un regard entendu à André.

Et il ouvrit la porte sur un Nikolaevich appuyé contre son bureau, pour la première depuis des années face à ses deux fils simultanément.
WILDBIRD
   
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MessageSujet: Re: Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥ Dim 1 Nov - 12:12



       
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L
’animal n’entendait plus les suppliques en face de lui, se contentant d’avancer toujours plus loin dans ce dédale de couloir à la qualité douteuse. Tous ses sens étaient à l’affût, parés à broyer la première nuque qui montrerait un signe d’opposition certain à sa carrure de monstre. Pourtant, et ce malgré les instincts de la prédation qui exaltait les sensations de toute chose qu’il était capable de capter, de toucher, de sentir, André demeurait parfaitement conscient des choses. Il ne voulait jamais, ô non jamais plus se retrouver dans un cas de figure catastrophique comme lorsque ce taré de scientifique avait cru bon de faire ce que bon lui semblait avec son cerveau. Non, plus jamais. Ce jour-là, il avait blessé les êtres qui comptaient le plus pour lui.

Une blessure sur l’épaule de sa compagne et eu balafre sur le faciès de son frère. Il ne se le pardonnerait jamais. Jamais.
Il avait eu tout loisir d’obtenir de nouvelles peur à force de vivre ici, à force de s’ouvrir aux autres, de ne plus feindre l’indifférence et d’arrêter de ne penser qu’à sa petite gueule. André était parvenu à passer outre tout ça, à se défaire, peu à peu, de l’emprise que son paternel avait apposée sur lui comme une marque au fer rouge, gravé à vie sur la chair de son psyché. Il ne le craignait plus. Ou, plutôt, Nikolaevitch restait la cible numéro un à abattre, mais il avait été relégué sur le podium des terreurs de son fils brun par d’autres angoisses qui ne pourraient être aisément détrônées désormais qu’elles s’étaient installées confortablement au creux des entrailles du concerné.

Il devait l’abattre. Il devait tourner la page, quitte à l’arracher.

Son passé demeurerait à jamais dans la même sépulture que cet homme-ci et ainsi, André pourrait enfin renaître. Il s’accomplirait de la meilleure façon qui soit, en supprimant les entraves et les chaines qui le retenaient à un temps révolu.
Il aurait voulu croire, pourtant, que s’en détacher sans bain de sang aurait pu être une solution et que disparaitre purement et simplement était une solution appréciable. Mais non. Il s’était illusionné lui-même, persuadé que ce monstre qui l’avait engendré comprendrait et prendrait les choses à la même mesure. Foutaises. Le métis avait eu la confirmation que ses espérances avaient été vaines et que le seul moyen de combler une brèche, une boucle suintante de sang, était encore de lui offrir d’avantage de gouttes vermeilles, jusqu’à ce que le motif devienne parfait. Exorcisme de l’homme envers l’homme, sans doute. Un moyen comme un autre.

Le pelage parsemé de sang çà et là, brisant ainsi l’harmonie et l’hégémonie du blanc, le jeune homme avançait toujours un peu plus au sein de ce couloir, ses pas produisant de sourdes sonorités. Nul doute possible quant au fait qu’une chose énorme approchait à pas régulier. Le tout fut bien sur accompagné par des grondements qui s’évadait en petites meutes du confins de la gorge d’André. Une bête. Il était devenu une véritable bête, machine à tuer. Un monstre pour en pourfendre un autre, songea-t-il alors.

C’est à cet instant que son odorat le fit s’arrêter tout près d’une porte pourtant similaire à n’importe qu’elle autre de ce bâtiment. Sauf que. De cette dernière s’évadait un parfum atroce, presque asphyxiant. La fragrance de son père. De leur père se corrigea le métis. Ses babines se firent tremblantes, dévoilant des crocs énormes avec encore plus de hargne. Cependant, il n’eut guère le temps de foncer tête baissée dans cette pièce de bois puisqu’un tissu vint négligemment lui masquer la vue.

Mischa était là, le sermonnant presque. André en aurait ri, s’il avait été d’humeur. De ses pattes griffues, il jeta un œil au peignoir que son frère lui avait ramené. Sérieusement ? A motifs floraux ? Le loup-garou soupira lourdement. Il ignorait si Mischa l’avait fait exprès ou non mais peu importait, il n’avait pas le temps de s’attarder sur de pareils détails. Ainsi, reprenant sa forme humaine – ce qui lui occasionna un soudain pic de fatigue -, André s’appuya contre le mur le plus proche, reprenant son souffle avant de se couvrir autant que faire se peut.

Puis, enfin, il osa pénétrer dans l’antichambre de son enfer personnel, combattant du même temps son manque d’aise et son épuisement, de plus en plus présent sur ses côtes charnues. Comme attendu, son géniteur se trouvait là, détendu à l’apparition soudaine de ses deux fils devant lui. Cette vision agaça d’autant plus le métis français. Il n’avait même pas peur d’eux…

Nikolaevitch osa prononcer quelques paroles mais André n’y prêta aucune attention. Il rassemblait désormais toute sa concentration dans les instants à venir. Son cœur battait à un rythme étrangement lent, comme si la moindre fibre du corps d’André se préparait à cette absolution sanguine en devenir.
« Loukas… Tu t’es vite remis, dis-moi, fils. »

André eut un frisson à l’entente de ces mots. Toutefois, il décida de ne pas agir comme à l’accoutumée, par le silence. Il répondit « Ainsi vont les choses lorsque l’on sait sur qui compter, Nikolaetich. » Silence. « Ou plutôt devrais-je dire, Père. ».

Le plus âgé des trois s’autorisa à rire. André sentait que cela ne présageait rien de bon. Et, effectivement, la seconde suivante, du gaz vint perturber leurs champs de vision à tous. Le métis toussa avant de sentir un coup l’envoyer valser vers l’arrière, le recouchant donc sur le sol du couloir. Nikolaevitch en profita pour filer ailleurs. André voulu le prendre en joug mais au moment où il entama le mouvement de visée, il se rendit compte… qu’il n'avait pas Aline en main. « Et merde ! »

WILDBIRD
   
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MessageSujet: Re: Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥ Dim 29 Nov - 10:40



       
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F
ace au regard à la fois blasé et accusateur de son frère devant les motifs floraux qu'il venait de lui tendre, Mischa se contenta de hausser les épaules d'un air innocent. Honnêtement, il n'avait pas fait exprès, il avait juste prit le premier qui lui était tombé sous la main – bon ok, s'il avait fouillé plus longtemps il aurait sans doute trouvé moins... tape-à-l’œil, mais ils étaient pressés après tout. Cet instant de flottement, comme le calme précédent la tempête, fut presque salvateur. Le blond prit le temps de détailler son cadet tandis qu'il reprenait apparence humaine et revêtait en grognant le peignoir. Sa balafre au visage le tirait plus que jamais actuellement, mais le blond n'y prêtait pas attention, sa concentration allant à André.

Jamais il n'avait eu peur de lui. Pas une seule fois et même pas maintenant. Il n'avait même pas imaginé une seconde, en s'approchant par derrière du loup-garou couvert de sang et assoiffé de vengeance, que ses instincts pourraient reprendre le dessus. Peut-être était-ce de l'inconscience totale. Mais pour Mischa, cela s'apparentait plus à une confiance aveugle envers celui dont un sang pourri commun coulait dans ses veines. Non, André avait dérapé une fois et le blond savait que son frère s'en voulait suffisamment pour ne jamais se permettre de perdre de nouveau le contrôle et le blesser volontairement, encore. Il n'avait aucune raison de craindre Loukas.

En revanche, leur père en avait deux excellentes en la personne des frères.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans la pièce et se retrouvèrent face à ce dernier, l'ambiance était glaciale. Mischa sentait distinctement son propre pouls s'accélérer et le sang pulser dans ses veines. Il était... excité. Le lion, le prédateur en lui, réclamait sa chasse. Il voulait planter ses crocs, faire couler le sang et sentir la vie s'échapper lentement de sa proie, regarder la mort s'installer dans le regard de plus en plus vide de cette dernière.

Comme il s'y attendait, Nikolaevich l'ignora, ne s'adressant qu'à André. Évidemment. On ne parle pas aux chiens, aux bâtards. Le slave blond ne s'en vexa pas, il ne courrait pas spécialement après l'attention de son paternel. Simplement, si l'autre croyait qu'il pouvait se permettre de détourner les yeux et de ne pas se sentir menacé par sa présence, il commettait là une grave erreur. Cependant, on parlait du patriarche Russianov. Il avait toujours un coup d'avance et Mischa comprit en voyant son air anormalement détendu qu'il avait déjà prévu la prochaine étape de cette petite discussion. En effet, quelques instants plus tard à peine, du gaz se déclencha, leur brouillant la vue. Jude empoigna son Desert Eagle, mais trop tard. Il entendit son frère se faire repousser à sa droite, plus qu'il ne le vit, sa vision brouillée.

« André ! » s'exclama-t-il, se précipitant alors qu'il recouvrait son apparence de lion hybride pour accroître ses sens.

Il hésita une seconde, en voyant son frère à terre et la silhouette de Nikolaevich s'enfuir par la porte. André semblait aller aussi bien qu'il le pouvait considérant son état actuel. Mischa allait s'en vouloir, il le savait d'avance. Mais s'il restait à le couver pendant que l'autre s'échappait si aisément, c'est son cadet qui ne lui pardonnerait pas.

« Ça ira ? J'reviens... »

Il souffla brièvement ces mots avec un dernier regard, avant de se jeter à la poursuite de son paternel. Dans la maison close, c'était le chaos, avec les cadavres, le sang éclaboussé sur les murs et le plafond démoli par les soins du loup. Nikolaevich avait déjà descendu les escaliers et allait passer par la porte menant à l'extérieure – une voiture devait déjà l'attendre en plus.

Sans hésiter, Mischa sauta par-dessus la rambarde et atterrit sur ses pattes, devant son père pour lui bloquer le chemin. Du deuxième étage. Le choc se répercuta dans ses pieds et ses chevilles comme une onde, mais il tient bon, sa puissance musculaire renforcée sous cette apparence – bien que Bastet le traita aussitôt d'imbécile d'avoir fait cela et qu'il aurait pu se déchirer les tendons. Nikolaevich sembla surpris, le temps d'un quart de secondes. Puis il pointa son flingue sur son enfant et tira sans la moindre hésitation. Mischa ne dû qu'à ses réflexes sur-humains de ne pas se prendre la balle dans le cœur. À la place, elle se logea un peu au-dessus, dans son épaule.

« Tu me gênes, fichu chien désobéissant. » souffla la voix du plus âgé des Russianov.

Un grondement de douleur échappa à Jude alors qu'il ployait les jambes. L'autre en profita pour faire volte-face et repartir, avec un rictus méprisant en coin. La porte de derrière. En passant par le couloirs des chambres des filles, il pouvait se tirer par l'arrière. Un feulement retentit alors que Mischa se redressait en pressant sa plaie pour tenter de canaliser les flots de sang s'écoulant et en gonflant le poitrail.

« ANDRE, IL SE TIRE »

Son cri s'apparentait plus à un rugissement, qui résonna dans toute la maison close et en fit presque trembler les fondations. Pas question de laisser leur hantise de toujours s'échapper.
WILDBIRD
   
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MessageSujet: Re: Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥ Lun 7 Déc - 18:26



       
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J
amais encore il n’avait été aussi près du but, aussi capable de sentir sur sa langue le fer qui émanait de sa proie tant traquée. Enfin, il touchait au but, après tant d’année passé à faire l’inconscient, l’ignorant. Mis en face d’une vérité à laquelle il ne pouvait décemment pas échapper, André demeurait être bien obligé d’agir. Ainsi allait la vie. Ainsi en allait sa survie. Car même si Nikolaevitch ne l’aurait pas fait abattre par ses hommes de mains et avait tenté par tous les moyens possibles et imaginables de le maintenir en vie afin d’assurer la pérennité d son commerce macabre, rien ne disait que pour s’en sortir, le daron n’était pas en mesure de le supprimer. C’était même plus que probable. A bien y réfléchir, combien André avait de frères et sœurs sur terre, après tout ?
En mettant Mischa de côté, il savait qu’il avait au minimum une demi-sœur, quelque part en Belgique. Il l’avait déjà rencontré.

Il ne l’avait pas aimé. En tous les cas, André se savait être bien loin d’être le seul héritier du patron russe. Légitime, il avait peut-être ‘l'honneur’ de porter ce titre, certes, mais après tout, lorsqu’on a plus le choix, sélectionner un gosse de l’ombre pouvait tout aussi bien faire l’affaire. André l’avait déjà vu faire à de nombreuses reprises, du temps où il était encore un chien bien élevé. Un chien. Oui, voilà, c’était ce qu’il était, un chien. Devant son père, tout du moins. Un pauvre chien terrorisé et obéissant.

Non. Non, plus maintenant. Il n’en était plus question. Car André s’était affranchi de ses chaînes, avec l’aide de personnes qu’il aimait sincèrement, qui lui avait montré que la vie avait ses bons et ses mauvais côtés, oui. Qu’ils y avaient des lumières de phrases pour nous guider et que, parfois, on ne les trouvait pas aux endroits les plus censés qui soient. Tendres anomalies qu’André chérissait pour en être devenu une lui-même. Et il n’en était pas peu fier, car cela le différenciait de son père, lui donnait la force de lutter contre ce colosse qui l’avait tant effrayé par le passé. Aujourd’hui, le chien mordait ses chaines plus que jamais. Aujourd’hui, l’animal était lâché. Aujourd’hui, le chien revenait à sa nature première ; le loup. Un grondement s’extirpa des lèvres de Loukas alors qu’il se remit debout vaille que vaille. Ses pansements le tiraient de part en part mais il n’y faisait pas attention ; pas encore. Ce n’était pas le moment. Il souffla, reprenant ses esprits. Son arme fétiche revint dans ses phalanges, fidèle Aline que voici.

Un rugissement plus qu’un cri d’homme attira l’attention d’André. Comment ça ‘Il se tire’ ? Non. Absolument pas. André ne l’aurait pas toléré. Mais il avait sa petite idée du pourquoi et du comment. Mischa l’avait sans doute stoppé dans son envolée, aussi Nikolaevitch usait de ressources autres à sa disposition. Un sourire mauvais eut tôt fait d’envahir les lèvres fendues d’entailles de son rejeton officiel. André fit exploser quelques serrures, à coups de balles, bien sûr, afin d’aller plus vite en besogne. Puis, posté à l’angle d’un couloir, il attendit, patiemment, dans le noir. Sous couvert de l’obscurité, il était prêt à décrocher une balle à son paternel.

En entendant des pas rapides dans le couloir adjacent, André sorti juste après la silhouette que ses yeux verts avaient vu se dessiner, toute proche de lui, et entreprit de prendre son père en joug. Raté.  Son poignet fut prit en otage par la poigne sévère de son géniteur, lequel le fis tournoyer afin de l’envoyer dans le mur, littéralement. Son arcade sourcilière se scinda une fois encore, inondant son visage d’un sang chaud, encore. Malgré tout, réflexes obligent, André tira dans la direction de Nikolaevitch, lequel s’enfuyait déjà. Trois balles tirées, une loupée. Les deux autres se logèrent respectivement dans l’épaule droite et le mollet gauche du père.

Problème, André commençait à ne plus y voir très clair. Il fatiguait. Impossible de resonger à une transformation, son corps ne tiendrait pas. Déjà ses jambes reprenaient rôles de membres inertes. Et merde. Nikolaevitch n’était déjà plus à portée de vue, sans doute parti se replier quelque part. En attendant, si André ne pouvait pas bouger par lui-même, tout cela n’aurait servi à rien. Et toute belle détermination luisante dans ses yeux, hors de propos de jouer aux héros. Il n’en avait plus la force.


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MessageSujet: Re: Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥ Jeu 14 Jan - 9:45



       
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       C'est juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel

   
F
La douleur fusait dans son corps, de partout. Sa vieille amie. Il y avait longtemps tiens, qu'elle ne lui avait rendu visite, venant s'installer dans son corps pour lui rappeler ce que ça faisait, lui rappeler qu'elle serait toujours là, qu'elle resterait avec lui pour toujours. Psychique ou physique, elle n'avait pas l'intention d'abandonner Mischa, qui était si fidèle et dévoué à elle. Comme s'il venait la chercher de lui-même, comme s'il la réclamait. Le slave étouffa un grondement alors que des flots de sang jaillissaient de son épaule trouée qu'il pressait tant bien que mal, l'hémoglobine dégoulinant en cascade pourpre le long de son corps. L'adrénaline et la rage l'aidaient à tenir debout malgré tout. Mais il n'était pas certain de pouvoir maintenir son apparence hybride très longtemps, alors qu'il approchait lentement mais dangereusement de l'anémie.

Des coups de feux retentir. André. Le jeune homme fit un effort pour relever la tête et se décoller du mur contre lequel il s'était appuyé, s'autorisant une pause de quelques secondes à peine. Bastet feula dans son esprit, inquiète de l'état de son protégé – et de ce qui lui arriverait, à elle, si jamais il venait à mourir alors qu'ils étaient toujours liés. “Si tu forces trop, tu vas finir par t'évanouir”, souffla la déesse en voulant lui rappeler qu'il avait beau abriter une divinité, il n'en demeurait pas moins humain, lui. Mischa secoua la tête. Il pouvait tenir. Il devait tenir.

Cela faisait trop longtemps qu'ils avaient attendu ce moment. Ce face-à-face avec Nikolaevich. Il était temps pour André et lui d'affronter leur pire cauchemar et de le tirer hors de sous le lit duquel il se cachait, pour le regarder en face et lui faire comprendre qu'ils n'avaient plus peur. C'était fini. Le règle de terreur que Nikolaevich exerçaient sur ses fils allait prendre fin ce soir et Mischa ne s'arrêterait pas tant que l'autre ne sera pas mort. Même s'il doit finir avec tous ses os brisés.

Encore des coups de feu. Mischa se secoua et se dirigea vers leur provenance, reprenant son apparence humaine pour préserver les forces qu'il lui restait. Quand il arriva, ce fut pour trouver André, à deux doigts de fléchir des jambes, seul. Mischa comprit que Nikolaevich s'était enfui par la porte arrière. Il baissa les yeux et constata qu'une trainée de sang traçait le chemin de leur paternel. André l'avait touché malgré tout et bien même, si on s'en fiait à la quantité d'hémoglobine sur le sol. Le mafieux russe ne devait pas être bien loin, il devait probablement boiter et pareil aux rats, il essayait de se traîner dans un coin pour les attendre et se cacher. Il avait un pistolet, déjà vidé de deux balles. Mais ils étaient deux. Ils pouvaient l'avoir. Mischa s'approcha de son cadet, lui tendant la main pour l'aider à se relever.

« Allez, mon frère. Finissons-en une bonne fois pour toutes. »

Et, sur une note d'humour, mais également d'espoir pour la suite, parce que cela voulait dire que pour eux, ce soir n'était pas la fin au contraire même, il ajouta :

« J'te rappelle qu'on doit encore rentrer se faire tuer par ta femme après. »

Il attrapa la main d'André et le tira sur ses pieds, le soutenant. Il ne pouvait pas faire ça sans lui après tout. C'était leur vengeance, leur délivrance à tous les deux. S'ils devaient tuer leur père, c'était ensemble. S'appuyant donc l'un sur l'autre, les deux Russianov sortirent du bordel, suivant les traces de sang frais qui tâchaient le bitume. Même sous sa forme humaine, ses sens restaient plus aiguisés que ceux d'un homme lambda et Mischa pouvait donc aisément sentir l'odeur de Nikolaevich mêlée à une forte fragrance de fer et de poudre. De sa main libre, il sortit un de ses Desert Eagle et ôta le cran de sécurité, enjoignant silencieusement son cadet à faire de même.  

C'est dans un cul-de-sac, quelques centaines de mètres plus loin, qu'ils le trouvèrent. Mischa aurait sourit ironiquement si la situation n'avait pas été si tendue. C'était la rue ou il avait trouvé Renovatio. Il reconnaissait les deux poubelles entre lesquelles le jeune homme était dissimulé quand lui et ses hommes l'avaient découvert. La vie avait décidément un sens de l'ironie très prononcé. Le blond se concentra sur l'homme terré au fond de cette rue sans issue et qui avait quelques difficultés à respirer à cause de ses blessures. Il le pointa de son arme tout en assurant sa prise sur André qu'il soutenait toujours de son autre bras.

« C'est fini. T'es foutu Nikolaevich. Tu crèves ce soir, ici même. » souffla Mischa.

Il ne savait pas ce qu'il ressentait exactement en cet instant, si proche du but. De la joie, du soulagement, de l'indifférence, de la lassitude ? Peut-être un peu tout cela à la fois. Ce qui était sûr, c'est qu'une page se tournait aujourd'hui. Pour le mieux, il l'espérait.
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MessageSujet: Re: Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥ Dim 17 Jan - 13:49



       
       The Russianov Brothers
       Trois cent lésions et le rideau se ferme

   
S
on cœur bat comme s’il s’agissait d’un tambour de guerre. La métaphore n’aurait sans doute put être meilleure que celle-ci, à bien y regarder. André est habité d’une motivation sans borne à finir ce qu’il a commencé.

Maintenant plus que jamais, il allait achever l’œuvre de sa vie, ce pourquoi il avait été élevé ; ce pourquoi il était né : Tuer. L’application de cette doctrine n’était peut-être pas celle qui avait été imaginée au tout départ, mais peu importait. Les macabres machineries se trouvaient être en action, véritablement. Et plus rien n’aurait su les arrêter avant l’atteinte de l’objectif fixer. Nikolaevitch doit mourir. Ses deux fils, devenu machines à tuer, comme autrefois, aurait refusé de tout abandonner maintenant.

Non, pas alors qu’ils étaient si près du but.

Loukas se sent être supporté par Mischa, lequel l’aide à tenir debout. C’est un soutien de taille, un soutien appréciable. Il se laisse embrasser par cette chaleur si particulière, propre à leur lien qui demeure l’être tout autant. La flamme d’un être qui brûle pour son frère. Plus que jamais, les deux jeunes Russianov sont unis. Dans le sang, pour le sang. Par le sang, même. Le plus jeune peut presque sentir leurs cœurs qui battent à l’unisson pour cette quête sordide mais nécessaire à leur avancée dans la vie. Ce soir se tourne une page, ce soir, de leur vie, disparait l’ombrage.

S’il ne répond pas aux mots de son demi-frère, au moins André sait-il qu’il y adhère en totalité. C’est la fin. Tant mieux. Des centaines d’émotions contradictoires nagent furieusement dans les veines du jeune homme. Ses sens, plus aiguisés que ceux d’un être humain ‘lambda’, parvinrent sans mal à le mettre sur la piste de sa proie. Parler ainsi était ironique considérant son passif mais pour l’heure, il ne chercherait pas à édulcorer cette partie de lui. André était maintenant plus prédateur que jamais, avec sa volonté pour arme et sa détermination pour armure.

Il s’empara de nouveau d’Aline, son fidèle revoler à double canon, et se débrouilla pour le recharger aussi vite que possible. Enfin, lorsqu’ils parvinrent jusqu’à une ruelle où l’odeur de la traque devenait plus forte, Loukas se retira des épaules de son frère, voulant tout de même conserver le peu de dignité qu’il lui restait ce soir. Il ferait face sur ses deux jambes. Son souffle, saccadé, fut pourtant maintenu jusqu’à l’extrémité des limites du potentiel du jeune lupin. Enfin, il regardait son père, celui qui l’avait engendré il y a un peu plus de vingt ans maintenant. Il lui faisait presque pitié.

Assis, là, sur le sol souillé de cette ruelle répugnante, il donnait l’impression d’être un innocent que l’on allait abattre pour une raison X. André en eut un sourire amer. Les apparences trompeuses. « Mischa. Attends. » dit-il, alors qu’il s’approchait de leur géniteur. Ainsi debout, près de lui, il s’autorisa à lui parler, vraiment. Sans doute pour la première fois depuis très longtemps. « почему? »

Il ne veut pas vraiment avoir d’explications, mais par acquis de conscience, il croit bon de poser ces pierres-ci tout de même, sur l’ouvrage qu’avec son frère, il est sur le point de partager.

Et alors que Nikolaevitch le regarde à son tour, la réponse qu’il obtient lui scie presque le peu de résistance qu’il possède encore. « Я сделал все это для вас, сын.».

J’ai fait tout ça pour toi, mon fils. Il n’a pas envie de le croire. Non. Il ne le veut pas. Pour autant, André est ce qu’il est, André a tendance à ne croire que ce qu’il voit. Et dans les deux iris de son homologue, il ne décèle aucun mensonge. Sans doute est-ce cela qui fait aussi mal. Il expire, sans dire un mot de plus, puis revient près de Mischa, rejoignant ce dernier dans son mouvement de prise en joug. C’est terminé. « Et ça, c’est pour ma mère. » dit-il en français.

Il ne sait même pas si son père a compris un traître mot de ce qu’il vient de dire, mais cela lui importe peu. Après un dernier regard à Mischa, il tire en même temps que ce dernier. Les balles quittent leurs demeures de métal dans un bruit sourd, suivit d’un écho qui s’écrase sur les murs de cette ruelle. La seconde suivante, c’est terminé, fini. Incroyable. André voit ce corps qui tombe de façon désarticulée sur le sol de ce lieu. Il a eu sa revanche. Il a accompli le but de sa vie, qu’il s’était fixé jusque-là.

Et il craque. Il ne peut plus retenir tout ça. Son bras retombe, accompagné dans sa chute par des larmes qui dévalent ses joues. C’est comme si toute la tristesse de ses quinze dernière années venait l’envelopper de ses bras froids mais indispensables, actuellement. Il ne parvient même plus à déglutir. « C’est fini. » Il ne parvient pas à y croire. C’est enfin fini. Sa respiration n’a plus de vrai rythme, il sanglote presque.

Se retournant vers son frère, il s’écrase presque contre ce dernier, se laissant aller alors que ses forces l’abandonnent vraiment. Il n’y a plus d’adrénaline. « Mischa… C’est fini… C’est fini putain… Enfin… ». Il s’accroche au blond comme s’il s’agissait de sa bouée de secours. C’est le cas. C’est fini. Tout est fini. Tout doit recommencer, à partir de ce soir. C’est comme s’ils renaissaient, pour le meilleur, cette fois.

L’émotion partagée passe plus rapidement que cela n’aurait dû être le cas, sans doute. La réalité rattrape les deux frères.

« … Eh… Mischa… T’as pas les jambes qui flanchent, toi ? ». Il rit, de fatigue, sans doute. Ils ont besoin de soins, tous les deux. Ils sont blessés. L’hôpital les attend. Ils décident d’appeler une ambulance et de l’attendre à une rue de là, histoire que le cadavre ne soit pas retrouvé immédiatement. Plus tard.

De retour à l’hôpital, il n’attend pas que Maryline se mette en colère pour la prendre dans ses bras comme il ne l’avait jamais fait auparavant. Il se sent léger, il veut en profiter. Il pleure, encore, un peu. Et puis, par la force des choses, André se laisse allonger sur un brancard, s’y évanouissant plus qu’il ne s’y endort la minute suivante.

Tout est fini. Son passé est maintenant mort.



WILDBIRD
   

THE END.
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Juste un jour de plus entre l'enfer et le ciel || André ♥

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